• La Résitance et la franc-maçonnerie (2)

    Le PCF adopta très tôt comme idéal la « nation ». Il voulut réconcilier le drapeau national et le drapeau rouge, la Marseillaise et l’Internationale. Pendant et après guerre, la direction du PCF se soumit progressivement à de Gaulle au niveau de la stratégie politico-militaire et ne profita pas vraiment du formidable élan populaire et du prestige du Parti dû à la résistance.

     

    1)      S’unir pour vaincre le fascisme et pour reconstruire la France c’est exécuter le testament de nos héros. Discours prononcés au Vélodrome d’Hiver le 14 décembre 1944 par Jacques Duclos secrétaire du Parti Communiste Français et Maurice Thorez, secrétaire général du Parti Communiste Français à la manifestation commémorative de l’assassinat de Gabriel Péri et Lucien Sampaix « morts pour que vive la France ».

    « Thorez : « Il faut que nous restions unis pour la reconstruction, comme nous l’avons été, comme nous le sommes encore dans la lutte contre l’Allemand et contre les vichyssois… Soyons unis, Français et Françaises. Soyons unis pour travailler et pour battre l’ennemi. »

     

    2)    La politique extérieure de la France et l’indépendance nationale par Florimond Bonte, député de Paris, membre de l’Assemblée consultative, discours prononcé le 21 novembre 1944 devant l’Assemblée consultative Préface de Marcel Cachin.

     « Les deux erreurs fondamentales de l’entre-deux guerres :

    La première faute essentielle consiste en ce que le principal fauteur de guerres, l’impérialisme allemand, n’a pas été entièrement désarmé et détruit, et que ses racines politiques et économiques ont été laissées absolument intactes.

    La deuxième faute essentielle consiste en ce que tous les hommes d’Etat des pays démocratiques n’ont pas voulu comprendre l’immense portée historique de la grande révolution socialiste d’octobre 1917, accomplie par un peuple insurgé contre une oppression séculaire.

    Trois conditions de la paix :

    -         D’abord, anéantir partout le fascisme ;

    -         Ensuite, maintenir l’union des principaux Etats de la coalition antihitlérienne, aussi indispensable pour établir une paix juste et stable qu’elle est indispensable pour conquérir la victoire totale sur l’hitlérisme ;

    -         Enfin, empêcher à tout prix que la haine du peuple puisse faire oublier, comme par le passé, que l’alliance franco-soviétique est une des conditions nécessaires de la sécurité française.

    [La France] est et elle doit rester une grande puissance africaine.

    Les tâches essentielles de la politique française.

    Il faut donc donner à notre politique extérieure de solides assises intérieures. Nous considérons que pour obtenir ce résultat, les tâches essentielles à accomplir sont les suivantes :

    Premièrement, la création, l’organisation, l’armement et la mise en action rapide d’une forte armée nationale, démocratique, une et indivisible, fraternellement liée au peuple et honorée par le peuple dans ses officiers, ses sous-officiers et ses soldats, unis dans un même amour de la patrie et de la République.

    Deuxièmement, la réorganisation rapide de l’économie française délabrée, la remise en, marche des usines et des transports, le rétablissement des échanges normaux entre la ville et la campagne et la distribution rationnelle d’un ravitaillement substantiel.

    Troisièmement, la pratique d’une politique d’épuration sévère, de châtiment impitoyable, calquée sur celle de la Convention et du Comité de salut public, politique qui, seule, est capable de débarrasser le pays des malfaiteurs de la trahison et des agents hitlériens, et de maintenir l’ordre républicain contre les saboteurs de la lutte libératrice et de la renaissance française.

    Quatrièmement, l’application intégrale du programme de démocratie politique, de démocratie économique, de démocratie sociale, adopté le 16 mars 1944 dans la clandestinité par toutes les organisations rassemblées dans le Conseil national de la Résistance.

    Cinquièmement, la réalisation d’une politique d’union du peuple de France et de toutes les populations de la France d’Outre-mer par la satisfaction des légitimes revendications de ces peuples, dont les fils travaillent et combattent actuellement sous les drapeaux pour la conquête de la liberté. »

     

    3)     Amicale des juristes communistes. Etienne Fajon Député de la Seine ; Les communistes et la propriété. Conférence prononcée le 6 décembre 1944. Salle des sociétés savantes

    « Les communistes et la propriété :

    La calomnie anticommuniste la plus répandue est peut-être celle qui a trait à la position de notre Parti sur le problème de la propriété. Au dire de nos détracteurs, les communistes seraient des ennemis de la propriété privée, des « partageux » ; le communisme serait la négation de la propriété. Quels sont donc le »s « arguments » mis en avant pour prétendre que les communistes veulent abolir la propriété du cultivateur, du boutiquier, de l’artisan ?

    Ces « arguments » peuvent se ramener à deux.

    Les communistes, dit-on d’abord, affirment que le développement économique tend à l’élimination de la petite industrie, du petit commerce, de la petite exploitation en général. Ils se prononcent donc contre la petite propriété.

    Les communistes, ajoute-t-on, ont inscrit dans leur programme d’avenir la propriété sociale des principaux moyens de production. Puisqu’ils sont pour la propriété sociale, ils sont les ennemis de la propriété privée.

    C’est en regard de ces singuliers « arguments » que nous allons préciser notre position sur la question.

    LES TRUSTS DESTRUCTEURS DE LA PROPRIETE :

    Ainsi, depuis l’apparition des trusts, on enregistre dans notre pays une diminution constante du nombre de propriétaires par rapport au nombre de ceux qui ne possèdent rien. Plus généralement, rappelons que le nombre de salariés, dépourvus de toute propriété personnelle, est passé en France de 1 300 000 en 1851 à 11 000 000 en 1939.

    LA PROPRIETE SOUS HITLER :

    Le premier soin des nazis fut de procéder à l’expropriation brutale et massive des paysans dans des régions entières de la France.

    L’OFFENSIVE DES TRUSTS CONTRE LA PROPRIETE SE POURSUIT :

    SUPPRESSION DES TRUSTS POUR GARANTIR LA PROPRIETE INDIVIDUELLE :

    Préserver la propriété fruit du travail personnel et familial, et pour cela abolir la « propriété » des coalitions qui ruinent les petites gens et trahissent la France, telle est la position conséquente exprimée dans tous les documents de notre Parti.

    L’abolition du grand capital sans patrie pour assurer le droit de propriété à la masse des citoyens, c’est, depuis que le communisme existe, l’essence même de son programme d’avenir.

    Mais il faut ajouter qu’en attendant que la nation puisse en finir avec les trusts qui l’ont divisée, pillée, et trahie, les communistes ont soutenu, soutiennent et soutiendront la propriété privée par leur politique de défense des revendications des classes moyennes.

    DEFENSE DES CLASSES MOYENNES : PROPRIETE SOCIAZLMISTE ET PROPRIETE PRIVEE :

    Constitution soviétique de 1936, article 9 : « La loi admet les petites économies privées des paysans individuels et des artisans fondées sur le travail et excluant l’exploitation du travail d’autrui. »

    LA VOIE DE LA COOPERATION.

    Le kolkhoz. En propre. Une économie auxiliaire, une maison d’habitation le bétail productif la volaille et le menu matériel agricole<

    LE PROBLEME DU MOMENT :

    Le problème d’aujourd’hui, c’est l’union des Français pour la victoire et pour la reconstruction de la France, l’union des Français quelle que soit leur position sur les formes de la propriété dans l’avenir.

    Le problème d’aujourd’hui, pour ce qui touche à la propriété, c’est la confiscation sans indemnité des biens des traîtres, mot d’ordre qui réalise l’unanimité de tous les Français.

    Bavarder en ce moment sur la « nationalisation » ou le « socialisme », cela revient tout bonnement à obscurcir le clair mot d’ordre de confiscation des biens des traîtres et à favoriser la réédition d’expériences comme la prétendue nationalisation des chemins de fer qui consistant avant la guerre à renflouer et à enrichir les magnats des Compagnies aux frais de la nation.

    Cela revient aussi à diviser le peuple français en partisans et adversaires du « socialisme », et par suite à retarder la victoire et la reconstruction de la France.

    Pour l’instant, il faut châtier les traîtres des trusts et confisquer leurs biens et entreprises.

    C’est à la nation elle-même qu’il appartiendra demain, quand l’ennemi sera écrasé et quand la France aura retrouvé tous ses fils prisonniers, déportés, dispersés, de dire souverainement quelle structure économique et sociale elle entend adopter pour prévenir le retour de ses récents malheurs et pour créer les conditions de sa renaissance rapide et de son essor ininterrompu. »

     

    CONCLUSION :

    Comme l’indiquent les camarades chinois, pages 340 et 341 de l’ouvrage « Histoire économique des grands pays capitalistes » Editions du peuple Pékin, Octobre 1975, Texte traduit du chinois et édité par E 100en 1977 :

    « En août 1944, les forces armées révolutionnaires françaises libérèrent Paris et, au mois de septembre de la même année, la France fut pratiquement libérée tout entière.

