• Les luttes de classes en France et les élections présidentielles et législatives de 2017. (Partie 6)

    Prenons en compte les nouveaux élus du Front National, comme Steeve Briois : ce sont des personnes dévoyées de la classe ouvrière, qui, à peine élus, deviennent de bons notables locaux et nationaux. En fin de compte, leur rêve ultime est de prendre la place des sortants. Ainsi, les voilà habillés de costumes cravates, tout bedonnant, de véritables professionnels de la politique, nouvelle vague, ne cherchant surtout pas à changer le régime.

     

     

    Les luttes de classes en France et les élections présidentielles et législatives de 2017. (Partie 6)

    Il s’agit de bien prendre en compte la conception des élections, notamment dans le cadre de la V° république.

    Les périodes électorales : Ces périodes sont considérées comme les seuls espaces-temps où peut s’exprimer un choix politique de la population. Et cet espace-temps est rigoureusement – on peut dire très autoritairement – encadré par des textes de lois, dont notamment la Constitution. De quoi s’agit-il ? Il s’agit d’une « démocratie représentative » ! Or comme l’avaient déjà indiqués divers fondateurs de la république bourgeoise française, dont Jean-Jacques Rousseau, ce type de suffrage ne vise pas à donner tout le pouvoir au peuple, mais au contraire à lui prendre le pouvoir pour le déposer aux mains de représentants dûment désignés par la classe dominante bourgeoise. Donc, c’est bien l’antithèse de la démocratie directe, en tout cas du pouvoir donné à la majorité du peuple.

    Une fois attribué les divers postes à une catégorie bien définie de représentants – issus de la classe bourgeoise – il est demandé au peuple de regagner ses foyers : il n’a plus aucune prise ni sur la vie économique des entreprises, ni sur sa vie quotidienne. Les élus se chargent de tout, que ce soit au niveau gouvernemental ou local, sans aucun contrôle direct du peuple, jusqu’aux prochaines élections !

    Le capitalisme et le socialisme : La France est une formation sociale bourgeoise, qui doit être remplacée par une formation sociale prolétarienne. Or cette transformation ne se fera pas par un processus électoral, mais par une révolution prolétarienne. Depuis des décennies, par habitude, la classe dominante, dont les médias, est parvenue à persuader la société que la seule façon de faire de la politique, c’est le recours aux élections. Egalement, elle a persuadé la société que le seul régime possible est le capitalisme et l’impérialisme. Les partisans de cette conception sont les « votards » : ils sont représentés tant par la bourgeoisie classique (Les Républicains et le Parti Socialiste), que les fascistes (Front National) mais aussi Jean-Luc Mélenchon et les révisionnistes (Parti « Communiste » Français). Il y a une plateforme, un socle commun à tous ces partisans du vote, peut importe des divers qualitatifs dont on l’affuble : vote « citoyen », vote « utile », « révolution » par les urnes, etc.

    Prenons en compte les nouveaux élus du Front National, comme Steeve Briois : ce sont des personnes dévoyées de la classe ouvrière, qui, à peine élus, deviennent de bons notables locaux et nationaux. En fin de compte, leur rêve ultime est de prendre la place des sortants. Ainsi, les voilà habillés de costumes cravates, tout bedonnant, de véritables professionnels de la politique, nouvelle vague, ne cherchant surtout pas à changer le régime.

    Les élections présidentielles ont permis de jeter dehors les anciens élus de la droite classique et de la « gauche » néo-moderne. Ceux-ci, cumulards, plutôt pourris, ont joué le jeu de l’alternance, occupant les bonnes places à tour de rôle, toujours au profit de la classe dominante. Il n’est que de rappeler que les médias ne se gênent pas de signaler à leur propos que chacun a son fief, ses « terres » … électorales bien sûr. Tous ces élus se comportent comme les possesseurs de la France et des hommes et femmes qui s’y trouvent.

    L’abstention : Quelle est alors la position que doit adopter le camp des travailleurs ? La situation la meilleure serait que le prolétariat puisse présenter aux diverses élections bourgeoises se propres candidats, afin de dénoncer le système capitaliste et préparer la révolution prolétarienne. Or ce n’est pas possible actuellement.

    Le constat est que tant Marine Le Pen, que Emmanuel Macron représentent les intérêts de la haute bourgeoisie et plus particulièrement du capital financier.

