• Le secret maçonnique (Partie 23)

    Concernant la plupart des francs-maçons (et des francs-maçonnes) du XVIII° siècle, leur origine sociologique est incontestablement la noblesse, le haut clergé et la haute bourgeoisie. Cette maçonnerie n’a rien à voir avec la maçonnerie du milieu du XIX° siècle, qui est plutôt d’origine petite-bourgeoise. Sans aucun doute, la maçonnerie nobiliaire n’aurait pas accepté de côtoyer dans les mêmes loges ce public là. C’est sans doute par réaction à la fréquentation des loges par les grands bourgeois, dont notamment les bourgeois de robe, ou les intellectuels, qu’ont été créés les « hauts-grades », dont les grades de chevalerie. : un des objectifs était de mettre une certaine distance entre la noblesse de sang et ce nouveau public dans les loges.

     

    Le secret maçonnique (Partie 23)

     

    La France ne fut pas si aisément déjacobinisée et rien ne fut vraiment acquis avant la défaite des sans-culottes parisiens, l’élimination des terroristes, -- évincés, désarmés, condamnés, voire victimes de massacres de la terreur blanche en certains département – et l’épuration de la convention en germinal-prairial an III, par arrestation, déportation ou condamnation à mort de 65 députés montagnards.

    Ce fut aussi la fermeture du club des Jacobins et la fin des réseaux des sociétés populaires. La convention décide de punir Carrier et de rappeler les Girondins qui avaient protesté contre le 2 juin 1793. Abrogeant le maximum général, le 4 nivôse an III (24 décembre 1794), la convention choisit la liberté du commerce contre le droit à l’existence. Enfin, après le coup d’Etat parlementaire de messidor-fructidor an III, au mépris du référendum de 1793, l’assemblée adopte une nouvelle constitution. En ce sens l’été 1795, et non juillet 1794, marque la véritable césure, la fin de la révolution et, dans une certaine mesure, sa négation.

     

    Conclusion :

     

    Robespierre est un franc-maçon sans tablier. Il a voulu réaliser l’idéal maçonnique dans la société de la fin du XVIII° siècle :

    • Il était contre la peine de mort, du point de vue social (crime,…), mais pour la peine de mort du point de vue politique ;
    • Etait pour la dictature de la majorité sur la minorité, avec la démocratie directe pour la majorité ; la minorité de l’époque, ce sont les nobles et le haut clergé, opposés au changement de société.

    Cependant Robespierre présente un double aspect :

    • C’est un bourgeois révolutionnaire qui, de 1789 à 1793, a contribué à détruire le féodalisme, et à instaurer un régime capitaliste ;
    • C’est aussi un bourgeois réactionnaire qui, de novembre 1793 à sa mort en 1794, a contribué à maintenir en servitude les classes laborieuses, « bras nue » hier, ouvriers et paysans aujourd’hui.

    Lors de la révolution, la contradiction principale oppose le féodalisme, et la bourgeoisie, classe montante, progressiste et révolutionnaire. Robespierre a su s’emparer de cette contradiction principale et la mener jusqu’au bout. En cela, il a été un révolutionnaire conséquent et l’allié des classes populaires, sans-culottes et « bras nus ». Pour faire naître une situation nouvelle, avec l’émergence de la nouvelle contradiction entre bourgeoisie et prolétariat, le féodalisme doit être balayé. Alors, cette nouvelle contradiction peut mûrir et s’aggraver. C’est pourquoi les ancêtres du prolétariat moderne ont été les plus déterminés contre le féodalisme et ont lutté souvent en première ligne. Plus le féodalisme est balayé vite, par un combat déterminé, et plus émerge la nouvelle contradiction entre la bourgeoisie et le prolétariat et les conditions les plus favorables pour la solution de cette dernière.

     

    Concernant la plupart des francs-maçons (et des francs-maçonnes) du XVIII° siècle, leur origine sociologique est incontestablement la noblesse, le haut clergé et la haute bourgeoisie. Cette maçonnerie n’a rien à voir avec la maçonnerie du milieu du XIX° siècle, qui est plutôt d’origine petite-bourgeoise. Sans aucun doute, la maçonnerie nobiliaire n’aurait pas accepté de côtoyer dans les mêmes loges ce public là. C’est sans doute par réaction à la fréquentation des loges par les grands bourgeois, dont notamment les bourgeois de robe, ou les intellectuels, qu’ont été créés les « hauts-grades », dont les grades de chevalerie. : un des objectifs était de mettre une certaine distance entre la noblesse de sang et ce nouveau public dans les loges.

