• Le Récit (suite)

    Un effort régulier et fervent assure la victoire. Les obstacles m’aident à affermir ma force et ma volonté. La récompense viendra à la fois quand ma démarche sera conforme à mes principes et que la grâce du Seigneur me sera accordée.

    Une vie établie sur des principes divins est la seule qui repose vraiment sur des fondations solides : le seul trésor que je conserverai pour toujours est le degré d’évolution que j’aurai atteint.

     

    DIMANCHE 30 AVRIL 1978

    O Dieu, fais-moi Un avec Toi, dans l’Amour éternel ! La disparition de l’ego révèle la gloire du Soi. Le premier pas sur le sentier spirituel est la discipline diététique : en effet la nourriture impure a une mauvaise influence sur mon mental.

    Je garderai constamment sur les lèvres le nom de Dieu et ne chercherai pas la récompense de mon travail.

     

    LUNDI 8 MAI 1978

    Que le Moi supérieur m’aide à réaliser mes exercices du matin et du soir avec plus de constance !

    Je suis dans une nouvelle période de « Nuit Obscure ». Mon discernement est suffisamment développé pour que je distingue enfin que je ne suis pas ce corps, mais que j’« ai » un corps. Par contre, je rendrai plus service et serai un vrai canal de Dieu.

     

    SAMEDI 13 MAI 1978

    Ma réalité suprême est la suivante : « Je suis celui qui suit », « Je suis cela », « Je suis ». « Avoir » ne signifie pas seulement avoir de l’argent ou des bien matériels, mais tout ce qui se conjugue avec cet auxiliaire : avoir des connaissances, du prestige, des honneurs, des idées originales, un idéal, une idéologie, des expériences, des amis, des admirateurs, bref, tout ce dont je peux dire « mon », ou « mes », ou « le mien », tout ce qui donne l’illusion de combler le vide intérieur et la nullité de l’« être ».

    La télévision est un moyen d’information et de circulation des idées à l’image d’un temps où règne la quantité : à l’ère de kali- yuga qui est la nôtre, la culture dégénère de plus en plus, et la quantité l’emporte partout sur la qualité.

    Au travail, j’ai le comportement de quelqu’un de trop bavard. Je serai plus constructif et me battrai, car tout n’est que rapport de forces.

     

    VENDREDI 9 JUIN 1978

    J’ai tenté, avec beaucoup de volonté, de ne pas haïr mon prochain et de dépasser le sentiment de colère.

    Quelles difficultés à exécuter convenablement les deux exercices du matin et du soir !

     

    LUNDI 12 JUIN 1978

    Le non attachement signifie que « je » n’agis pas, mais que je suis le canal de Dieu qui agit en moi et par moi. Je m’écouterai et m’observerai moi-même et sans cesse critiquerai l’ego, car le corps n’est pas « Moi ».

    Je testerai et expérimenterai tout par moi-même, sans chercher le paraître, sans manifester aucune crainte. Je n’ai pas peur de la solitude réelle, qui est une chance pour retrouver mon être réel. Lâcher les livres et laisser les idées me passer au travers. J’ai progressé, y compris grâce à mes ennemis, qui sont donc en réalité mes bienfaiteurs.

     

    MARDI 4 JUILLET 1978

    L’objectif est la fusion du petit moi et du Soi, la réintégration du petit moi dans le Soi. Le chemin est la méditation, la prière et le jeûne.

    L’univers – plus précisément la terre où Gaïa – a prêté un corps, pour parvenir à ce but, corps qu’il me faudra rendre quand l’horloge cosmique sonnera l’heure de ma mort.

    La descente de l’esprit dans le corps, lors du premier souffle, est un en-terre-ment, et la sortie de l’esprit du corps lors du dernier souffle, est une sortie de la terre, la sortie du tombeau, l’esprit étant dé-terré.

