• La mission de la franc-maçonnerie en France au XXI° siècle. (Sixième partie)

    Chaque année, le 1° mai, les francs-maçons du Grand Orient de France rendent hommage aux martyrs de la Commune de Paris chemin des Acacias, au Mur des Fédérés, au cimetière du Père-Lachaise, notamment à ceux qui se sont engagés le 29 avril 1871, pour que l’idéal de Liberté, d’Egalité et de Fraternité soit autre chose qu’une devise inerte, inscrite sur le fronton des édifices publics.

    Cependant, tous les francs-maçons n’étaient pas « communards », ou ne soutenaient pas ce mouvement.

    Marc Vieillard a écrit dans Le Temple de Prométhée – Franc-maçonnerie et engagement politique : «  La commune de Paris laisse les obédiences profondément divisées. Si les loges parisiennes se sont massivement ralliées en 1871 à l’insurrection de la capitale, la province, elle, s’est affichée comme défenderesse patentée de l’ordre établi. La maçonnerie des notables soutient Thiers dans sa répression inique des Communards. (…) » Le préfet Babaud-Larivière, Grand Maître, « a promis à Thiers une franc-maçonnerie respectueuse des lois, quelles que soient ces lois et la nature du régime dont elles découlent. » (…) « Les dirigeants du Grand Orient restent de marbre devant le massacre des trente mille Parisiens assassinés par les troupes versaillaises, comme une grande partie des frères au demeurant. »

    La mission de la franc-maçonnerie en France au XXI° siècle. (Sixième partie)

     

    1. La Commune de Paris de 1871

     

    Chaque année, le 1° mai, les francs-maçons du Grand Orient de France rendent hommage aux martyrs de la Commune de Paris chemin des Acacias, au Mur des Fédérés, au cimetière du Père-Lachaise, notamment à ceux qui se sont engagés le 29 avril 1871, pour que l’idéal de Liberté, d’Egalité et de Fraternité soit autre chose qu’une devise inerte, inscrite sur le fronton des édifices publics.

    Cependant, tous les francs-maçons n’étaient pas « communards », ou ne soutenaient pas ce mouvement.

    Marc Vieillard a écrit dans Le Temple de Prométhée – Franc-maçonnerie et engagement politique : «  La commune de Paris laisse les obédiences profondément divisées. Si les loges parisiennes se sont massivement ralliées en 1871 à l’insurrection de la capitale, la province, elle, s’est affichée comme défenderesse patentée de l’ordre établi. La maçonnerie des notables soutient Thiers dans sa répression inique des Communards. (…) » Le préfet Babaud-Larivière, Grand Maître, « a promis à Thiers une franc-maçonnerie respectueuse des lois, quelles que soient ces lois et la nature du régime dont elles découlent. » (…) « Les dirigeants du Grand Orient restent de marbre devant le massacre des trente mille Parisiens assassinés par les troupes versaillaises, comme une grande partie des frères au demeurant. »

     

    LA MACONNERIE EN 1871 :

    En 1870, on compte environ 18000 francs-maçons au Grand Orient de France et 6000 au rite écossais.

    Il existe à l’époque deux obédiences maçonniques, le Grand Orient de France, qui regroupe un peu plus de 300 loges avec 15000 membres actifs environ, dont plus de 4000 à Paris, et le Suprême Conseil de France, qui réunit à peu près 5000 adhérents dont près de 2000 membres à Paris.

    Les francs-maçons des loges de Paris et de la banlieue furent très actifs au cours de la Commune. Environ le quart des élus de la Commune sont francs-maçons.

    Le 2 avril 1971, l’une des premières mesures est la séparation de l’Eglise et de l’Etat et la suppression du budget des cultes.

    Le frère Raoul Rigault se montre particulièrement actif dans la laïcisation des services publics, notamment des hôpitaux.

    Le frère Edouard Vaillant est le fondateur de l’école laïque, dont il jette les bases par son arrêté du 22 mai, instituant la gratuité, créant les premières écoles primaires de filles et les collèges professionnels.