    Mais les fruits de la victoire, que le peuple français récolta au prix de son sang, furent rapidement usurpés par la grande bourgeoisie. A ce moment-là, les dirigeants du Parti communiste, le premier grand Parti de France, jouissant d’une forte influence parmi les masses populaires, appliquèrent de façon erronée une ligne déviationniste de droite, et crurent pouvoir changer la politique de la bourgeoisie et le système capitaliste par la voie parlementaire. Aspirant à des postes élevés et à de bons salaires, la clique dirigeante du P.C.F. fit un compromis honteux avec la grande bourgeoisie, rendit les armes et abandonna la lutte armée. Moins de trois ans après, les communistes furent expulsés du gouvernement par les forces réactionnaires, et devinrent aussitôt l’objet d’une cruelle répression. Cette erreur historique du Parti communiste français est une grave leçon qui doit mettre en garde le prolétariat et les peuples révolutionnaires du monde entier. »

    Dans certaines régions, comme le sud-ouest, les FFI exercent un pouvoir de fait et partout se développe une agitation presque révolutionnaire.

    Dissolution des milices armées issues de la résistance est un acte de trahison de la classe ouvrière : le désarmement des milices communistes est facilité par l’attitude légaliste du secrétaire général du Parti Communiste Français : Maurice Thorez.

    Lors des élections législatives du 21 octobre 1945, le principal vainqueur est le PCF, qui obtient le plus de voix et de sièges. C’est le premier parti de France. Avec les socialistes de la SFIO, les communistes sont majoritaires à l’assemblée.

    Dans le premier gouvernement de Gaulle, Maurice Thorez, secrétaire général du PCF, devient ministre d’Etat. Le PCF recule aux élections législatives de juin 1946. Mais le 10 novembre 1946, le PCF redevient le premier parti de France.

    Le Parti communiste a refusé de donner à la résistance un prolongement révolutionnaire, en vue de la prise du pouvoir, alors que le contexte était de type prérévolutionnaire.

    Parlementarisme, légalisme, électoralisme : d’abord présenté, en paroles, comme une tactique par la direction du PCF, ces objectifs deviennent dans les faits, la stratégie, la seule, du PCF.

    Les commissaires de la République trouvent en face d’eux dans chaque région, des autorités de fait, les comités de libération – locaux et départementaux (CLL et CDL) – ainsi que des forces armées issues des FTP qui s’étaient substituées en « milices patriotiques », en mars 1944 (sorte de police supplétive constituée de citoyens armés aux ordres des CDL.

    Partout des hommes armés prêts à faire la révolution. Partout des tribunaux populaires procédant à des jugements et des exécutions sommaires contre les collaborateurs (près de 10 000 personnes exécutées, avec ou sans jugement, pendant l’été 1944).

    Le Gouvernement Provisoire de la République Française décide du désarmement des « milices patriotiques », malgré les protestations des résistants et surtout des communistes. Les résistants doivent s’engager dans l’armée française qui s’organise pour accélérer la libération du territoire et porter la guerre en Allemagne. Dès lors la résistance ne dispose plus d’une force armée à sa disposition et les CDL se délitent.

    Le rôle et l’attitude du PCF : Son prestige est important. Il garde ses organisations propres (Front National et FTP).

     A son retour d’URSS, Maurice Thorez, secrétaire général du PCF, décide fin 1944, de jouer le jeu de la « démocratie » bourgeoise :

    ·   Le PCF ne tentera pas de prendre le pouvoir par la force.

    ·   Le 28 octobre 1944, avec l’appui de Thorez, ministre d’Etat, le GPRF décide la dissolution des milices patriotiques et leur intégration dans l’armée.

    Le problème de l’ordre bourgeois est désormais réglé et il revient, plus ou moins vite, selon les régions.

    Les élections municipales d’avril-mai 1945 sont un premier pas vers un retour à la légalité bourgeoise.

    Le remplacement de l’épuration spontanée par des tribunaux bourgeois est un second pas.

    Les tribunaux spontanés et révolutionnaires ont prononcé 10 à 40 000 condamnations (9 000 morts environ).

    Des tribunaux officiels sont créés : Chambres civiques et Haute Cour de Justice.

    163 077 dossiers sont instruits. La répartition des peines prononcées est :

    ·        Mort : 4 %

    ·        Travaux forcés : 8 %

    ·        Réclusion : 16 %

    ·        Dégradation nationale : 25 %

    ·        Acquittement : 17 %

    ·        Non-lieu : 30 %

    Pétain est jugé, condamné à mort et sa peine sera commuée en réclusion à perpétuité. Pierre Laval et Maurice Darnand seront exécutés parmi d’autres.

    L’épuration fut sévère dans les milieux intellectuels et chez les humbles, modérée parmi les fonctionnaires et notamment les hauts fonctionnaires, faible dans les milieux économiques et chez les nantis.

    Le PCF bénéficie d’un gros prestige. Sa ligne politique s’appuie sur :

    ·   La mise en œuvre du programme du CNR ;

    ·   Une vigoureuse propagande patriotique et productiviste.

    L’élan productif : Dès septembre 1944, toutes les forces politiques et syndicales se lancent dans « la bataille de la production ».

    Maurice Thorez (« Un seul Etat, une seule armée, une seule police ») a cautionné la décision de de Gaulle d’incorporer les milices patriotiques aux forces régulières bourgeoises.

    La lutte entre deux lignes dans le PCF : Dans la pratique, le parti ne réussit pas à combiner la lutte pour la révolution socialiste et celle contre le fascisme et tomba dans la déviation de droite qui consistait à se poser en tant qu’aile gauche de la coalition de toutes les forces unies en vue d’abattre le fascisme.

    Le PCF adopta très tôt comme idéal la « nation ». Il voulut réconcilier le drapeau national et le drapeau rouge, la Marseillaise et l’Internationale. Pendant et après guerre, la direction du PCF se soumit progressivement à de Gaulle au niveau de la stratégie politico-militaire et ne profita pas vraiment du formidable élan populaire et du prestige du Parti dû à la résistance.

    Les partisans de la prise du pouvoir furent écartés.

    1945-1960 : le triomphe du révisionnisme : Le PCF n’entend pas prendre le pouvoir, alors qu’il était évident que cette question devait être centrale, le rapport de force étant favorable. En octobre 1945, le PCF a ainsi 26.1 % des voix (20.3 % des inscrits). Mais, suivant la logique de soumission ouverte par le Front Populaire, Thorez lance comme principe « Un seul Etat, une seule armée, une seule police ». Le PCF sabote les grèves et prône la relance de la production.

    Il ne faut pas s’étonner qu’il y ait cinq ministres communistes (sur un total de vingt), exactement là où il faut calmer les luttes de classe : l’économie nationale, la production industrielle, le travail, la production de l’armement (le ministère de la guerre étant divisé en deux pour empêcher les communistes d’avoir accès aux nominations), Thorez étant enfin ministre d’Etat.

    1946 : Dans une interview au Times, Thorez défend une ligne de passage pacifique au socialisme : « Les progrès de la démocratie à travers le monde permettent d’envisager pour la marche du socialisme d’autres chemins que ceux suivis par les communistes russes […]. Nous avons toujours pensé et déclaré que le peuple de France, riche d’une glorieuse tradition, trouverait lui-même sa voie vers plus de démocratie, de progrès, de justice sociale. »

    Maurice Thorez a détaché la lutte contre le fascisme de la lutte contre le socialisme : « Le problème n’est pas le choix entre le communisme et le fascisme, mais entre le fascisme et la démocratie. » (Fils du peuple, page 87).

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    CONCLUSION

     

    Outre la contradiction entre le peuple français et l’ennemi nazi, sur le sol nationale, il coexiste également la contradiction principale entre la bourgeoisie et le prolétariat. Le prolétariat, dans le cadre de la guerre impérialiste, a ses objectifs propres, qui sont l’insurrection et l’instauration d’une dictature du prolétariat.

    Le parti communiste chinois, grâce à Mao Tsé-toung, a su brillamment mener ces deux contradictions à leur terme : lutte contre l’envahisseur japonais, et lutte pour l’instauration d’un Etat de démocratie nouvelle, puis d’un Etat socialiste.

    En France, le PCF n’avait pas de Pensée-Guide. Ses chefs, Thorez et Duclos, étaient à la tête d’une ligne opportuniste de droite. S’ils ont mené la guerre contre la bourgeoisie fasciste, représentée par Pétain et Laval, ils n’ont pas prôné l’autonomie prolétarienne, mais se sont mis à la remorque de la bourgeoisie « républicaine », représentée par de Gaulle. En cela, ils ont fait servir le prolétariat comme force d’appoint d’une fraction de la bourgeoisie contre une autre fraction de la bourgeoisie. Le vainqueur de la contradiction entre bourgeoisie et prolétariat, c’est en fin de compte de Gaulle.