    Je supprimerai tous les « intermédiaires » : gourou, écoles de fraternité, etc. pour qu’il n’y ait d’abord que deux, le Dieu-Soi et le « petit moi », seuls à seuls, et ensuite Un, le Soi seul.

    Le Soi est l’écran blanc sur lequel se déroule le film de Maya : sur cet écran défile la vie terrestre, avec ses joies et ses peines. Je peux choisir – et c’est la seule liberté dont je dispose – de me placer soit du point de vue de l’écran blanc, le Soi, soit du point de vue du film, le petit moi et le corps.

    Le Soi est le bateau qui est sur l’eau – dans le monde – mais il ne doit pas prendre l’eau – il n’est pas « du » monde. Je me plongerai dans l’Océan du monde afin de réaliser le Soi.

    Quelle importance est-ce que je donne à Maya, à l’illusion, aux phénomènes ? Cela compte encore beaucoup trop, car trop souvent, le quotidien prend le dessus : tout ce que je fais, je le ferai au nom de Dieu et pour Dieu

    Chaque jour s’en va et chaque jour qui ne me fait pas progresser vers le Soi est perdu : je ne reporterai pas à demain ce qu’il est possible de faire aujourd’hui.

    Mon ennemi me fait progresser et c’est une grande erreur de lui en vouloir. Ai-je le droit de me comporter en juge du bien et du mal ? Je considérerai plutôt ce qui m’est dû, mon karma : mon ennemi m’aide à liquider mon mauvais karma et en cela, il me rapproche de la mort véritable du « petit moi ».

    Visiblement, en 1978, je n’ai pas franchi d’étape décisive me permettant de rompre avec le passé : j’ai fait de nombreuses chutes concernant l’alcool, le tabac et la viande. De plus, l’onanisme continue de perturber les relations entre les autres et moi. L’attachement est le péché capital : c’est le fait de penser, dire et agir en fonction du « mien » et du « tien » C’est le péché originel et j’aspirerai de toutes mes forces à disparaître en tant que « petit je » : la seule chose qui compte pour y parvenir, c’est le service pour autrui.

     

    MERCREDI 5 JUILLET 1978

    Je persévérerai, quoiqu’il advienne : un pratiquant se distingue par deux caractéristiques, d’une part il ne s’apitoie pas sur son passé et d’autre part, il se lance sans hésitation dans tout travail qui se présente à lui. Le renoncement qualifie un travail réalisé sans attente de succès, de profit ou d’honneur, et sans crainte d’échec, de perte ou d’opprobre.

    Aujourd’hui, j’ai cruellement souffert et mon cœur a pris un coup, car j’ai été mis en cause devant mes collègues dans ma dignité. Cette sensibilité prouve quelle importance a encore conservé mon ego, et donne la mesure du travail qu’il me reste à faire pour le réduire et faire plus de place au Moi profond et divin : vaincre l’orgueil, la fierté et le quant-à-soi. Mon ennemi qui m’agresse, m’aide et m’apporte son soutien pour réduire la place qu’occupe le petit moi et pour le détruire : je l’en remercie !

     

    MARDI 11 JUILLET 1978

    Tous mes actes seront accomplis pour l’amour du christ.

     

    MERCREDI 12 JUILLET 1978

    Lorsque je regarde en arrière, et considère mon trajet depuis une année, je constate de faibles progrès sur les points suivants.

    Nourriture : il m’arrive encore parfois de boire de l’alcool et de manger de la viande, avec gourmandise, non de façon systématique, mais par périodes. Je penserai plus fortement aux souffrances de mes frères inférieurs. Je jeûne insuffisamment.

    Tabac : il m’est arrivé, plus qu’auparavant de fumer des cigarettes.

    Sexualité : moins qu’avant, mais l’onanisme débridé subsiste toujours. Cela rend difforme mes relations avec autrui, car le mal est dans mon oeil, dans la façon dont je regarde l’autre.

