• RECIT DU CHEMINEMENT DE PIERRE QUADER QUI A AIME, TRAVAILLE ET PRIE POUR NE PLUS RENAITRE (Partie 41)

    Voici la pureté du corps et de l’esprit et leur impureté,

    Que puis-je en faire ?

    Donne-moi un PUR AMOUR !

     

     

    RECIT DU CHEMINEMENT DE PIERRE QUADER QUI A AIME, TRAVAILLE ET PRIE POUR NE PLUS RENAITRE (Partie 41)

     

    IV

    Voici la pureté du corps et de l’esprit et leur impureté,

    Que puis-je en faire ?

    Donne-moi un PUR AMOUR !

     

    Recherche amoureuse.

     

    Chère Anne, Anne, Anne, Anne, Anne, etc. (*)

     

    Nous formons tous les six un sacré « couple » : ton moi et mon moi, ton ça et mon ça, ton sur-moi et mon sur-moi.

    Ton sur-moi est l’ignoble personnage qui s’appelle « mademoiselle Anne » : il juge tout comme un gendarme et t’empêche d’exprimer ton naturel. Toujours sage comme une image, sérieux comme un pape, c’est un moraliste qui voit la « saleté » partout. Envoyons-le paître, avec mon sur-moi, appelé « monsieur Pierre » ; entre eux, ils s’entendent comme larrons en foire et forment un couple parfait.

    Entre ton moi, très agréable, et mon moi, cela va cinq sur cinq : tous deux discutent d’idées philanthropiques.

    Enfin, ton ça, quand il rencontre mon ça (hélas ! pas assez souvent !), alors là, c’est merveilleux ! Ton ça frémissant comme un volcan en ébullition, et mon ça disent : « Oui, oui, oui, oui, oui, oui », mais le sur-moi, méchamment déclame : « Attendez encore un peu, réfléchissez, soyez sérieux, votre couple est-il bien assorti ? » et mon ça surenchérit : « Le milieu social est-il compatible ? ».

    Le moi, pris entre deux feux, doute de lui-même, hésite, penche du côté du sur-moi, puis cinq minutes plus tard, adhère aux opinions du ça. Je détiens une solution : unissons les forces de nos ça et de nos moi et, à eux quatre, se liguant contre les deux sur-moi qui voient le mal partout, les enverront se faire cuire un œuf ensemble.

    Grosses bises

    Pierre

    Post-scriptum : Fais lire cette lettre à ton ça et à ton moi, mais surtout tiens ton sur-moi à l’écart, afin qu’il ignore que nous nous sommes conjurés contre lui jusqu’au jour J ;

    (*) J’écris ton prénom à de nombreuses reprises pour rattraper toutes les fois où j’étais trop timide ou trop bête pour t’appeler par ton prénom (c’est sûrement alors mon sur-moi qui bloque).

     

     

    Chère Anne,

     

    Tu fais preuve d’un fort sentiment d’échec en raisonnant ainsi : « Je suis du signe du taureau, j’ai connu des expériences décevantes avec des personnes du signe du scorpion. Pierre est du signe du scorpion, donc notre couple va aller à l’échec. »

    Je ne suis pas superstitieux et je ne crois pas à la loi des séries. De par le monde, des personnes des signes du scorpion et du taureau vivent ensemble, les uns très heureux, les autres heureux, et d’autres malheureux : le signe astrologique ne veut alors rien dire et si cela ne marche pas entre nous, ce sera pour une tout autre raison. Ton argument est ce que l’on appelle une résistance.

    A propos d’une amie, tu déclares la trouver « belle ». T’estimes-tu laide ? Tu es une femme belle et désirable, mais pas n’importe quand, ni n’importe comment, capable de rendre un homme heureux, physiquement, pas seulement physiquement, mais aussi moralement et intellectuellement.

    Mais tu dois devenir autonome affectivement ; et te passer de toutes les béquilles : le fait d’analyser constamment ses actions, avant, pendant et après, n’est-ce pas simplement un moyen d’oublier de vivre complètement cette action ? Ne remâche pas sans cesse le passé, mais prend le tel qu’il est, car on ne peut plus le changer.

