• La fonction de la franc-maçonnerie en France.

    Une fois donnée l’impulsion initiale, il convient d’avoir suffisamment confiance dans le peuple pour que celui-ci conquière son autonomie et crée une République sociale, à l’image de ce qui se déroule dans les loges, et de ce que la Commune a réalisé en 1871 à Paris.

    La fonction de la franc-maçonnerie en France.

     

    La fonction de la franc-maçonnerie est de faire émerger « ce qui n’est pas », c’est-à-dire l’utopie. La franc-maçonnerie a toujours été initiatrice et déclencheur du nouveau et accoucheuse de l’avenir. C’est l’étincelle qui met le feu à la plaine.

    Bien évidemment, il s’agit de s’inscrire en faux contre toute théorie complotiste, du genre « complot judéo-maçonnique : c’est là une conception typique du fascisme. Par contre, il convient de s’interroger sur l’influence réelle, au niveau social, de la franc-maçonnerie, hier et aujourd’hui.

    1)      Le XVIII° siècle :

    Une étude, notamment de la Révolution française de 1789, démontre que la franc-maçonnerie, en amont de ce mouvement révolutionnaire, a fortement impliquée la classe aristocratiques, les nobles et le haut clergé, dont la noblesse de robe, tel le représentant de celle-ci, que fut Montesquieu. Sont moins concernés les représentants de la couche supérieure du Tiers-Etat, la bourgeoisie.

    En introduisant des idées progressives, comme la tolérance, la lutte contre l’absolutisme, la lutte contre la torture, la lutte contre l’emprise réactionnaire de l’Eglise catholique, etc., la franc-maçonnerie a contribué au renversement de l’ancien système et à la création d’un nouveau système, au même titre qu’un certain nombre d’autres facteurs : las académies, les 10000 nobles qui ont participé à la lutte pour l’indépendance des Etats-Unis, représentés par La Fayette, le philosophisme, symbolisé par la loge des Neuf Sœurs, etc.

    Ainsi, la franc-maçonnerie a contribué à mobiliser les couches les plus progressives de la noblesse (« Philippe Egalité »,…) et du clergé (abbé Grégoire, évêque Talleyrand,…) au déclenchement de la Révolution de 1789.

    Il faut cependant préciser que le socle économique et social était déjà depuis longtemps préparé à ce mouvement et il s’y prêtait bien.

    Les loges maçonniques étaient « spécialisées » socialement, ne regroupant souvent exclusivement que des représentants de l’aristocratie, hommes et femmes, ces dernières étant associées dans le cadre des « loges d’adoption ». Ces loges « aristocratiques » étaient en général fermées aux catégories sociales bourgeoises inférieures, cette dernière couche (négociants, manufacturiers,…) se regroupant dans leurs loges propres et spécifiques.

    D’ailleurs, pour limiter le recrutement à la catégorie « noble », l’une des raisons, mais pas la seule, de la création des « hauts-grades » était destinée à la préservation de ct entre-soi.

    Cependant si une partie de l’aristocratie a contribué à amorcer le mouvement révolutionnaire, d’autres nobles ont trahi les idéaux de la franc-maçonnerie : d’une part, une partie des nobles contre-révolutionnaires ont fui la France et émigré à partir de 1789. D’autre part, certains aristocrates ont quitté et délaissé le mouvement révolutionnaire, au fur et à mesure de son avancée, où en tout cas le freiner, et arrêter le mouvement de la Révolution à l’une de ses étapes : par exemple, la monarchie constitutionnelle. Ceci explique la trahison des idéaux révolutionnaires par une partie des aristocrates, mais également des hauts bourgeois, dans le cadre d’une entente des possédants, au fur et à mesure que le peuple, composé des sans-culottes et des enragés, s’est emparé de ces idéaux, pour les emmener à leur ultime conclusion : la Constitution de l’An III, et la république sociale, représentée par le deuxième pouvoir, populaire, que fut la Commune insurrectionnelle de Paris de 1792.

    La Révolution a aboutit à la victoire de la bourgeoisie sur la féodalité, victoire non définitive, puisqu’au siècle suivant, il y eut diverses tentatives de Restauration. La bourgeoise a affirmé et fondé son pouvoir et son Etat par diverses étapes : la Terreur, Robespierre, le Directoire et Napoléon I°.

    Lors de la révolution, les idéaux d’égalité de tous les hommes, de libertés fondamentales, de laïcité et de tolérance, de déchristianisation, etc. sont sorties des Temples maçonniques pour illuminer et entrer dans la réalité sociale. Ces idées ont été discutées, en particulier, dans les divers clubs patriotiques qui ont pris alors naissance. Il en est résulté une quasi-mise en sommeil des loges maçonniques elles-mêmes.