    De plus, le stress a pris le dessus à certaines occasions, ceci m’ayant conduit à mettre le petit moi en avant : je vaincrai la peur.

    De tout cela découle une faible capacité à réaliser les deux exercices du matin et du soir.

     

    JEUDI 13 JUILLET 1978

    Comme chaque homme, je porte autour de mon cou un collier, avec en guise de perles, mes bonnes et mes mauvaises actions : c’est mon karma. L’enterrement de l’esprit dans le corps est une descente aux enfers car le corps est un tombeau. Lors de la mort, qu’est-ce que l’esprit emmène ? L’argent, l’or, la personnalité, l’identité ? Non, rien de tout cela : il n’emmène que ses bonnes et ses mauvaises actions.

    Chaque homme a deux familles. Un jour, un homme décide de partir en voyage : il doit le faire et il est contraint de partir. Il réunit sa famille, ses enfants, ses parents, ses voisins. Il fait ses adieux. Il y a de grandes tristesses et des pleurs. Il quitte ses lieux familiers, ses habitudes. Il se rend dans un lieu éloigné, dont il a peu de connaissance. Là, il est accueilli dans les joies et les rires. Il retrouve une nouvelle famille, avec ses frères, ses sœurs, ses parents, ses amis.

    La mort, le sommeil et l’oubli sont trois formes de transitions. Si l’entrée de l’esprit dans un nouveau corps est un enterrement, et cause des souffrances et des pleurs au bébé qui vient de naître, car il sait ce qu’il a quitté, le monde spirituel, le départ de l’esprit qui quitte le corps à la mort physique, devrait être réjouit et joyeux, car il sait où il retourne.

    Dans Maya, je ferai « comme si » c’était la réalité, mais sans être dupe : en fait ce n’est qu’un mirage. Je m’unirai au Tout et fusionnerai avec le Tout.

     

    JEUDI 20 JUILLET 1978

    Je recherche trop la vérité à l’extérieur, dans les livres ou chez les autres : je prendrai conscience, une fois pour toute, que toute la vérité est à chercher en moi-même, à l’intérieur.

     

    MERCREDI 26 JUILLET 1978

    Dieu, conserverai-je ma barbe, ou bien la raserai-je ? Tu sais l’importance pour moi de ce fait pour mon apparence par rapport aux autres : peux-Tu m’apporter la réponse ?

     

    LUNDI 14 AOUT 1978

    Sur le sentier mystique, je chemine seul : les groupes fraternels offrent des orientations, indiquent le chemin comme des poteaux indicateurs, mais je chercherai moi-même la bonne voie et la parcourerai. Les pouvoirs psychiques exceptionnels ont peu d’importance : l’important est d’aider l’humanité.

    Je suis encore trop victime de mes mauvais penchants, qui contredisent mon engagement à l’égard de moi-même : la consommation d’alcool et de viande. J’effectuerai aussi les deux exercices du matin et du soir avec plus de constance.

    Dans mes relations professionnelles interfère trop, entre les autres et moi, la crainte : crainte de tout perdre, crainte d’être dominé ou « rattrapé » par autrui. Ceci est un obstacle à mon développement spirituel. Mon comportement au travail, si possible, sera celui-ci : ne pas trop parler, ne pas critiquer, surtout négativement, positiver et rompre avec le négativisme et le pessimisme, avoir des relations distantes de corps à corps, et des relations aimantes d’âme à âme. Je ferai le travail comme une mission sans y chercher un « bonheur », un « bien », un « salaire », ou une récompense : plus que par devoir, c’est une vocation et un acte d’amour en pensant à tout moment à Dieu, « que Sa volonté soit faite », et non la mienne.

