• Les luttes de classes en France et les élections présidentielles et législatives de 2017. (Partie 3)

    En fin de compte l’élection présidentielle n’a aucun intérêt : elle joue le rôle d’un papier attrape-mouche, qui vise à détourner des véritables enjeux : la prise du pouvoir politique par le peuple, la destruction de l’Etat bourgeois et la construction d’un Etat socialiste. Dans la mesure où la classe ouvrière n’a pas de parti communiste apte à présenter le candidat de la classe, la seule position cohérente est donc l’abstention.

     

    Les luttes de classes en France et les élections présidentielles et législatives de 2017. (Partie 3)

    La première étape, c’est de recréer une autonomie prolétarienne : On ne peut faire croire que l’ennemi principal, c’est le Front National, et qu’il faut donc, par opposition, voter pour le candidat bourgeois le plus « démocrate ». C’est là de l’opportunisme de droite. Oui pour un Front populaire contre le fascisme, mais celui-ci ne doit pas être dirigé par une fraction de la bourgeoisie. Le prolétariat doit avoir son autonomie au sein de ce Front populaire. C’est là toute la différence entre le front uni organisé par Mao Zedong en Chine contre l’occupant japonais, et le front uni organisé en France contre l’occupant nazi, ce dernier étant placé sous la direction du général de Gaulle. Dans la société française, la contradiction principale oppose plus que jamais la classe bourgeoise et la classe prolétarienne. Si au sein de la classe bourgeois, il existe bien diverses fractions, dont la fraction fasciste, aujourd’hui cette dernière fraction est bien la plus dangereuse, et donc l’ennemi principal. Voila depuis toujours, qu’en raison des tendances révisionnistes en France, la classe ouvrière a toujours été placée sous la direction d’une fraction de la bourgeoisie pour en combattre une autre. Mais la classe ouvrière n’a jamais obtenue son autonomie pour se battre pour ses propres intérêts. Ces intérêts peuvent conduire sans aucun doute la classe ouvrière à s’unir au cours du combat, au niveau tactique, avec une fraction bourgeoise pour combattre une autre fraction bourgeoise. Mais cela ne signifie pas que la classe ouvrière doive se soumettre à la direction de cette fraction bourgeoise.

    Il convient de parfaitement analyser l’ « adhésion » d’une partie de la classe ouvrière aux thèses du Front National. Il t a d’une part, une catégorie d’ouvriers arriérés, dont une partie des élus des communes conquises par le Front National en 2014 : ce sont là de véritables fascistes, et il y a une contradiction antagonique entre ces derniers et le peuple. Par contre, de nombreux ouvriers votent pour le Front National, victimes ou non des promesses démagogiques de celui-ci, sans que ce soit pour autant un vote d’adhésion. Pour ces ouvriers, il s’agit de sortir de la « gueule du tigre ». En effet, voici des dizaines d’années que les deux fractions dites « démocratiques » de la bourgeoisie tiennent en étau, avec férocité, comme deux mâchoires, le peuple dans une soumission totale. La gueule du tigre est constituée par les deux fractions de la bourgeoisie, la gauche et la droite, qui se partagent alternativement tous les pouvoirs. Pour ces ouvriers, voter Front National, c’est desserrer cet étau, ou « renverser la table ». C’est se donner les moyens de retrouver une autonomie dans la lutte révolutionnaire. Pour nombre d’entre eux, la mise en relief des mensonges du Front National risque d’avoir des conséquences plus que néfaste à l’égard des thuriféraires du Front National, dont les traîtres à la classe ouvrières que sont les « élus » du Front National. Même si Marine Le Pen obtient 30 % des voix des électeurs au premier tour des élections présidentielles, quelle sera sa légitimité, même du point de vue du droit bourgeois ? Ne sera-t-elle pas élue sur la base d’un programme mensonger ?

    Les principaux responsables de cette situation sont en premier lieu les révisionnistes de l’ex Parti « Communiste » Français, qui n’ont jamais permis à la classe ouvrière de disposer de l’autonomie par rapport à la classe bourgeoise. En second lieu, ce sont tous les opportunistes et révisionnistes qui maintiennent la classe ouvrière dans cette situation, dont notamment Jean Luc Mélenchon : ne prône-t-il ^pas une sixième république, dans le droit fil conducteur de la cinquième république, née d’un coup de force de la bourgeoisie française ?

    La contradiction principale est bien, stratégiquement, celle qui oppose la classe prolétarienne à la classe bourgeoise. C’est à partir de celle-ci qu’il faut construire un parti communiste authentique, et un front populaire contre le fascisme, et pour la démocratie populaire. C’est ce qui résulte des enseignements de l’histoire, et notamment ce qui distingue la notion de front uni mise en œuvre par Mao Tsedong et celle mise en œuvre sous la direction de de Gaulle. C’est aussi ce qu’inspire le devenir du PCMLF, au cours des années 1980 : sa conception opportuniste de droite du front uni l’a transformé en un groupuscule à la solde du Parti dit Socialiste.

    On ne peut pas parler de « classe politique », par contre, on peut tout à fait identifier les représentants politiques de la classe bourgeoise par :

    • Leur relation avec l’argent :
    • Leur relation avec la justice bourgeoise :
    • Leur relation avec les élections :
    • Leur relation avec le peuple.

    Dans son ensemble, ces « élus » bourgeoisie constituent une sorte de bouchon qui empêche en réalité la mise en œuvre d’une démocratie populaire : c’est dont unb bouchon qu’il faut faire sauter.

     

    Ainsi, François Fillon considère que le poste de président de la république doit lui revenir, dans le cadre de l’ « alternance » habituelle convenue avec l’autre fraction de la bourgeoisie de « gauche », le Parti Socialiste, quitte à fouler aux pieds les principes mêmes de la justice bourgeoise, et même de la plus simple morale. Ceux qui, malgré les turpitudes morales de François Fillon, ont l’intention de voter malgré tout pour ce candidat, en dit beaucoup sur l’état de décrépitude de la société bourgeoise, et l’absence de toute légitimité de l’élection d’un président de la république, véritable monarque « républicain ». Considérons aussi la distinctions entre grands candidats et petits candidats aux élections présidentielles : cela conduit à poser l’existence de « grands électeurs » (la bourgeoisie, la classe moyenne), dont les voix comptent véritablement, et les « petits électeurs » (le peuple), masse de manœuvre pour laquelle on demande une participation au cirque électoral, pour mieux abandonner ensuite leurs intérêts dans les mains de la classe bourgeoise, pour la gestion effective de la société. Par leur participation à ces mensonges, les petits candidats, dont les deux représentants trotskystes, contribuent à donner une crédibilité à ce cirque électoral.

    En fin de compte l’élection présidentielle n’a aucun intérêt : elle joue le rôle d’un papier attrape-mouche, qui vise à détourner des véritables enjeux : la prise du pouvoir politique par le peuple, la destruction de l’Etat bourgeois et la construction d’un Etat socialiste. Dans la mesure où la classe ouvrière n’a pas de parti communiste apte à présenter le candidat de la classe, la seule position cohérente est donc l’abstention.

     

     

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