• Le secret maçonnique (Partie 34)

    « Les mitrailleuses moulent dans les casernes … c’est une boucherie humaine ; ceux qui, mal tués, restent debout ou courent contre les murs, sont abattus à loisirs » (Louise Michel, « La Commune, Histoire et Souvenirs »).

    Le secret maçonnique (Partie 34)                              

     

    Les causes de l’échec sont multiples :

    ·        La désorganisation, en raison notamment de la division entre le comté central et le conseil communal ;

    ·        Les faiblesses militaires, notamment en raison de l’indiscipline ;

    ·        Le manque d’initiative, en raison par exemple, du refus de réquisitionner la Banque de France.

    En 1881, Karl Marx reproche à la Commune de ne pas avoir pensé à réquisitionner la Banque de France : « Outre qu’elle fut simplement le soulèvement d’une ville dans des circonstances exceptionnelles, la majorité de la Commune n’était nullement socialiste, et ne pouvait l’être. Avec un tout petit peu de bons sens, elle eût cependant pu obtenir de Versailles un compromis favorable à toute la masse du peuple – seul objectif réalisable à l’époque. A elle seule, la réquisition de la Banque de France eût mis un terme aux rodomontades des versaillais » (Lettre du 28 février 1881 de Karl Marx à Nieuwenhuis).

    Prosper-Olivier Lissagaray note : « Toutes les insurrections sérieuses ont débuté par saisir le nerf de l’ennemi, la caisse. La Commune est la seule qui ait refusé. Elle abolit le budget des cultes qui était à Versailles, et resta en extase devant la caisse de la haute bourgeoisie qu’elle avait sous la main ». (« Histoire de la Commune de 1871 », parue en 1876).

    La seule exigence de la Commune est d’obtenir de la Banque de France les avances qui lui permettent notamment d’assurer le paiement de la solde des gardes nationaux. A ce titre, la Commune reçoit 16,7 millions de francs : les 9,4 millions de francs que la ville avait en compte et 7,3 millions réellement prêtés par la Banque. Au même moment, les Versaillais reçoivent 315 millions de francs du réseau des 74 succursales de la Banque de France !

    Engels : « Bien des choses ont été négligées que, selon notre conception d’aujourd’hui, la Commune aurait dû faire. Le plus difficile à saisir est certainement le saint respect avec lequel on s’arrêta devant les portes de la Banque de France. Ce fut d’ailleurs une lourde faute politique. La Banque aux mains de la Commune, cela valait lieux que dix-mille otages. Cela signifiait toute la bourgeoisie française faisant pression sur le gouvernement de Versailles pour conclure la paix avec la Commune. » (Introduction à la réédition de « La guerre civile en France » en 1891).

    « La grande faute de tous ceux qui touchèrent de près ou de loin au ministère de la Guerre, de tous ceux qui trempèrent plus ou moins dans la direction des affaires militaires, ce fut de vouloir faire la guerre régulière, classique, de s’embourber jusqu’au cou dans l’ornière de la routine. On s’épuisa en vains efforts pour organiser des armées, des régiments, distribuer des commandements, enfanter des plans stratégiques. Pendant deux mois, on envoya aux remparts, aux forts, aux avant-postes, l’élite de la population révolutionnaire. Pendant deux mois, on perdit des milliers d’hommes, sans que ceux de qui cela dépendait aient rien trouvé de nouveau, d’original, aient conçu l’idée d’organiser sérieusement la véritable guerre populaire. La majorité demandait à cor et à cri des moyens révolutionnaires. C’est là qu’il fallait les appliquer ». (Arthur Arnould, « Histoire populaire et parlementaire de la Commune de Paris »).

     

    A)   Le comportement barbare des Versaillais :

     

    Les fédérés n’ayant pas obtenu la qualité de belligérants réguliers, les chefs de l’armée versaillaise s’estimaient dans leur droit en procédant à des exécutions sommaires.

    Les incendies dans Paris ont sans doute trois causes :

    • Les bombes à pétrole et les obus incendiaires de Thiers et des Versaillais ;
    • Les incendies causés par les bonapartistes pour faire disparaître des traces et des archives compromettantes (Cour des Comptes, Conseil d’Etat, ministre des Finances, etc.) ;
    • Les fédérés pour protéger leur défense et leur fuite.

     

    La grande préoccupation du gouvernement de Versailles fut l’émeute. Ce n’était pas du siège par les Prussiens qu’il voulait sauver Paris, mais avant tout des révolutionnaires.

    Le 29 janvier 1871, 400 000 hommes, armés de fusils, de canons, les Français, capitulaient devant 200 000, les Prussiens ? Le cri des réactionnaires était : « C’est la République qui veut la guerre ! Paris est aux mains des partageux ! ».

    Le rouge dans le vêtement sera considéré, par les conseils de guerre, comme preuve d’allégeance à la Commune.