     

    DIMANCHE 20 AOUT 1978

    Les instincts, lorsqu’ils prennent le dessus, me conduisent à faire ce que je ne veux pas : besoin de dominer autrui, volonté de l’écraser et de le détruire. C’est cela Satan et c’est le contraire du chemin. Dans ces moments-là, je ne m’occupe que de mon petit moi et j’oublie les autres : c’est l’ego qui s’enfle. Je retrouverai les couches de mon inconscient, d’où partent ces instincts, afin de les dominer et de les dompter. Mon inconscient est constitué par mes vies passées, la vie de mes « ancêtres » et le passé de ma vie actuelle.

    Je continue d’appliquer une sexualité onaniste, avec des relents d’homosexualité : sans aucun doute, dans une vie antérieure, j’ai mené une vie débridée sexuellement et je n’ai pas encore appris l’amère leçon de cela. J’accepterai maintenant et intégrerai la réalité actuelle, – je suis marié et père de quatre enfants – et ferai en sorte de porter tous mes enfants à maturité.

    Face à l’adversité, je me démonte et me délite, j’ai des idées de vengeance et de meurtre : tout cela est une fausse position. Tout comme je serai indifférent aux éloges, je serai, aujourd’hui, indifférent aux critiques négatives et au mépris tout en faisant mon travail sans aspirer à un résultat. Ce qui me manque le plus est la confiance en moi.

     

    LUNDI 4 SEPTEMBRE 1978

    C’est moi-même qui génère mon inquiétude : ni créature, ni dieux ne peuvent me plonger dans l’inquiétude, mais c’est moi-même qui me tracasse au contact des êtres et des choses.

     

    DIMANCHE 10 SEPTEMBRE 1978

    Dieu de mon cœur, fais selon Ta volonté et non selon la mienne : je sais que je ne fais pas toujours suffisamment d’efforts pour aider et servir autrui et l’amour me manque quelquefois. Mais, plein de mansuétude, Tu sais pardonner.

     

    MARDI 12 SEPTEMBRE 1978

    Seigneur Dieu, merci pour la journée d’hier.

     

    DIMANCHE 5 NOVEMBRE 1978

    Dieu, inspire-moi dans mes réactions : que je ne fasse pas preuve de colère, mais de calme ! Je me mets trop facilement en colère et je dois prendre sur moi, beaucoup. Lors du mois passé, j’ai fait beaucoup de part à la peur et à la crainte, ceci souvent à tort : cela m’a conduit à peu servir dans la vie quotidienne et également à ne pas me consacrer avec assiduité aux deux exercices du matin et du soir. Je m’intéresserai plus aux autres, les aiderai, les aimerai et m’oublierai moi-même, mes tracas et soucis. Les épreuves de la vie quotidienne constitueront autant de facteurs d’enrichissement !

    J’entrerai dans le rang et supprimerai l’alcool, la viande et les cigarettes car tout cela m’est interdit. Je ne regarderai plus n’importe quoi à la télévision. Je consacre encore trop d’énergie à l’onanisme. Je fais preuve de trop de faiblesse depuis de nombreuses années. Je serai plus proche de ma famille.

    O Dieu, fais de moi un illuminé, libéré de tous les aveuglements du cœur !

     

    LUNDI 13 NOVEMBRE 1978

    Je me laisse aller à tout ce à quoi je dois renoncer : pensées charnelles, alcool, viande et cigarettes. Je retournerai à ce qui est essentiel et éternel. Que Dieu m’aide ! Je sais que je passe un moment difficile. Je me positionnerai sur la paix intérieure, en acceptant ce qui se passe car ce sont là des épreuves destinées à mesurer ma foi.

     

    LUNDI 11 DECEMBRE 1978

    Je me suis laissé aller ces derniers temps en raison d’une crise difficile à traverser au niveau professionnel et j’ai bu de l’alcool, mangé de la viande et fumé des cigarettes. J’ai cependant réussi à surmonter ce passage difficile sans trop haïr le genre humain. Par peur de perdre une prime ou de perdre des avantages, ou simplement par peur de perdre la face, je m’attache trop à ce qui m’arrive au niveau professionnel et je me nourris de ce malaise, entretenant, ce faisant, la colère, la haine et les rancoeurs. Je prendrai du recul, servirai mieux et plus, serai plus ouvert et travailleur.

