• LE MINOTAURE BOUFFI (Partie 8)

    Les finances sont laissées à la dérive : c’est le robinet ouvert, comme si la crise économique et financière n’existait pas. Chacun dépense sans compter. Par exemple, pour le parc des véhicules : chaque niveau hiérarchique dispose d’un véhicule, sans que l’essence ne soit comptée. Il en est de même des téléphones. Le service des finances est désorganisé : sur trois contrôleurs de gestion et auditeurs, en moins de trois mois, tous sont dispersés. Il est choisi l’année qui précède les élections cantonales pour déplacer les deux chefs de service, piliers du service des finances, sous prétexte que ces deux agents étaient déjà en place sous l’ancienne équipe de droite.

     

    LE MINOTAURE BOUFFI (Partie 8)

     

    Un jour, Duhaut, directeur général des services, déclare avoir toute confiance en son directeur du service du personnel, le lendemain, il demande au directeur des finances de mettre en paiement un mandat de paiement par lequel il engage le cabinet de chasseur de têtes de rechercher un autre directeur des ressources humaines. Et en même temps, il demande au directeur du personnel d’établir un contrat pour remplacer le directeur du service des finances sans aucune vergogne. Le président, dans une même phrase, affirme au directeur des ressources humaines qu’il souhaite le garder, mais que néanmoins, il a mis sur sa tête un chasseur comme Yuri Clamour. Heureusement que les agents connaissent leur travail sinon le département s’en irait, faute de capitaine et de direction clairement affirmée, à vau l’eau. Le président semble mener un combat qu’il considère lui-même comme étant perdu. Chacun sait, et ses proches collaborateurs plus que tout le monde, que son objectif personnel est de s’en sortir par le haut, en étant élu sénateur. Peu importe le devenir du conseil général. Si lui-même doit disparaître, eh bien il fera en sorte que tout et tous disparaissent avec lui ! Le président est prisonnier des mots : il clame partout la transparence, alors que ses sbires organisent la politique cachée et la confusion. Ainsi, en matière de frais de bouche. Pour ce qui est de sa communication personnelle, s’il fait en sorte que les crédits inscrits à chaque budget n’augmentent pas, il suffit de prendre en considération les comptes administratifs pour constater des augmentations conséquentes, ainsi que de nombreux crédits masqués sur divers comptes budgétaires de publications et autres.

    A un an des élections cantonales, voilà le conseil général sans direction générale, avec un président qui tient un discours contradictoire, sur un département condamné au plus tard en 2015, et qui mène un combat qu’il considère comme perdu d’avance. Un président qui est seul, isolé des élus de sa majorité.

    Les finances sont laissées à la dérive : c’est le robinet ouvert, comme si la crise économique et financière n’existait pas. Chacun dépense sans compter. Par exemple, pour le parc des véhicules : chaque niveau hiérarchique dispose d’un véhicule, sans que l’essence ne soit comptée. Il en est de même des téléphones. Le service des finances est désorganisé : sur trois contrôleurs de gestion et auditeurs, en moins de trois mois, tous sont dispersés. Il est choisi l’année qui précède les élections cantonales pour déplacer les deux chefs de service, piliers du service des finances, sous prétexte que ces deux agents étaient déjà en place sous l’ancienne équipe de droite.

    Le directeur des finances a adressé au cabinet le rapport suivant :

    «Séminaire des élus le 11 janvier 2011.

    Les quatre dossiers prioritaires pour le Pôle gestion financière et audit en 2011 :

    1) Le Budget 2011 :

    C’est le dernier budget avant la fin de la mandature. Si le budget 2011 est soumis à de fortes contraintes, tant en raison du contexte général de crise économique, sociale et financière, d’une part, et d’une volonté du gouvernement de faire supporter par les collectivités locales, dont les départements, notamment le poids de son propre déficit, cet aspect ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt. En effet, le conseil général de l’Isare doit de son côté démontrer à deux niveaux, qu’il met tout en œuvre pour préserver l’outil départemental, en maîtrisant les dépenses de fonctionnement et d’investissement. Ainsi, si l’évolution plus rapide des dépenses de fonctionnement que des recettes de fonctionnement contribue à exaspérer l’effet ciseau, impliquant un budget qui ne sera peut-être plus dans un équilibre satisfaisant dès 2013, il convient non pas d’accélérer ce processus par un laisser faire et un laxisme de la dépense en laissant le robinet ouvert, mais au contraire, dans la mesure des possibilités, de limiter les dégâts par tous moyens, ceci aux deux niveaux suivants :

    Préparation budgétaire et débat d’orientation budgétaire : limiter la dépense (+ 3,5 % pour les dépenses de personnel, le taux d’inflation pour les moyens de travail, même montant qu’en 2010 pour les dépenses de subventions et de participations).

