• Metz, une ville … gérée comment ? Dans l’intérêt de qui ? (Huitième partie)

    Si tel a été le comportement de la plupart des villes, à savoir détourner l’argent des pauvres, la DSU, il est certain que l’Etat ne peut que constater la carence du programme de la politique de la ville menée depuis des dizaines d’années.

     

    Sur son blog, Nathalie Colin-Osterlé déclare : « La politique de rénovation urbaine menée depuis de nombreuses années, bien avant que cette majorité municipale soit en responsabilité, a permis de changer, peu ou prou, la physionomie de Borny. » (Intervention au Conseil municipal du 26 septembre 2013).

    Elle n’en est pas sûr, d’où la formule « peu ou prou », qui signifie plus ou moins, prou signifiant beaucoup. Une telle allégation doit se chiffrer et se démontrer. Au contraire, il est facile de démontrer qu’il a été affecté moins d’argent sur le quartier de Borny, que sur d’autres quartiers de Metz. Et de plus, l’argent qui devait être affecté au quartier de Borny a été détourné et a servi à faire divers travaux sur d’autres quartiers. En fin de compte, l’argent des pauvres (dont la DSU) a servi à rendre plus riche et plus beau les quartiers déjà mis en valeur, ceux de la « classe moyenne ». Il fallait donc dire peu plutôt que prou.

    La seule réponse qu’apporte Nathalie Colin-Osterlé aux souffrances des habitants de Borny, par là même, les stigmatisant un peu plus, c’est une réponse sécuritaire : il faut renforcer la police municipale, et retenir ce quartier comme zone de sécurité prioritaire, renforcer les contrôles en mettant en place les moyens nécessaires (vidéosurveillance,…). Par ailleurs il convient de mieux entretenir ce quartier en matière de propreté. C’était déjà une demande de Dominique Gros, lorsqu’il était dans l’opposition. En somme, depuis le XIX° siècle rien n’a changé, dans l’inconscient de certains représentants de la petite-bourgeoisie : les classes travailleuses demeurent des classes sales et dangereuses, qu’il faut à la fois nettoyer et surtout surveiller.

    Sans doute les pauvres ont droit à la sécurité, mais ils ont aussi droit au travail à un revenu décent et au beau en matière de logement et d’environnement. Si Nathalie Colin Osterlé véritablement se penchait peu ou prou sur le bilan de l’opération de rénovation de Borny, elle se rendrait compte des faits suivants : De 1993 à 2008, l’Etat a contribué au titre de la dotation de solidarité  urbaine (DSU) pour un montant de plus de 37 millions d’euros. Ce montant devait servir uniquement à « humaniser » le quartier de Borny, en créant en particulier des services publics adaptés (crèches, propreté, esthétique,…). La réglementation obligeait d’ailleurs la municipalité à établir lors du Conseil municipal qui suit le 30 juin, lors de chaque exercice budgétaire, un bilan de l’utilisation du montant annuel de cette dotation. Si chaque élu lit la délibération en cause, lorsque celle-ci existe, il constatera la difficulté de justifier l’utilisation de la DSU sur le quartier de Borny : si certaines années, il est versé plus de quatre millions d’euros de DSU, les services compétents de la ville arrivent, avec bien du mal, à justifier moins de 100000 euros, d’utilisation effective de la dotation, conformément à la réglementation de la politique de la ville. Aussi ajoutent-ils aux montants des justificatifs, afin de gonfler artificiellement le chiffre,  des routes et des ronds-points, équipements qui devraient être pris en charge par d’autres moyens par la commune que la DSU, ce qui est le cas dans les autres quartiers de la ville. Alors qu’est devenu cet argent ? Il a été dépensé pour d’autres opérations (construction de la salle des Arènes, travaux divers sur les places de la ville,…). Ce détournement de l’utilisation de la DSU à d’autres finalités est l’un des éléments qui explique pourquoi la ville est aussi peu endettée. En, somme, Jean Marie Rausch s’est conduit en maire des riches. Il était le maire de la classe moyenne, des notables locaux qui ont participé à son élection en tant que sénateur. Et il a méprisé les pauvres, en refusant sciemment d’organiser des actions d’embellissement du quartier de Borny, avec les fonds du DSU.

    Dominique Gros a poursuivi sur la même lancée. Il dispose des informations qui démontrent cela : qu’il fasse le bilan des opérations réalisées sur Borny, avec d’un côté les recettes (DSU, loyers payés par les occupants, etc.) et de l’autre côté les dépenses (travaux réalisés à Borny, autres que les travaux de voirie : destruction de bâtiments, engazonnement, rénovation des bâtiments, réalisation d’équipements divers…). On pourra alors constater que Dominique Gros a continué d’être le maire des riches. L’argent de la dotation de solidarité urbaine a été affecté à des travaux tels que : les diverses places, autres que celles de Borny, la réfection de la façade de l’hôtel de ville,… Il est facile de présenter un bilan, de la gestion de la ville, sans emprunt important, sans augmentation des impôts, ceci parce que l’argent des pauvres a été détourné de sa fonction !

    Ces éléments sont faciles à contrôler. Pourtant il est surprenant qu’il y ait aussi peu de réactions de la part des préfets, représentants de l’Etat, en charge du contrôle de l’usage de la DSU, de la chambre régionale des comptes, préfet et chambre régionale des comptes garants de la bonne utilisation des deniers public, ou de la presse d’investigation, chargée d’informer les citoyens. En tout cas, il n’y a aucune réaction de la part des représentants du Front de gauche, qui prétendent défendre les intérêts des plus démunis ! Alors, Metz, une ville pour tous, ou une ville pour les riches ?

