• Le secret maçonnique (Partie 31)

    Tous comprendront ce que veulent les frères de Paris, c’est que la justice passe de la théorie à la pratique, que l’amour des uns pour les autres devient la règle générale, et que l’épée n’est tirée du fourreau, à Paris, que pour la légitime défense de l’humanité.

    Non ! Frères maçons et compagnons, vous ne voudrez pas permettre que la force brutale l’emporte, vous ne supporterez pas que nous retournions au chaos, et c’est ce qui adviendrait si vous n’étiez pas avec vos frères de Paris qui vous appellent à la rescousse.

    Le secret maçonnique (Partie 31) 

     

    a)    Annonce des francs-maçons. Journal Officiel de la Commune du 2 mai 1871 :

    Faits divers. Les francs-maçons de tous les rites sont convoqués mardi 2 mai, à 2 heures très précises, place de la Concorde, pour aller reprendre les bannières arborées sur les remparts de Paris, et que le feu de Versailles n’a pas su respecter. 

     

    b)   Manifeste des francs-maçons de Rouen. Journal Officiel de la Commune du vendredi 5 mai 1871 :

    On nous prie de publier le document suivant, qui émane de la franc-maçonnerie rouennaise :

    Les francs-maçons de Rouen, réunis en assemblée générale, convaincus que la paix, c’est-à-dire l’apaisement des haines sociales, la reprise du travail et du commerce, le rétablissement de l’économie et de la science, les nobles labeurs de l’agriculture, sont un besoin impérieux pour la France.

    Déclarent donner l’adhésion la plus complète au manifeste officiel du conseil de l’ordre de la maçonnerie française qu’ils s’approprient.

    MANIFESTE DE LA FRANC-MACONNERIE.

    Paris, le 8 avril 1871.

    En présence des événements douloureux devant lesquels la France entière gémit, en présence de ce sang précieux qui coule par torrents, la franc-maçonnerie, qui représente les idées d’humanité et qui les a répandues dans le monde, vient une fois encore affirmer devant vous, gouvernement et membres de l’Assemblée, devant vous, membres de la Commune, les grands principes qui font sa loi et qui doivent être la loi de tout homme ayant un cœur d’homme.

    Le drapeau de la maçonnerie porte, inscrite sur ses plis, la noble devise :

    Liberté. – Egalité. – Fraternité.

    La maçonnerie prêche la paix parmi les hommes, et, au nom de l’humanité proclame l’inviolabilité de la vie humaine.

    La maçonnerie maudit toutes les guerres, elle ne saurait assez gémir sur les guerres civiles.

    Elle a le devoir et le droit de venir au milieu de vous et de vous dire : Au nom de l’humanité, au nom de la fraternité, au nom de la patrie désolée, arrêtez l’effusion du sang, nous vous le demandons, nous vous supplions d’entendre notre appel !

    Nous ne venons pas vous dicter un programme, nous nous en rapportons à votre sagesse, nous vous disons simplement : Arrêtez l’effusion de ce sang précieux qui coule des deux côtés, et posez les bases d’une paix définitive qui soit l’aurore d’un avenir nouveau !

    Voilà ce que nous vous demandons énergiquement, et si notre voix n’était pas entendue, nous vous disons ici que l’humanité et la patrie l’exigent et l’imposent.

    Pour extrait conforme :

    Le président d’honneur de la maçonnerie rouennaise, Desseaux,

    Le vén.°. des Arts-Réunis, Hédiard,

    Le vén.°. de la Persévérance-Couronnée A. Lorond,

    Le T.°. S.°. du chapitre des Arts-Réunis, Hédiard,

    Le vén.°. de la Vérité, F. Deschamps,

    Le vén.°. de la Constance-Eprouvée, membre du conseil de l’ordre, E. Vienot,

    Le T.°. S.°. du Chapitre de la Persévérance-Eprouvée, Goudy,

    Le président du Conseil philosophique, Dieutée.

    Par mandement des Ateliers-Réunis de l’Orient de Rouen, le sec.°. Jules Godefroy.

     

    c)    Appel du 5 mai 1871 des Francs-maçons. Journal Officiel de la Commune du 11 mai 1871 :

    Le 29 avril 1871, une délégation de francs-maçons, alla sur les fortifications, entre l’armée de Versailles et celle de la Commune. A leur retour, les francs-maçons publièrent l’appel suivant :

    « Fédération des francs-maçons et compagnons de Paris

    Les francs-maçons et compagnons de Paris à leurs frères de France et du monde entier.

