• La France n’est pas une démocratie : voilà pourquoi.(Deuxième partie)

    Cette élection repose sur de nombreuses fictions :

    • La personnalité élue rafle la mise et devient, comme par magie, le « président de tous les Français » ;
    • Le programme du candidat vainqueur est censé refléter l’intérêt général ;
    • Si ce programme, dans l’idéal, correspond à quelque chose, au moment de l’élection, les électeurs sont « prisonniers » de leur choix, pour la durée du mandat, même si le président exécute un programme étranger à ses promesses.

    Il est certain que les médias, au service de la classe dominante, vont persuader les électeurs que c’est là le seul système possible, pour de nombreuses raisons.

    Quels sont les moyens utilisés pour arriver à cette fin ?

    Examinons trois formes de suffrage :

    • Les élections présidentielles
    • Les élections législatives
    • Les élections communales

     

    Les élections présidentielles :

    Prenons l’exemple des résultats des élections présidentielles de 2012.

    Au 1° tour :

    Inscrits : 46 028 542

    Abstentions : 9 444 143

    Votants : 36 584 399

    Blancs ou nuls : 701 190

    Exprimés : 35 883 209

    François Hollande : 10 272 705

    Nicolas Sarkozy : 6 421 426

     

    Au 2° tour :

    Inscrits : 46 066 307

    Abstentions : 9 049 998

    Votants : 37 016 309

    Blancs ou nuls : 2 154 956

    Exprimés : 34 861 353

    François Hollande : 18 000 668

    Nicolas Sarkozy : 16 860 685

     

    Cette élection repose sur de nombreuses fictions :

    • La personnalité élue rafle la mise et devient, comme par magie, le « président de tous les Français » ;
    • Le programme du candidat vainqueur est censé refléter l’intérêt général ;
    • Si ce programme, dans l’idéal, correspond à quelque chose, au moment de l’élection, les électeurs sont « prisonniers » de leur choix, pour la durée du mandat, même si le président exécute un programme étranger à ses promesses.

    C’est une procédure qui repose sur trop de facteurs irrationnels pour pouvoir être fiable. Par exemple, il y a une opposition frontale entre les intérêts des plus riches, 3 % de la population, qui deviennent de plus en plus riches, et l’immense majorité du peuple, 97 %, qui stagnent ou s’appauvrissent. Il est faux de dire que le président peut servir simultanément les intérêts des deux catégories, et s’il le prétend, c’est qu’en fait il sert les intérêts de la minorité la plus puissante. C’est ce qui est arrivé à François Hollande, et c’est ce qui explique sa chute dans les sondages de popularité : il a promis de servir les intérêts des plus pauvres, et en réalité il gère la France dans l’intérêt des plus riches.

    Les incohérences du système sont nombreuses :

    Les inscrits ne comportent pas tous les citoyens vivant sur le sol français. Plus de 10 % des Français de souche ne se sont jamais inscrits sur les listes électorales. De nombreux immigrés, présents depuis de nombreuses années sur le sol national n’ont pas le droit de vote.

    Le taux d’abstention représente plus de 2 Français sur 10. A ce total il convient d’ajouter les votes blancs ou nuls.

    En conséquence, au 1° tour, Hollande représente véritablement un peu plus de 2 Français sur 10 et Nicolas Sarkozy représente un peu plus d’un Français sur 10.

    Les réunions de voix au second tour sont une fiction de plus : on ne peut pas dire que le candidat de la « droite », ou celui de la « gauche » fusionnent les divers programmes de ceux qu’ils sont censés représenter.

    Pour obtenir une représentation de 4 Français sur 5, les deux candidats devraient accepter de « fusionner » et de gérer le pays en commun : et encore, cela est possible au moment des élections, et cela devient faux quelques mois après.

    François Hollande, « président de tous les Français » est donc une fiction, qui s’ajoute à d’autres fictions, et qui est d’autant plus inexacte, lorsque le candidat trahit le programme sur la base duquel il a été élu.

    En conséquence, le président de la république n’a aucune légitimité. Il a autant de légitimité que Miss France, le jour de son élection, ou que la « personnalité » préférée des Français, le jour du sondage.