    Cependant, Marine Le Pen représente un plus grand danger, celui du fascisme, de la fraction de la bourgeoisie française la plus agressive. Cependant, il convient de tenir compte des éléments suivants :

    La victoire de Marine Le Pen constitue le retour d’un « pétainisme » à froid (sans profiter de la faveur d’une guerre mondial), en se fondant sur un système électoral profondément injuste : elle n’a obtenu que 20 % des voix exprimées pour ses idées au premier tour. A noter que le programme économique de Marine Le Pen n’est pas établi sur des bases solides. Par ailleurs, le Front National ne comporte pas suffisamment de cadres pour gérer le pays. C’est donc une mauvaise formule, qui, mise en œuvre trop tôt, risque de désorganiser irrémédiablement le capitalisme français. Par ailleurs, la mise en œuvre des formules bourgeoises du Front National, ainsi que la difficulté que va constituer la mise en œuvre de son programme de « gauche » (retraite à 60 ans, 35 heures, un travail pour tous,…) dans le cadre du capitalisme, vont constituer autant de points favorables au réveil et à l’entrée sur la scène de l’histoire de la classe ouvrière. Le comportement de bons notables petits-bourgeois des élus du Front National effrite déjà les bases électorales de ce parti fasciste. Rien ne vaut la pratique pour tester les partis bourgeois, le Front National étant une « solution » bourgeoise à expérimenter, en particulier par la jeunesse !

    La position de certains est d’appeler à voter pour Emmanuel Macron, comme étant un moindre mal que le vote pour le Front National : est-ce si sûr ? Cinq année de domination « socialiste » a plutôt contribué à affaiblir la classe ouvrière, avec 1300000 chômeurs de ^plus, des fermetures et délocalisations à outrance, dans le cadre d’une mondialisation à outrance, Loi Travail, …. Cinq nouvelles années d’ultralibéralisme vont encore accentuer la pauvreté généralisée, l’ubérisation du travail. D’autant plus que Emmanuel Macron nous a prévenu : il va légiférer par ordonnance, dès le début de sa présidence !

    De plus, dans le cadre actuel de république bourgeoise, chaque candidat fait croire qu’une fois élu, le peuple s’est prononcé pour son programme, et il va le réaliser sans état d’âme. En conséquence, appeler à voter Emmanuel Macron, c’est se ranger parmi les votards, sans vergogne : c’est faire accepter au peuple une double illusion : qu’il s’est prononcé majoritairement pour un programme ultralibéral (qu’en fait le peuple a rejeté lors du premier tour) et que les jeux sont faits pour une durée d’au moins cinq années, jusqu’au prochain suffrage présidentiel. Ceci alors que le principal moyen d’expression politique du peuple ne sont sûrement pas les élections !

    La tactique du Front Antifasciste est envisageable, mais dans des conditions bien précises : d’une part, la contradiction principale, en France, oppose la classe ouvrière et la classe bourgeoise. La classe ouvrière doit conquérir son autonomie, avec un parti communiste capable de la diriger. N’est-ce pas de l’opportunisme de droite que de mettre la classe ouvrière, sans condition, sous la conduite d’une fraction, soi-disant plus modérée de la bourgeoisie ? D’abord, la fraction que représente Emmanuel Macron n’est plus modérée qu’en apparence : il maintient son programme ultralibéral au second tour des élections, sans faire aucune ouverture vers les classe populaires. Son langage est pourtant clair : c’est, dans les faits, accentuer l’esclavage salarié, en profitant d’un système électoral antidémocratique. Ensuite, nous avons l’expérience de Jacques Chirac en 2002, à laquelle se réfère constamment Emmanuel Macron : « élu » avec 80 % des voix exprimées, contre le candidat Front National, Jacques Chirac a outrageusement ramassé la mise et géré le pays pendant cinq années au profit d’une fraction capitaliste. Voter Macron, n’est-ce pas perdre encore cinq années, alors qu’il est fort possible qu’un mouvement révolutionnaire soit déclenché avant l’échéance de cinq années ? Il reste encore les élections législatives et il est fort possible que le peuple ne souhaite pas donner une majorité facile au candidat élu président.

    Enfin, lorsque la classe ouvrière engage la procédure de Front Antifasciste, elle doit être soit en mesure d’en prendre la direction, soit au minimum capable d’en infléchir les orientations dans le sens de ses intérêts. Ce qui est loin d’être le cas actuellement.

    Faut-il rappeler la position dans les années 1970 du Parti Communiste Marxiste Léniniste de France, qui avait déjà parlé de la fascisation de la France, créant un Front Uni, pour ensuite fort de ses 1200 militants, se tourner vers l’électoralisme le plus plat, aux côtés de François Mitterrand, dans les années 1980 ?

     

     

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