    Tous les élus politiques confondus, de gauche et de droite, en charge de la gestion de la ville, ont pris une lourde responsabilité, et il est à craindre le retour de mouvements sociaux, comme en 2005 : gare aux retours mauvais en raison du non investissement à Borny, et dans d’autres quartiers déshérités, notamment de l’argent versé par l’Etat !

    Si tel a été le comportement de la plupart des villes, à savoir détourner l’argent des pauvres, la DSU, il est certain que l’Etat ne peut que constater la carence du programme de la politique de la ville menée depuis des dizaines d’années. Il est également évident que des hommes politiques comme l’équipe de Jean Marie Rausch, mais aussi celle de Dominique Gros, ont pris la lourde responsabilité de mouvements sociaux dans les quartiers dits « sensibles » -- en fait les quartiers populaires – comme Borny : le risque de crises urbaines insurrectionnelles est à prévoir lors des prochains mois.

    Le slogan de la campagne de 2014 de l’équipe de Dominique Gros est « Fiers d’être messins ». Cela renvoie à un chauvinisme local daté des années 1960. Fiers par rapport à qui ? Par rapport à quoi ? A ce sujet, il serait intéressant d’interroger les habitants les plus pauvres, chômeurs, sans abri ou mal logés, retraités, etc. Et que penser des habitants immigrés, qui, depuis les premières promesses de Mitterrand, ne peuvent toujours pas participer à la vie locale ! Ils ont tous les devoirs et aucun droit ! Ou est la voix des sans voix ? Dominique Gros leur demande aussi d’être fiers ? Mais sans aucun doute, la minorité de la classe moyenne est sûrement fière du travail accompli par Jean Marie Rausch et Dominique Grosch.

    Et queue reste-t-il de marxiste-léniniste chez les militants dits communistes du conseil municipal ? Ils ont vieilli, et ils restent dans un parti par habitude. Leur réflexion est plutôt : il est trop tard, « à mon âge », de changer et de maintenir des idées véritablement communistes, au service du peuple, et en particulier des plus démunis. Comment imaginer que des véritables communistes acceptent de siéger dans une équipe comportant, en 2014, un membre, Aurélie Filippetti, ministre d’un gouvernement qui mène une politique néocoloniale ? Un exemple : En effet, en Afrique, François Hollande mène une politique qui défend purement et simplement les intérêts de l’impérialisme français, représenté par ses grands groupes monopolistiques (ADEVIA, uranium,…). Il pousse le cynisme à masquer cet interventionnisme sous le couvert des droits de l’homme et de la défense des intérêts des peuples africains, qui n’en demandent pas tant. Les soi-disant communistes dénoncent-ils cette politique d’exploitation ? Luttent-ils contre la bourgeoisie et leur propre impérialisme ? Non, pas du tout. Dans tout cela, il n’y a pas une once d’internationalisme prolétarien, mais bien un vulgaire chauvinisme petit-bourgeois, à la traîne de sa bourgeoisie impérialiste nationale. De plus, Aurélie Filippetti a-t-elle défendu les intérêts légitimes des travailleurs d’Arcelor Mittal ? Non. Ceci alors que tous les rouages essentiels de l’Etat sont « socialistes » : Parlement, gouvernement, régions, départements, villes, … Aux pseudo communistes, qui se précipitent pour siéger aux côtés de Dominique Gros et de sa dauphine, Aurélie Filippetti, que ce soit tout de suite ou au second tour des élections municipales de 2014, de démontrer qu’ils représentent une plus-value pour les travailleurs. En tout cas, pour les années 2008-2014, ils n’auront obtenus que le reversement de quelques miettes, notamment en matière scolaire, aidant les sociaux-démocrates à appliquer une politique de bons et fidèles gestionnaires au service de la bourgeoisie.

    Jean Marie Rausch a été le maire des riches et de la classe possédante. Il a méprisé le peuple, et en particulier les pauvres, dont les habitants de Borny. Dominique Gros s’est appliqué à mettre ses pas dans ceux de Jean Marie Rausch et il a poursuivi dans cette voie. C’est pourquoi, pour les élections de 2014, la réponse doit être : abstention révolutionnaire ! Ni la droite décomplexée, ni la fausse gauche, vraie « droite complexée » ! Cette abstention doit s’accompagner d’une lutte intransigeant contre la bourgeoisie, et en particulier ses représentants les plus acharnés et les plus violents, l’extrême droite !

    En fin de compte, le débat entre les deux tendances du P « C »F, c’est : faut-il intégrer la liste de Dominique Gros tout de suite (Danielle Bori), ou bien d’abord faire cavalier seul, pour réintégrer le bercail (et la mangeoire) ensuite, (Jacques Maréchal), dans de meilleures conditions et un meilleur rapport de force, permettant de négocier les places, Le résultat est le même : le P « C »F est la voiture balai de la social-démocratie : il n’y a aucune autonomie populaire. Avec de telles politiques de collaboration, en fin de compte, de changement pour le peuple, il n’y en aura jamais … sauf pour ces tristes personnages, qui recherchent les postes bien rémunérés ! Il n’est préparé aucune alternative par le Front de gauche. Et les souffrances du peuple vont se poursuivre indéfiniment.

     

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