• « Les deux voies du rite écossais ancien et accepté » (Quatrième partie)

    Si, d’une part, il faut reconnaître le sacrifice d’authentiques francs-maçons, face à la barbarie vichystes et nazie, il faut aussi accepter la collaboration et les compromissions d’autres pseudos francs-maçons avec cette même double barbarie.

    Ainsi, l’obédience a une fâcheuse tendance à s’accroupir devant les « autorités » en place, sans vraiment prendre en compte la véritable nature de cette « autorité » ? Cela  été le cas tout au long du XIX° siècle.

     « Les deux voies du rite écossais ancien et accepté » (Quatrième partie)

     

    Sous la Résistance (1940-1945) :

    Si, d’une part, il faut reconnaître le sacrifice d’authentiques francs-maçons, face à la barbarie vichystes et nazie, il faut aussi accepter la collaboration et les compromissions d’autres pseudos francs-maçons avec cette même double barbarie.

    Ainsi, l’obédience a une fâcheuse tendance à s’accroupir devant les « autorités » en place, sans vraiment prendre en compte la véritable nature de cette « autorité » ? Cela  été le cas tout au long du XIX° siècle.

    « Arthur Groussier (1863-1957) : Ingénieur des arts et métiers. Secrétaire de la Fédération nationale des ouvriers métallurgistes (1890). Député de Paris (1893-1902) et (1906-1924). Rapporteur du projet de loi sur la codification des lois ouvrières. Vice-président de la Chambre (1917). . Syndicaliste. Franc-maçon. Initié le 25 mai 1885 à la loge « L’Emancipation », orient de paris. Compagnon le 22 février 1896. Maître le 4 novembre 1896. Il s’affilie, en 1898, à la Loge « Bienfaisance et Progrès », à Paris. Il en devient le vénérable et la préside presque sans interruption jusqu’en 1922. Elu au Conseil de l’Ordre du Grand Orient en 1907. Chapitre et Conseil philosophique « L’Avenir ». 33° (1925). Admis au Grand Collège des Rites (1926). Grand Maître d’honneur ad vitam (1945). Grand Commandeur du Collège des Rites (1949,1951). Président du Conseil de l’Ordre en 1925, 1926, 1927-1930, 1931-1934, 1936-1939 et 1944-1945. . Auteur d’un Mémoire sur l’histoire de la franc-maçonnerie.

    Le Grand Orient n'est pas vraiment un phare de la résistance à l'oppression.

    Voici la lettre d'Arthur Groussier, président du Conseil de l'Ordre, au maréchal Pétain, envoyée le  7 août 1940.

    « A M. le Maréchal Pétain, chef de l'Etat français

    Monsieur le Maréchal,

    Devant les malheurs de la patrie, tous les Français doivent consentir les plus grands sacrifices ; mais en est-il de plus douloureux que celui de détruire l'œuvre à laquelle on a donné le meilleur de sa pensée et de son cœur ? Si pénible que cela nous soit, nous croyons accomplir notre devoir présent en nous soumettant à la décision du gouvernement français concernant la Franc-maçonnerie du Grand Orient de France, tout en vous présentant, en raison des mensonges répandus sur cet Ordre philosophique, une déclaration aussi solennelle que respectueuse.

     Dans l'impossibilité absolue de réunir l'Assemblée ou le Conseil qui détiennent les pouvoirs statutaires en cette matière, mais nous appuyant sur la confiance qui nous a maintes fois été accordée et prenant l'entière responsabilité de notre charge, nous déclarons que le Grand Orient de France cesse son fonctionnement et que toutes les Loges qui en relèvent doivent immédiatement renoncer à poursuivre leurs travaux, si elles ne l'ont déjà fait.

