• Le secret maçonnique (Partie 90)

    Si, être Charlie, c’est vouloir l’application des droits de l’homme, dès aujourd’hui, à tous les êtres humains, dont les habitants des quartiers difficiles, je suis résolument et absolument Charlie. Cela signifie l’instauration d’une république sociale et d’une démocratie populaire. Mais je doute que dans ce cas, d’autres personnes, dont des francs-maçons soient encore Charlie. Notamment tous ceux qui prônent le statut quo : république bourgeoise et « démocratie » bourgeoise. La franc-maçonnerie grandirait son rôle à être un pont entre ceux qui ont véritablement défilé lors du 11 janvier 2015, et les habitants des quartiers difficiles, exclus de tous les droits, ainsi qu’à faire le ménage et à exclure tous les faux frères qui se réclament d’idéologies d’exclusion.

     

     

    Le secret maçonnique (Partie 90)

     

    La journée du 11 janvier est une journée des dupes :

    • D’une part, les nantis, dont les élus, qui ont participé à la manifestation, espèrent maintenir le statut quo, c’est-à-dire préserver une république bourgeoise, où les droits de l’homme sont réservés aux bourgeois et aux nantis. Il faut donc continuer à tenir à l’écart les classes travailleuses, considérées comme dangereuses, les banlieues, quitte à créer un régime d’oppression et de limitation encore plus drastiques des diverses libertés. En d’autres termes, en donnant le pouvoir d’Etat aux fascistes. C’est là une impasse, qui va accentuer les divers problèmes, dont le « terrorisme » ! La fausse distinction entre « gauche » et droite disparaît face à l’union des nantis contre le peuple.

    • D’autre part, la majorité des Français, qui souhaitent une république sociale, avec des droits réels pour tous. Dont la sécurité notamment pour les minorités musulmanes et juives. Là aussi le réveil est dur le 12 janvier 2015, et ces manifestant là auront aussi la gueule de bois, car ils vont se rendre compte qu’il ne suffit pas d’une manifestation, où dégoulinent les bons sentiments (« Fraternité »), pour que la majorité obtienne enfin l’application à tous des droits de l’homme : seule une révolution radicale, menée par la classe ouvrière sera à même d’obtenir ce résultat, après un parcours long et sinueux.

    Cet événement historique du 11 janvier 2015 en rappelle d’autres, comme par exemple la mobilisation nationale autour du meurtre du journaliste Victor Noir, tué le 20 janvier 1870 par un membre de la famille de Napoléon III, ou bien les manifestation antifascistes de 1934, qui ont préparé le Front Populaire de 1936. . Sans être devin, un tel événement en prépare d’autres de grande ampleur.

    Entre ceux qui veulent faire descendre les valeurs de la République (« Liberté-Egalité-Fraternité ») des frontons des hôtels de ville et des bâtiments publics, pour les faire vivre véritablement dans la vie de tous les jours, et ceux qui veulent continuer de bénéficier des divers droits, sans les partager avec la grande majorité des pauvres, mais en maintenant ces citations comme des sortes de vaches sacrées sur les murs des bâtiments publics, lesquels seront cocus et dupés ? Seul le proche avenir nous le dira.

    Comme le déclare, Joseph Macé-Scaron, directeur du journal Marianne: « La majorité de nos élites ne croit pas aux valeurs de Liberté, d’Égalité et de Fraternité. Il nous faut les interpeller, car leurs seules valeurs, ce sont l’argent et le cynisme individuel. »

    Y a-t-il encore une classe ouvrière?

    Selon l'INSEE, en 2012, il y avait environ 6 millions d'ouvriers, qualifiés ou non. Chiffre auquel il faut ajouter leur famille, les demandeurs d'emploi, les retraités, les petits commerçants, etc. ainsi que les employés; cela en fait du monde! Sûrement plus de la moitié de la population totale. Mais tout est fait pour rendre cette population invisible. En 2010, plus de 50 % des salariés gagnaient moins de 1675 € par mois, dont les ouvriers en moyenne un peu plus de 1500 € !

    Le Front national se vante d'être le parti qui obtient le plus de suffrages des ouvriers: mais que ce soit à Hénin-Beaumont, ou ailleurs, quand les ouvriers (et tous les petits salaires, dont les retraités) vont constater que les élus frontistes sont du côté des plus riches (voir les salaires de leurs élus), le réveil va être, je le crois, très brutal pour ces mêmes élus.

