• LE MINOTAURE BOUFFI (Partie 30)

    Sans cesse, le placard se rappelle à moi, ne serait-ce que par le matériel défectueux, la mise en route plus que pénible de l’ordinateur, avec l’une ou l’autre pièce bancale, la souris ou autre. Sans cesse il faut s’y reprendre à plusieurs fois.

    Chaque fois que Françoise me rend visite dans mon bureau, rarement, il est vrai, c’est pour me prendre quelque chose : le code général des collectivités territoriales, l’ouvrage Lamy sur les finances des collectivités territoriales,…, ceci sans doute à la demande de son chef de service.

    Certains jours, en m’installant devant mon micro-ordinateur, je constate la disparition de certains programmes (par exemple à ce jour, le 14 juin 2010, disparition du programme POSEIDON).

    D’autres jours, installation d’une pancarte avec mon nom sur la porte.

     

    LE MINOTAURE BOUFFI (Partie 30)

     

    1 Le rappel du placard :

     

    LA FORCE. Maîtrise du corps. A chaque moment reprendre le dessus et me rappeler que je suis le Témoin. Accepter aussi les moments de faiblesse et de relâchement.

    Étouffer le lion de Némée à la peau impénétrable, et rapporter sa dépouille rappel constant d’être placardisé

     

    Visite de M. Olive MASCULIN à Bello, le mardi 9 mars 2010 :

    Visite de l’Hôtel du Département :

    Les jardins, le jet d’eau, le bâtiment principal et les appartements.

    Le garage : sont alignés les véhicules de fonction des directeur général de services et directeurs généraux adjoints. Depuis ma mise au placard, je ne dispose plus d’un emplacement spécifique. Mon véhicule attribué est une Mégane Renault. Mon véhicule est stationné sur un emplacement de « directeur visiteur ».

    Mon remplaçant bénéficie d’une Laguna.

    Mon bureau : il n'a pas de nom. C’est un « anonymat » voulu. Petit, il est situé entre deux armoires. Dans un coin, les affaires en vrac de la personne qui occupait le bureau auparavant, affaires datées de 2009. Une précédente victime ?

    Taille :

    Ancien service.

    Presse : du jour au lendemain, suppression de toute la presse tant locale que nationale.

    Secrétariat : plus de secrétariat.

    Matériel : informatique, téléphone, imprimante : matériel sobre, pour le moins, souvent défectueux. Ainsi, je dois, avant démarrage, débrancher le fil de l’ordinateur pour pouvoir le mettre en route.

    Documents non rangés dans les couloirs.

    Site Internet : arrivée de mon remplaçant. Ma nouvelle prise de fonction n’est annoncée nulle part, ni par note, ni par email, ni par intranet.

    Début juin 2010 : Olivier Masquerel m’appelle au téléphone, sur commande : « Vous êtes mal, vous devez prendre le poste qui vous est proposé. »

    Sans cesse, le placard se rappelle à moi, ne serait-ce que par le matériel défectueux, la mise en route plus que pénible de l’ordinateur, avec l’une ou l’autre pièce bancale, la souris ou autre. Sans cesse il faut s’y reprendre à plusieurs fois.

    Chaque fois que Françoise me rend visite dans mon bureau, rarement, il est vrai, c’est pour me prendre quelque chose : le code général des collectivités territoriales, l’ouvrage Lamy sur les finances des collectivités territoriales,…, ceci sans doute à la demande de son chef de service.

    Certains jours, en m’installant devant mon micro-ordinateur, je constate la disparition de certains programmes (par exemple à ce jour, le 14 juin 2010, disparition du programme POSEIDON).

    D’autres jours, installation d’une pancarte avec mon nom sur la porte.

     

    2 Le regard des autres :

     

    LE REGARD. Se libérer des conventions sociales. Ma mère est mon gourou sur ce point : c’est une forme d’adaptation et de survie du petit je dans un monde barbare.