    Avec Napoléon 1° (Tout comme la tentative de Napoléon III°) on assiste à une mise en place d’une franc-maçonnerie de « caserne », c’est-à-dire une maçonnerie aux ordres au pouvoir en place.

     

    2)    Le XIX° siècle :

    Socialement, le recrutement au sein des loges maçonniques se renouvelle : il s’agit alors essentiellement de bourgeois, de petits-bourgeois et d’intellectuels. Les loges deviennent des « lieux de parole », où s’expriment sans aucune censeure les idées « républicaines », qui vont s’exprimer en-dehors des Temples surtout en 1830, en 1848 et enfin lors de la commune de Paris en 1871. A chaque fois, la franc-maçonnerie est un creuset d’idées avancées, et elle joue un rôle de déclencheur des mouvements sociaux. Encore une fois, lorsque le peuple s’empare de ces idéaux, les loges disparaissent ou sont mises en sommeil, et on voit l’apparition de divers clubs.

    Les maçons de la III° République étaient plutôt opposés à la maçonnerie des « hauts-grades », en raison de leur conception très égalitariste.

    Quel est le « ressort », la « mécanique » qui permet à la maçonnerie de parvenir à ses fins ?

    La franc-maçonnerie pose un certain nombre de valeurs, qui forment une « table de la loi », bien au-delà de la simple réalité sociale : autrement dit, la conduite de la réalité sociale fait en sorte que l’infrastructure a pris de l’avance sur la superstructure. La franc-maçonnerie contribue à un « rattrapage » de la superstructure par rapport à une infrastructure qui est à l’étroit, étant bridée.

    De  plus, la « clôture » des loges maçonniques, appelée « le secret », crée une sorte de « pouvoir » des loges (on dit « un maçon libre dans une loge libre »), en dehors du pouvoir officiel. Pour être précis, la maçonnerie représente les valeurs d’une catégorie sociale (la noblesse et le haut clergé au XVIII° siècle, la bourgeoisie au XIX° siècle), valeurs qui n’ont pas encore cours dans la société réelle, mais valeurs qui correspondent déjà à la réalité du socle de l’infrastructure. Ces valeurs couvent un certain nombre d’années dans les « serres » que sont les loges maçonniques et ne demandent qu’à éclore à la lumière du soleil. Lorsque les conditions sociales objectives sont réunies, ces valeurs passent tout naturellement dans la réalité sociale, les forces populaires s’en emparant pour les faire entrer d       ns la réalité.

    Les forces populaires emmènent ces valeurs bien souvent au-delà des limites que souhaiteraient leur assigner les « initiateurs » et les « lanceurs d’alerte » : en quelque sorte, le peuple prend « au mot » les classes nouvellement dominante, d’où les exigences des sans-culottes en 1792, ou ben la tentative d’instaurer une dictature du prolétariat par les Communards de 1871.

    Il est à noter qu’à chaque fois, au cours de la lutte, l’émergence des femmes qui aspirent à la libération contre le patriarcat et le machisme, a conduit à l’apparition des loges d’adoption au XVIII° Siècle et à l’initiation féminine à la fin du XIX° siècle.

     

    3)    Le XX° siècle :

    Le recrutement concerne surtout la bourgeoisie, mais également la petite-bourgeoisie (enseignants, boutiquiers, artisans,…). Cela signifie que la fraternité dans les loges, par exemple, n’est pas universelle, mais « censitaire », en raison de la cherté et du coût (en argent et en temps) qu’il faut pouvoir consentir pour appartenir au mouvement (cotisation annuelle, coût des agapes, achat du matériel et des décors, etc.). Sont exclus en particulier les ouvriers et les petits paysans.

    Peu à peu se dessine l’objectif de la République sociale, correspondant à une réalité sociale fondée sur la liberté, l’égalité et la fraternité. Les principaux idéaux de la Commune de paris, tels la séparation de l’Eglise et de l’Etat, la laïcité, en particulier dans l’enseignement, ont peu à peu pris place dans la réalité.

    Il y a extension des droits sociaux et affirmation des droits de l’homme au niveau international, création de la Société des Nations, puis de l’O.N.U.

    Un point spécifique du XX° siècle, c’est l’existence pendant une trentaine d’année, du Parti Communiste Français, qui donne à la classe ouvrière son autonomie. Après la mort de Staline, ce parti est devenu un embryon de la bourgeoisie sociale-démocrate.

     

    4)    Et aujourd’hui ?

