• Pourquoi il faut s'abstenir aux élections européennes?

    La seule manière de lutter contre le fascisme est de lutter aussi, dans toutes les élections, à tous les niveaux, pour une réelle démocratie, en fidélité avec les principes de Rousseau et des Lumières.

    La seule attitude permettant de préserver l’avenir, pour les élections européennes, c’est l’abstention. Ceci au moins pour trois raisons :

    1)      La référence des philosophes des Lumières, dont Jean-Jacques Rousseau : Dans le « Contrat social », Rousseau a parfaitement démontré que la soi-disante « démocratie représentative » est le contraire de la démocratie : esclave avant le vote, l’électeur est « libre » au moment du vote, puis il retombe en esclavage au profit de l’élu. « Libre » dans le sens de choix entre plusieurs « écuries » qui lui sont imposées. En France, aujourd’hui, il s’agit de choisir entre trois fractions représentant le système : le néo-libéralisme, le social-libéralisme, et la frange barbare, agressive et raciste.

    Bien sûr, les médias notamment, nous font croire que c’est le seul système possible : mais d’autres systèmes peuvent être envisagés (tirage au sort, permettant aux classes pauvres d’être enfin représentées, mandat impératif, etc.). Il est important de penser par soi-même !

    Lorsque l’électeur s’est exprimé, il est prisonnier de son choix, pour une durée déterminée, jusqu’au prochain suffrage. Cela permet souvent d’être élu sur un programme démagogique, que l’on ne réalise jamais.

    2)    La base de la démocratie, c’est de « représenter » au moins 50 % du corps électoral (volonté générale), avec le principe « un homme/une femme, une voix ». Selon cette base élémentaire, la France est-elle une démocratie ? Prenons deux exemples : les élections municipales à Hénin-Beaumont en 2014. Le nombre d’inscrit est de 19 048. La majorité de 50 % plus une voix est de 9525 Le nombre des votants est de 12 304. Le Front National dirige la commune pour six années avec 6006 voix. Cela signifie donc que la ville est dirigée par 32 % des électeurs inscrits. Par delà les textes législatifs et réglementaires, les délibérations du conseil municipal sont légitimes, d’un point de vue démocratique (notamment celles relatives au budget et aux impôts), que si elles sont adoptées par les élus du Front National et une partie des autres élus afin de représenter au moins 9525 électeurs. Cela demande un travail de recherche de consensus.

    « Un homme, une voix » ? A Hénin-Beaumont, 6006 électeurs et 28 élus Front National, soit un élu représente 215 électeurs. 3829 électeurs et 5 élus de l’Union de la Gauche, soit un élu représente 766 électeurs. Dalongeville représente 1167 électeurs à lui tout seul. Soit, un électeur Front National dispose de 5.4 voix. Un électeur de l’Union de la gauche « pèse » 1.7 voix. Le principe « un homme, une voix » n’est valable que pour Dalongeville. Ou encore, par rapport à la majorité de 9 525, un électeur du Front National représente deux fois un électeur de l’Union de la Gauche, et un électeur du Front National représente sept fois un électeur de Dalongeville.

    Autre exemple : les élections européennes du 25 mai 2014. Si le corps électoral français représente 46 millions d’inscrits, et si l’on accepte un taux de votants total de 35 %, 24 % de ces votants se reportant sur les listes du Front National, en fin de compte, au parlement européen, le Front National  représente moins de 4 millions d’électeurs, et moins de 9 % des électeurs inscrits. Quelle légitimité a un tel parlement ? Ses décisions ne pourront-elles pas être annulées ipso facto, par le peuple souverain ? Les « élus » qui acceptent de légiférer dans de telles conditions, ne devraient-ils pas être sanctionnés au regard des principes démocratiques ? Ce raisonnement peut être tenu pour toutes les élections du système UMPS-FN : présidentielles, législatives, cantonales, municipales,…Ainsi, seules les lois adoptées par 542 députés du parlement français ont une légitimité démocratique, car votées par des « élus » qui représentent effectivement plus de 50 % des français. Le système électoral français est antidémocratique et pourri, au point qu’aucun conseil d’administration d’entreprise, aucune société de propriétaires et même aucune association n’accepteraient de l’adopter. Vous pouvez contrôler ces principes avec toutes les municipalités, et dans le cadre de toutes les élections. Par exemple, quelle est la légitimité de François Hollande, qui a obtenu 22 % des inscrits au premier tour des élections présidentielles, et 39 % des inscrits au second tour, en 2012 ? A-t-il plus de légitimité que « Miss France » ou que la personnalité préférée des Français ? Et quelle légitimité aujourd’hui, après avoir appliqué pendant deux années un programme néo-libéral opposé à ses promesses électorales ? Le fait de confier une mission parlementaire à Pierre Moscovici, afin de conserver pour les députés socialistes une majorité tenue, qui risque d’être mise en cause par une élection partielle, n’est-ce pas une façon cavalière, mais bien démonstrative de montrer le peu de cas que l’on fait des principes démocratiques, et de s’asseoir sur la volonté générale du peuple ?

    3)     Seule l’abstention massive aux élections municipales a fait réagir les élites, mais insuffisamment : il est important de réitérer ce signal de l’abstention, aux élections européennes, afin que leurs réactions soient à la hauteur des attentes de la majorité du peuple. . Les divers conseils d’élus n’ont aucune légitimité démocratique et l’étape suivante est : soit une réforme du système, pour aller vers la démocratie réelle (représenter 50 % des électeurs, « un homme, une voix », possibilité de « démissionner » un élu en cours de mandat, s’il n’applique pas son programme, etc. Voir ce qu’a appliqué la Commune de 1871), soit le peuple reprendra, comme en 1792, la souveraineté, dont il est le seul détenteur.

    Bien évidemment, les « votards » (Mélenchon, …), et autres profiteurs, vont affirmer que le système actuel est le seul système possible (pour avoir une majorité,…), tout comme les économistes  vendus déclarent qu’il n’est pas possible de sortir de la mondialisation, du néo-libéralisme, etc. Si l’on approfondit la fiction : « Celui qui a une majorité, même [très] relative des voix, remporte la majorité des sièges », on constate qu’il s’agit là d’un présupposé propre aux républiques bananières. Cela permet de maintenir le système UMPS-FN. La seule manière de lutter contre le fascisme est de lutter aussi, dans toutes les élections, à tous les niveaux, pour une réelle démocratie, en fidélité avec les principes de Rousseau et des Lumières.

     

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