• Le secret maçonnique (Partie 91)

    Quel est l’avenir ? C’est l’égalité complète entre l’homme et la femme. En tant qu’association progressive, la franc-maçonnerie doit être à l’avant-garde de ce progrès. D’ailleurs, la maçonnerie masculine traditionnelle à l’anglaise, qui considère la maçonnerie mixte ou féminine comme irrégulière, est partout en déclin. Le propos est celui-ci : du point de vue initiatique quels sont les arguments favorables et les arguments défavorables pour introduire la mixité dans une loge maçonnique ?

     

    Le secret maçonnique (Partie 91)

     

    §3) La franc-maçonnerie et la mixité

    Trois thèses :

    Premièrement, la franc-maçonnerie, dans son ensemble, baigne dans un contexte. Dans le contexte d’une civilisation judéo-chrétienne, relativement aux relations hommes/femmes, ou masculin/féminin, ou encore relations entre genres (hétérosexualité, homosexualité, transgenre, etc.), la tendance dominante est le patriarcat (domination de l’homme sur la femme, économiquement, socialement, intellectuellement,… La femme est considérée comme inférieure. Les autres genres sont niés. Dans le cadre d’une société bourgeoise décadente, la déchristianisation, depuis la Révolution française, et le développement de l’individualisme, conduisent à des luttes d’émancipation des femmes et l’affirmation de tous les genres. Le sens de l’histoire est l’égalité de tous les genres. En conséquence, la franc-maçonnerie est marquée par deux orientations concernant les genres :

    ·                    Une orientation profondément misogyne, tendant à l’exclusion des femmes et des genres, autres que les hommes hétérosexuels, blancs et chrétiens, au moins de la maçonnerie anglaise dite régulière, ceci officiellement, ainsi que les Constitutions d’Anderson ;

    ·                    Une orientation de plus en plus affirmée, aboutissant à une maçonnerie féminine, traitée de façon tout à fait égalitaire.

    Deuxièmement, l’affirmation de divers idéaux par la franc-maçonnerie (« Egalité » de tous les êtres humains, sans considération de sexe, de classe sociale, d’ethnie, de religion,… « Fraternité/Soeurité universelles, Amour fraternel universel, …) implique l’ « ouverture » des loges aux femmes, et aux autres genres que purement hétérosexuel. De plu, la franc-maçonnerie devrait être en ^pointe dans la lutte d’émancipation de tous les sexes et genres. Cela n’a pas toujours été le cas, notamment de diverses obédiences. Ce n’est pas encore le cas de tous les francs-maçons aujourd’hui. Il faut se souvenir, par exemple, que le G.°. O.°. D.°. F.°. est devenu mixte en 2010, de façon officielle, et dans des conditions tout à fait antidémocratique. Inversement, il faut reconnaître que des francs-maçons, depuis le XVIII° siècle, ont mené vigoureusement des batailles pour l’émancipation sexuelle (liges d’adoption, création du Droit Humain, etc.).