    Frères,

    C’est à vous tous que nous nous adressons :

    Francs maçons de tous les rites et de tous les orients,

    Compagnons de toutes les corporations,

    Vous le savez, les francs-maçons sont des hommes de paix, de concorde, de fraternité, d’étude, de travail ; ils ont toujours lutté contre la tyrannie, le despotisme, l’hypocrisie, l’ignorance.

    Ils défendent sans cesse les faibles courbés sous le joug, de ceux qui les dominent, leurs adeptes couvrent le monde : ce sont des philosophes qui ont pour précepte la morale, la justice, le droit.

    Les compagnons sont aussi des hommes qui pensent, réfléchissent et agissent pour le progrès et l’affranchissement de l’humanité.

    A l’époque malheureuse que nous traversons, lorsque le fléau de la guerre a été déchaîné par les despotes pour anéantir plus particulièrement la noble nation française ;

    Quand cette belle France qui, pour tout le monde, est l’espérance des opprimés, se voit réduite à merci et que Paris, sa capitale, est le but d’attaques épouvantables et fratricides ;

    Les francs-maçons et les compagnons sortent les uns et les autres de leurs sanctuaires mystérieux, tenant de la main gauche la branche d’olivier, symbole de la paix, et de la main droite le glaive de la revendication.

    Attendu que les efforts des francs-maçons ont été trois fois repoussés par ceux-là mêmes qui ont la prétention de représenter l’ordre, et que leur longue patience est épuisée, tous les francs-maçons et compagnons doivent prendre l’arme vengeresse et crier :

    Frères, debout ! que les traîtres et les hypocrites soient châtiés.

    Frères de la maçonnerie universelle, frères compagnons, écoutez !

    Les francs-maçons ont, dans la journée du 22 avril, envoyé à Versailles porter au chef du pouvoir exécutif des paroles d’apaisement et de conciliation, leurs délégués étaient accompagnés de deux citoyens désignés par les chambres syndicales de paris, ils n’ont pu obtenir qu’une trêve de neuf heures pour faire sortir les malheureuses et innocentes victimes qui périssaient dans les caves de Neuilly, des Ternes, de Levallois, de Clichy.

    Les hostilités ayant été reprises avec une haine indescriptible par ceux qui osent bombarder Paris, les francs-maçons se réunirent le samedi 26 avril au Châtelet et décidèrent que le samedi 29 ils iraient solennellement faire adhésion à la Commune de Paris, et planter leurs bannières sur les remparts de la ville, aux endroits les plus menacés, espérant qu’elles amèneraient la fin de cette guerre impie et fratricide.

    Le 29 avril, les francs-maçons, au nombre de 10 à 11 000 se rendirent à l’Hôtel-de-Ville, suivant les grandes artères de la capitale, au milieu des acclamations de toute la population parisienne ; arrivés à l’avenue de la Grande-Armée, malgré les bombes et la mitraille, ils arborèrent 62 de leurs bannières en face des assaillants.

    Leur bannière blanche : Aimons-nous les uns les autres, s’avançant sur les lignes ennemies versaillaises, fit cesser le feu de la porte Dauphine à la porte Bineau : la tête de leurs profondes colonnes atteignit seule la première barricade des assaillants.

    Trois cents francs-maçons furent admis comme délégués.

    Ces délégués n’ayant obtenu qu’une courte trêve des généraux auxquels ils s’étaient adressés à Neuilly, à Courbevoie et à Rueil, où les populations les acclamaient aux cris de Vive la Maçonnerie, Vive la Commune, deux d’entre eux, cédant à l’instance des généraux qui déclarèrent d’ailleurs qu’ils ne pouvaient pas être leurs interprètes, allèrent à Versailles, sans mandat et contrairement à la ligne de conduite qu’ils s’étaient tracée, mais pour démontrer une fois de plus que toute tentative nouvelle de conciliation était inutile.

    Ils n’obtinrent rien, absolument rien, du chef du pouvoir exécutif.

    Le feu, interrompu le 29 à quatre heures de relevée, recommença plus formidable, accompagné de bombes incendiaires, le 30 à 7 h. 45 mn du soir. La trêve n’avait donc duré que 27 h. 45 mn.

    Une délégation de francs-maçons placée à la porte Maillot a constaté la profanation des bannières.

    C’est de Versailles, que sont partis les premiers coups, et un franc-maçon en a été la première victime.

    Les francs-maçons et compagnons de Paris, fédérés à la date du 2 mai s’adressent à tous ceux qui les connaissent.