    Les frères Adolphe Assi et Benoît Malon proposent des coopératives de production. La solidarité envers les plus démunis trouve tout son sens dans l’interdiction des expulsions pour loyers impayés et le décret du frère Jourde daté du 7 mai, permettant aux débiteurs de retirer du Mont de piété les objets de petite valeur, vêtements, meubles, outils de travail.

    Les exemples sont nombreux de mesures prises durant la Commune et qui seront abolies par l’ordre réactionnaire de Mac-Mahon. Certaines seront reprises des années plus tard par des maçons bourgeois, l’école laïque par le frère Jules Ferry ou la séparation de l’Eglise et de l’Etat par le frère Emile combes.

     

    Les frères parisiens des deux principales obédiences d’alors, le Grand Orient et le Suprême Conseil (d’où sera issue la Grande Loge de France en 1894) sont unis. Les frères Jules Vallès et Thirifocq par exemple, sont membres de loges du Suprême Conseil.

     

    LES TROIS COMPOSANTES DE LA FRANC-MACONNERIE :

    Depuis sa création au début du XVIII° siècle, la franc-maçonnerie a toujours représenté les composantes les plus aisées des sociétés au sein desquelles elle s’est développée.

    Dans la France de 1871, les ouvriers et les artisans sont, du moins à Paris, représentés dans les loges. C’est ce qui explique que l’on trouve de nombreux francs-maçons parmi les responsables de la Commune : ils y sont, en gros, un tiers. Les instances maçonniques dirigeantes – Conseils de l’Ordre – s’opposent par contre à la Commune et dénoncent la participation des frères. Il y a beaucoup de francs-maçons hostiles au mouvement communard et certains d’entre eux sont engagés dans les rangs versaillais.

    La Commune de Paris et la franc-maçonnerie partagent de nombreuses valeurs : la défense des principes républicains, la liberté politique et associative, la justice sociale, la laïcité, l’éducation, …

    Outre les Communards et le Versaillais, une troisième tendance comporte des francs –maçons qui vont jouer un rôle de médiateurs entre la Commune et les Versaillais. Les conciliateurs vont se heurter à l’intransigeance de Thiers, ce qui va conduire finalement les frères parisiens à s’engager massivement aux côtés des communards pour combattre Versailles. Ils le payeront de leur sang.

    D’une manière générale, les Conseils de l’Ordre, organes dirigeants des obédiences, sont très réticents à l’égard de la Commune et donnent aux frères des consignes de neutralité. Ces ordres ne seront pas suivis par la base.

    En mars 1871 commence la Commune de Paris, dans laquelle les francs-maçons de la capitale s'impliqueront fortement. Le Frère Thirifocq, militant socialiste, membre de la loge « le libre Examen » du Suprême conseil de France demande que les bannières maçonniques soient plantées sur les remparts et qu'elles soient « vengées » dans le cas où elles seraient trouées par les balles des Versaillais. De nombreux francs-maçons figurent parmi les révolutionnaires, dont Jules Vallès ou Élisée Reclus. Le 29 avril 1871 eut lieu une grande manifestation rassemblant devant les forces versaillaises plusieurs milliers de francs-maçons des deux obédiences derrière des dizaines de bannières. Cette manifestation fut suivie de l'entrevue entre les deux émissaires de la Commune (dont Thirifocq) et Adolphe Thiers, qui se solda par un échec puis par l'écrasement de la Commune par les Versaillais. Contrairement à celles de Paris, les loges de province ne soutinrent pas la Commune et, dès la fin de celle-ci, le Grand Orient désavoua officiellement l'action des loges parisiennes pour se rallier à Thiers et à la Troisième République dans laquelle il fut amené à jouer un rôle de premier plan.

     

    Les francs-maçons se rallient à la Commune :

    Le 21 avril, quand ils avaient demandé l’armistice, les francs-maçons s’étaient plaints de la loi municipale récemment votée par l’Assemblée.