    Tout au long de l’année 2011 : maîtrise du flux de la dépense, notamment des dépenses de l’action sociale (pas d’ouverture de nouveaux équipements en 2011, sans économies par ailleurs, mise en place de tableaux de bord ; limitation des dépenses par les chefs de service).

    2) La maîtrise de la dette

    Jusqu’à présent, le conseil général a su maîtriser sa dette, mais un dérapage peut être rapidement catastrophique. Il est donc nécessaire à la fois :

    De continuer la gestion active de la dette (renégociation d’un emprunt DEXIA par exemple,…)

    De contenir les inscriptions d’autorisations de programme et de crédits de paiement en se recentrant sur les priorités du conseil général (routes, collèges, bâtiments départementaux,…) et donc essentiellement un bon entretien du patrimoine de la collectivité afin de préserver l’avenir). Le niveau d’investissement doit être maintenu au niveau du possible, repoussant au plus loin l’effet ciseau (réalisation, c’est-à-dire, mandatement annuel effectif sur les comptes de travaux, immobilisations et subventions pour investissements réalisés par des tiers à un montant compris entre 130 à 150 millions d’euros, soit un maximum annuel de 100 millions d’emprunts au cours des exercices 2011 à 2013).

    3) La dématérialisation et la modernisation de la gestion comptable

    En concertation avec le partenaire naturel du service des finances que sont la Trésorerie générale et la paierie départementale mettre en œuvre les diverses dispositions contenues dans la convention de service comptable et financier (CSCF), dont la dématérialisation des titres de recettes (en 2011) et des mandats de paiement (en 2013). Cela comporte notamment la dématérialisation des diverses pièces comptables et des marchés publics.

    La mise en place des diverses dispositions devrait conduire à une rationalisation et une mécanisation plus grande du travail, à des gains de productivité et donc à une économie en matière de dépenses du personnel pour l’ensemble des services du conseil général.

    4) La réalisation du contrôle de gestion et d’audits :

    Une liste d’audits à réaliser tant en interne sur les services du conseil général, qu’en externe sur les structures agissant soit pour le compte du conseil général, soit en ses lieux et places, est soumise au président pour validation.

    La priorité des audits devra concerner des études de chaînes financières pouvant apporter des économies immédiates, ou détecter des trésoreries dormantes.

    Mais attention, pour atteindre ces quatre objectifs, l’élément clé est de disposer d’un service des finances comprenant des agents compétents, professionnels et motivés.

    Le point clé pour réaliser ces objectifs est a minima, de disposer d’un service des finances en état de marche quant à la qualification des agents et leur professionnalisme. Or quel est le bilan que l’on peut objectivement établir au moins depuis août dernier ?

    C’est une véritable déconstruction et déstabilisation du service des finances, malgré l’ampleur des tâches à réaliser.

    Service du budget : perte de la mémoire, par le déplacement du chef de service et le recrutement tardif d’un chef de service adjoint, demande d’au moins deux autres agents de quitter le service.

    Service de la gestion financière : déstabilisation du chef de service, manque de moyens en personnel, notamment en ce qui concerne la gestion de la dette, mutation de personnel sans remplacement immédiat.

    Service contrôle de gestion et audit : en un mois, départ demandé de deux agents ainsi que du troisième (qui souhaite intégrer le service du personnel). Comment vont être remplacés le savoir-faire et l’expérience acquise, du jour au lendemain, pour réussir les objectifs fixés ci-dessus, notamment en ce qui concerne les études et audits ?

     

    Si rien ne s’oppose aux mutations d’agents, le problème est : pourquoi maintenant, et sans remplacer les agents mutés par des agents de même valeur et expérimentés ?

    Il ne faut pas négliger la technicité du domaine des finances (fiscalité, emprunts,…). Ce ne sont pas des domaines où l’on peut faire place à l’improvisation, et il est nécessaire d’avoir des agents expérimentés, ayant travaillé au moins une année sur les questions financières. Ainsi, si rien ne s’oppose à l’intégration au service des finances d’un ou deux agents du laboratoire départemental, pourquoi ne pas renouveler l’embauche d’un agent compétent et formé en matière de gestion des subventions ? (Cet agent maîtrise le logiciel GAD). Les agents du laboratoire ne pourront pas suppléer instantanément la technicité non renouvelée, et seront en doublon au moins six mois à une année.

