• Le secret maçonnique (Partie 29)

    Les membres de la Commune ont reçu, dans la cour d’honneur, une députation de francs-maçons qui venaient déclarer qu’ayant épuisé tous les moyens de conciliation avec le gouvernement de Versailles, la franc-maçonnerie avait résolu de planter ses bannières sur les remparts de Paris, et que si une seule balle les touchait, les F.°. M.°. marcheraient d’un même élan contre l’ennemi commun.

    Le secret maçonnique (Partie 29) 

     

    a)    Réception des francs-maçons à la Commune.

    Journal Officiel de la Commune du 27 avril 1871.

    Séance du 26 avril 1871 :

    Les membres de la Commune ont reçu, dans la cour d’honneur, une députation de francs-maçons qui venaient déclarer qu’ayant épuisé tous les moyens de conciliation avec le gouvernement de Versailles, la franc-maçonnerie avait résolu de planter ses bannières sur les remparts de Paris, et que si une seule balle les touchait, les F.°. M.°. marcheraient d’un même élan contre l’ennemi commun.

    Le F.°. Térifoque a déclaré que, depuis le jour où la Commune existe, la franc-maçonnerie a compris qu’elle serait la base de nos réformes sociales.

    « C’est, dit-il, la plus grande révolution qu’il n’ait jamais été donné au monde de contempler.

    Si, au début du mouvement, les francs-maçons n’ont pas voulu agir, c’est qu’ils tenaient à acquérir la preuve que Versailles ne voulait entendre à aucune conciliation quelconque avec leurs juges. »

    Un membre de la Commune, le citoyen Jules Vallès, après avoir remercié la députation en quelques mots partis du cœur, donne son écharpe au F.°.  Térifoque, qui déclare que cet emblème restera dans les archives de la franc-maçonnerie, en souvenir de ce jour mémorable.

    Le citoyen Lefrançais, membre de la Commune, déclare ensuite que depuis longtemps déjà, il était de cœur avec la franc-maçonnerie, ayant été reçu dans la loge écossaise n° 133, passant, à cette époque, pour une des plus républicaines ; qu’il était depuis longtemps assuré que le but de l’association était le même que celui de la Commune : la régénération sociale.

    Le citoyen Allix, membre de la Commune, ajoute que la Commune de Paris met en pratique, sous une forme nouvelle, ce que la franc-maçonnerie a depuis longtemps affirmé : que la construction du temple fut, certainement, pour l’époque, la réorganisation du travail.

    L F.°. M.°. de la Rose écossaise, dans une chaleureuse improvisation, annonce que la Commune, nouveau temple de Salomon, est l’œuvre que les F.°. M.°. doivent avoir pour but, c’est-à-dire la justice et le travail comme bases de la société ;

    La députation, composée de plus de deux-mille francs-maçons, s’est retirée après avoir enguirlandé sa bannière avec l’écharpe du citoyen Jules Vallès, et emporte un drapeau rouge, après deux triples batteries aux rites français et écossais.

    Une délégation de la Commune reconduit la députation maçonnique jusqu’à la rue Cadet. Elle est acclamée sur son passage par la foule enthousiasmée, et l’on se sépare après une vive et patriotique allocution au citoyen Ranvier, membre de la Commune. Tous les cœurs battent à l’unisson.

     

    b)   Annonce des francs-maçons. Journal Officiel de la Commune du 28 avril 1871 :

    Les francs-maçons, réunis au Châtelet ont décidé qu’un appel serait fait à toutes les LL.°. de l’Or.°. de Paris, à l’effet de se réunir, bannière en tête, samedi matin, à neuf heures, cour du Louvre.

     

    c)    La franc-maçonnerie à l’Hôtel-de-Ville. Journal Officiel de la Commune du dimanche 30 avril 1871 :

    Hier, 29, la ville de Paris présentait une animation à laquelle on n’était plus accoutumé depuis longtemps : on savait que les francs-maçons devaient essayer leur dernière démarche pacifique en allant planter leurs bannières sur les remparts de Paris, et que s’ils échouaient, la franc-maçonnerie tout entière devait prendre parti contre Versailles.

    Dès neuf heures du matin, une députation des membres de la Commune sortit de l’Hôtel-de-Ville, musique en tête, se dirigeant vers le Louvre, à la rencontre de la manifestation franc-maçonnique.

    A onze heures, la députation était de retour, et les francs-maçons faisaient leur entrée dans la cour d’honneur de l’Hôtel-de-Ville, disposée à l’avance pour les recevoir. La garde nationale faisait la haie.

    La Commune tout entière s’était placée sur le balcon, du haut de l’escalier d’honneur, devant la statue de la République, ceinte d’une écharpe rouge et entourée des trophées des drapeaux de la Commune.

    Les bannières maçonniques vinrent se placer successivement sur les marches de l’escalier, étalant aux yeux de tous, les maximes humanitaires, qui sont les bases de la franc-maçonnerie et que la Commune s’est donnée à tâche de mettre en pratique.

    Une bannière blanche entre toutes les autres a frappé notre attention. Elle était portée par un artilleur, et on y lisait en lettres rouges : « Aimons-nous les uns les autres ! ».

    Dès que la cour fut pleine, les cris : »Vive la Commune ! Vive la franc-maçonnerie ! Vive la République universelle ! » se font entendre.

    Le citoyen Félix Pyat, membre de la Commune, prononce d’une voix forte et émue les paroles suivantes :

    « Frères, citoyens de la grande patrie, de la patrie universelle, fidèles à nos principes communs : Liberté, Egalité, Fraternité, et plus logiques que la Ligue des droits de Paris, vous, francs-maçons, vous faites suivre vos paroles de vos actions.

    Aujourd’hui les mots sont peu, les actes sont tout. Aussi, après avoir affiché votre manifeste, -- le manifeste du cœur, -- sur les murailles de Paris, vous allez maintenant planter votre drapeau d’humanité sur les remparts de notre ville assiégée et bombardée.

    Vous allez protester contre les balles homicides et les boulets fratricides, au nom du droit et de la paix universelle. (Bravos unanimes et cris de : Vive la République ! Vive la Commune !).

    Aux hommes de Versailles, vous allez tendre une main désarmée, -- désarmée, mais pour un moment – et nous, les mandataires du peuple et les défenseurs de ses droits, nous les élus du vote, nous voulons nous joindre tous à vous, les élus de l’épreuve, dans cet acte fraternel. (Nouveaux applaudissements. – Vive la Commune ! – Vive la République !).

    La Commune avait décidé qu’elle choisirait cinq de ses membres pour avoir l’honneur de vous accompagner, et il a été proposé, justement, que cet honneur fût tiré au sort ; le sort a désigné cinq noms favorisés pour vous suivre, pour vous accompagner dans cet acte glorieux, victorieux. (Marque d’approbation.).

    Votre acte, citoyens, restera dans l’histoire de la France et de l’humanité.

    Vive la République universelle ! »

    (Applaudissements. – Vive la Commune ! – Vive la République !).

     

     

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