    Tu affirmes aller au cinéma pour voir le film et non pour flirter. Mais le flirt ne débouche pas forcément, quelques instants après, dans un lit. Le flirt est une façon d’exprimer à l’autre que l’on a de l’estime pour lui (ou pour elle) : ce n’est pas obscène. Tu recherche de la « tendresse » : qu’entends-tu par là, et comment convient-il de te l’exprimer ?

    Amitiés,

    Pierre

     

     

    Chère Anne,

     

    J’ignore ce que seront nos relations, si ce sera de l’amitié ou plus, mais je suis heureux d’avoir fait ta connaissance : tu as du charme, et en particulier tu as un joli regard et une belle voix.

    Cependant, je précise que je ne conçois pas le mariage comme un moyen de réussite sociale. Comprends que je ne recherche pas une fille ayant absolument des diplômes, menant une belle carrière professionnelle ou ayant des moyens financiers, mais une fille que je puisse aimer pour elle-même et qui m’aime pour moi-même.

    Des êtres proches, mariés de façon intéressée, après que les illusions se dissipent, ont abouti à des couples où règne la solitude à deux, qui est aussi terrible que la solitude tout seul.

    J’admire ta franchise et ta droiture, et tu mérites d’être heureuse : je souhaite y contribuer en t’offrant d’ores et déjà mon amitié sincère et – qui sait ? – plus peut-être.

    Pierre

     

     

    Très chère Anne,

     

    Préciseras-tu, lors de la prochaine rencontre, ce que tu entends par « relation privilégiée » ? De mon côté, voilà ce que j’entends par « mariage », afin que nous employions les mêmes mots et nous fixions le même but.

    La rencontre de mardi dernier m’a laissé une très mauvaise impression car tu semblais sous-entendre : « Avec les autres hommes, nous parlions le moins possible et nous passions très vite à l’action ». Une autre fois, ru as affirmé que l’amour, c’est l’orgasme chacun de son côté.

    Je rejette cette conception des rapports sexuels, « baiser », « prendre son pied », car ils peuvent être satisfaits avec n’importe quelle femme ou avec n’importe quel, homme ? Ce n’est pas ce que je recherche et si c’est là une relation privilégiée, je ne fais pas ton affaire. Je n’ai pas eu de relation sexuelle avec une femme. Si certains ont ces idées à 14 ans, d’autres à 20 ans et plus, en raison de mon éducation et de mon « histoire », j’ai ces sentiments la trentaine passée : j’accepte cela sans le médicaliser, et sans me sentir anormal pour autant. J’ai envie de vivre aujourd’hui ce que tu as vécu à 19 ans, en goûtant et en appréciant chaque étape de la formation du couple, c’est-à-dire, apprendre à connaître l’autre en discutant, s’embrassant et flirtant jusqu’à passer à l’acte sexuel. Sans précipiter les choses, ni lambiner, il est absurde de fixer l’échéance à l’avance : dans un mois, dans une semaine…

    Je me sens capable de dire un jour : « Je t’aime ». Aimer ne signifie pas simplement « tirer un coup », et se crisper sur son plaisir égoïste : à la base, il faut de la tendresse et de l’affection pour l’autre.

    Voilà ce que je recherche et ce que j’entends par « mariage » : un couple qui a des points communs et o^l’un et l’autre se sentent bien ensemble.

    Pierre

     

     

    Chère Anne,

     

    Je ne suis pas devin et tu ne daignes pas m’expliquer ta façon de voir les choses. Ainsi, le soir où tu as décidé que nous ne nous verrions plus pendant un mois, tu m’as demandé mon point de vue, que je t’ai donné, à savoir qu’il fallait au contraire continuer de se voir, mais tu n’en as tenu aucun compte.

    En te rencontrant la semaine dernière, je souhaitais au moins quelques explications après une si longue séparation. Je ne comprends plus tes réactions, et tu ne fais aucun effort pour comprendre les miennes : c’est devenu un dialogue de sourds, et, pour ma part, j’en resterai là quant à nos rencontres.

    Si tu trouves mieux que moi,

    Tu m’oublieras,

    Si tu trouves pire que moi,

    Tu me regretteras.

    Adieu.

    Pierre

     

     

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