    J’ai aussi négligé ma famille : je me rapprocherai de mon épouse et de mes enfants, en étant un conjoint et un père plus agréable, qui s’occupe de la maison et s’associe aux jeux et aux promenades. Je regarde trop la télévision qui pourtant présente peu d’intérêt.

    L’onanisme est une pratique et une habitude de longue date, qui, je m’en rends compte, est un moindre mal, car elle m’a empêché de faire des péchés plus importants, comme par exemple l’infidélité en actes à l’égard de mon épouse.

    Je suis trop faible sur la voie mystique et je développerai l’intuition, en limitant l’aspect intellectuel.

     

    MARDI 2 JANVIER 1979

    Rapport annuel 1978.

    La tentation est indispensable, afin de limiter et de maîtriser l’ego : il faut accepter de la même façon, c’est-à-dire avec équanimité, joies et douleurs, bonheurs et malheurs.

    J’aurai une confiance totale en moi-même et sur ce point, moi seul je peux m’instaurer des limitations et des freins. Si le « je » n’est rien qu’une ombre, ne jamais oublier chez les autres et chez moi-même, au fond, la parcelle de la divinité, le Soi, qui se réalise dans les corps.

    Chaque fois que possible, je m’imaginerai comment, placé dans ma situation présente, réagirai Jésus-Christ : ainsi, les boissons alcooliques, il éviterai, de même la consommation de viande et de cigarettes.

    Dans la vie quotidienne, mes relations avec les autres sont encore perturbées, notamment avec la gente féminine, par mes désirs et mes émotions érotisées : j’ai un regard lubrique et sans arrêt, je suis préoccupé par ce que pense de moi telle ou telle femme rencontrée. Ceci est un besoin de reconnaissance et un élément malsain de dépendance à l’égard d’autrui, habitude contractée depuis le début de mon adolescence.

    Pour les aspects positifs et en évolution favorable, je me rapprocherai de ma famille le plus possible, cesserai véritablement de trop regarder la télévision, ferai un sport doux, afin de garder le corps physique en bonne santé et pour le travail, servirai et serai disponible et juste, et ferai preuve de professionnalisme.

    Du point de vue professionnel, Seigneur Dieu, fais de moi Ton instrument et que la morale l’emporte !

    Pour les excès sexuels, lorsque je m’applique dans l’obscurité à l’onanisme, je dois « voir » les êtres spirituels qui m’environnent en train de m’observer, avec tristesse.

     

    MARDI 9 JANVIER 1979

    Plus je meurs à moi-même et plus je commence à vivre en Dieu.

    Il vaut mieux avoir mis le monde entier contre soi que d’avoir offensé Jésus-Christ ; ainsi, que parmi tous les êtres qui me sont chers, Jésus-Christ soit le seul vraiment aimé.

     

    MARDI 27 JANVIER 1979

    Un ennemi souhaite ma mort « économique », c’est-à-dire me déconsidérer suffisamment professionnellement pour me mettre à la rue. Je vivrai avec cela, l’intégrerai dans ma quotidienneté et malgré cela, ferai en sorte que ma conscience reste bonne et pure et que mes relations avec autrui demeurent simples.

     

    LUNDI 30 AVRIL 1979

    La paix naît et éclos de l’intérieur : je ne laisserai pas mon mental errer à sa guise, mais au contraire je le placerai sous un contrôle sans merci. Tout en rendant service autour de moi, je ne me laisserai pas influencer par le regard des autres. Je resterai fidèle au Soi qui est en moi et en ferai l’objet d’une méditation continue.

     

    LUNDI 14 MAI 1979

    Je tourne autour des choses, au lieu de passer au travers. La concentration vise à la destruction de tout fantasme et de toute mémoire. La méditation est un moyen de désintégrer progressivement le petit moi, et non pas un prétexte pour l’enfler.

     

    MERCREDI 25 JUILLET 1979

    Vivre pour Dieu, manger pour Dieu, respirer pour Dieu, dormir pour Dieu, servir pour Dieu : les petits actes, comme les grands, tout sera sanctifié par Dieu et ramené à Dieu et à lui seul. Tel est l'image et le nom de Dieu : Dieu est Amour. En avant, plus haut, pour toujours. Que le vécu soit triste ou gai, avancer.

    Dieu « entrera » en moi et le petit moi capitulera. Le petit moi descendra du trône, place qu’il a usurpé, et laissera Dieu regagner la place qui lui revient de droit.

    Par cette soif de Dieu, le voile tombera, et ce qui doit être, sera de toute façon. L’œuvre de Dieu se réalise, la seule difficulté étant d’y faire adhérer le petit moi. En fin de compte, le seul péché, c’est l’ignorance, en particulier l’ignorance des désirs de Dieu.

    Je ne peux pas tout écrire et je scellerai les expériences mystiques, ceci afin que l’Instructeur conserve sa confiance en moi.

    Ce qui m’amoindrit et me contracte, c’est la peur, peur souvent irraisonnée, comme : avoir faim, être malade, « tout » perdre… Seul l’amour peut vaincre la peur et dilater le petit moi. Forger mon caractère est plus important que d’accumuler des connaissances.

    Le mois de juillet 1979, m’a fait progresser : je resterai humble, car un retour en arrière est toujours possible, mais je pense avoir vaincu un vice très ancien, l’onanisme. Ce vice, – qui m’a peut-être préservé d’autres défauts plus importants encore comme une sexualité exubérante en actes avec d’autres partenaires, trompant ainsi mon épouse – peut donc être abandonné maintenant, sans suite fâcheuse, puisqu’il n’a plus son utilité. Je demeurerai humble et modeste, car cette victoire n’est pas définitivement acquise.

    La renonciation à la consommation d’alcool et de viande est l’étape suivante, car je suis d’abord ce que je mange et bois.

     

    VENDREDI 24 AOUT 1979

    O Dieu juste et bon, montre-moi la voie pour servir encore mieux l’humanité ! Que Ta volonté soit faite et non la mienne ! Ce que Tu fais, Tu le fais pour mon bien et sans arrêt, quand je me trompe, Tu me mets en garde et donc rien de ce qui m’arrive ne saurait être considéré comme injuste !

    Tu me connais mieux que je ne me connais et Tu sais ce qui est bon pour moi : si Tu me tentes et si Tu restes loin de moi, c’est que le petit moi est encore trop présent et c’est aussi que Tu le juges utile. Dieu d’Amour, indique-moi la bonne route : peut-être ne suis-je qu’au début du chemin, mais qu’alors, au moins, j’ai la certitude d’être sur le bon chemin.

    O Dieu juste et bon, éclaire-moi sur ce que je dois faire pour témoigner de Toi et donne-moi enfin le courage d’assumer Ta mission et non de suivre mes petits vœux et désirs ! Seigneur Dieu juste et bon, oui, je suis chanceux, car Tu t’occupes de mon petit moi, pour le détruire et Tu sais, à chaque étape, la dose de souffrances que je peux supporter : Tu as dosé les peines pour que le petit moi usurpateur descende de Ton Trône, et Te laisse la place pour Te servir.

    O Dieu juste et bon, fais que je connaisse enfin l’éveil en supprimant tout orgueil et tout ego, que je devienne Ton instrument et que le Soi s’illumine enfin, sans que rien ne transparaisse dans ma vie quotidienne aux regards des autres !

     

    DIMANCHE 9 SEPTEMBRE 1979

    Dieu prends possession de moi !

    Si je passe à travers les épreuves d’aujourd’hui, je deviendrai plus fort. Je dominerai la peur puisque Dieu pourvoie à tout, et ferai naître le Christ en moi.

    Le caractère a un rôle essentiel : il est important de le développer chez mes enfants. La connaissance et l’apprentissage suivent mais le retard est pris lorsque le caractère n’est pas assez développé.

     

    MERCREDI 12 SEPTEMBRE 1979

    Dieu, merci pour tout : je sais que Tu ne m’oublies pas, puisque Tu m’envoies des épreuves. Mais indique-moi quelle est ma voie ?

     

    VENDREDI 14 SEPTEMBRE 1979

    Je suis responsable de ce que je suis et je n’ai donc pas à me plaindre.

     

    DIMANCHE 7 OCTOBRE 1979

    L’unique souci du sujet « ego » est l’accumulation et la comparaison. L’extinction du sujet « ego », c’est mourir à toute accumulation et à tout besoin de se comparer avec autrui.

    J’agirai, sans entité agissante, observerai et verrai les choses à partir d’un centre, d’une entité en train d’observer : c’est cela réaliser le Soi.

     

    VENDREDI 2 NOVEMBRE 1979

    Je veux l’illumination, et pour réaliser cet état, je cesserai l’identification trompeuse au corps et l’attachement à mon ego et aux désirs inspirés par le corps : pour cela, je travaillerai sur la réduction des désirs personnels et des émotions négatives.

     

    DIMANCHE 4 NOVEMBRE 1979

    Je demande à Dieu d’agir à travers moi de façon à ne plus être l’auteur. Je ne suis pas le corps, mais le corps est le temple sacré dans lequel réside Dieu, que je suis vraiment. Mes désirs proviennent de la croyance erronée que je suis mon corps plutôt que Dieu qui réside à l’intérieur et qui est ma seule véritable identité.

    La télévision est une tête de Gorgone : lorsque je la fixe du regard, elle me fige et me rend passif comme une pierre.

    Comme tout symbole de sécurité, l’argent n’est nuisible que lorsque je lui suis attaché et que je crois qu’il constitue la source de ma sécurité et de mon bonheur, auquel cas je fais confiance à l’argent plutôt qu’à Dieu pour réaliser mon bonheur.

     

    DIMANCHE 6 JANVIER 1980

    Rapport annuel 1979.

    J’ai beaucoup progressé cette année en ce qui concerne le discernement entre ce qui est éternel, d’une part, et transitoire, d’autre part, tant en moi-même que chez autrui. En cette fin d’année, je distingue bien l’âme, éternelle et immuable, essence qui représente en chacun l’Ame Universelle, et qui est en harmonie avec l’âme de tous les hommes, mais aussi avec tous les êtres de la création. D’autre part, il y a la substance, la matière, le corps physique, y compris le psychisme et la personnalité : tout cela change, bouge, se modifie et est appelé à disparaître à terme.

    Je n’ai pas encore suffisamment développé le corps psychique, qui est le pont entre l’âme et le corps physique. Par contre, le petit « je » est parfois retombé dans les affres du péché.

    Il m’est encore arrivé de boire de l’alcool et de manger de la viande – rarement – ainsi que de fumer des cigarettes. Je ferai un ultime effort en 1980 afin que mon corps devienne un temple pur et propre apte à réfléchir la parcelle divine qu’il contient.

    J’ai aussi mal utilisé mon corps, en m’adonnant à l’onanisme, plus rarement qu’auparavant, mais cela c’est encore produit.

    Depuis 1977, je connais des problèmes professionnels importants, avec une remise en cause de ma dignité. Néanmoins cette remise en cause a un aspect positif, car elle m’a enseigné des leçons et m’a fait progresser du point de vue spirituel.

    Cependant, ces difficultés ont induit de nombreux moments de colère, de haine et d’envie de vengeance, sentiments négatifs que je transmuterai, grâce à l’amour.