    Frères en maçonnerie et frères compagnons, nous n’avons plus à prendre d’autres résolutions que celle de combattre et de couvrir de notre égide sacrée le côté du droit.

    Armons-nous pour la défense !

    Sauvons Paris !

    Sauvons la France !

    Sauvons l’humanité !

    Paris, à la tête du progrès humain, dans une crise suprême, fait appel à la Maçonnerie universelle, aux compagnons de toutes les corporations, il crie : A moi les enfants de la Veuve !

    Cet appel sera entendu par tous les francs-maçons et compagnons ; tous s’uniront pour l’action commune, en protestant contre la guerre civile que fomentent les souteneurs de monarchie.

    Tous comprendront ce que veulent les frères de Paris, c’est que la justice passe de la théorie à la pratique, que l’amour des uns pour les autres devient la règle générale, et que l’épée n’est tirée du fourreau, à Paris, que pour la légitime défense de l’humanité.

    Non ! Frères maçons et compagnons, vous ne voudrez pas permettre que la force brutale l’emporte, vous ne supporterez pas que nous retournions au chaos, et c’est ce qui adviendrait si vous n’étiez pas avec vos frères de Paris qui vous appellent à la rescousse.

    Agissez de concert, toutes les villes ensemble, en vous jetant au-devant des soldats qui combattent bien malgré eux pour la plus mauvaise cause, celle qui ne représente que des intérêts égoïstes, et entraînez-les à servir la cause de la justice et du droit.

    Vous aurez bien mérité de la Patrie universelle, vous aurez assuré le bonheur des peuples pour l’avenir !

    Vive la République ! Vivent les Communes de France fédérées avec celle de Paris !

                                                                    Paris, 5 mai 1871.

    Pour les francs-maçons, et les délégués compagnons de Paris.

    Thirifocq, ancien vénérable de la loge J.°. E.°. Orateur de la L.°. E.°. L.°. E.°.

    Masse, trésorier de la fédération, président de la réunion des originaires de l’Yonne.

    Baldue, ancien vénérable de la Loge la Ligne droite.

    Deschamps, Loge de la Persévérance.

    J. Remy, de l’orient de Paris, orient de la Californie.

    J.-B. Parche, de l’orient de Paris.

    De Beaumont, de la Tolérance.

    Grande-Landes, orateur de Bagneux.

    Lacombe, de l’orient de Paris.

    Vincent, de l’orient de Paris.

    Grasset, orateur de la Paix, union de Nantes.

    A. Gambier, de la Loge J.-J. Rousseau, Montmorency.

    Martin, ex-secrétaire de la Loge l’Harmonie de Paris.

    E. Louet, du Chapitre des Vrais amis de Paris.

    A. Lemaître des Philadelphes, orient de Londres.

    Conduner, de la Loge des Acacias.

    Louis Lebeau, de la Loge la Prévoyance.

    Gonty, de la Loge la Prévoyance.

    Emm. Vaillant, de la Loge de Seules.

    Jean Baptiste Elin, des Amis triomphants.

    Léon Klein, de l’Union parfaite de la Persévérance.

    Budaille, des Amis de la paix.

    Pierre Lachambeaudie, de la Rose du parfait silence.

    Durand, garant d’amitié de la Loge le B.°. de Marseille.

    Magdelenas, de la Clémente Amitié cosmopolite.

    Mossurenghy, du Grand Orient du Brésil.

    Fauchery, des Hospitaliers de Saint-Ouen.

    Radigue, de l’Etoile polaire.

    Rudoyer, des Amis de la paix d’Angoulême.

    Rousselet des Travailleurs de Levallois.

     

                              Les délégués compagnons :

    Vincent, dit Poitevin, l’Ami de l’intelligence.

    Cartier, dit Draguignan, le bien-aimé.

    Chabanne, dit Nivernais-noble-cœur.

    Thevenin, dit Nivernais, l’Ami du tour de France.

    Dumnis, dit Gâtinais le Protecteur du devoir.

    Gaillard, dit Angevin l’Ami des arts.

    Thomas, dit Poitevin Sans-gêne.

    Ruffin, dit Comtois le Fidèle courageux.

    Auriol, dit Carcassonne C.°. M.°.D.°. D.°. .

    Francoeur de Marcilly.

    La Liberté le Nantais.

    Lassal, la Vertu.

    Lyonnais, le Flambeau du devoir. ».

     

    Selon le témoignage de Louise Michel, dans La Commune, plusieurs francs-maçons « combattirent comme ils l’avaient promis et moururent bravement. »

     

     

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