    Ainsi, la bourgeoisie a pu instaurer une république bourgeoise ; les deux fractions de la bourgeoisie se sont ensuite réconciliées pour mener la lutte du camp impérialiste contre le camp socialiste.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Deuxième partie : Le programme du Conseil National de la Résistance, programme bourgeois de restauration du capitalisme français

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    ANNEXE 1 : REPERES CHRONOLOGIQUES

    1944

    Janvier : Arrestation de Marcel Prenant

    1° février : Création des FFI

    15 mars :    Publication du « Programme du CNR »

    Mars :     La Milice et les Allemands donnent l’assaut au plateau des Glières

    1-4 avril :    Fernand Grenier et François Billoux entrent au gouvernement provisoire d’Alger

    4 juin :        Prise de Rome

    6 juin :        Débarquement des Américains et des Anglais en Normandie

    31 juillet    Percée d’Avranches (du 06/06 au 31/07, les Allemands avaient pu contenir les alliés en Normandie

    2 août :    Rédaction du texte de l’affiche de mobilisation d’Ouzoulias

    7 août :    Nomination de Von Choltitz, commandant du « Gross Paris »

                    Ouzoulias à Saint Rémy pour soumettre l’affiche à Tillon

    8 août :    Eisenhower et Bradley envisagent de contourner Paris

    Tillon écrit à Rol FTP, mais chef des FFI de la région parisienne pour mettre sous ses ordres tous les FTP de la région parisienne

    10 août :   Début de la grève des cheminots parisiens. Affichage de l’affiche d’Ouzoulias. Appel à l’insurrection de Paris par le CMN des FTP

    11 août :     Libération de Chartres

    13 août :     Grève de la gendarmerie dans la région parisienne

    15 août :     Grève de la police parisienne. Débarquement franco-américain en Provence. Tillon établit son QG avenue de Saint-Mandé

    17 août :     Libération d’Orléans

    18 août : Grève générale lancée par les syndicats. Libération des prisonniers politiques de la Santé. Affiche à l’insurrection du PCF, signée de tous les élus du Parti>. Jean Jérôme libéré

    19 août   Début de l’insurrection parisienne et occupation de la préfecture de police

    20 août :     Trêve à Paris

    21 août :      Les combats reprennent à Paris

    23 août :     La 2° DB de Leclerc s’ébranle en direction de Paris. Duclos écrit à Lecoeur et lui demande de joindre Allais (Tillon)

    24 août :     Trois chars de Leclerc (Capitaine Dronne) à l’Hôtel de Ville

    25 août :     Reddition de Von Choltitz. Duclos et Frachon rentrent à Paris

    26 août :   De Gaulle descend les Champs Elysées. Festivités au siège du Parti

    6 septembre : Entrevue Duclos-De Gaulle

    9 septembre : Tillon ministre de l’air, Billoux ministre de la santé

    23 novembre : Entrée de Leclerc à Strasbourg

    27 novembre : Retour de Thorez à Paris

    27 décembre : Fabien saute sur une mine

    1945 et après

    Février 1945 : Conférence à Yalta (Staline, Roosevelt, Churchill)

    8 mai 1945 :    Capitulation de l’Allemagne nazie. Massacre de Sétif, en Algérie (45 000 morts).

    6 septembre 1945 : Frachon co-secrétaire général de la CGT (avec Jouhaux)

    21 novembre 1945 : 5 ministres communistes au gouvernement (Torez, Tillon, à l’armement, Billoux, Marcel Paul, Croizat)

    20 janvier 1946 : De Gaulle démissionne de la présidence du conseil

    29 janvier 1946 : Gouvernement Gouin : Thorez vice-premier ministre, 5 ministres communistes (Tillon, Croizat, Paul, Billoux et Casanova) et 2 sous-secrétaires d’Etat, Lecoeur au charbon et Patinaud

    4 décembre 1946 : A la Chambre 23 voix (sur 579) manquent à Thorez pour être investi premier ministre

    4 mai 1947 : Le premier ministre Ramadier révoque les ministres communistes

    22 septembre 1947 : Ouverture en Pologne de la conférence de Slarska-Porcha. 9 Partis Communistes sont représentés. Autocritique de Duclos au nom du PCF. Les Partie Communistes se plongent dans la guerre froide

    Novembre 1947 : Vague de grèves très violentes, surtout dans les mines

    Fin 1947 :    Raph transfère le dispositif clandestin à Lecoeur

    Avril 1948 : Jouhaux fait scission de la CGT pour créer FO

    10 octobre 1950 : Thorez, malade, part se faire soigner à Moscou

    28 mai 1952 : Manifestation contre « Ridgway la peste ». Arrestation de Duclos (affaire des pigeons)

    1° juillet 1952 : Remise en liberté de Duclos

    1° septembre 1952 : Mise en accusation de Marty et Tillon au Bureau Politique

    5 mars 1953 : Mort de Staline

    5 mars 1954 : Mise en accusation de Lecoeur devant le comité central. Suicide de Camphin

    25 février 1956 : XX0 congrès du PCUS à Moscou, Rapport de Khrouchtchev sur les crimes de Staline

    11 juillet 1964 : Mort de Thorez

    Juin 1967 : Frachon laisse le secrétariat général de la CGT à Georges Séguy

    Juin 1969 : Jacques Duclos, candidat aux élections présidentielles obtient 21,5 % des suffrages exprimés

    3 juin 1970 : Appel de Tillon, Garaudy, Kriegel-Valrimont et Pronteau contre la politique de normalisation en Tchécoslovaquie

    3 juillet 1970 : Tillon exclu du Parti

    25 avril 1975 : Mort de Jacques Duclos

    4 août 1975 : Mort de Benoît Frachon

    Juillet 1993 : Mort de Charles Tillon

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    ANNEXE 2 : BIBLIOGRAPHIE :

    A Les éléments du communisme. Friedrich Engels. Socialisme utopique et socialisme scientifique ; 1944

    B Karl Marx et Friedrich Engels. Manifeste du pari communiste. 1944

     

    1 Haute trahison crime des trusts ; La France accuse !

    2 L’école élémentaire du Parti Communiste Français – Première série – Leçon n° 1. L’économie et les classes sociales en France. Septembre 1945

    3 L’école élémentaire du Parti Communiste Français – Première série – Leçon n° 3 L’économie et l’Etat socialistes. Septembre 1945

    4 L’école élémentaire du Parti Communiste Français – Première série – Leçon n° 4 La nation. Novembre 1945

    5 L’école élémentaire du Parti Communiste Français – Première série – Leçon n° 5 Le Parti. Novembre 1945

    6 L’école élémentaire du Parti Communiste Français – Première série – Leçon n° 6 Les principes de la politique communiste. Décembre 1945

    7 La vie du Parti. Novembre-Décembre 1944

    8 La doctrine communiste. Marx, Engels, Lénine, Staline en six cours. Les bases théoriques du communisme.

    9 Histoire du Pari Communiste Français ; Vingt-cinq ans de lutte pour le salut du peuple de France. 1944

    10 Les communistes dans la bataille pour la libération de la France. Rapport présenté au comité central du Parti Communiste Français le 31 août 1944 par Jacques Duclos.

    11 S’unir pour vaincre le fascisme et pour reconstruire la France c’est exécuter le testament de nos héros. Discours prononcés au Vélodrome d’Hiver le 14 décembre 1944 par Jacques Duclos secrétaire du Parti Communiste Français et Maurice Thorez, secrétaire général du Parti Communiste Français à la manifestation commémorative de l’assassinat de Gabriel Péri et Lucien Sampaix « morts pour que vive la France ».

    12 La politique extérieure de la France et l’indépendance nationale par Florimond Bonte, député de Paris, membre de l’Assemblée consultative, discours prononcé le 21 novembre 1944 devant l’Assemblée consultative Préface de Marcel Cachin.

    13 Amicale des juristes communistes. Etienne Fajon Député de la Seine ; Les communistes et la propriété. Conférence prononcée le 6 décembre 1944. Salle des sociétés savantes

    ANNEXE 3 :

    Acteurs de la période 1939-1945 ayant appartenu avant, pendant ou après à la Franc-maçonnerie. Collaborateurs. 

     

    A

     

    Otto Abetz (1903-1958) : Ambassadeur de l’Allemagne à Paris pendant la Seconde Guerre mondiale. Enseignant. Il rejoint le parti nazi en 1931. Il fut initié à la franc-maçonnerie, membre de la loge Goethe de la GLF. En 1932, il épouse Suzanne de Bruyker, française et secrétaire du journaliste Jean Luchaire.

