• Liberté, égalité, fraternité (Partie 40)

    Mais voyons les faits : croire à l’abandon « pacifique » du pouvoir, des moyens de production de la bourgeoisie capitaliste, extrême minorité, aux mains des travailleurs, large majorité, est une illusion, que l’on en soit conscient ou non, criminelle. Que l’on soit trompé ou non, puisque l’on cherche à tromper les autres, cette illusion a pour but et résultat de défendre le statut quo de la bourgeoisie capitaliste.

    Car fait essentiel, une large partie de la masse travailleuse est trompée, maintenue dans un état d’ignorance et d’abrutissement (« l’idéologie de la classe dominante est l’idéologie dominante ») ; de plus elle est éloignée des instances de direction, de l’administration, de l’Etat. Les larges masses ne peuvent se libérer de l’esclavage salarié tout en respectant les institutions qui les oppriment, institutions imposées et défendues par la minorité de la bourgeoisie capitaliste.

    Aussi pour le prolétariat et son avant-garde révolutionnaire, « dictature » signifie, non pas conquête « pacifique » de la majorité sous la dictature de la bourgeoisie, mais prise du pouvoir, c’est-à-dire dictature du prolétariat, puis conquête de la majorité par son émancipation de l’exploitation et de l’oppression et par des mesures révolutionnaires en sa faveur :

    Liberté, égalité, fraternité (Partie 40)

     

    1. DEFINITION DE LA DICTATURE ET DE LA DICTATURE DU PROLETARIAT

     

    « La dictature est un pouvoir qui s’appuie directement sur la violence et n’est lié par aucune loi. » (217)

    Pour l’opportunisme, « dictature » signifie conquête « pacifique » de la majorité sous la direction de la bourgeoisie ; « dictature » ne signifie pas pour eux violence révolutionnaire. L’opportunisme a besoin de présenter ainsi la dictature, afin de faire disparaître la violence révolutionnaire, la révolution violente. Tel était le cas des « chefs » de la Deuxième Internationale, comme Kautsky, serviteur de la bourgeoisie, tel est le cas des révisionnistes modernes, au service de la bourgeoisie.

    Mais voyons les faits : croire à l’abandon « pacifique » du pouvoir, des moyens de production de la bourgeoisie capitaliste, extrême minorité, aux mains des travailleurs, large majorité, est une illusion, que l’on en soit conscient ou non, criminelle. Que l’on soit trompé ou non, puisque l’on cherche à tromper les autres, cette illusion a pour but et résultat de défendre le statut quo de la bourgeoisie capitaliste.

    Car fait essentiel, une large partie de la masse travailleuse est trompée, maintenue dans un état d’ignorance et d’abrutissement (« l’idéologie de la classe dominante est l’idéologie dominante ») ; de plus elle est éloignée des instances de direction, de l’administration, de l’Etat. Les larges masses ne peuvent se libérer de l’esclavage salarié tout en respectant les institutions qui les oppriment, institutions imposées et défendues par la minorité de la bourgeoisie capitaliste.

    Aussi pour le prolétariat et son avant-garde révolutionnaire, « dictature » signifie, non pas conquête « pacifique » de la majorité sous la dictature de la bourgeoisie, mais prise du pouvoir, c’est-à-dire dictature du prolétariat, puis conquête de la majorité par son émancipation de l’exploitation et de l’oppression et par des mesures révolutionnaires en sa faveur :

    « La dictature du prolétariat, c’est-à-dire le renversement de la bourgeoisie par une classe, par le prolétariat, et plus précisément par son avant-garde révolutionnaire. Exiger de cette avant-garde la conquête préalable de la majorité du peuple au moyen d’élection aux Parlements bourgeois, aux Constitutions bourgeoises, etc., c’est-à-dire au moyen de vote sous le régime de l’esclavage salarié, en présence des exploiteurs et sous leur domination, sous le régime de la propriété privée des moyens de production, exiger ou supposer cette conquête, c’est en réalité, abandonner complètement le point de vue de la dictature du prolétariat pour adopter en fait celui de la démocratie bourgeoise. » (218)

    Le fait est également, que pendant l’époque du capitalisme, quand les masses ouvrières sont soumises à une exploitation continue, et ne peuvent développer leurs capacités humaines, le trait le plus caractéristique des partis ouvriers réside précisément dans le fait qu’ils ne peuvent toucher qu’une minorité de leur classe. Le parti politique ne peut rassembler qu’une minorité de la classe, de même que dans toute la société capitaliste, les ouvriers réellement conscients ne sont qu’une minorité parmi les ouvriers :

    « Il n’est pas permis de confondre le Parti, avant-garde de la classe ouvrière, avec toute la classe (…). Nous sommes le Parti de la classe, et c’est pourquoi presque toute la classe (et en temps de guerre, à l’époque de la guerre civile, absolument toute la classe) doit agir sous la direction de notre Parti, doit serrer les rangs le plus possible autour de lui.