    « Comment, leur avait répondu Thiers, mais c’est la plus libérale que nous ayons eue depuis 80 ans »

    « Pardon, et nos institutions communales de 1791 ? »

    « Ah ! Vous voulez revenir aux folies de nos pères ? »

    « Mais enfin, vous êtes donc résolu à sacrifier Paris ? »

    « Il y aura quelques maisons de trouées, quelques personnes de tuées, mais force restera à la loi. »

    Les francs-maçons avaient affiché dans Paris cette horrible réponse.

    Le 26 avril, les francs-maçons avaient envoyé des deux orients de Paris, une délégation des vénérables et des députés des loges, conduite par Gabriel Ranvier, adhérer à la révolution. Cette délégation a été reçue dans la cour d’honneur de l’Hôtel de Ville, par le frère Louis Thirifocq, de la loge Ecossaise La Justice n°133, qui déclare : « Si au début, les Francs-maçons n’ont pas voulu agir, c’est qu’ils tenaient à acquérir la preuve que Versailles ne voulait entendre aucune conciliation. Ils sont prêts, aujourd’hui, à planter leurs bannières sur les remparts. Si une seule balle les touche, les Francs-maçons marcheront d’un même élan vers l’ennemi commun. ». Il avait été convenu que le 29, ils iraient en cortège sur les remparts.

    Ils étaient là 6000, le 29 avril, à 9 heures, répondant à l’appel de 55 loges. Une loge féminine est tout particulièrement applaudie. Accueilli à l’Hôtel de Ville par le frère Félix Pyat, celui-ci déclare : « Frères, citoyens de la grande patrie, de la patrie universelle, fidèles à nos principes communs : Liberté, Egalité, Fraternité, et plus logiques que la Ligue des Droits de Paris, vous Francs-Maçons, vous faites suivre vos paroles de vos actions. Aujourd’hui, les mots sont peu, les actes sont tout. Aussi, après avoir affiché votre manifeste – le manifeste du cœur – sur les murailles de Paris, vous allez maintenant planter votre drapeau d’humanité sur les remparts de notre ville assiégée et bombardée. Vous allez protester ainsi contre les balles homicides et les boulets fratricides, au nom du droit et de la paix universelle ». Cette allocution est suivie d’applaudissements et de cris : « Vive la République ! Vive la Commune ! ».

    Les bannières maçonniques sont plantées depuis la porte Maillot jusqu’à la porte Bineau, sous les obus que les Versaillais tirent du Mont Valérien.

    Quelques jours après, un ballon, marqué des trois points symboliques, s’élève dans les airs, d’où il sème d’innombrables exemplaires du Manifeste maçonnique du Cinq Mai, appelant les frères de France et du monde entier à la lutte en faveur des communes de France fédérées avec celle de Paris.

    Contrairement à celles de Paris, les loges de province ne soutinrent pas la Commune et, dès la fin de celle-ci, le Grand Orient de France désavoue officiellement l’action des loges parisiennes pour se rallier à Thiers et à la troisième République.

    Au siège du Grand Orient de France, rue Cadet, transformé en hôpital pour blessés, s’alignent chaque jour un peu plus, des cercueils de communards sur lesquels sont posés leurs insignes maçonniques.

    Après le Commune, de nombreux communards entreront en maçonnerie, à leur retour en France, ou à l’étranger. Parmi eux, Maxime Vuillaume, Gaston Da Costa, Paschal Grousset, Camélinat, Jean Baptiste Clément, Augustin Avrial, Assi…

    Lors de chaque période cruciale de l’histoire de France, par exemple, la révolution de 1789, la Commune de 1871, la Résistance de 1940,…, la maçonnerie se scinde en deux ou trois parties :

    • Une première partie qui s’oppose à l’avancée de l’histoire et prend partie pour les classes rétrogrades et réactionnaires, la noblesse et le haut clergé en 1789, la grande bourgeoisie en 1871,…
    • Une seconde partie qui se range du côté de la classe montante résolument : la bourgeoisie triomphante en 1789, le prolétariat, en 1871,…
    • Une troisième partie se compose du « marais », et a tendance, au début du processus de changement de tenter de concilier les deux camps irrémédiablement opposés.