     

    Georges Albertini (1911-1983) : Socialiste et pacifiste avant la Seconde guerre mondiale, il passe à l’extrême droite et s’engage dans la collaboration. Après guerre, il anime la revue anticommuniste Est-Ouest et devient une éminence grise de Georges Pompidou. Professeur. Militant de la SFIO en 1932. Il devient en 1942 le second de Marcel Déat en exerçant la fonction de secrétaire administratif et organisateur du Rassemblement national populaire (RNP), acquis à la collaboration avec l’Allemagne nazie. Il s’illustre notamment par son zèle de sergent recruteur contre la Résistance, par un anticommunisme et un antisémitisme particulièrement violents. Un de ses éditoriaux à National populaire, en juin 1942, s’intitule : « Le communisme, entreprise juive ». Condamné à la Libération, il bénéficie d’une clémence assez incompréhensible. Ami de Vincent Auriol. Il devient après guerre anticommuniste, et parmi ses contacts, on trouve Jean Baylot, fondateur de la Grande Loge nationale française, ou encore Henri Frenay. Il fut le conseiller occulte – via Claude Harmel, pseudonyme de l’ancien collaborateur Guy Lemonnier – de, entre autres, Alain Madelin, Patrick Devedjian, Gérard Longuet et Hervé Novelli, et, via l’Institut d’histoire sociale, de Georges Pompidou.

     

    Henri, Albert, François, Joseph Raphaël Alibert (1887-1963) : Juriste. Monarchiste catholique. Maître des requêtes au Conseil d’Etat. Proche de l’Action française. A partir de 1937, il devient un proche du maréchal Pétain. Collaborateur, ministre de Vichy, il a mis en place une législation antisémite. Il fait réviser les naturalisations. Le 13 août 1940, il promulgue la loi de dissolution des « sociétés secrètes » (franc-maçonnerie et autres) ainsi que des lois à caractère antisémite (lois Alibert). Il met en place la Cour suprême de justice. Il sera signataire du statut des Juifs d’octobre 1940. A la Libération, il est condamné à mort par contumace, à la dégradation nationale à vie et à la confiscation de ses biens le 7 mars 1947. En exil en Belgique, il est finalement amnistié en 1959 par le Général de Gaulle.

     

    Robert Amadou (1924-2006) : Franc-maçon du Rite Memphis-Misraïm (initié en juin 1943 par Robert Ambelain). Maître écossais à la Grande Loge Nationale Française Opéra (mars 1966).

     

    Robert Ambelain pseudonyme Aurifer (1907-1997) : Franc-maçon. Homme de lettres. Historien. Il fut Grand maître mondial de la Grande Loge de Memphis-Misraïm.

     

    Etienne Antonelli : Professeur d’économie politique à la Faculté de Droit de Lyon. Economiste. Député SFIO de la Savoie de 1924 à 1932. Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF en 1933-1936.

     

    Paul Anxionnaz (1902-1997) : Polytechnicien. Il entre en maçonnerie en 1926, à la loge «Liberté ». Membre du Parti Radical. Pendant la guerre, il se rallie à de Gaulle et rejoint les Forces Françaises Libres. En 1944, il est membre de l’Assemblée consultative provisoire, antigaulliste. Elu député de la Marne en 1946. Radical mendésiste. Il accède aux ateliers supérieurs, il est admis au chapitre « L’Avenir » en 1964, au Conseil Philosophique de « L’Etoile Polaire » en 1967, et au Grand Collège des Rites en 1972. Elu au Conseil de l’Ordre du GODF en 1962, il en devient Grand Maître en 1964. Puis il est à nouveau Grand Maître de 1966 à 1969. En 1964, l’obédience regroupe 450 loges.

    Il dirige le Grand Orient au moment des événements de 1968 qui provoquent un vif émoi dans les loges. L’obédience prend position en faveur des étudiants et des grévistes et couvre Paris d’affiches. Un groupe de jeunes maçons d’extrême gauche s’installe rue Cadet, forme un comité de vigilance révolutionnaire et n’accepte de se retirer qu’après négociations. Le Grand Orient fait parvenir des vivres et des médicaments aux étudiants retranchés dans la Sorbonne. En 1969, les loges décident de répondre aux aspirations de la jeunesse, et s’intéressent à la sexualité et à la loi du silence.

     

    Emmanuel d’Astier de La Vigerie (1900-1969) : Issu d’une famille anoblie en 1929, sous la Restauration. Ses années de lycée seront marquées par son adhésion à l’Action française. Ecrivain et politique. Résistant, il fonde le mouvement de résistance Libération-Sud et le journal Libération. Il devient, en novembre 1943 et jusqu’en septembre 1944, commissaire à l’Intérieur de la France libre. Après-guerre, il sera l’un des compagnons de route du PCF, puis gaulliste de gauche.

     

    Raoul Aubaud (1881-1966) : Député radical de l’Oise de 1928 à 1940. Secrétaire général du Parti radical-socialiste en 1934. Le 10 juillet, il vote en faveur du projet de loi constitutionnel accordant les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF en 1930-1933.

     

    Julien Aubart Obarjansky (1921-1977) : Julien est déporté en 1943 à Auschwitz. Il sera du nombre des survivants de ce camp d’extermination.

     

    Lucie Aubrac, de son vrai nom Lucie Samuel, née Bernard (1912-2007) : Résistante. Epouse de Raymond Aubrac.

     

    Raymond Aubrac, de son vrai nom Raymond Samuel (1914-2012) : Fils de commerçants juifs aisés. Résistant. Ingénieur civil des ponts-et-Chaussées. Il participe, dans la région lyonnaise, à la création du mouvement Libération-Sud, plus tard intégré dans les Mouvements unis de la Résistances (MUR), dont le bras armé fut l’Armée secrète : Aubrac y secondera le général Delestraint.

     

    Gabriel Auphan (1894-1982) : Officier de marine, contre-amiral. Il fut secrétaire d’Etat à la Marine du gouvernement de Vichy. Il défendit la thèse du double-jeu de Vichy, restant loyal à la mémoire du maréchal Pétain.

     

    Jules Vincent Auriol (1884-1966) : Avocat. Ministre socialiste des Finances, de 1936 à 1937, dans le cabinet du Front populaire dirigé par Léon Blum, puis garde des Sceaux de 1937 à 1938, dans le troisième et quatrième, cabinet de Camille Chautemps. Il est l’un des 80 parlementaires à refuser de voter les pleins pouvoirs au maréchal Pétain, le 10 juillet 1940. Président de la République sous la IV° République.

     

    B

     

    Charles Barlet, ou François Charles Barlet, nom de plume d’Albert Faucheux (1838-1921) : Occultiste. Directeur de l’Enregistrement. Un des premiers membres de la branche française de la Société Théosophique.

     

    Joseph Barthélemy (1874-1945) : Juriste. Ministre de la justice sous le régime de Vichy. Docteur en droit en 1900, puis agrégé en 1906. Député du Gers en 1919. Ennemi du Front populaire, et opposé au soutien de la France aux républicains espagnols. Il justifie la cession des Sudètes à l’Allemagne nazie en 1938. Il rallie le régime de Vichy dès août 1940, et il est ministre de la justice du 27 janvier 1941 au 26 mars 1943. Signataire de la loi sur le statut des juifs du 2 juin 1941.

     

    Paul Louis Arthur Baudouin (1894-1964) : Inspecteur des Finances. Ministre des Affaires étrangères du 17 juin au 26 octobre 1940 dans le gouvernement Philippe Pétain, puis dans celui de Laval. Il signe la loi en date du 3 octobre 1940 portant statut des juifs aux côtés de Philippe Pétain, Pierre Laval, Raphaël Alibert, Marcel Peyrouton, Charles Huntziger, Yves Bouthillier et François Darlan.

     

    Jean Baylot (1897-1976) : Carrière administrative dans la poste, puis préfet. Franc-maçon. Il reçoit entre 1921 et 1923 les trois degrés maçonniques dans la loge parisienne « La Fraternité des Peuples » et s’affilie en 1929 aux « Amis de l’Humanité ». A partir du printemps 1941, il devient l’un des principaux animateurs de la résistance maçonnique. Ecrivain, partisan de l’Algérie française, rallié au général de Gaulle, Baylot fait campagne pour le oui au référendum de 1958. Durant ces années, Baylot est réélu deux fois au Conseil de l’Ordre. Il est également cofondateur des loges « Rectitude » (Marseille) et « Europe Unie » (Paris). En 1958, il rompt avec le Grand Orient et rejoint la Grande Loge Nationale Française, dite « Bineau ». Il cofonde plusieurs ateliers, dont la loge de recherches n° 81 Villars de Honnecourt (1966). Auteur de La voie substituée (1968), ouvrage sur l’évolution du Grand Orient de France au XIX° siècle. Préfet de police de Paris de 1951 à 1954, c’est sous sa responsabilité que la police réprime violemment une manifestation d’Algériens, le 14 juillet 1953, où sept manifestants sont tués.

     

    René Belin (1898-1977) : Syndicaliste. Syndicaliste CGT, élu e,n 1933 au Bureau confédéral, il anime une tendance très anticommuniste autour de l’hebdomadaire Syndicats. En 1940, il choisit la voie de la Révolution nationale et devient ministre du travail de Pétain du 14 juillet 1940 au 18 avril  1942. Il signe la loi du 3 octobre 1940 portant statut des juifs. Il est le principal rédacteur de la Charte du travail, un corporatisme à la française qui doit unir patrons et salariés.