    Comme pour beaucoup de mouvements révolutionnaires, ce sont les nantis qui ont amorcé le processus ; par exemple, les partisans d’une monarchie « éclairée », constitutionnelle, à l’image de celle que l’on supposait avoir été mise en œuvre en Angleterre. Ou bien encore certains nobles, tel La Fayette, ayant combattu dans le cadre de la révolution américaine, et souhaitant instaurer en France une société plus libérale. C’est donc notamment parmi une partie de la noblesse qui fréquente les loges maçonniques, que l’on trouve les partisans de la révolution française qui ont amorcés le mouvement. Gagné aux idées nouvelles de liberté et d’égalité, discutées dans les loges, ces nobles n’ont pas envisagé que le mouvement allait prendre une telle ampleur dans la société réelle. En effet, le mouvement a ensuite été repris et amplifié par la petite-bourgeoisie de province, tels Robespierre et Saint-Just, poussé encore plus loin par les « bras nus », poussé jusqu’à un point où les représentants de la classe bourgeoise ne voulaient pas aller : ceux-ci ont alors stoppé avec brusquerie le mouvement et l’on canalisé.

    En fin de compte, l’idéal maçonnique de « liberté, égalité, fraternité », demeure une utopie. Les francs-maçons, depuis cette date, délibèrent, égrènent l’idéal au fil de conférences, et le tour est joué. En fait, ils croient s’en sortir en « ayant simplement discuté de ces principes », alors qu’ils prennent l’engagement de « répandre au dehors du Temple les vérités acquises ». L’égalité civile, très sublime conquête de la révolution, conserve aux riches leurs millions, et aux pauvres, leurs haillons et leurs poux.

     

    Si l’on fait le parallèle entre la situation d’avant 1789 et la situation d’aujourd’hui, on note :

    • Avant 1789, la noblesse accepte de fréquente la bourgeoisie dans les salons et les loges maçonniques, mais elle la rejette de la direction de la cité et entend se réserver les meilleures places.

    Aujourd’hui, la bourgeoisie gère la cité, et rejette et tient à l’écart le peuple.

    • Avant 1789, la crise intervient dans un pays qui, depuis un demi-siècle, s’est enrichi.

    Aujourd’hui, après les Trente Glorieuses, la bourgeoisie continue de s’enrichir, alors que le peuple connaît les Quarante Piteuses.

    • Avant 1789, la noblesse ne pouvait plus diriger, et la bourgeoisie avait le pouvoir réel, dont le pouvoir économique.

    Aujourd’hui, la partie gauche et la partie droite de la bourgeoisie dominante jouent le rôle de l’alternance parlementaire, afin d’éviter l’expression de la démocratie directe. Le socialisme et la dictature du prolétariat n’ont jamais été essayé, sauf pendant soixante douze jours, lors de la Commune de Paris de 1871.

    Il est nécessaire d’exercer la dictature sur les privilégiés, très minoritaires au sein de la population, tout comme la bourgeoisie révolutionnaire, dont Robespierre, a exercé une dictature sur la noblesse. Le droit à l’existence est au-dessus des lois et au-dessus du droit de propriété !

     

    Les cinq républiques qui se sont succédées, sont des républiques bourgeoises, qui n’ont fait qu’exacerber la contradiction entre bourgeoisie et prolétariat, sans apporter aucune solution :

    • La première république a régressé de façon réactionnaire après le 9 thermidor, allant vers l’instauration du Directoire, de la dictature napoléonienne, puis de la Restauration de la noblesse.
    • La seconde république de 1848, avec une forte présence de francs-maçons,  a fait tirer sur le peuple, conduisant à la victoire du plébiscite en faveur de Napoléon III.
    • La naissance de la troisième république s’est déroulée après l’extermination de la Commune de Paris de 1871.
    • Les quatrième et cinquième républiques ont vu le développement des guerres coloniales (Indochine, Algérie,…) et la trahison du Pari Communiste Français.

     

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