     

    Cette absence de légitimité quant au « plébiscite » du président de la république français explique la montée de l’abstention lors des différents scrutins : c’est un système qui a perdu toute crédibilité.

    Prenons un autre exemple : les élections législatives de 2012.

     

    Les élections législatives de 2012 :

    2° tour :

    Inscrits : 43 233 648

    Abstentions : 19 281 162

    Votants : 23 952 486

    Blancs et nuls : 923 178

    Exprimés : 23 029 308

     

    Pour un total de 577 députés, cela représente une moyenne de 39 912 voix par député, concernant les électeurs inscrits.

    Outre les caractères irrationnels, déjà précisés ci-dessus (pas de définition équitable du corps électoral : par exemple, de nombreux immigrés présents depuis de nombreuses années sur le sol national sont exclus du corps électoral), il s’en ajoute de nombreux autres, qui rendent le système obsolète et dénué de sens. En tout cas antidémocratique.

    Par l’abstention, 44,60 % des Français ne sont pas représentés, et le chiffre est de 46,73 % si on ajoute les bulletins blancs et nuls. Pour qu’il y ait une certaine légitimité pour le vote des lois, notamment du budget de la nation, et pour adopter les divers impôts, afin qu’au moins 1 Français sur deux ait l’impression de participer à la direction des affaires du pays, il faudrait que ces lois soient adoptée à l’unanimité des 577 député, puisque ensemble, ils représentent 53,27 % du corps électoral. Encore faudrait-il régler la question du « poids » respectif de chaque député : un député du Front national représente plus d’un million de voix. D’autres députés n’en représentent que quelques milliers.

    Sans parler de l’archaïsme que constitue le sénat, où c’est une sorte d’aristocratie d’élus qui vote pour d’autres élus.

    Le Parlement, chambre des députés et sénat confondus, est incapable d’organiser en son sein une certaine police et une moralisation du métier d’élu : l’immunité parlementaire devient une sorte de protection face à la justice commune, et le citoyen est plutôt surpris de constater que des élus corrompus continuent de siéger impunément, sans la moindre vergogne, malgré des faits répréhensibles (achats de voix, condamnations pénales,…). Cela donne l’impression d’une mafia qui se protège et vit entre soi.

    Pourtant des solutions simples existent : limitation du nombre des mandats, limitation des indemnités, dose de proportionnalité, etc.

    Plus les élus hésitent à mettre en œuvre ces mesures, et plus le système se délabre. Le gouvernement Valls prétend s’attaquer au mille-feuille territorial, tout en rejetant aux calendes grecques les mesures pratiques : ceci démontre le poids de la classe politique bourgeoise, qui s’accroche à ses divers avantages. Seul une intervention énergique du peuple, comme en 1792, 1848 ou 1871 pourra faire évoluer ce système.

    Au moins deux facteurs concourent à ajouter un peu de « démocratie participative », et à lutter pour une véritable démocratie :

    • La lutte contre le fascisme : développer la démocratie bourgeoise est un frein aux velléités des fascistes d’instaurer un régime barbare. Tout ceux qui refusent les luttes de races et le nationalisme outrancier sont des alliés potentiels pour moderniser la démocratie bourgeoise. Mais seul le socialisme pourra mettre en œuvre la démocratie réelle pour le plus grand nombre.
    • La lutte pour le développement durable : les véritables écologistes sont également des alliés potentiels pour mettre en œuvre une véritable démocratie et moderniser le système existant. La lutte contre les dangers écocidaires pour la planète et les êtres vivants est un allié pour démocratiser les mœurs politiques. Seule l’entrée en lice du peuple pourra constituer une force pour lutter contre l’écocide ! Un des points clés est donc de se battre pour une démocratie réelle.

    Une étude socioprofessionnelle des députés conduit à considérer que la classe bourgeoise est quasiment seule représentée, et encore elle est mal représentée : minoration des femmes et des jeunes. Mais il n’y a aucun représentant des classes populaires (ouvriers, paysans travailleurs, chômeurs,…).