     

    Jean Bergeret (1895-1953) : Général. Secrétaire de l’Air dans le gouvernement de Vichy du 6 septembre 1940 au 19 avril 1942. Le 24 décembre 1942, après l’Opération Torch, il se rallie au général Henri Giraud et la France libre.

     

    William Bertrand (1881-1961) : Avocat. Député radical de Charente-Inférieure de 1914 à 1919 et de 1924 à 1939. Plusieurs fois ministre. Le 10 juillet 1940, il vote les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF.

     

    Georges Augustin Bidault (1899-1983) : Résistant. Issu d’une famille de propriétaires ruraux fortement attachés au catholicisme. Professeur d’histoire. Résistant dans le réseau Combat à Lyon. Membre du Conseil National de la Résistance (CNR) au 27 mai 1943. Un des fondateurs du MRP pendant la IV° République. Il mène une politique anticommuniste. Partisan de l’Algérie française, membre de l’Organisation de l’armée secrète.

     

    Jean Baptiste Bidegain (1870-1926) : Personnalité du Grand Orient de France impliquée dans l’affaire des fiches. Il devint par la suite militant et essayiste anti maçon. Il se suicida en 1926. Initié en 1893 à la loge Le Travail et Vrais Amis Fidèles de la Grande Loge symbolique écossaise. Il est accueilli au Grand Orient de France par le docteur Blatin président de l’obédience en 1894, et en devient secrétaire rue Cadet. Il fonde en 1902 la très républicaine Revue du XX° siècle, et avec le collectiviste Lucien Deslinières, la loge L’Action Socialiste. Initié au 18° grade, et secrétaire adjoint de l’Ordre. En 1904, sous le sigle « G.T. », il contacte le député nationaliste Jean Guyot de Villeneuve, « écœuré de l’usage que l’on faisait des fiches, voulant, dans un but patriotique, quitter la franc-maçonnerie en criant tout haut la vérité ». Le but est de faire tomber Combes. Pour Bidegain, le GODF refusera toujours d’intégrer des ouvriers, qui selon les directives de l’Ordre, ne doivent être initiés qur très exceptionnellement afin de na pas nuire à sa puissance financière. Il a écrit : Le Grand-Orient de France. Sa Doctrine et ses Actes, 1905, Librairie antisémite. .

     

    Jacques Bingen (1908-1944) : Ingénieur. Figure éminente de la Résistance française, membre de la France libre dès 1940 puis délégué du général de Gaulle auprès de la Résistance intérieure française, du 16 août 1943 à son arrestation par la Gestapo, le 12 mai 1944. Il se suicida pour ne pas parler, et son corps n’a jamais été retrouvé. Il est le beau-frère d’André Citroën.

     

    André Léon Blum (1872-1950) : Issu de la grande bourgeoisie. Un des dirigeants de la SFIO, parti socialiste.

     

    Jean Boissel (1891-1951) : Sergent en 1914, aviateur, mutilé à 100 %. Architecte, journaliste et militant d’extrême droite. Directeur et fondateur de l’hebdomadaire collaborationniste parisien Le Réveil du peuple en 1943. En 1934, il crée une légion frontiste dénommée Front franc (Racisme International Fascisme) se voulant « antimaçonnique, antiparlementaire et antijudéométèque ». En 1936, il fonde la Ligue mondiale antijuive. C’est « Neuneuil » dans D’un château l’autre de Céline.

     

    Emile Bollaert (1890-1978) : Carrière préfectorale de 1919 à 1940. En septembre 1940, ayant refusé de prêter serment au maréchal Pétain, il est relevé de ses fonctions. Il entre dans la Résistance en 1941. Le général de Gaulle, par décret du 1° septembre 1943, le nomme délégué général du Comité français de la Libération nationale auprès du Conseil national de la Résistance, pour remplacer Jean Moulin.

     

    Claude Bouchinet-Serreulles (1912-2000) : Résistant et diplomate. Il embarque sur le Massilia à destination du Maroc. Il s’engage le 23 juillet 1940 dans les Forces françaises libres. Adjoint de Jean Moulin en 1943.

     

    Berthe Bouchet, née Boulanger (1896-1945) : Initiée en 1930 à la Loge n° 36 « Paix-Humanité » du droit Humain, à l’Orient de Nancy. Première femme de la loge à être vénérable en 1937. Arrêtée le 20 mai 1943 par la Gestapo pour fait de propagande et de résistance, elle est déportée à Ravensbrück et gazée au printemps de 1945.

     

    Claude Bourdet alias Lorrain dans la résistance (1909-1996) : Déporté, écrivain, journaliste, polémiste. Militant politique de l’UGS puis du PSU. Il participe à la fondation de Combat avec Henri Frenay, dont il sera membre du comité directeur puis représentant en 1943, lors du départ de Frenay à Londres puis à Alger. Il est l’un des fondateurs du parti socialiste unifié (PSU) en avril 1960. Membre du Conseil National de la Résistance (CNR) au 27 mai 1943.

     

     

    René Bousquet (1909-1993) : Haut fonctionnaire. A exercé, sous le gouvernement de Pierre Laval, les fonctions administratives de Secrétaire général à la police du régime de Vichy du 18 avril 1942 au 31 décembre 1943, et à ce titre, fut l’organisateur de la Rafle du Vel d’Hiv. En septembre 1941, préfet régional dans la Marne, il se distingue en maintenant en fonction les élus radicaux et francs-maçons. A-t-il été lui-même franc-maçon ? Voir la lettre de Georges Marcou, Grand Maître de la Grande Loge de France du 21 octobre 1977, adressée à Bousquet : « Permettez-moi, cher Monsieur, de vous saluer comme un ami parce qu’en fait, je pense que vous pourriez être mon frère. ».

    Max Lagarrigue, dans 99 questions…La France durant l’Occupation, explique : « Ce haut-fonctionnaire applique méthodiquement la politique vichyste, à quelques exceptions près toutefois. En effet, Bousquet laisse en place des élus radicaux et surtout francs-maçons dont les maires de Vitry et de Reims. Ce dernier, Paul Marchandeau, n’est autre que l’auteur du décret-loi d’avril 1939, interdisant les propos antisémites – attitude qui laisse à penser que Bousquet a été initié à la franc-maçonnerie lorsqu’il exerçait à la préfecture de Montauban. ». Bousquet est assassiné de cinq balles le 8 juin 1993.

     

    Aristide Briand (1862-1932) : Diplomate, onze fois Président du Conseil et vingt trois fois ministre. Député socialiste de Saint-Etienne en 1902.

     

    Jean Bricaud (ou Joanny Bricaud) (1881-1934) : Occultiste. Franc-maçon (irrégulier) du rite Memphis Misraïm.

     

    Fernand de Brinon (1885- exécuté le 15 avril 1947 au fort de Montrouge, près de Paris) : Issu de la noblesse de robe. Avocat, journaliste. Agent de la collaboration avec les Allemands pendant la Seconde guerre mondiale. Traître à la Nation et espion au service de l’Occupant. Il a épousé au début des années 1930, Jeanne Louise Rachel Franck, juive et divorcée, connue sous le nom de Lisette de Brinon (1896-1982).

     

    Pierre Brossolette (1903-1944) : Initié franc-maçon, en 1927, par la Loge « Emile Zola » de Paris, avant de s’affilier à l’ « Aurore Sociale » de Troyes. Résistant, arrêté en 1944, il se suicida le 22 mars, respectant jusqu’à la mort la loi du silence. Adhère à la Section française de l’internationale ouvrière (SFIO) en 1929. Il est également membre de la Ligue des droits de l’homme et de la Ligue internationale contre l’antisémitisme.

     

    Antoine Frédéric Brunet (1868-1932) : Député républicain-socialiste du département de la Seine de 1914 à 1919 et de 1924 à 1932. Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF.

     

    Marcel Bucard (1895-1946) : Membre du Faisceau de Georges Valois, premier parti à se revendiquer ouvertement du fascisme, dès 1925. Il fonde en 1933 le mouvement fasciste, s’inspirant du fascisme italien et participe aux émeutes du 6 février 1934. En 1941, il se range du côté de la Collaboration et reforme son mouvement sous le nom de parti Franciste. Il est cofondateur de la Légion des volontaires français contre le bolchevisme (LVF°. Il est condamné à mort le 21 février 1946, et fusillé le 19 mars dans les fossés du fort de Châtillon.

     

    C

     

    Marcel Cachin (1869-1958) : Directeur de l’Humanité en 1918. Membre du Comité directeur du Parti Communiste Français. Initié franc-maçon à la Loge « La Concorde castillonnaise » en 1889, démissionna en 1901.