    Troisièmement, le refus de la mixité dans les loges, encore aujourd’hui, repose sur la volonté de se retrouver entre-soi. C’est-à-dire que la loge unisexe indique, pour les hommes, le désir de ne pas montrer aux femmes, son aspect personnel « féminin », dans le cadre d’une activité compassionnelle (« solidarité », « compassion », « amour », etc.).. Inversement, pour les femmes, il s’agit de cacher au « sexe fort » son aspect personnel « masculin », dans le cadre du même environnement (s’affirmer, prendre la parole,…). Cet aspect de rejet de son « Autre » est amoindri par l’acceptation de visites des membres de l’autre sexe, sans que ceux-ci n’aient accès à l’initiation. Pourtant, d’un point de vue initiatique, l’un des objectifs du franc-maçon, homme ou femme, est de faire mourir le vieil homme, ou la vieille femme : cela signifie un retour à l’état originel, par un travail sur soi, de l’union, en soi, du masculin et du féminin, de l’intérieur et de l’extérieur, du côté droit et du côté gauche de son cerveau, du cerveau et du coeur, de la raison et de l’intuition,… Comment prétendre atteindre au nouvel homme, ou la nouvelle femme, sans union de l’anima et de l’animus, à l’image des couples alchimiques symboliques, comme Nicolas Flamel et Perenelle ? Le refus de la mixité, d’un point de vue initiatique, est donc le refus du travail sur soi, conduisant à l’homme nouveau et la femme nouvelle : c’est l’indice d’un manque de maturité. Est-on véritablement « initié », lorsque l’on n’a pas fait le travail de fusion du masculin et du féminin, et surtout, lorsque l’on refuse cette union, ce qui est l’indication de la présence de métaux dans le Temple (désirs malsains, refoulements, rejet, misogynie, ségrégation,…) ? Cela crée dans certaines loges une ambiance de caserne et de pensionnat. Dans le pire des cas, cela génère des « défouloirs sexuels », comme dans certaines loges de Lille, dont certains membres étaient des pourvoyeurs des partis fines de DSK. Si cela n’a plus rien à voir avec les idéaux de la franc-maçonnerie, cela naît bien sur un terreau maçonnique ! Souvent les réactions anti-mixité, un peu facilement justifiées par des arguties « initiatiques », reposent le plus souvent sur des considérations platement profanes, comme par exemple l’éducation reçue (éducation traditionnelle, où les garçons sont rigoureusement séparés des filles, comme l’école, l’armée, les religions, certaines entreprises, etc.), la protection d’un lieu de défoulement où l’autre sexe est exclu, où l’on se retrouve entre représentations du même sexe, etc. Par définition, ces automatismes représentent ce que l’on appelle des « métaux dans le Temple », défauts qui devraient justement faire l’objet du travail sur soi de chaque maçon.

    La civilisation peut être matriarcale ou patriarcale. Ensuite, il y a des nuances dans chacun de ces domaines : par exemple, le patriarcat peut aller de l’esclavagisme des femmes à une certaine émancipation. Notre civilisation est plutôt patriarcale, avec, depuis plus de deux siècles, des tendances fortes à l’émancipation des femmes.

    Cet aspect est reflété dans le domaine maçonnique : ainsi la plupart des rituels comportent surtout des personnages masculins, et les femmes sont plutôt écartées des tenues.

    Le patriarcat était moins prégnant à certaines étapes historiques : par exemple, le polythéisme, dans le cadre du panthéon grec comprend parmi les douze divinités majeures, la moitié de dieux et la moitié de déesses, mais le dieu suprême reste masculin.

    Parfois les sociétés initiatiques, comme l’école de Pythagore, étaient mixtes. Certaines prêtresses (comme Sibylle,…) ont joué un grand rôle. Les mythes comportent des personnages féminins, parfois valorisés, comme le mythe d’Isis et Osiris, mythes grecs. Dans la Bible, les femmes jouent un rôle plutôt négatif, ce qui dénote plutôt de la misogyne de la part des rédacteurs (la « faute » d’Eve ; la trahison de Dalila,...). Les cultes des Mystères antiques font référence à de nombreuses divinités féminines : Isis, Déméter, Perséphone, Cybèle, mère des dieux,…

    Mais dans les trois grades bleus, comme pour les hauts grades, les personnages de la dramaturgie maçonnique sont masculins, à l’exception de la Veuve (la Mère).

    Quel est l’avenir ? C’est l’égalité complète entre l’homme et la femme. En tant qu’association progressive, la franc-maçonnerie doit être à l’avant-garde de ce progrès. D’ailleurs, la maçonnerie masculine traditionnelle à l’anglaise, qui considère la maçonnerie mixte ou féminine comme irrégulière, est partout en déclin. Le propos est celui-ci : du point de vue initiatique quels sont les arguments favorables et les arguments défavorables pour introduire la mixité dans une loge maçonnique ?

     

     

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