    En présentant un tel système pourri et délabré comme « républicain », et véritablement « démocratique », voilà plusieurs dizaines d’années que la bourgeoisie a conduit les masses populaires à se réfugier dans l’abstention et dans un vote d’extrême droite. C’est là une façon de desserrer l’étau d’un système injuste.

    Le développement d’un absentéisme de plus en plus massif des masses populaires, et en particulier de la classe ouvrière, est une forme de sagesse, qui vise à délégitimer l’ancien système et qui prépare l’étape suivante : la destruction de l’ancien Etat et l’instauration d’un nouvel Etat, socialiste, comportant la socialisation des moyens de production.

    Le système actuel est la négation des éléments basiques d’une véritable démocratie : représenter, en tant qu’élu, au moins 50 % des électeurs inscrits, « un homme, une voix », pouvoir « démissionner » un élu, s’il trahit ses engagements,…

     

    Il en est de même des élections locales : aucun principe élémentaire de la démocratie réelle n’est appliqué.

     

    Les élections communales de 2014 :

    Nous prendrons trois exemples :

    Municipalité de « gauche » : Metz

    Municipalité de « droite » : Roubaix

    Municipalité d’ « extrême droite » : Hayange

     

    Municipalité de « gauche » : Metz

     

    Les élections municipales de 2014 :

    1° tour :

    Inscrits : 71 987

    Abstentions : 36 051

    Votants : 35 936

    Blancs et nuls : 1 070

    Exprimés : 34 866

    Dominique Gros (Gauche : PS, EELV et autres) : 12 441

    Marie José Zimmermann (Droite : UMP, UDI  et autres) : 11 939

    Françoise Grolet (Front national) : 7 433

    Autres : 3 053

     

    2° tour :

    Inscrits : 71 989

    Abstentions : 33 810

    Votants : 38 179

    Blancs et nuls : 1 143

    Exprimés : 37 036

    Dominique Gros (Gauche : PS, EELV et autres) : 16 008

    Marie José Zimmermann (Droite : UMP, UDI  et autres) : 15 238

    Françoise Grolet (Front national) : 5 790

     

    Sur la base du second tour, on constate les éléments suivants :

    1)      La majorité de 50 % des électeurs inscrits est de 35 995 électeurs. En conséquence, les délibérations du conseil municipal de Metz, et en particulier les délibérations relatives aux budgets et aux impôts, ne sont légitimes, qu’à condition d’être adoptées par les élus représentant au moins 38 995 voix. Cela va bien au-delà des seuls élus de la majorité socialiste. Les textes législatifs et réglementaires n’interdisent pas au maire de délibérer dans de telles conditions, en recherchant un consensus qui reflète la volonté générale de la majorité des électeurs. Ce serait d’ailleurs une bonne mesure de gestion démocratique, que de préciser sur chaque délibération, le nombre d’électeurs correspondant aux élus ayant adopté la délibération.

    Dans les conditions actuelles, les élus de la majorité de Gauche ne représentent que 16 008 voix, soit que 22 % du corps électoral ! Quelle légitimité ? L’opposition, Droite et Front National, représente 21 028 voix, soit 29 % du corps électoral. C’est donc bien une fiction que de présenter le maire comme étant celui de tous les messins !

    2)    Le principe « un homme, une voix » est-il adopté ?

    La Gauche a une majorité relative de 770 voix de plus que la liste de Droite arrivant en seconde position. La Gauche dispose de 40 élus : chaque élu représente donc 400 voix. Pour la Droite, qui a 11 élus, chaque élu représente 1385 voix. Pour le Front National, qui a 4 élus, chaque élu représente 1448 voix. En conséquence, une voix de Gauche « pèse » autant que 3,5 voix de Droite, et 3,6 voix du Front National.

    Le maire actuel, Dominique Gros, présenté par la presse locale, lors de sa première élection, en 2008, comme étant en rupture avec ses prédécesseurs, comme étant le premier maire de « gauche », depuis l’instauration du suffrage universel, en 1848, s’est, en réalité, dans les faits, très vite placé en continuité avec son prédécesseur, Jean Marie Rausch. Ceci au nom de la « continuité républicaine », et afin, a-t-il dit lui-même, ne pas être un maire au rabais. D’ailleurs, lors des élections de 2014, Jean Marie Rausch a appelé à voter pour Dominique Gros, ce qui crée indubitablement un lien de filiation. La politique suivie est la même et correspond bien à l’élu de l’ancien système : une fois élu, même si c’est avec une minorité de voix, Dominique Gros considère que tout lui appartient. Selon la fiction unanimement répandue, il représente non seulement les voix des électeurs qui se sont portés sur lui, mais l’ensemble des matins. Il devient le maire de tous les messins. Peu importe qu’une partie des messins se soit portée sur d’autres options. Peu importe que la majorité des messins se soit abstenue. A la fois, Dominique Gros est un potentat local, avec un pouvoir absolu, sans contrôle : tout est possible, marchés publics, recrutement des copains et des coquins,… L’opposition est un faire-valoir, qui, soit ne s’oppose pas en espérant un jour occupé les postes, soit ne trouve pas les moyens de dénoncer cet état de fait. Mais Dominique Gros est aussi un roi de pacotille, dont la légitimité repose sur une fiction, celle d’une république bananière : « élu, j’occupe tout l’espace du château ». Sa légitimité est au plus équivalente à celle de Miss Mirabelle. Alors, les projets de « démocratie participative » ne sont que de la communication verbale. En politique, la pratique est le seul critère de vérité. Si Dominique Gros a véritablement une fibre démocratique, s’il se considère comme le maire de tous les messins, il devrait au minimum, respecter les élus de l’opposition, qui représentent une masse plus importante de messin que lui-même. C’est le premier pas de la démocratie participative. Rien ne l’empêche de prendre des décisions, notamment concernant le budget de la ville et les impôts, reposant sur un consensus au sein du conseil municipal. A défaut, routes les intentions de démocratie participative demeurent des paroles et des vœux pieux. S’il doit y avoir rupture, et instauration de la démocratie réelle, il s’agit de faire en sorte que Dominique Gros soit le dernier maire de cette sorte.

    Dominique Gros doit respecter son opposition ! Dans « Metz Magazine », un trombinoscope indique que seuls comptent véritablement 39 élus qui constituent « l’exécutif ». Les 17 autres élus, 2 élus de la majorité et 15 élus de l’opposition ne sont que des « faire-valoir ». Sans doute, pour rattraper le coup, trop voyant, va-t-on mettre cela sur le dos du service de communication. Mais cet acte est très révélateur de la façon dont a été considéré l’opposition lors du dernier mandat de Dominique Gros : confinée au milieu d’un conseil municipal disposé en U, cette opposition a été quasiment inexistante ! Elle a avalé toutes les couleuvres, Dominique Gros pouvant se prévaloir, lors du bilan du premier mandat, d’un vote de 80 % des délibérations par cette « opposition ». Cependant il convient de rappeler que la majorité ne représente que 16008 voix, soit 22 % des électeurs inscrits, et l’opposition représente 21 028 voix, soit  29 % des électeurs inscrits. L’ensemble des élus représente à peine 51 % des électeurs inscrits ! Il est faux de considérer que les électeurs qui se sont portés sur l’extrême droite soient tous fascistes ! Sans aucun doute, que ce soit les électeurs du Front national, ou les électeurs de la droite classique, tout comme les électeurs de « gauche », il se trouve parmi eux un nombre considérable qui veut en finir avec le vieux système inique actuel. Tous les électeurs méritent le respect, et si Dominique Gros veut mettre en œuvre la démocratie participative, qu’il le fasse en premier lieu avec son opposition, qui est majoritaire en voix. Faut-il rappeler que si l’opposition ne parvient pas à faire respecter les voix des électeurs qu’ils représentent, tout citoyen, et notamment tout contribuable messin, peut se substituer à une opposition indigente et impuissante, pour mener toute action contre des décisions jugées illégitimes ? C’est bien en partie parce qu’elle n’a pas su se faire respecter que la droite a perdu les élections. Ce n’est pas dans l’inaction que se préparent les prochaines élections. Comme l’a dit Matthieu, 13-12 : « On donnera à celui qui a, et il sera dans l’abondance, mais à celui qui n’a pas, on ôtera même ce qu’il a. »

     

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