     

    Julien Maurice Cain (1887-1974) : Haut fonctionnaire. Administrateur général de la Bibliothèque nationale. Il s’embarque sur le Massilia le 21 juin 1940. Déporté Buchenwald.

     

    Léo Campion (1905-1992) : Chansonnier-humoriste et haut dignitaire de la franc-maçonnerie, qu’il fréquenta pendant plus de 60 ans. C’est le 7 avril 1930 que Léo sera initié à l’atelier bruxellois des « Amis Philanthropes », du Gand Orient de Belgique. Il gravira successivement tous les degrés jusqu’au 33° et siègera au Consistoire d’Ile-de-France. Auteur de « Le drapeau noir, l’équerre et le compas ».

     

    Antoine Capgras (1876-1964) : Enseignant et directeur d’école. Député SFIO de Tarn-et-Garonne de 1924 à 1932. Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF en 1926-1929. En 1934, il devient secrétaire général du nouveau parti « néo-socialiste », l’Union Socialiste et Républicaine. Pris en otage par la Gestapo, il est libéré en 1944.

     

    Jean Cassou (1897-1986) : Résistant, écrivain, critique d’art, traducteur et poète. En 1936, il participe au cabinet de Jean Zay, ministre de l’Education nationale et des Beaux-arts du Front populaire. Il est alors favorable à l’aide à la République espagnole, se rapproche du Parti communiste, avec lequel il rompt en 1939, lors du pacte germano-soviétique.

     

    Georges Catroux (1877-1969) : Général d’armée. Ministre de la IV° République. Ambassadeur. Il rejoint de Gaulle.

     

    Jean Cavaillès (1903- fusillé le 17 février 1944 à Arras) : Philosophe, logicien et mathématicien. Héros de la Résistance. Cofondateur du réseau Libération-Sud, il rejoint le réseau Libération-Nord.

     

    Pierre Caziot (1876-1953) : Ingénieur agronome. Ministre du gouvernement de Vichy, il a signé la loi portant statut des juifs du 3 octobre 1940 et la loi antisémite du 2 juin 1941.

     

    Louis Ferdinand Céline, né Louis Ferdinand Destouches (1894-1961) : Médecin et écrivain. Auteur de pamphlets antisémites. Auteur notamment de Bagatelles pour un massacre (1937), L’Ecole des cadavres (1938), et Les Beaux-Draps (1941),

     

    Robert Chambeiron (1915-) : Résistant français, compagnon de Jean Moulin. Secrétaire général adjoint du CNR. Membre du Conseil National de la Résistance (CNR) au 27 mai 1943.

     

    Jean Jacques Chapou (1909-1944) : Franc-maçon. Jeune instituteur, qui a été démis de ses fonctions parce qu’il est franc-maçon. Il a pris « Kléber » comme nom de guerre en Corrèze, et « Philippe » dans le Lot. Chef des MUR du lot, il déplore le peu d’activité de la résistance avant le débarquement et rejoint les FTP en mars 1944. Il libère Carjac avec son groupe de résistants, le 10 avril 1944. Il libère Tulle le 7 juin 1944, aux côtés de Marcel Godefroy, plombier de trente ans, militant communiste et ancien de la guerre d’Espagne. Chapou meurt le 16 juillet 1944 près de Bourganeuf (Creuse). Pris dans une embuscade, blessé, il vide son chargeur avant de se donner la mort.

     

    Camille Charvet, née Kahn (1881-1944) : Membre, durant l’entre-deux-guerres, de la Ligue des Droits de l’Homme, du Groupe socialiste féminin, de l’Union rationaliste et de la Libre Pensée, et de la Ligue internationale contre l’antisémitisme et le racisme. Initiée, dans les années 1920, à la fédération du droit Humain. Résistante très active dès le début de la Seconde Guerre mondiale, c’est le 25 janvier 1943 qu’elle est arrêtée par la Gestapo. Torturée, elle est expédiée au camp de Drancy, puis à Auschwitz, le 2 juillet 1944. Servant alors comme infirmière dans un bloc affecté aux malades, elle meurt quelques semaines seulement avant la Libération.

     

    François Chasseigne (1902-1977) : Journaliste. Député de l’Indre en 1932, maire d’Issoudun et membre du gouvernement de Vichy. On dit de lui qu’il est un « ancien communiste passé à la SFIO ». Il vote les pleins pouvoirs pour le maréchal le 10 juillet 1940 à Vichy. Il fréquente Lafont, le chef tortionnaire de la Gestapo française. Pacifiste, il est membre de la Milice. Ami de la LICA (ancienne LICRA) en 1936, il est aux « Amis de la Waffen SS » en 1944.

     

    Camille Chautemps (1885-1963) : Il est initié le 8 décembre 1906 aux « Démophiles » du Grand Orient, à Tours. Il est reçu compagnon et maître le 25 juillet 1908, et est élu vénérable le 26 novembre 1910, à 25 ans. Il est réélu l’année suivante. Il retrouve dans sa loge le député René Besnard, conseiller de l’Ordre en 1906. Il s’affilie aux « Enfants de Rabelais », en 1925, et accède au 18°, en 1919, puis au 30°, en 1925, du Rite Ecossais, au chapitre, puis à l’aréopage des « Démophiles ».

    Selon la fiche établie par Vichy, il se serait affilié, en 1931, à la loge « La République » (Grande Loge de France) qui réunit plusieurs parlementaires. L’affaire Stavisky le contraint à abandonner la présidence du Conseil, car des membres de sa famille sont compromis, ainsi qu’un membre des « Démophiles », Louis Proust, aussitôt radié par le Grand Orient. La maçonnerie est mise en cause au congrès radical de Clermont ? Chautemps en prend la défense, lui attribuant le mérite d’avoir formé son intelligence et son caractère. L’extrême-droite le présente comme l’instrument de la maçonnerie, lui attribuant suite d’une erreur de l’abbé Tourmentin, le grade de Souverain Prince Rose-Croix (32° du Rite Ecossais).

    En 1938, la loge « L’Unité Maçonnique » le met, ainsi que Jean Zay, en accusation en tant que membre du gouvernement Daladier, pour ne pas avoir secouru les républicains espagnols et avoir laissé les nazis s’emparer de l’Autriche, puis dépecer la Tchécoslovaquie. Chautemps écrit à Groussier, le président du Conseil de l’Ordre, pour s’indigner que les maçons les plus anciens et les plus « courageusement fidèles » soient ainsi attaqués, alors que ceux qui ont appartenu aux gouvernements d’Union Nationale (dirigés par et pour le profit de la réaction) ont été épargnés. Groussier lui répond que le Conseil de l’Ordre a voté un passage à l’ordre du jour et infligé un blâme sévère à l’ « Unité Maçonnique ».

    Chautemps est ministre d’Etat, vice-président du Conseil, dans le cabinet Pétain, en 1940. A Vichy, Paul Ramadier, qui s’était, en 1934, porté garant de l’intégrité de Chautemps auprès de Grousset, l’aborde : « Et la maçonnerie, qu’allez-vous en faire ? ». Il répond : « Elle sera dissoute. D’ailleurs, peu m’importe. Je lui ai donné plus qu’elle m’a apporté ». Selon les Cahiers secrets de l’armistice, publiés par Chautemps après la guerre, le maréchal lui aurait conseillé de quitter la maçonnerie avant sa dissolution ; Chautemps aurait refusé et obtenu la promesse verbale qu’aucune sanction ne serait prise contre les maçons fonctionnaires. Après la publication du décret prononçant sa dissolution, le 14 août 1940, il aurait conseillé aux frères de se soumettre pour ne pas déclencher de nouvelles querelles entre Français en un tel moment. Il est envoyé par Pétain aux Etats-Unis, mais sa mission prend fin à la suite de la loi du 10 novembre 1941 qui interdit aux maçons toute participation aux fonctions publiques. Il se met alors au

     

    Pierre Chevallier (1909-1951) : Médecin. Il a participé à la Résistance. Maire d’Orléans. Député du Loiret. Il meurt assassiné par sa femme.

     

    Constant Chevillon : Il est désigné comme son successeur martiniste en septembre 1932 par Jean Bricaud. Il sera arrêté, puis assassiné par la Gestapo, selon des modalités qui restent énigmatique, en 1944, au domicile de l’épouse de Jean Bricaud.

     

    Eugène Claudius-Petit (1907-1989) : Résistant. Fils de cheminot. Catholique pratiquant. En 1942, il appartient au comité de direction de Franc-tireur. En 1943, il fut un des membres fondateurs du CNR, où il représente les MUR (Mouvements unis de la Résistance). Membre du Conseil National de la Résistance (CNR) au 27 mai 1943. De sa création en 1956 à 1977, il dirige la Sonacotra, Société nationale de construction pour les travailleurs, (Sonacotral, Société nationale de construction pour les travailleurs algériens jusqu’aux accords d’Evian en 1962), principal gestionnaire de foyers de travailleurs migrants en France.