    Mon remplacement est prévu le 1° février 2011 par un nouveau chef de Pôle gestion financière et audit. Cependant si j’ai effectivement postulé pour la fonction de directeur des services financiers du conseil général de l’Isare en janvier 2010, je n’ai obtenu aucune réponse et c’est le Cabinet de recrutement Profess qui a relancé ma candidature en mai 2010, par défaut d’un autre candidat. Ce cabinet était parfaitement et totalement informé, depuis au moins dix années sur mon profil et mes capacités professionnelles. Ce recrutement a conduit à la fois à déstabiliser les services des finances de la ville de Mont et du conseil général de l’Isare, en créant l’insécurité, la désorganisation et l’impermanence à la tête du service des finances de ces deux structures. Il ne fallait donc pas relancer ma candidature, ce qui constitue à mon avis une erreur de management. Cependant j’estime avoir rempli depuis le 10 août 2010 ma part de contrat, y compris concernant l’organisation financière du voyage de la délégation du conseil général au Liban. Je demande donc que mon remplacement dès le 1° février 2011 soit effectué en respectant la dignité de chacun. »

     

    *

    *  *

     

    Thésée tue le minotaure ?

     

    Seul Thésée pourra, en 2012, terrasser le minotaure. Aucun bon sentiment ne sera épargné. Le président sera remis en face de son vrai moi et de la réalité banale quotidienne. Ceci malgré sa crainte irraisonnée qu’il ne soit mis fin au culte de son ego surdimensionné. Lui-même aspire à la délivrance. Seul Thésée pourra terrasser le minotaure, sous réserve de condamner le palais départemental et s’engager à le transformer en musée. Il faudra prendre un bureau et renouer un contact avec la base populaire, mettant ainsi fin à la malédiction du palais du minotaure.

    La victoire de Thésée sur le minotaure est une étape importante de toute démarche initiatique, puisqu’il s’agit de la maîtrise par l’homme conscient de son aspect animal : c’est la conquête du ventre, des bas instincts par la tête et le cœur. Cependant, cette victoire a une limite : Thésée ressort du labyrinthe de la même façon qu’il y est entré, la porte d’entrée et de sortie sont une seule et même porte. C’est dire qu’il ne sort pas par le haut.

    Trois issues sont donc possibles pour le président du conseil général. Comme la création du minotaure est la fusion entre son propre ego et un palais somptuaire construit de fait pour accueillir le minotaure, il peut, dès aujourd’hui, faire une rupture et un acte fort : installer son bureau présidentiel hors de ce bâtiment, en se rapprochant des services départementaux. Secondement, il peut vaincre le minotaure par l’ascèse, l’humilité, la sobriété et le silence : les forces ayant constituées le minotaure peuvent s’effilocher si elles ne sont pas nourries par les bas instincts. Troisièmement, il peut s’enferrer dans cette damnation du minotaure, et alors il sera vaincu par un Thésée, de gauche ou de droite lors des prochaines élections cantonales. Dans le premier cas : « éloge de la fuite », dans le second cas, « courage » et dans le troisième cas, « perte d’une opportunité de progresser et retour à la case départ ».

     

    Le labyrinthe :

     

    Le labyrinthe représente une danse, avec des allées et des retours, aboutissant au centre du cercle.

    Au moyen âge, le labyrinthe figure le pèlerinage de Compostelle, réservé aux pauvres ou aux personnes qui n’avaient pas le temps d’entreprendre le pèlerinage réel.

    La question qui se pose est : une fois arrivé au centre, que se passe-t-il ? Normalement, des ailes ont du pousser, et le récipiendaire doit sortir par le haut : en quelque sorte, il s’est spiritualisé !

    Or Thésée, après avoir tué le minotaure, sort du labyrinthe par le même chemin que celui par lequel il est entré, grâce au fil d’Ariane. Cela indique un manque de confiance, et une initiation non réussie et non aboutie. Thésée revient à son point de départ, au lieu d’entrer dans le monde de la spiritualité.

    Le labyrinthe de Crète est pour les alchimistes, le symbole de la matière en putréfaction.

    Le mot de l’ancien français, baler, qui signifie danser, vient directement du grec ballô (jeter, lancer), sur lequel s’est formé symballein (jeter ou lancer ensemble) et le substantif symbolè, dont a été fait le mot symbole, ainsi que diaballein (jeter de part et d’autre) dont découle le mot diable.

    L’une des plus anciennes danses rituelles du monde méditerranéen, est celle que les Grecs appelaient geranos, la grue, exécutée par les adolescents des deux sexes autour de l’autel cornu d’Aphrodite à Délos. Selon Plutarque, elle aurait été instituée par Thésée en commémoration de la délivrance des jeunes gens qu’il avait sauvés de la gueule du minotaure. Elle figurait l’enroulement et le déroulement de la marche du héros dans les circonvolutions complexes du labyrinthe de Crète.

    C’est là le mystère de la mort et de la résurrection, la voie de tout ce qui meurt pour retourner à la lumière de la vie, selon le rythme du solve et coagula dans lequel nous entraîne le quatrain de Nuysement :

    « Si le fixe tu sais dissoudre

    Et le dissous faire voller

    Et le vollant fixer en poudre

    Tu as dequoy te consoler. »

     

     

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