    Mais ce serait du « manilovisme » et du « suivisme » que de penser que sous le capitalisme presque toute la classe ou la classe toute entière sera un jour en état de s’élever au point d’acquérir le degré de conscience et d’activité de son détachement d’avant-garde, de son Parti social-démocrate. » (219)

    La dictature du prolétariat suppose et signifie la claire conscience d’une vérité : le prolétariat, (et donc a fortiori l’avant-garde révolutionnaire organisée du Parti prolétarien) en vertu de sa situation objective dans toute société capitaliste, exprime avec justesse les intérêts de la masse entière des travailleurs et des exploités. Ceci signifie que la classe ouvrière est la classe la plus révolutionnaire de la société capitaliste, puis socialiste, et qu’elle est la seule classe révolutionnaire jusqu’au bout. Mais cela ne signifie pas que la classe ouvrière réalise à elle seule l’émancipation de la société entière, et l’édification de la nouvelle société socialiste : bien au contraire, la dictature du prolétariat est aussi l’aptitude, la disposition et la décision de rallier (à l’avant-garde révolutionnaire du prolétariat) par des mesures révolutionnaires, par l’expropriation des expropriateurs, la totalité des travailleurs et des exploités. Le rôle du prolétariat par rapport à l’ensemble des masses ouvrières et exploitées est un rôle de direction et de guide ; ses tâches sont la révolution prolétarienne et l’édification socialiste ; ses moyens sont l’organisation de l’avant-garde en Parti marxiste-léniniste et la dictature du prolétariat, la dictature donc du Parti unique :

    « La dictature du prolétariat est la réalisation la plus complète de la direction de tous les travailleurs et de tous les exploités, opprimés, abrutis, écrasés, terrorisés, divisés, trompés par la classe des capitalistes, direction exercée par la seule classe préparée pour ce rôle dirigeant par toute l’histoire du capitalisme. » (220)

    Le prolétariat doit savoir qui il faut écraser, avec qui, quand et comment il faut conclure un accord. La classe ouvrière au pouvoir serait ridicule de renoncer à la terreur et à la répression à l’égard des capitalistes, des propriétaires fonciers et de leurs serviteurs révisionniste :

    « Je me souviens d’un bourgeois français spirituel qui, d’un point de vue bourgeois, disait à propos de l’abolition de la peine de mort : « Que messieurs les assassins commencent ». Cette réponse me revient à la mémoire lorsqu’on dit : « Que les bolcheviks renoncent à la terreur » ». (221)

    Il faudrait pour cela que les exploiteurs renoncent à exploiter !

    Mais le prolétariat serait tout aussi ridicule en voulant employer la même tactique de répression et de terreur à l’égard de la petite bourgeoisie et de l’ensemble de la classe moyenne, alors que le cours des événements oblige celles-ci à se tourner vers le prolétariat :

    « La dictature du prolétariat est la forme la plus décisive et la plus révolutionnaire de la lutte de classe du prolétariat contre la bourgeoisie. Cette lutte ne peut être victorieuse que si l’avant-garde la plus révolutionnaire du prolétariat entraîne avec elle l’écrasante majorité de celui-ci. » (222)

    La dictature du prolétariat implique la nécessité de réprimer par la force la résistance des exploiteurs ; c’est d’être disposé, apte, résolu à le faire. La bourgeoisie si républicaine et démocratique qu’elle soit, recourt à l’assassinat et à la terreur contre les communistes, et d’ailleurs contre toute action révolutionnaire du prolétariat. Mais la dictature ne signifie pas abolition de la démocratie pour la classe qui exerce cette dictature sur les autres classes, mais elle veut dire nécessairement abolition ou limitation de la démocratie pour la classe à l’égard de laquelle ou contre laquelle la dictature s’exerce. Aussi la définition de la dictature du prolétariat est-elle :

    « La dictature révolutionnaire du prolétariat est un pouvoir conquis et maintenu par la violence, que le prolétariat exerce sur la bourgeoisie, pouvoir qui n’est lié par aucune loi. » (223)

     

    1. DICTATURE DE LA BOURGEOISIE OU DICTATURE DU PROLETARIAT

     

    « La dictature, c’est un grand mot rude, sanglant, un mot qui exprime la lutte sans merci, la lutte à mort de deux classes, de deux mondes, de deux époques de l’histoire universelle.

    On ne jette pas de tels mots en l’air. » (224)

    Dans la société capitaliste, dès que la lutte de classe qui en est le fondement s’accentue d’une manière tant soit peu sérieuse, il ne peut y avoir aucun terme moyen entre la dictature de la bourgeoisie et la dictature du prolétariat. Tout rêve d’on ne sait quelle troisième voie est une lamentation réactionnaire. Témoin en est l’expérience d’un développement de deux siècles de la démocratie bourgeoise et du mouvement ouvrier dans tous les pays évolués :

    « (…) dans une société capitaliste, qu’elle se développe, qu’elle soit solidement assise ou qu’elle agonise, peu importe, il ne peut exister qu’un de ces deux pouvoirs : ou bien celui des capitalistes, ou bien celui du prolétariat. Tout pouvoir intermédiaire est une chimère, toute tentative de découvrir une tierce solution aboutit à ce que les gens, mêmes s’ils sont sincères, glissent d’un côté ou de l’autre. » (225)

    La dictature du prolétariat est une guerre implacable du prolétariat contre la bourgeoisie, encore plus puissante, et dont la résistance est décuplée du fait de son renversement. Cette force de la bourgeoisie réside non seulement dans la force du capital international, mais dit Lénine, aussi et surtout dans la « force de l’habitude », dans la force de la petite production. La dictature du prolétariat est une lutte opiniâtre contre les forces et les traditions de la vieille société. L’arme indispensable du prolétariat est le Parti marxiste-léniniste :

    « La force de l’habitude chez les millions et les dizaines de millions d’hommes est la force la plus terrible. Sans un parti de fer, trempé dans la lutte, sans un parti jouissant de la confiance de tout ce qu’il y a d’honnête dans la classe en question, sans un parti sachant observer l’état d’esprit de la masse et influer sur lui, il est impossible de soutenir cette lutte avec succès. Celui qui affaiblit tant soit peu la discipline de fer dans le parti du prolétariat (surtout pendant sa dictature) aide en réalité la bourgeoisie contre le prolétariat. » (226)

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