     

    Augustin Denis Marie Cochin (1876-1916) : Historien et sociologue. Issu d’une famille bourgeoise anoblie au XVIII° siècle. Catholique et légitimiste. Pour lui, la Révolution française serait un coup d’Etat organisé à partir de sociétés de pensée qui auraient prévu et organisé leur prise de pouvoir et non un mouvement populaire spontané. L’expression « théorie du complot » est apparue en réaction à la parution de ses théories. Ses livres désignent la franc-maçonnerie comme une des instigatrices de la révolution française, avec d’autres « sociétés de pensées » (salons philosophiques, clubs politiques, loges maçonniques, plus tard partis idéologiques).

     

    Louis Colson (1875-1951) : Général. Polytechnicien. Membre du gouvernement de Vichy.

     

    Pascal Copeau (1908-1982) : Journaliste. Fils de l’homme de théâtre Jacques Copeau. Il intègre tôt la Résistance, devenant chef de Libération-Sud, membre de l’exécutif des Mouvements unis de la résistance (MUR) et l’un des fondateurs du Conseil national de la résistance. Membre du Conseil National de la Résistance (CNR) au 27 mai 1943.

     

    Roger Coquoin (dit Lenormand) (1897-1943) : Résistant, responsable du mouvement Ceux de la Libération. En 1929, il est chef du laboratoire de Chimie de l’Académie de Médecine. Membre du Conseil National de la Résistance (CNR) au 27 mai 1943.

     

    Raymond Corbin : Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF de 1929 à 1932.

     

    Daniel Bouyjou Cordier (1920-) : Issu d’une famille de négociants bordelais, royalistes maurrassiens. Au début de la guerre, il est fascisant, antisémite, antisocialiste, anticommuniste, antidémocrate et ultranationaliste. Ancien Camelot du roi, engagé dans la France libre dès juin 1940, puis marchand d’art, critique, collectionneur et organisateur d’expositions et historien. Secrétaire de Jean moulin en 1942-1943.

     

    Georges Corneau : Franc-maçon. Douze ans Conseiller de l’Ordre GODF. Propriétaire-directeur du journal du Petit Ardennais.

     

    Johannis Corneloup (1888-1978) : Reçu maçon à Paris le 10 décembre 1908 à la loge « Les Etudiants ». Le 14 avril 1919, Corneloup reçoit les grades de compagnon et de maître et devient secrétaire de sa loge. Il est élu vénérable dix ans plus tard. Il reçoit entre-temps le 18° en juillet 1923, le 30° en juin 1928, puis le 31°, 32°, et 33° de 1932 à 1938.

     

    Pierre Dominique Costantini ou commandant Costantini (1889-1986) : Militaire, journaliste, écrivain et collaborateur. En 1940, il fonde la Ligue française d’épuration, d’entraide et de collaboration européenne, mouvement collaborationniste. Le 8 juillet 1941, il cofonde avec Jean Boissel, Marcel Déat, Pierre Clémenti et Eugène Deloncle la Légion des volontaires français contre le bolchevisme (LVF). Les membres de la LVF prêtèrent serment de fidélité personnelle à Adolf Hitler, en 1943, lors d’un meeting qui se tint au Vel d’Hiv. En 1943, il fonde l’Union des journalistes anti-maçons.

     

    Paul Custaud (1890-1975) : Assureur à Toulon. Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF en 1935-1938. Membre du Parti Socialiste de France. Il adhère à la SFIO en 1937. Il impulse la Résistance dès fin 1940, en animant les réunions clandestines de la loge toulonnaise de La Réunion. Il collabora à plusieurs réseaux de renseignement, et organisa l’Armée secrète dans le Haut-Var. Il fut le seul maçon français à siéger ès qualité, comme représentant de la franc-maçonnerie en tant que telle, à un Comité Départemental de Libération, celui du Var.

     

    D

     

    André Isaac, dit Pierre Dac (1893-1975) : Humoriste et comédien français. Il fut, pendant la Seconde Guerre mondiale une figure de la résistance contre l’occupation de la France par l’Allemagne nazie. A la Libération, il rentre à Paris où il est reçu apprenti à la Loge « Les Compagnons ardents » de la Grande Loge de France », le 18 mars 1946. Il en restera membre jusqu’en 1952.

     

    Edouard Daladier (1884-1970) : Figure du parti radical. Professeur d’histoire. L’homme de Munich.

     

    Marius Dalloni : Professeur de géologie à la faculté des sciences d’Alger. Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF. Il contribua, avec Jean Cazemajou, autre conseiller de l’Ordre GODF, ingénieur-conseil à Rabat, à créer en novembre 1942, en Afrique du Nord, un Conseil provisoire maçonnique en liaison avec une soixantaine de loges françaises à l’étranger et dans la partie de l’Empire libérée de la tutelle de Vichy, ainsi qu’à obtenir du gouvernement d’Alger la disparition des lois antimaçonniques de Vichy.

     

    Jean Louis Xavier François Darlan (1881-1942) : Amiral. Ministre de la Marine du premier gouvernement du maréchal Pétain puis, en février 1941, chef du gouvernement de Vichy. Il est assassiné le 24 décembre 1942. Fils de Jean-Baptiste Darlan (1848-1912), député républicain progressiste, en faveur de Dreyfus, qui avait été Garde des Sceaux dans le gouvernement de Jules Méline, il a grandi en milieu républicain et franc-maçon. Agnostique  et plutôt radical-socialiste, Darlan est attaché aux valeurs de laïcité (mais n’est pas hostile à l’Eglise), de petite propriété, de patriotisme et de morale. Chef du gouvernement, il cède beaucoup aux Allemands, mais obtient peu en contrepartie.

     

    Aimé Joseph Darnand (1897- mort fusillé au fort de Châtillon, à Fontenay-aux-Roses, le 10 octobre 1945) : Issu d’une famille modeste de l’Ain (père cheminot). Militaire. Une figure majeure de la collaboration française. Ancien combattant de la Grande Guerre et de 1939-1940, militant d’extrême droite dans l’entre-deux-guerres, il est un soutien actif et précoce du maréchal Pétain et du régime de Vichy. Militant de l’Action française de 1925 à 1928, puis Croix-de-feu, et à partir de 1936, au Parti populaire français (PPF). Responsable de « La Cagoule » à Nice. Membre honoraire de la SS en 1943. Fondateur et dirigeant de la Milice française. Selon Darnand, « la démocratie, c’est l’antichambre du bolchevisme ». Le serment de la Milice mentionne entre autres le combat contre « la lèpre juive ». Le mouvement se veut à la fois antisémite, anticommuniste, anticapitaliste et révolutionnaire.

     

    Louis Darquier, plus connu sous son nom d’emprunt Louis Darquier de Pellepoix (1897-1980) : Journaliste, militant antisémite, militant d’extrême droite. Issu d’une famille de notables. Il est commissaire général aux questions juives dans le régime de Vichy à partir de mai 1942.

     

    Marcel Déat (1894-1955) : Normalien, journaliste et intellectuel. Socialiste, puis néo-socialiste et collaborationniste. Député SFIO de 1926 à 1928 et de 1932 à 1936. Il participe à la création le 5 novembre 1933 du Parti socialiste de France-Union Jean Jaurès (PSdF), séduit par les modèles fascistes. Il clame qu’il ne veut pas « mourir pour Dantzig ». En 1941, il devient le fondateur du Rassemblement national populaire (RNP), parti collaborationniste, qui se déclare socialiste et européen. Il termine sa carrière politique en 1944, comme ministre du Travail et de la Solidarité nationale dans le gouvernement de Vichy, et s’enfuit à Sigmaringen avec le dernier carré des ultra-collaborationnistes, puis en Italie. Certains ultras le taxèrent de Franc-maçon, alors qu’il n’a jamais été initié. . Le RNP est dénoncé comme repaire de « faux-déclarants », de « maçons sans tabliers », de non-initiés qui suivent les directives maçonniques, possèdent l’esprit maçonnique, ont fait des conférences en loges.

     

    Jacques Debü-Bridel (1902-1993) : D’abord proche de Charles Maurras et de l’Action française, il devient membre du mouvement Le Faisceau et se joindra à la Fédération républicaine de Louis Marin. Résistant. Militant antinazi dès 1935, il entre en résistance dès octobre 1940, à l’Organisation Civile et Militaire et au NAP (Noyautage de l’Administration Publique). Membre du Conseil National de la Résistance (CNR) au 27 mai 1943. Un des leaders du gaullisme de gauche (Union démocratique du travail).

     

    Philippe Dechartre, de son vrai nom Jean Duprat-Geneau (1919-) : Résistant. Un des responsables du courant gaulliste de gauche.

     

    Théophile Pierre Delcassé (1852-1923) : Issu d’une famille de la petite-bourgeoisie rentière. De conviction anticléricale, il est initié à la franc-maçonnerie au mois de janvier 1886, dans la loge de « La fraternité latine » de Foix. Il est l’un des artisans du rapprochement de la France et de la Grande-Bretagne qui aboutit à la signature de l’Entente cordiale. Elu député en 1889, réélu pendant trente ans jusqu’en 1919. Lié au parti colonial, il siège au centre. Ministre des Colonies, puis des Affaires étrangères.

