• Le secret maçonnique (Partie 2)

    A noter que le contraire de la sentence serait de dire : le monde est tel que je le perçois. Il n’y a pas de « vérité du monde ». Le monde n’est pas fondé sur la vérité, qui est Eternité. Le monde peut à la fois, « être » serpent, et « être » corde. Ou bien le monde est une fois « serpent », puis une fois « corde ». 

    Le secret maçonnique (Partie 2)

     

    J’attire l’attention sur le sens que l’on peut donner à la sentence :

    • Dans le premier cas, si « la vérité du monde est éternelle », dans la mesure où, l’initié, comme le non initié sont nés au monde dans les larmes et les pleurs, pour l’initié, après avoir vécu dans la joie et le contentement, il quitte le monde dans la joie, puisque la porte de l’éternité s’est ouverte à lui. Par contre, dans le second cas, « la vérité du monde est temporelle », le non-initié, après avoir vécu dans la peur, il quitte le monde dans la peur et les larmes.
    • Dans le premier cas, si « la vérité du mondes est éternelle », l’initié ne s’identifie pas au corps, car le corps est né et donc va mourir. Il s’identifie au Soi éternel et immuable. Il n’est pas atteint par la maladie, la vieillesse et la mort, car il n’est attaché ni au plaisir, ni à la souffrance. Par contre, dans le second cas, « la vérité du monde est temporelle », le non-initié s’identifie à son corps : à la fois, il souffre, est malade, vieillit, et meurt. Tout est vu à partir de l’ego.

    La sentence fait sens donc. Mais, et ce à quoi je m’engage, il ne s’agit pas de poser l’affirmation, de l’éternité en a priori, sans que ce ne soit une vérité qui puisse être expérimentée par tout un chacun. Cela ne doit pas seulement être une fiction que l’on accepte pour mieux vivre, pour vivre dans la joie : dans ce cas, les tenants de l’éternité seraient des imbéciles heureux, c’est-à-dire à la fois béats, mais tout à faits imbéciles, à l’image des « salauds » de Jean Paul Sartre, qui posent l’hypothèse frelatée de Dieu, sans rien démontrer, mais parce que c’est une idée consolante qui aide à vivre et à surmonter le scandale, à la fois absurde et inévitable, de la mort. Cela serait trompé sur la marchandise. Cela donne un autre sens à la mort et donc à la vie. Dans ce cas, zéro (O) représente le monde, et le nombre entier « Un » (1° représente Dieu. Sans « Un », le « Zéro » n’a pas de valeur. C’est-à-dire que sans « Dieu » », le monde « O » n’a pas de signification. La seule et unique réalité, c’est « Dieu ». Eternité ou temporalité, selon le cas, est une autre relation avec la maladie, la vieillesse et la mort. Prenons l’exemple de la mort d’un frère : Si l’on identifie le frère à son corps, le frère disparaît effectivement. Mais si ce n’est pas le cas, le frère est parti, tout en étant toujours là, car au-delà de l’espace et du temps. Seul son corps, qui n’est pas lui, est atteint par la naissance, mais aussi par la maladie, la vieillesse et la mort.

    Pour être plus précis quant au sens de la sentence :

    • La sentence ouvre le chemin de la joie. Et la joie nous porte vers les autres, vers l’univers entier, dans un souhait de comme-union et d’amour ;
    • Par contre, la sentence contraire conduit à la peur, la pensée-racine de toutes les peurs étant la peur de la mort. Et comme on peut s’en rendre compte, les peurs, toutes les peurs, sont ce qui nous empêche d’être humains : elles nous renvoient à une condition de bêtes et d’animaux. Pourtant, sans la peur, point de progrès, point d’évolution : la peur est à l’origine de toutes les créations (habillement, logement, nourriture, agriculture, médecine,…).
    • Alors, avec d’un côté l’ouverture et l’expansion, et de l’autre côté, la fermeture et la contraction, avec d’un côté l’amour et de l’autre côté la haine, cela vaut bien la peine de faire le paris de l’éternité.

     

    La question qu’il a été demandé de traiter est la suivante : « Que vous inspire la sentence : « La vérité du monde est éternelle et vient de l’Eternité » ». Cette sentence figure dans la bouche de l’Illustre Commandeur, lors du rituel d’élévation au 32° degré.

    Une SENTENCE joue souvent un rôle pédagogique et mnémotechnique : elle est alors le résumé, le fossile d’un exposé, d’un récit ou d’un mythe qu’il est demandé de raviver. Après un long SILENCE, l’Illustre Commandeur ajoute : « Mes FF.°. ?., le 32° degré est le niveau où tout se concilie, où la véritable connaissance apporte l’apaisement, le recueillement, l’AMOUR. » Cette sentence peut donc être considérée comme le résumé de ce qui a été appris au cours des 32 degrés du rite écossais ancien et accepté.