    Au début du mois d’avril l’armée du gouvernement de Versailles compte environ 55 000 hommes ; du côté de la Commune, on estime les combattants à un maximum de 50 0000 hommes. Pour mener le « second siège de Paris », celui de la guerre civile, Thiers veut renforcer son armée. Il renforce les effectifs en puisant dans les « armées provinciales », et pour un quart de l’effectif, sur la libération des soldats détenus par les Allemands. Les effectifs passèrent donc à 120 000 hommes en fin mai. Du côté de la Commune, le nombre des combattants alla en diminuant, pour tomber à 40 000 hommes, ou moins, en mai.

    Il y aura plus de 500 barricades.

    Le bilan est estimé à la mort de 35 000 Communeux, dont 20 000 au cours de la Semaine sanglante. Louise Michel estime les morts plutôt à cent mille personnes.

    En mars 1875, le général Appert écrivait dans un rapport sur les opérations de la justice militaire relatives à l’insurrection de 1871, concernant les décisions liées à la région parisienne : « 46 835 individus avaient été jugés par les conseils ». Il y avait eu 23 727 ordonnances de non-lieu, 10 137 condamnations prononcées contradictoirement, 3313 condamnations prononcées par contumace, 2445 acquittements, 7213 refus d’informer. Sur les 10 137 condamnations prononcées contradictoirement, il y eut 95 condamnations à la peine de mort et, in fine, 25 exécutions ; 251 individus furent condamnés aux travaux forcés, 1169 à la déportation dans une enceinte fortifiée et 3417 à la déportation simple. Parmi les autres condamnations diverses, figurait par exemple, la condamnation de moins ou de plus d’un an. 55 enfants de moins de 16 ans furent condamnés à être envoyés en maison de correction. Aux morts, massacrés essentiellement, et aux condamnés, s’ajoutent ceux qui se sont enfuis, gagnant pour une longue prescription, les pays de la Belgique, de la Suisse, de l’Angleterre…

    L’hystérie anti-parisienne des « ruraux » explique les massacres de la Semaine sanglante, les camps de détention qui sont déjà des camps d’extermination, les conseils de guerre.

    Dès son installation à Versailles, Thiers se préoccupa d’isoler Paris, moins d’abord pour l’affamer que pour éviter de voir se répandre en province la contagion révolutionnaire. Il fit donc contrôler la poste, saisir les journaux, couper le télégraphe.

    A l’occasion de travaux municipaux, le journal le « Matin » du 29 janvier 1897, écrit : « Les terrassiers actuellement occupés aux travaux du réservoir que la Vile de Paris fait construire sur une partie de l’emplacement de l’ancien cimetière de Charonne, en haut de la rue de Bagnolet, ont mis à jour depuis le commencement de la semaine, près de 800 squelettes encore enveloppés de vêtements militaires. Il résulte de l’examen des boutons d’uniforme que ces reste sont ceux de Fédérés inhumés en cet endroit en mai 1871 ». (Cité par Emile Tersen dans l’ouvrage collectif « La Commune de 1871 », Editions sociales, Paris, 1960).

    La répression versaillaise fut suivie après la Semaine sanglante, par une vague de dénonciations : il y eut, selon les chiffres officiels, 399 823 dénonciations. Une sur vingt était signée.

    La caserne Lobau, proche de l’Hôtel de Ville, fut un des hauts lieux de la répression versaillaise. Pierre Dominique, collaborateur de Charles Maurras, a écrit : « A l’intérieur, c’est un abattoir. Les feux de peloton se succèdent, suivis des coups isolés qui achèvent. Les soldats sont pressés. Parfois, on tue par derrière avant que les condamnés aient atteint le mur et on pousse les morts sur le tas. S’ils sont plus de dix, on utilise la mitrailleuse ».

    « Toutes les fois que le nombre de condamnés dépassera dix hommes, on remplacera par une mitrailleuse le peloton d’exécution » (« Paris Journal », 9 juin).

    « Vingt-six mitrailleuses judiciaires fonctionnèrent » (Lissagaray, « Histoire de la Commune »).

    « Les mitrailleuses moulent dans les casernes … c’est une boucherie humaine ; ceux qui, mal tués, restent debout ou courent contre les murs, sont abattus à loisirs » (Louise Michel, « La Commune, Histoire et Souvenirs »).

    Depuis le 18 mars 1871, les entrepreneurs demeurés à Paris avaient baissé les salaires. Peut-être pour tenter de créer ainsi un courant d’hostilité à l’égard du gouvernement communal, en aggravant la situation économique.

     

    Le socialiste allemand Bebel a déclaré au Reichstag, à propos de la Commune de Paris : « Ce n’a été encore qu’un combat d’avant-garde. Mais dans quelques années la devise de la Commune : « Guerre au Palais, Paix aux chaumières » sera devenue le mot d’ordre de tous les prolétaires de l’Europe ».

     

     

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