    Il est regrettable que la franc-maçonnerie, hier comme aujourd’hui, n’intègre que des personnes de la classe moyenne et fasse l’impasse sur les classes populaires. Il en est ainsi notamment des ouvriers, ainsi que des femmes du peuple qui ont joué un rôle essentiel dans l’instauration de la Commune de Paris, mise à l’écart justifiée par des arguments financiers, la cherté de la cotisation.

     

    FRANCS-MACONS FAVORABLES A LA COMMUNE :

    Jules Henri Marius Bergeret (1830-1905) :

    Charles Victor Beslay (1795-1878) :

    Louis-Auguste Blanqui (1805-1881) : Fondateur du journal Ni Dieu, ni maître, il est membre de plusieurs loges : les Amis de la Vérité, le Temple des Amis de l’Honneur Français et le Lien des Peuples.

    Karl Marx déclare dans La guerre civile en France (la commune de Paris), 1871 : « Le véritable meurtrier de l’archevêque Darboy, c’est Thiers. La Commune, à maintes reprises, avait offert d’échanger l’archevêque et tout un tas de prêtres pardessus le marché, contre le seul Blanqui, alors aux mains de Thiers. Thiers refusa obstinément. Il savait qu’avec Blanqui, il donnerait une tête à la Commune. »

    Jean-Baptiste Clément (1836-1903) : Initié à la Loge « Les Rénovateurs » en 1898. Membre de la loge des Rénovateurs. Le Temps des Cerises est considéré comme l’hymne de la Commune, que les communards sifflaient sur les barricades.

    Louis Gaston Isaac Crémieux (1836-1871) : Fusillais par les Versaillais pour sa participation à la Commune de Marseille. Ardent franc-maçon. C’est l’époque où des francs-maçons blanquistes et républicains (alors jugés d’extrême gauche) tentent d’entraîner leurs Frères dans la voie de la lutte révolutionnaire, au service des valeurs de la République, démocratique et sociale. Ceux des Amis choisis fondent le 11 février 1868 un comité central d’initiative des loges comprenant dix commissaires : Barne, Brochier, Carriol, Chappuis, Crémieux, Pleuc, Dhionnet, Massip, Rouvier et Adolphe Royannez, Ainsi qu’une caisse centrale de secours.

    Jaroslaw Dombrowski (1836-1871) :

    Emile Eudes (1843-1888) : Initié à la loge l’Ecossaise 133

    Gustave Flourens (1838-1871) : Initié le 12 juin 1866 à la loge l’Union d’Orient

    Henry Fortuné (1821-1882) : Il participe le 29 avril à la manifestation des Francs-maçons demandant une trêve.

    Guiseppe Garibaldi (1807-1882) : Garibaldi est Grand Maître de presque toutes les obédiences italiennes. Initié à la maçonnerie en 1844 dans la loge « Asilo de la Virtud », de Montevideo, Uruguay, il rejoint la loge du Grand Orient de France « Les amis de la patrie ».

    François Jourde (1843-1893) :

    Napoléon La Cécilia (1835-1878) :

    Adolphe Gustave Lefrançais (1826-1901) : Initié le 27 octobre 1863 à la loge l’Ecossaise 133 et affilié en 1866 à l’Union Parfaite de la Persévérance.

    Commune de Marseille : Elle dure quatorze jours, du 22 mars au 5 avril 1871. La Loge « La Réunion des Amis choisis » du Grand Orient, formée de républicains et de blanquistes, fonde, pour entraîner les autres loges, le 11 février 1868, un Comité central d’initiative des loges de dix membres : l’avocat Gaston Crémieux, Barne, Brochier, Chappuis, de Pleuc, Dhionnet, Massip, Rouvier et Adolphe Royannez. Parallèlement voient le jour l’Association phocéenne de l’Enseignement, de l’Instruction et de l’Education des deux sexes et la Caisse Centrale de Secours.