    Tuer l'hydre de Lerne, dont les têtes tranchées repoussaient sans cesse. Symbole du regard des autres sur le placardisé.

     

    « Quand ils sont venus chercher les communistes,

    Je n'ai rien dit,

    Je n'étais pas communiste.

    Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,

    Je n'ai rien dit,

    Je n'étais pas syndicaliste.

    Quand ils sont venus chercher les juifs,

    Je n'ai pas protesté,

    Je n'étais pas juif.

    Quand ils sont venus chercher les catholiques,

    Je n'ai pas protesté,

    Je n'étais pas catholique.

    Puis ils sont venus me chercher,

    Et il ne restait personne pour protester. »

     

    Poème de Martin Niemöller

     

    Peur des collègues de me rencontrer. Que ce soit les fonctionnaires, les francs Maçons,…

    En quelque sorte, je suis mort professionnellement, et la mort fait peur. C’est ce qu’a verbalisé M. Duhaut : pour la collectivité du Conseil général de l’Isare, je n’existe déjà plus.

    Les personnes extérieures penseront toujours que, s’il y a placard, c’est la faute du placardisé. Il n’a que ce qu’il mérite. Quelque part, ce qui lui arrive est de son fait.

     

    3 Garder malgré tout le corps intact.

     

    LA SANTE. La volonté de l’ennemi est de faire déraper, de faire en sorte que les armes soient retournées contre soi-même. C’est utiliser l’autodestruction.

    Rapporter vivant l'énorme sanglier d'Érymanthe. Garder intact le corps malgré tout, éviter le suicide.

    Idée de suicide, d’en finir une fois pour toute, sur le lieu de travail. Par rapport à soi-même ! Pour donner raison aux persécuteurs ?

    S’obliger à des rencontres, en sachant malgré tout que le placardisé est un pestiféré, et que ceux qui choisiront de le rencontrer auront du courage, ne serait-ce que pour le saluer.

    Il y a de longs moments de solitude et d’attente. Attente de quoi ? Que quelqu’un intervienne et constate l’injustice qui est faite. Attente d’une lettre apportant un secours ou une embauche. Tout cela semble vain.

     

    4 Vaincre la rumeur et la malversation

     

    PREVOIR. C’est faire courir la rumeur. Retourner la communication à mon profit.

    Vaincre à la course la biche de Cérynie aux sabots d'airain et aux bois de bronze, créature sacrée d'Artémis. Vaincre la rumeur et la malversation.

    Le directeur général des services rappelle que je n’existe plus pour le conseil général.

    Chacun fait en sorte de me le faire comprendre.

    Servi le dernier, en ronchonnant pour tous les services demandés (billets de train,…).

    Reprise, sans m’en avertir du code général des collectivités territoriales.

    Faire comprendre que je ne sers à plus rien, que je suis inutile et même que j’occupe indûment une place.

    Culpabiliser.

     

    Rencontre samedi 10 avril 2010, vers 11 heures, de M. Brun, payeur départemental.

     Il m’informe que le Président n’a toujours pas mis en paiement à ce jour la facture relative au billet d’avion de son épouse. Il a vu passé le contrat de recrutement d’un directeur des ressources humaines, mais n’a pas vu le contrat relatif au recrutement d’un directeur des services financiers, qu’il pense passé dans la masse des mandatements.

    Mon successeur est sur ses gardes : il n’ose pas prendre d’initiatives, il prend beaucoup d’égards, et se réfugie derrière les avis des uns et des autres, ce qui, faute d’informations fermes et fiables, bloque le travail des agents de la paierie. Il a notamment beaucoup de mal à mettre en œuvre le réseau de correspondants financiers.

    Le fait de ne pas dire les choses, fait courir un risque aux équilibres financiers du conseil général. En effet, en raison des choix un peu légers effectués, le budget primitif est en équilibre précaire.

     

    5 Mette de l’ordre dans la gestion financière.

     

     

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