     Sans doute, comme toutes les institutions humaines, la Franc-maçonnerie française a eu ses faiblesses, mais durant ses deux siècles d'existence, elle compte à son actif de belles pages d'histoire depuis les encyclopédistes jusqu'au maréchal Joffre, vainqueur de la Marne. Elle a brillé par sa grandeur morale, elle ne peut rougir ni de son idéal ni de ses principes. Elle succombe victime d'erreurs à son endroit et de mensonges, car dans son essence elle a le respect de la pensée libre, des convictions et des croyances sincères. Elle a toujours honoré le travail. Son but suprême est l'amélioration morale et matérielle des hommes dont elle voudrait poursuivre l'union par la fraternité. Elle a conscience, dans les événements douloureux que la France vient de traverser, de n'avoir failli ni à sa tradition, ni au devoir national. A de nombreuses reprises, elle a fait appel aux bons offices du président Roosevelt dans le but de maintenir la paix entre les peuples et c'est le cœur saignant qu'elle a vu se déchaîner l'effroyable conflit.

    Combien d'hommes politiques et autres a-t-on prétendu être Francs-maçons qui ne l'ont jamais été. Et comme l'on se trompe facilement en affirmant que le Grand Orient de France, dans les vingt dernières années, a été le maître du pouvoir ou son serviteur.

    Il n'a jamais non plus subi une direction étrangère, notamment celle de la Grande Loge d'Angleterre avec laquelle il n'a aucun rapport, ni officiel ni officieux depuis 1877. En sens contraire, il n'a jamais cherché à influencer aucune puissance maçonnique d'autre pays, qui ont toujours eu le haut souci de leur indépendance nationale.

    Si, actuellement, nous ne pouvons donner personnellement la preuve de nos affirmations, puisque nos archives ont été saisies au siège et à nos domiciles par les autorités d'occupation, il doit exister en France non occupée une documentation qui peut sans conteste en démontrer la véracité.

    On insinue que nous sommes aux ordres de la finance internationale. Les signataires de cette lettre qui figurent parmi les plus hauts dignitaires de l'Ordre maçonnique sont restés de situation modeste ; la simplicité et la dignité de leur vie, faciles à contrôler, leur permettent de dédaigner une si déshonorable imputation.

    La Banque de France est le seul établissement bancaire, avec les chèques postaux, où le Grand Orient de France possède un compte courant. Des titres, au reste bien modestes, sont des titres français : rentes sur l'Etat et Bons de la Défense nationale.

    Enfin, le principal grief qui est fait, c'est d'être une société secrète, ce qui est encore inexact au sens légal du mot. Le 3 janvier 1913, le Grand Orient de France devenait une association déclarée, ayant personnalité civile en déposant ses statuts et en renouvelant tous les ans, à la préfecture, le dépôt des noms de ses trente-trois administrateurs. Il suffit du reste de consulter l'annuaire universel Didot-Bottin-Tome Paris pour trouver aux "Professions" à la rubrique "Franc-maçonnerie" toutes les indications du Grand Orient de France avec les noms et professions des membres du Bureau.

    Le Grand Orient de France comptait parmi les forces spirituelles qui composaient notre nation. Sa fermeture suffira t'elle à apaiser certaines haines ? Puisse-t-elle au moins aider au rapprochement de tous les Français qui, avec des tempéraments différents, ont l'intention de travailler loyalement au redressement moral et à la prospérité de la France.

    Nous vous prions, Monsieur le Maréchal, de vouloir bien agréer l'assurance de notre profond respect... »

    Lors du Convent du Grand Orient de 1945, Arthur Groussier revendique pleinement la paternité du texte. Il a tout fait pour qu'on ne poursuive pas les Francs-maçons. Il remarque que, pendant toute la durée de la guerre, aucun Franc-maçon ne lui a adressé de reproche pour cette lettre. Les frères moralistes ne sont pas non plus des modèles de la résistance à l'oppression.

    Il rajoute : "Mon sentiment était que pesait sur moi la responsabilité du sort des Maçons. Il ne fallait pas qu'un acte de moi pût servir à faire traiter les Maçons, puisqu'on en avait la liste, comme on a traité les Juifs. Les Maçons qui ont été poursuivis et maltraités l'ont été comme résistants, et non pas comme Maçons.". » » 

     

     

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