     

    Antoine Octave Eugène Deloncle (1890-assassiné le 7 janvier 1944) : Cofondateur de « La Cagoule » en 1935. Polytechnicien. Ingénieur du Génie maritime. Il adhère d’abord à l’Action française, puis fonde en 1935, avec Jean Filliol, l’Organisation secrète d’action révolutionnaire nationale (OSARN), connue de la police sous le nom de Comité secret d’action révolutionnaire (CSAR) et surnommé par la presse « La Cagoule ». Fin 1940, il crée le Mouvement social révolutionnaire pour la Révolution nationale (MSR), soutenant le maréchal Pétain, puis se rapproche de Marcel Déat, avec le Rassemblement national populaire.

     

    René Dommange (1888-1977) : Avocat. Editeur musical. Député conservateur. En décembre 1935, il dépose un amendement hostile à la franc-maçonnerie lors du débat sur les ligues, voté par 91 parlementaires de droite. Décoré de la francisque. Membre de la Milice française (carte n° 20780).

     

    Jacques Duclos (1896-1975) : Dirigeant du Parti Communiste Français. [Il convient de rechercher la date d’initiation et la loge d’affiliation de Duclos]

     

    Pierre Dumas (1891-1967) : Résistant toulousain, journaliste, écrivain. Il a été député (MRP) de la Haute-Garonne du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946.

     

    E

     

    Karl Epting (1905-1979) : Représentant de la culture allemande dans le Pris des années 30 et 40, ainsi que collaborateur fidèle de l’ambassadeur d’Allemagne à paris, Otto Abetz.

     

    Matthias Erzberger (1875-1921) : Journaliste. Membre du Zentrum (aile gauche du parti). Il est assassiné le 26 août 1921 par des nationalistes appartenant à l’Organisation Consul.

     

    F

     

    Jean André Faucher, connu comme écrivain sous les pseudonymes d’Asmodée et Le Cousin Jean (1921-1999) : Franc-maçon. Militant nationaliste et vichyste dans sa jeunesse, gauche radical-socialiste ensuite, dignitaire de la franc-maçonnerie. Collaborateur condamné à mort par contumace par la cour d’assise de la Haute-Vienne en 1944.

    A l’âge de 16 ans, Faucher s’engage au Parti populaire français (PDF) de Jacques Doriot. Il s’engage après la défaite dans la Légion française des combattants en Haute-Vienne, et devient conseiller ouvrier des Chantiers de jeunesse. Paul Marion le fait devenir délégué à la Propagande du maréchal Pétain. Il participe au journal collaborationniste Je suis partout, dans lequel il fait l’éloge de la Révolution nationale. Lors de l’épuration, Jean André Faucher est dénoncé comme étant un indicateur de la Gestapo, et la Cour de justice de Limoges le condamne (juin 1946) à l’indignité nationale, et à la peine de mort par contumace pour « crime de trahison en temps de guerre ». En 1951, il participe au journal La Sentinelle, prônant le « racisme scientifique ». Il soutient le mouvement de Pierre Poujade. Il soutient les partisans de l’Algérie française. Un tract de l’OAS distribué en 1964 brise la réputation de Faucher dans le milieu, l’accusant d’être un indicateur des Renseignements généraux, infiltré dans l’OAS pour dénoncer ses membres.

    Ayant rencontré Charles Hernu, il est initié à la franc-maçonnerie, comme membre de la Grande Loge de France (GLF) et adhère au Parti radical-socialiste. Il est fondateur du club Louise Michel (1962), et le secrétaire général de l’Atelier républicain (fondé en 1962), club exclusivement composé de maçons, qui incarnait l’aile gauche du Parti radical, et dont l’objectif était de « redéfinir un socialisme solidariste en face du socialisme de tradition marxiste ». Il soutient ensuite Mitterrand. Tout en créant l’association Les amis d’Edouard Drumont. Tout en publiant des articles dans des journaux d’extrême –droite, comme le Crapouillot, Minute, … il poursuit son ascension dans la franc-maçonnerie : en 1977, il est faut grand secrétaire de la Grande Loge de France

     

    Bernard Faÿ (1893-1978) : Universitaire, professeur au Collège de France, administrateur général de la Bibliothèque nationale sous le régime de Vichy et écrivain. Condamné à l’emprisonnement à perpétuité en 1945 pour collaboration avec l’occupant, il fut gracié en 1959 par le Président Coty. Il dénonce le complot judéo-maçonnique. Il joue un rôle très important dans la politique antimaçonnique de Vichy. Il est nommé chef du service des sociétés secrètes (SSS). Il publie pendant quatre ans une revue Les Documents maçonniques (dont le rédacteur en chef est le catholique traditionnaliste Robert Vallery-Radot). Il fait tourner un film, organise des conférences, une grande exposition au Petit-Palais en octobre-novembre 1941 et crée à Paris un musée permanent des sociétés secrètes. Il répertorie les anciens francs-maçons dans un fichier de près de 60000 noms, qui sert notamment à exclure les anciens maçons de la fonction publique.

     

    Eusebio Ferrari (1919-1942) : Résistant communiste. Le 25 août 1941, Ferrari fut l’un des auteurs de l’attentat contre l’Oasis, un café-dancing de la rue de Paris à Lille, où furent tués deux officiers allemands. Il fut abattu par la gendarmerie française à Anzin le 18 février 1942.

     

    Paul Fesch (1858-1910) : Abbé. Journaliste, essayiste et ecclésiastique catholique. A écrit une Bibliographie de la franc-maçonnerie et des sociétés secrètes.

     

    Louis Charles Olivier de Fremond de la Merveillère (1854-1940) : Officier. Activiste antimaçonnique. Partisan de l’<Action Française. Il fut directeur du Comité Anti-Maçonnique et Anti-juif de Loire-Atlantique.

     

    Louis Oscar Frossard, ou Ludovic Oscar Frossard (1889-1946) : Instituteur. Secrétaire général de la SFIO à partir de 1918, puis secrétaire général du jeune Parti Communiste Français, issu du Congrès de Tours. Il est hostile à la bolchevisation du parti et refuse la 22° condition de Moscou (le Komintern interdit l’appartenance à la franc-maçonnerie). Il démissionne le 1° janvier 1923. Il sera ministre dans sept gouvernements entre 1935 et 1940. Il vote pour donner les pleins pouvoirs à Pétain. Vichyste, il anime, en zone Sud, Le Mot d’ordre, où il vante les bienfaits de la révolution nationale. .

     

    G

     

    Maurice Gustave Gamelin (1872-1958) : Général. Il commanda l’armée française pendant la drôle de guerre de 1939-21940 et vit sa stratégie mise en déroute par les Allemands lors de la percée de Sedan. Pendant le régime de Vichy, il fut arrêté et interné en Allemagne.

     

    Eugène Gauthier : Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF. Il participa activement aux groupes clandestins maçonniques de résistance, l’Atelier de la Bastille (automne 1940), devenu Conseil Provisoire de la Maçonnerie Française (janvier 1941), puis Comité d’Action Maçonnique (printemps 1943), et au réseau Patriam Recuperare.

     

    Léon Gontier( ?-1944) : Militaire. Franc-maçon. Dernier vénérable de la loge Picardie avant la Seconde guerre mondiale. Conseiller de l’Ordre GODF. Co-fondateur du groupe de résistance Libération-Nord en 1941, organisateur de la résistance dans la Somme. Arrêté par la Gestapo le 13 janvier 1944. Déporté et mort à Neuengamme le 31 décembre 1944.

     

    Arthur Groussier (1863-1957) : Ingénieur. Syndicaliste. Franc-maçon. Initié en mai 1885 à « L’Emancipation », il s’affilie, en 1892, à la Loge « Bienfaisance et Progrès », à Paris. Il en devient le vénérable en 1896 et la préside presque sans interruption jusqu’en 1922. Elu au Conseil de l’Ordre en 1907. Auteur d’un Mémoire sur l’histoire de la franc-maçonnerie.

     

    Charles André Joseph Pierre Marie  de Gaulle (1890-1970) : Général, écrivain. Il est à la tête de la France de 1944 à 1946, puis de 1959 à 1969.

     

    Emile Goude (1870-1941) : Militant syndical. Député du Finistère de 1910 à 1936. Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF de 1924 à 1925.

     

    Bernard Guillemin, dit le Commandant Bernard : Chef de réseau Francs-Tireurs et Partisans (FTP) en 1942, de l’Auxois (Bourgogne).

     

    Georges Guingouin (1913-2005) : Instituteur. Jusqu’en 1952, militant du Parti Communiste Français, qui joua un rôle de premier plan dans la résistance française, à la tête des maquis de la montagne limousine (il fut surnommé « lo Grand » et le « Préfet du Maquis »).

     

    H

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