    Simon Mayer : Initié en 1867 à l’Union Parfaite de la Persévérance

    Benoît Malon (1841-1893) : Militant ouvrier, communard, journaliste, écrivain.

    Louise Michel (1830-1905) : Militante anarchiste, aux idées féministes et l’une des figures majeures de la Commune de Paris.

    Eugène Pottier (1816-1887) : Créateur de l’Internationale.

    Eugène Protot (1839-1921) : Initié le 3 mai 1866

    Félix Aimé Pyat (1810-1889) :

    Gabriel Ranvier (1828-1879) : Initié le 7 décembre 1863. Blanquiste. Peintre et décorateur sur porcelaine.

    Elie Reclus (Jean-Pierre Michel Reclus) (1827-1904):

    Elisée Reclus (Jean Jacques Elisée Reclus) (1830-1905) : Géographe, militant et penseur de l’anarchisme. Il participa à des congrès d’organisations ouvrières (notamment AIT, Ligue de la Paix et de la Liberté). En 1860, en compagnie d’Elie, Elisée est admis dans une loge maçonnique (Les Emules d’Hiram). Il n’y fut jamais actif et au bout d’un an, il quitte la franc-maçonnerie, ne supportant pas l’esprit qui y régnait.

    Raoul Rigault :

    Victor Henri de Rochefort, plus connu sous le nom d’Henri Rochefort (1831-1913) : Membre des Amis de la Renaissance. Au retour du bagne de Nouvelle-Calédonie, il se rapproche progressivement du boulangisme et de l’extrême droite. Lorsque éclate l’affaire Dreyfus, il laisse libre cours à son antisémitisme pour mener campagne avec les « anti ».

    Emile Thirifocq (1824-1900) : Membre de la loge Le Libre Examen du Suprême Conseil. Militant socialiste. Il est initié le 9 janvier 1850 à la loge Jérusalem Ecossaise 99 du Suprême Conseil, en devient le secrétaire l’année suivante, l’orateur en 1854 et le vénérable en 1864. Il est déiste. En 1869, orateur de la première section de la Grande Loge Centrale, il défend vainement le maintien de la croyance en « une puissance infinie désignée sous le nom de Grand Architecte de l’Univers. » En 1870, il rallie la loge naissante, Le Libre Examen, destinée à regrouper des déistes rationnels qui poursuivent avec l’Alliance religieuse universelle le chimérique espoir de réaliser une synthèse des religions.

    Jules Vallès (1832-1885) : Nom de plume de Jules Louis Joseph Vallez. Journaliste, écrivain et homme politique d’extrême gauche.

    Auguste-Jean-Marie Vermorel (1841-1871) :

    Walery Wroblewski (1836-1908): Après la Commune, il siège au Conseil général de l’Association international des travailleurs.

     

    MACONS OPPOSES À LA COMMUNE :

    Léonide Babaud-Larivière (1819-1873) : Elu Grand-maître du Grand Orient de France en 1870. Il est par la suite nommé préfet des Pyrénées Orientales (1872-1873).

    Louis Blanc : En 1870-1871, c’est un traître à la cause révolutionnaire, soutenant la cause de l’amnistie.

    Isaac-Jacob Crémieux, plus connu sous le nom d’Adolphe Crémieux (1796-1880) : Membre du gouvernement de la Défense nationale, du 4 septembre 1870 au 17 février 1871, comme Ministre de la Justice. Initié en 1818, à la loge du Bienfait anonyme (à Nîmes), qui dépendait du Grand Orient de France. En 1860, il quitte le Grand Orient de France pour le Suprême Conseil de France, dont il devient le Souverain Grand Commandeur en 1869.

    Jules Ferry (1832-1893) : Le 8 juillet 1875, les francs-maçons donnent une grande solennité à sa réception par le Grand Orient de France (Loge « La Clémente Amitié »). Il y est reçu en même temps que Littré et que Grégoire Wyrouboff. Par la suite, Ferry appartiendra à la Loge « Alsace-Lorraine ».

    Léon Gambetta (1838-1882) : Initié en 1869 à la loge « La Réforme », à laquelle appartiennent également Gustave Naquet et Maurice Rouvier.

    Ernest Hamel (1826-1898) : Ancien vénérable de l’Avenir.

     

    Pierre-Antoine-Frédéric. Malapert (1815-1890) : Orateur du Suprême Conseil.

    Jean-Baptiste Alexandre Montaudon (1818-1899) : Général du 1° corps d’armée de l’armée versaillaise. Ses opinions politiques étaient celles d’un conservateur-monarchiste. Mais il refusa de tirer sur ses frères.

    Eugène Pelletan (1813-1884) : Initié franc-maçon en 1864 dans la loge l’Avenir, dont il devient vénérable, avant d’entrer au Conseil de l’Ordre du Grand Orient de France.

    Jules Simon (1814-1896) : Ministre franc-maçon du gouvernement de Thiers.

    Etienne Philippe Théodore Tenaille-Saligny (1830-1889) : Un tablier du 18° degré lui appartenant a été retrouvé et est actuellement conservé dans son ancien Château d’Achun (58).

     

    FRANC-MACONS MEDIATEURS :

    Charles Thomas Floquet (1828-1896) :

    Edgar Quinet (1803-1875) : Membre du Grand Orient de France.

    Victor Schœlcher (1804-1893) : Il adhère à la franc-maçonnerie à la loge « Les Amis de la Vérité » puis à « La Clémente Amitié ».

     

    La Franc-maçonnerie a également joué un rôle dans les autres communes sur le territoire de la France.

    Ainsi, à Saint-Etienne, le journal l’Eclaireur, organe radical, est fortement influencé par la franc-maçonnerie. Thiers y est traité de « roi des Capitulards ». Le clergé y est vivement pris à partie. Ainsi fa franc-maçonnerie organise une souscription pour aider les familles de mobilisés, geste de solidarité et de patriotisme.

    A Rouen, dès avril 1871, les francs-maçons déclarèrent adhérer pleinement au manifeste officiel du conseil de l’ordre, qui porte inscrits sur son drapeau, les mots liberté, égalité, fraternité. – « Prêche la paix parmi les hommes, et au nom de l’humanité, proclame inviolable la vie humaine et maudit toutes les guerres, il veut arrêter l’effusion du sang et poser les bases d’une paix définitive, qui soit l’aurore d’un avenir nouveau.

    Voilà ce que nous demandons énergiquement, et si notre voix n’est pas entendue, nous vous disons ici que l’humanité et la patrie l’exigent et l’imposent. ».

    Signataires :

    Le président d’honneur de la maçonnerie rouennaise Desseaux

    Le vénérable des Arts réunis, Hédiard

    Le vénérable de la Constance éprouvée, Lorand

    Le vénérable de la Persévérance couronnée, E. Vienot

    Les T.°. S.°. des Arts réunis et de la Persévérance couronnée, Hédiard et Goudy

    Le président du conseil philosophique, Dieutie

    Par mandements des ateliers réunis et de l’Orient de Rouen, le secrétaire Jules Godefroy.

     

    L’Obédience du Grand Orient de France était foncièrement hostile à la Commune et favorable au gouvernement de Thiers.

    Depuis plus de 140 années, de Thiers à Furet, une véritable chape de plomb recouvre les œuvres et les idéaux de la Commune. A l’époque, les responsables de l’obédience du Grand orient de France avaient un comportement indigne, puisqu’ils avaient condamnés la Commune et en particulier les francs-maçons qui avaient participé à celle-ci. Lorsque cette Obédience commémore chaque 1° mai, au Mur des Fédérés, la Commune, le devoir de mémoire exige a minima un rappel de cette position, en contradiction flagrante avec les idéaux de « liberté, égalité, fraternité ».

     

    Le nouveau Suprême Commandeur du Suprême Conseil de France, de 1869 à sa mort en 1880, Adolphe Crémieux, est lui aussi réservé sur l’insurrection communarde. Néanmoins, le Suprême Conseil apparaît alors (à tort ou à raison), comme l’obédience qui a résisté à l’Empire. En effet, de 1860 à 1868, le Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil de France, Jean Pons Viennet, a lutté pied à pied pour maintenir l’indépendance de son obédience contre le GODF et son Grand Maître, le maréchal Magnan, nommé par Napoléon III. Les loges parisiennes du Suprême Conseil voient alors affluer les opposants au régime impérial, plus qu’au GODF, perçu alors comme une obédience « officielle ».

    La récupération s’effectue a posteriori. Au moment des Communes, le président du conseil de l’ordre du Grand Orient juge qu’il s’agit d’une « criminelle sédition qui ensanglante la France et déshonore la franc-maçonnerie ». Les maçons qui s’engagent ne sont pas soutenus au niveau national. Les dignitaires considèrent que les communards maçons sont des éléments isolés dont la franc-maçonnerie ne peut se réclamer. Certaines loges s’impliquent, mais les plus révolutionnaires feront l’objet de sanctions. La franc-maçonnerie revendique, en revanche, la Commune à partir de 1880, quand les communards seront amnistiés.

    A partir de la seconde moitié du XIX° siècle, la maçonnerie a profondément modifié son recrutement. Auparavant, les maçons appartenaient à la noblesse et à la haute bourgeoisie, accueillant quelques intellectuels de la petite-bourgeoisie. Une petite –bourgeoisie, encore très proche des ouvriers et des paysans, composée essentiellement de petits patrons, de commerçants, de petits fonctionnaires, d’employés, de vignerons, d’instituteurs, de médecins de campagne et d’aubergistes va peu à peu y devenir majoritaire.

    Ces nouveaux maçons ont encore leurs racines sociales dans les classes laborieuses. Ils ne sont pas acceptés par la haute bourgeoisie et ils en ont conscience à chaque instant de leur existence.

     

    QUELQUES EVENEMENTS :

    • Manifeste de la franc-maçonnerie du 8 avril 1871:

    République Française

    Liberté, Egalité, Fraternité

    O

    O O

    MANIFESTE

    de la

    Franc-Maçonnerie

    En présence des événements douloureux devant lesquels la France tout entière gémit ; en présence de ce sang précieux qui coule par torrents, la Maçonnerie qui représente les idées d’humanité et qui les a répandues dans le monde, vient une fois encore affirmer devant vous, Gouvernement et Membres de l’Assemblée, devant vous Membres de la Commune, les grands principes qui sont sa loi et qui doivent être le loi de tout homme ayant un cœur d’homme.

    Le Drapeau de la Maçonnerie porte inscrite sur ses plis la noble devise :

    LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE, SOLIDARITE.

    La Maçonnerie prêche la paix parmi les hommes et, au nom de l’humanité, proclame l’inviolabilité de la vie humaine.

    La Maçonnerie maudit toutes les guerres, elle ne saurait assez gémir sur les guerres civiles.

    Elle a le devoir de venir au milieu de vous et de vous dire : AU NOM DE L’HUMANITE, AU NOM DE LA FRATERNITE, AU NOM DE LA PATRIE DESOLEE, arrêtez l’effusion du sang ; nous vous le demandons, nous vous supplions d’entendre notre appel.

    Nous ne venons pas vous dicter un programme, nous nous en rapportons à votre sagesse ; nous vous disons simplement : ARRETEZ L’EFFUSION DE CE SANG PRECIEUX QUI COULE DES DEUX COTES, et posez les bases d’une paix définitive qui soit l’AURORE D’UN AVENIR NOUVEAU.

    Voilà ce que nous vous demandons énergiquement, et si notre voix n’était pas entendue, nous vous disons ici que l’Humanité et la Patrie l’exigent et l’imposent.

    Paris, le 8 avril 1871.

     

    MONTANIER, BECOURT, Membres du Conseil de l’ordre.

    SAUGE, DANDRE, BAUMANN, CHANUT, BARRE, LIMONAIRE, MOTARD, RAGAIGNE, MARTIN, MARCHAL, SIMON, HIRSCH, VILMOTTE, Vénérables.

     

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