    Chaque mot a son importance, et il est demandé qu’est-ce qu’INSPIRE cette sentence : « La vérité du monde est éternelle et vient de l’Eternité ». L’inspiration est le mouvement intérieur qui porte à faire, à suggérer quelque action, cette faculté se trouvant entre l’intuition et l’illumination. Aussi, tout en restant fondé et guidé par la RAISON et l’EXPÉRIENCE personnelle vécue, le terme d’inspiration permet d’aller bien au-delà du monde perçu.

    Comme pour les êtres vivant, le contraire de l’éternité est la mort, la sentence opposée serait : « La vérité du monde est la mort ».

    La franc-maçonnerie travaille sur quelque chose qui n’est pas matériel : on ne le perçoit avec aucun sens, cela n’est ni audible, ni visible, ni tangible de quelque autre manière. C’est quelque chose que l’on ne peut pas acheter. Et pourtant, c’est ce qui est le plus sage, le plus fort et le plus beau : c’est ce qui relie tous les êtres vivants entre eux. Peu importe comment on l’appelle. Cela n’a ni forme, ni nom. Cela est en-dehors ou au-delà des mots : cela ne se trouve dans aucun livre. On ne peut que le vivre et le pratiquer. Cela n’est pas le corps. Cela n’est pas matériel. Le Soi est la réalité qui est derrière la forme. Le monde existe, mais sa réalité n’est pas visible.

     

    La corde et le serpent

    Voici une corde. Cependant, dans le crépuscule ou dans la pénombre, vous pouvez pendre cette corde pour un serpent. Et vous êtes effrayé sans raison. Il s’agit d’une illusion. Le substrat du serpent, sa substance, c’est la corde. Tant que dure cette perception illusoire, la corde n’est pas perçue en tant que telle. Ainsi, l’illusion a une part de vérité, et la réaction de peur de la personne qui croit voir un serpent est vraie aussi.

    Il en est de même du MONDE et de la VERITE DU MONDE. Le monde est perçu comme espace, temps et causalité. Il est notamment, maladie, vieillesse et mort. Mais, selon la sentence, cela est illusion. Le substrat du monde est éternel, et il s’agit de l’Eternité. C’est là la vérité du monde. Lorsque le monde cesse d’être perçu comme espace-temps, perception illusoire, on perçoit enfin sa vérité : c’est l’Eternité. L’Eternité est la nature et le substrat du monde. Si je perçois (ou connais) cette réalité, alors cesse la peur (peur de vivre et peur de mourir).

    Le substrat, ou vérité, du serpent, c’est la corde. Tout comme le substrat, la vérité du monde espace-temps, c’est l’Eternité.

    Un constat : le serpent et la corde sont un seul et même monde, et non deux mondes séparés et différents. Ce qui change d’un aspect à l’autre, c’est mon regard, ma vision du monde. Le monde est comme cette image qui, selon la façon dont on la regarde, peut aussi bien représenter le serpent ou la corde, l’espace-temps que l’Eternité. Il s’agit donc de vision et de regard.

    Le serpent représente le Temps, car cette image a un début et une fin. Le serpent a une certaine « réalité », la réalité que chacun prête à l’illusion. Par contre, la corde est là : elle est là avant, et elle sera encore là après : c’est la Réalité, sans commencement, ni fin, c’est l’Eternité. En conséquence, il s’agit de déscillier les yeux, pour apprendre à voir la vérité du serpent, qui est la corde.

    Un sage hindou, Ramana Maharshi, disait : « Vous n’avez pas d’autre alternative que de reconnaître le monde comme imaginaire, si vous recherchez la vérité et rien que la vérité. Pour la simple raison que tant que vous n’aurez pas abandonné l’idée que le monde est réel, vous serez toujours à sa recherche. Si vous prenez l’apparence pour la réalité, vous ne connaîtrez jamais la véritable réalité, alors que pourtant cette réalité seule existe. Ce point est illustré par l’analogie du serpent et de la corde. Vous pouvez avoir l’illusion qu’un bout de corde est un serpent. Tant que vous pensez que la corde est un serpent, vous ne pouvez pas voir la corde en tant que telle. Le serpent illusoire, non-existant, devient pour vous une réalité, tandis que c’est la corde qui paraît entièrement non-existante. »

    La vérité est donc cachée : il faut la dévoiler et la découvrir. Pour voir la corde, il est nécessaire d’effectuer une recherche, une investigation. Il faut d’abord maîtriser son émotion (ici la peur du serpent) et aller au-delà. Un miroir, n’est pas suffisant. Même dans un miroir (qui ne reflète que le « réel » passivement), c’est encore le serpent qui peut apparaître et non son substrat, la corde. Il faut donc travailler.

    A noter que le contraire de la sentence serait de dire : le monde est tel que je le perçois. Il n’y a pas de « vérité du monde ». Le monde n’est pas fondé sur la vérité, qui est Eternité. Le monde peut à la fois, « être » serpent, et « être » corde. Ou bien le monde est une fois « serpent », puis une fois « corde ».  Il est fondé sur autre chose que l’éternité. Tout est relatif.

     

     

    « Le secret maçonnique (Partie 1)Le secret maçonnique (Partie 3) »
    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :