• LE PERE DUCHESNE -- NUMERO SIX -- JANVIER 2018 (Partie 4)

    « La nécessité d’inculquer systématiquement aux masses cette idée – et précisément celle-là – de la révolution violente est à la base de toute la doctrine de Marx et Engels. » (Lénine)

    L’Etat, cet appareil bureaucratique, économique, policier, militaire, ne peut pas être transféré tel quel, sans changement d’une classe dominante à une autre classe dominante. Il est nécessaire de le briser pour en construire un autre, approprié à de nouvelles fonctions. Le prolétariat ne saurait prendre le pouvoir en détournant l’Etat bourgeois de son cours normal : il doit le casser pour se doter lui-même de l’outil politique dont il a besoin, adapté à ses propres besoins.

    « Qu’est-ce en effet que la révolution du point de vue marxiste ? C’est la démolition par la violence d’une superstructure politique surannée dont la non-correspondance aux nouveaux rapports de production a, à un certain moment, amené la faillite. »

     

     

    LE PERE DUCHESNE -- NUMERO SIX -- JANVIER 2018 (Partie 4)

     

    Ainsi donc, volontairement ou non, -- mais il n’y a pas de hasard --, le mouvement et le parti du président Emmanuel Macron on choisit pour se désigner un terme biblique saturé de sens. En conséquence, les voilà mis au service des plus pauvres, des plus humbles et de la grande masse des travailleurs ! On ne peut qu’espérer que la réalité et l’avenir ne vont pas contredire de tels auspices ! Et que donc ce mouvement et ce parti soient, avec des mots hypocrites, en réalité au service des plus riches et des grands monopoles : gare au juste retour du karma !

    Comme ses prédécesseurs, le président Emmanuel Macron soit utiliser son pouvoir et les fonds publics pour utiliser la communication et diffuser dans les médias une image positive. Mais du point de vue pratique, quels sont les effets de ses actions jusqu’à ce jour ? Volontairement ou non, avec le concours des circonstances :

    -        La fonction de président de la république est fortement dégradée : il apparaît comme le chef de file des grands monopoles économiques, défendant les intérêts privés de la classe bourgeoise, à l’encontre des intérêts communs du peuple. L’image de « monarque républicain », aux côtés de la première favorite est pitoyable ! Cela rappelle la fin du règne de Louis XVI et de Marie Antoinette d’Autriche !

    -        La fonction des parlementaires est fortement dégradée : ils représentent les intérêts des classes aisées et de ce que l’on appelle pudiquement la France qui réussit. Ils sont en divorce complet avec les habitants très majoritaires des campagnes et des banlieues. Mal élus, soumis aux diktats du pouvoir exécutif, drivés par les hauts fonctionnaires des ministères, nouveaux venus en politique, les parlementaires sont inaudibles. De plus, en limitant leurs mandats, en les cadrant un peu mieux au niveau de leurs ressources financières, et bientôt peut-être, en limitant leur nombre, les députés ne pèsent plus très lourds dans les diverses décisions publiques. Etant choisis par le président de la république et son entourage, par rapport aux habitants qu’ils sont censés représenter, ils ne subissent de la part de ceux-ci aucun contrôle.

    -        La fonction d’élus est fortement dégradée : les territoires, laissés à l’abandon depuis des décennies, sont privés de toutes ressources : les élus locaux sont dénigrés par le dessus (pouvoir central) et par le dessous (les habitants). Suppression de recettes diverses (taxe d’habitation,…), leurs décisions comptent pour presque rien par rapport aux souhaits du pouvoir exécutif. Et ce n’est pas l’instauration d’une sixième république bourgeoise, prônée par le mouvement de la « France Insoumise » qui va changer la donne !

    -        Le président Emmanuel Macron a d’ores et déjà contribué à exacerber la contradiction principale antagonique entre la bourgeoisie et le prolétariat. En effet par la « loi travail », qui vise à précariser l’aristocratie ouvrière, il rejette au sein de la « plèbe » ceux qui auparavant soutenaient par intérêt la classe bourgeoise et constituaient une avancée de la bourgeoisie au sein de la classe bourgeoise : cadres des divers partis et syndicats,…. Jusqu’à ces dernières années dominait un modèle social, grâce aux ressources générées par le système économique lui-même, mais aussi par l’exploitation des pays dits en voie de développement. La crise économique actuelle, ainsi que les luttes des peuples des pays néo-coloniaux, ont tari ces ressources, et, avec Emmanuel Macron au gouvernement, la classe bourgeoise dominante met fin à ce système consensuel en attaquant les revenus des classes défavorisées et en accentuant l’exploitation capitaliste. Un facteur essentiel de cet ancien système est l’existence d’une catégorie nombreuses d’employés et d’ouvriers, qui disposaient de moyens d’existence améliorés (garantie de l’emploi, notamment pour les fonctionnaires et les ouvriers les plus qualifiés, etc.). C’est donc une nouvelle période révolutionnaire qui s’ouvre, avec des frontières plus marquées entre la classe bourgeoise et la classe ouvrière, ainsi qu’une aristocratie ouvrière, frappée de plein fouet, contrainte de rejoindre la grande masse du peuple.

    Depuis de nombreuses années, déjà, notamment depuis la mainmise du groupe Hersant sur les médias, le système de la presse et des médias mis en œuvre à l’issue de la seconde guerre mondiale, grâce notamment à la résistance, a été bouleversé : aujourd’hui, ce sont quelques groupes monopolistiques, que l’on peut compter sur les doigts d’une seule mains, qui ont mis la main sur la plupart (80 %) des moyens d’information, dont l’audio-visuel. C’est là un élément de diffusion de l’idéologie dominante, heureusement quelque peu limité par les nouveaux moyens d’information (Internet, Tweeter, etc.). C’est pourquoi le gouvernement d’Emmanuel Macron, sous prétexte de lutter contre les « fausses informations, aimerait légiférer à propos de ces derniers, pour en limiter la liberté d’expression.

    On peut légitimement se demander quelle est la légitimité des divers journalistes et commentateurs qui interviennent dans tous ces médias, avec la prétention de représenter le point de vue de la majorité de la population. Il y a aussi peu de légitimité qu’il y en a pou r la très grande majorité des hommes politiques qui estiment représenter le peuple !

     

    ANNEXE : La révolution violente

    Le remplacement de l’ancien Etat bourgeois par un nouvel Etat socialiste ne pourra pas se faire sans avoir recours à la violence. Il est certain que ce n’est pas volontairement et en consentant de façon pacifique que la bourgeoisie va céder les moyens de pouvoir !

     

     « La nécessité d’inculquer systématiquement aux masses cette idée – et précisément celle-là – de la révolution violente est à la base de toute la doctrine de Marx et Engels. » (Lénine)

    L’Etat, cet appareil bureaucratique, économique, policier, militaire, ne peut pas être transféré tel quel, sans changement d’une classe dominante à une autre classe dominante. Il est nécessaire de le briser pour en construire un autre, approprié à de nouvelles fonctions. Le prolétariat ne saurait prendre le pouvoir en détournant l’Etat bourgeois de son cours normal : il doit le casser pour se doter lui-même de l’outil politique dont il a besoin, adapté à ses propres besoins.

    « Qu’est-ce en effet que la révolution du point de vue marxiste ? C’est la démolition par la violence d’une superstructure politique surannée dont la non-correspondance aux nouveaux rapports de production a, à un certain moment, amené la faillite. »

    D’une façon ou d’une autre, le prolétariat organisé en parti, devra arracher les privilèges de la bourgeoisie : la lutte des deux classes est une guerre civile larvée qui peut devenir une guerre civile ouverte. Le prolétariat oppose à l’Etat bourgeois, violence réactionnaire organisée à l’égard du peuple, la violence révolutionnaire organisée de son parti. La violence ne s’exerce pas essentiellement contre des « individus » particuliers et indifférenciés. C’est une violence de classe qui s’exerce à l’égard d’une classe, non d’individus particuliers. La lutte de classe n’a rien à voir avec la « lutte pour la vie », notion confuse qu’ont avancé de pseudo savants tel Malthus. La violence n’est pas au-dessus des classes ; lorsqu’elle s’exerce contre la bourgeoisie, il s’agit de la violence révolutionnaire, lorsqu’elle s’exerce contre le prolétariat et les travailleurs en général, il s’agit de la violence réactionnaire.

    Le révisionnisme moderne, soit se déclare hostile au « culte de la violence », et prêt à « rechercher les solutions par la voie normale et constructive de la négociation », soit se donne des apparences dures, s’empare des justes mots d’ordre de la classe ouvrière, ressentis par la base, et les vide de leur contenu de classe prolétarien, en y mettant le contenu bourgeois du révisionnisme, allant parfois même jusqu’à ne pas nécessairement respecter la légalité bourgeoise (grève avec occupation). Mais les révisionnistes modernes ne peuvent ni encourager, ni soutenir un mouvement révolutionnaire des masses (comme mai 1968). Peu importe les différentes formes que revêtent les « luttes » des révisionnistes, leur contenu est le même : ils veulent être de meilleurs défenseurs du capitalisme que les capitalistes eux-mêmes. En fait, ils prêchent la « paix sociale » et la « collaboration de classe ». Pour les révisionnistes, la guerre entre le camp socialiste et le camp impérialiste n’est plus inévitable ; la rivalité est uniquement une compétition économique et il peut y avoir « coexistence pacifique ». Ils déclarent ceci, alors que Lénine a démontré que l’essence de l’impérialisme est « la rivalité de plusieurs grandes puissances tendant à l’hégémonie », que par sa nature agressive et oppressive, l’impérialisme est fauteur de guerre, que le seul moyen de débarrasser la surface du globe de la guerre, c’est de faire la « guerre à la guerre », c’est-à-dire de détruire l’impérialisme, de répondre par une guerre juste à une guerre injuste, par une guerre révolutionnaire à une guerre d’oppression impérialiste. De plus, les révisionnistes soutiennent que le « passage pacifique » est possible dans de nombreux pays capitalistes, notamment la France : « Aujourd’hui, disent-ils, les conditions ont changé », « nous ne sommes plus en 1917 ». Les révisionnistes, pour apporter de l’eau à leur moulin, s’appuient sur le fait que Marx a pensé, en 1870, à la possibilité d’une révolution « pacifique » en Angleterre et en Amérique. Lénine a expliqué dans La révolution prolétarienne et le renégat Kautsky les raisons de cette position : à savoir l’absence du militarisme et de la bureaucratie dans ces pays en 1870. De nos jours, aucun pays capitaliste ne connaît cette situation, et de mémoire d’hommes on n’a jamais vu une classe dominante mettre aux mains du peuple les moyens de production sans qu’on les lui ait arraché de force par la violence révolutionnaire.

    Le prolétariat révolutionnaire n’exclut pas a priori une voie différente de passage du capitalisme au socialisme, mais il démontre par l’expérience que le passage pacifique, vu les conditions actuelles, est impossible. Aussi vouloir exclure du plan théorique et pratique tout recours à la violence révolutionnaire c’est se livrer pieds et poings liés à la dictature de la bourgeoisie. Au temps de Marx et Engels – du capitalisme libéral – la règle de la violence révolutionnaire comptait encore, à la rigueur, quelques rares exceptions. La Grande-Bretagne et les Etats-Unis n’avaient mis en place qu’un appareil de bureaucratie relativement faible. Leur prospérité économique, leur histoire politique, le rôle particulier joué par la marine dans la défense du territoire anglais et par les milices dans la défense du territoire des U.S.A., limitaient étroitement le développement du militarisme. Il était encore possible d’imaginer qu’une bourgeoisie anglo-saxonne se laisse surprendre par le prolétariat et que l’Etat lui échappe sans guerre civile. Au contraire, sur le continent européen, la nécessité pour la classe dominante de s’organiser contre la concurrence d’un capitalisme britannique plus ancien et la persistance de certaines institutions héritées de l’ancien régime avaient rendu nécessaire l’existence d’un pouvoir politique fort, efficace, et centralisé. Mais le passage du capitalisme libéral au capitalisme des trusts, puis au capitalisme moderne, où l’Etat joue un rôle économique considérable, a entraîné la généralisation de la bureaucratisation à travers les pays anglo-saxons comme à travers les autres pays industrialisés. En outre l’armée permanente s’est massivement développée au cours des expéditions coloniales et des guerres impérialistes mondiales. La marine ne suffit plus à personne et les milices de type « américain blanc » non plus.

    L’idée même que cette énorme machine de répression et d’exploitation, sans laquelle le système capitaliste ne peut pas fonctionner un seul jour, tombe par surprise entre les mains du prolétariat, est absurde. L’appareil d’Etat est désormais plus qu’une simple excroissance de la société, plus qu’un ensemble d’institutions qui se placent au-dessus des hommes vivants. Il est toujours cela, et il est, de plus en plus, inséparable de chacune des activités patronales.

    « La révolution prolétarienne est impossible sans la destruction violente de la machine d’Etat bourgeoise et son remplacement par une nouvelle qui, selon Engels, « n’est plus un Etat au sens propre du mot ». »

     

     

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