    Attention, il ne s'agit pas seulement de statistiques! Il s'agit aussi des leviers économiques dont on dispose (il y a ceux qui ont les capitaux, et ceux qui ont la force de travail)! D'accord pour parler des classes pauvres, ou des classes dangereuses (plus de 50 % du total de la population française, à laquelle il faut ajouter un grand nombre d'"étrangers"). N'oubliez pas qu'en trente années, la richesse globale de la France a doublé, alors que le nombre de pauvres ne cesse de s'accroître! Comme on dit: "Ils n'ont que leurs chaînes à perdre!". J'ai eu l'occasion d'observer des luttes ouvrières de près, tant en Lorraine, que dans l'Oise et le Nord-Pas-de-Calais. Prenons un exemple récent: une centaine d'ouvriers de Beauvais (seulement une centaine!) se sont "invités" au siège de la CGT, pour demander que les "pourris" (les compromis, qui ont fait de la CGT un organe de collaboration de classe et non un outil au service des luttes de la classe ouvrière, et qui s'en mettent plein les fouilles), soient démis. Même si ces "grands chefs" représentent le pouvoir dans la confédération, à mon avis, ils devront obtempérer, et, comme on dit, tout penauds, rendre leurs tabliers (souillés). Sinon tous les "technocrates-bureaucrates" de la CGT vont voir leurs oreilles chauffer. Transposez cette démarche au niveau national ou local. Imaginez par exemple, une centaine de femmes et d'enfants, se rendant avec des casseroles vides, à l'Hôtel de ville: que fera le maire? Qu'a fait Louis XVI lorsque 5000 ménagères se sont rendues à Versailles pour demander au "boulanger" et "au petit mitron" de les accompagner à Paris?

    Le mouvement « Je suis Charlie » est une vraie auberge espagnole, où l’on trouve le meilleur et le pire. Et ce n’est pas sur les journalistes corrompus et au service de l’idéologie dominante qu’il faut compter pour distinguer le bon grain de l’ivraie ! Par exemple, est-il bienséant de défiler derrière les représentants d’Etats ultraréactionnaires, semi coloniaux et semi féodaux, au nom de la liberté de presse, d’expression, de la liberté tout court, et au nom de l’égalité ? Le peuple partage-t-il les mêmes valeurs que la « troïka » de Bruxelles (président de la Commission européenne, président du Parlement européen,…), derrière laquelle on l’oblige à défiler ?

    Les francs-maçons sont-ils tous des « Charlie » ?  Demandons d’abord aux manipulateurs de l’opinion publique ce qu’il faut entendre par « Charlie » :

    Si être Charlie, c’est adhérer à la ligne éditoriale de « Charlie Hebdo », alors il faut préciser de quelle ligne il s’agit : si c’est la ligne des treize premières années d’Hara-kiri et Charlie Hebdo, ligne anticonformiste, insolente, et humoristique, alors je suis Charlie. S’il s’agit de la ligne libérale et libertaire de ces dernières années, alors je ne suis sûrement pas Charlie. Et pour la ligne éditoriale de l’avenir, on verra. Mais on peut être pour la défense des libertés, dont la liberté d’expression, sans être pour autant Charlie.

    Si être Charlie, c’est défendre la liberté de la presse, je ne suis pas Charlie. Car il n’y a pas de liberté de la presse en France (à l’exception du Canard enchaîné).

    Si être Charlie, c’est condamner les crimes antisémites et la barbarie fasciste, dont les attentats contre les musulmans, je suis Charlie.

    Si être Charlie, c’est accepter les guerres injustes impérialistes, où la jeunesse est sacrifiée aux intérêts du CAC 40, je ne suis pas Charlie.

    Si être Charlie, c’est opposer au reste du peuple les arabes et en particulier, les français musulmans, je suis résolument anti-Charlie.

    Je refuse résolument de défiler derrière tous ceux qui prennent prétexte pour prôner des idées d’exclusion et de ségrégation, qu’ils se disent francs-maçons ou pas. Mais je défile sans hésiter pour qu’enfin on applique les droits de l’homme à tous les citoyens !

    Si, être Charlie, c’est vouloir l’application des droits de l’homme, dès aujourd’hui, à tous les êtres humains, dont les habitants des quartiers difficiles, je suis résolument et absolument Charlie. Cela signifie l’instauration d’une république sociale et d’une démocratie populaire. Mais je doute que dans ce cas, d’autres personnes, dont des francs-maçons soient encore Charlie. Notamment tous ceux qui prônent le statut quo : république bourgeoise et « démocratie » bourgeoise. La franc-maçonnerie grandirait son rôle à être un pont entre ceux qui ont véritablement défilé lors du 11 janvier 2015, et les habitants des quartiers difficiles, exclus de tous les droits, ainsi qu’à faire le ménage et à exclure tous les faux frères qui se réclament d’idéologies d’exclusion.

     

     

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