    Je ferai encore un effort pour me rapprocher de ma famille, prioritairement de mon épouse et de mes quatre enfants.

    J’effectuerai les deux exercices du matin et du soir avec plus de conscience. A partir de l’aspect éternel, je réorganiserai l’aspect temporel, en inculquant à ce dernier encore plus de courage et d’enthousiasme, l’objectif étant de bien servir. Je ferai preuve de beaucoup de persévérance dans la voie rosicrucienne, commencée en 1968.

    Le petit « je » n’est pas totalement libre : c’est un masque, qui est ce qu’il est, résultat de mes vies passées et de ma vie présente, et qui demeure malléable. Je ne parviendrai à donner la primauté au Soi qu’en supprimant l’alcool, la viande, le tabac et l’onanisme.

     

    LUNDI 18 FEVRIER 1980

    Après Dieu, les êtres les plus proches sont les parents.

    J’obéis à mon guide intérieur à chaque instant et en toutes choses.

     

    DIMANCHE 27 JUILLET 1980

    Seul celui qui a un bon équilibre peut aider les plus faibles.

     

    JEUDI 31 JUILLET 1980

    Qu’ai-je le plus besoin actuellement ? C’est de ne pas me disperser et de me concentrer sur le but unique : en moi, en mon cœur, la Lumière – la Vie – l’Amour est déjà là et je le manifesterai dans la vie quotidienne. Jésus-Christ se tient en silence à la porte de mon cœur, et il ne tient qu’à moi de l’exprimer. Dieu de mon âme, Dieu qui m’habite déjà, révèle Toi et brûle le petit moi ! Fais en sorte que dans le moindre acte, je manifeste Ta réalité. Où es-Tu ? Qu’ai-je fait pour que Tu m’ignores ? Ne sommes-nous pas liés tous deux pour l’éternité ?

    Donne-moi ma mission et fais de moi Ton serviteur à jamais, que le service soit Ta volonté. Je T’ai cherché et tant espéré, qu’attends-Tu pour brûler le petit je en le rendant humble, bon et juste et qu’il soit à genoux devant Toi ?

    O Dieu, éclaire-moi sur mon devenir : que le service soit ma voie à jamais ! Je T’ai connu étant jeune, puis je T’ai perdu et ignoré, et voilà que je Te rencontre de nouveau sur ma route encore plus fortement qu’avant : Te perdrai-je encore ?

    Dieu, roi des deux mondes, fais de moi Ton outil à jamais et que ma personnalité et mon ego soient brûlés. Je T’appelle, comme le petit enfant appelle sa mère, mais ai-je suffisamment de foi et de compréhension pour que Tu m’entendes ? Peut-être que je fais encore trop de « cinéma » et que mon petit moi a peut-être encore trop d’importance ? Que Ta lumière m’éclaire et m’inonde ! Que mon cœur Te soit affecté à jamais ! Oui, vraiment, tout ce qui arrive est juste et bon, puisque tout ce qui s’est produit a conduit au moment présent ! Que le Verbe m’éclaire, car la terre a besoin de purification, les péchés en pensées, en paroles et en actions étant grands, et parmi ceux-là, les miens se discernent plus que d’autres.

    Ce que je sème, je le récolte : tout acte est une demande, et tout être agit nécessairement puisqu’il vit.

     

    VENDREDI 1° AOUT 1980

    Dieu, ce trésor intérieur, est la source de la foi, du courage et de la confiance en soi : je cherche seulement à reconquérir mon héritage perdu, qui n’est autre que ma divinité.

    Un effort régulier et fervent assure la victoire. Les obstacles m’aident à affermir ma force et ma volonté. La récompense viendra à la fois quand ma démarche sera conforme à mes principes et que la grâce du Seigneur me sera accordée.

    Une vie établie sur des principes divins est la seule qui repose vraiment sur des fondations solides : le seul trésor que je conserverai pour toujours est le degré d’évolution que j’aurai atteint.

     

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