    Les responsables du Grand Orient de France ont publié le 25 janvier 2013 un « Manifeste des francs maçons du Grand Orient de France. Une espérance républicaine pour le 21 éme siècle ». C’est une sorte de Manifeste du Parti Maçonnique, dont la conclusion est une reprise de la devise communiste : « De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins ». Il est en effet déclaré, page 20 : « […] c’est le changement radical de paradigme qu’il faut viser : une distribution des revenus non plus en fonction du travail et de la détention du capital, mais surtout en fonction des besoins de chacun. »

    Deux critiques principales peuvent être formulées à l’encontre de ce document. La première critique concerne la lutte que souhaite mener le GODF contre la féodalité financière : il existerait une « laïcité » au niveau financier, consistant à séparer l’Etat de l’argent. Il convient de donner aux mots leurs vrais sens, et de maintenir la lutte pour la laïcité dans le domaine des croyances religieuses. La finance n’est, en tant que telle, ni bien, ni mal : ce qu’il convient d’apprécier, c’est l’usage fait par la finance, placée au service de la majorité, ou bien au service de la minorité. La seconde critique concerne la nature de l’Etat : L’Etat est aujourd’hui confisqué par les puissances d’argent, c’est-à-dire la haute-bourgeoisie. Il s’agit bien de briser cet Etat et de laisser le peuple et son avant-garde, composé de la classe ouvrière, construire un nouvel Etat, comme cela  a été fait par les Communards en 1871.

    A noter que le GODF a effectué sa « révolution culturelle », et, après divers « pas de clercs », procède enfin à l’initiation des femmes, traitées comme étant « des frères » comme les autres.

    Cependant, la « mécanique » maçonnique conserve toute son efficience, et la force de l’égrégore agit indépendamment de la volonté et des désirs des individus. Cette force conduit plus que jamais à affirmer l’égalité (sociale de tous), la liberté (démocratique) et la fraternité (entre les peuples).

    Aujourd’hui, la bourgeoisie est divisée en trois branches : la « droite républicaine » (ce sont les successeurs de Cavaignac, de Thiers et de de Gaulle), la gauche sociale-démocrate (ce sont les successeurs de Blum et de Mitterrand) et le fascisme (ce sont les successeurs du général Boulanger et de Pétain). Pour défendre ses intérêts propres, chacune de ces branches essaie de mobiliser le peuple.

    Malgré toutes les tentatives d’entrisme, de la part des fascistes, la franc-maçonnerie n’est pas soluble dans l’idéologie fasciste. Les valeurs défendues par la franc-maçonnerie ne pourront jamais être partagées avec le fascisme.

    La « mécanique » maçonnique est un instrument de coercition, et éventuellement d’éjection, des membres qui tenteraient de tirer la couverture à eux, tels Cahuzac et consorts. Ceux qui, comme Cahuzac, sont des maçons de pacotille, qui pensent se cacher dans les loges pour se livrer aux pires prévarications, sont éjectés et livrés à la justice populaire. Il en a été ainsi des maçons girondins en 1793, qui ont eu la « gorge tranchée », en conformité avec leur engagement maçonnique. Divers maçons, qui étaient des républicains sociaux et des révolutionnaires, lors de la Commune de Paris de 1871, qui sont devenus ensuite « possibilistes », boulangistes et même monarchistes, se sont retrouvés dans les poubelles de l’Histoire.

    Aujourd’hui, une partie des maçons s’engage pour la fraction de droite de la bourgeoisie (par exemple Alain Bauer en faveur de Sarkozy), une autre partie des maçons se met à la remorque de la fraction sociale-démocrate de la bourgeoisie (par exemple Mélenchon).

    Si la maçonnerie veut être à nouveau initiateur et déclencheur des valeurs, dont celles du travail et du logement pour tous, ce n’est ni l’une ni l’autre orientation qu’il convient de prendre. L’enjeu, ce n’est ni la droite, ni la gauche, bourgeoises l’une et l’autre, ce qui serait se mettre au service de la minorité la plus riche, au service du MEDEF, mais l’enjeu est de cliver la franc-maçonnerie sur la force populaire, ce qui est se mettre au service du plus grand nombre, de l’intérêt général et donc au service du peuple.

    La fonction de la franc-maçonnerie en France.

     

    La fonction de la franc-maçonnerie est de faire émerger « ce qui n’est pas », c’est-à-dire l’utopie. La franc-maçonnerie a toujours été initiatrice et déclencheur du nouveau et accoucheuse de l’avenir. C’est l’étincelle qui met le feu à la plaine.

    Bien évidemment, il s’agit de s’inscrire en faux contre toute théorie complotiste, du genre « complot judéo-maçonnique : c’est là une conception typique du fascisme. Par contre, il convient de s’interroger sur l’influence réelle, au niveau social, de la franc-maçonnerie, hier et aujourd’hui.

    1)      Le XVIII° siècle :

    Une étude, notamment de la Révolution française de 1789, démontre que la franc-maçonnerie, en amont de ce mouvement révolutionnaire, a fortement impliquée la classe aristocratiques, les nobles et le haut clergé, dont la noblesse de robe, tel le représentant de celle-ci, que fut Montesquieu. Sont moins concernés les représentants de la couche supérieure du Tiers-Etat, la bourgeoisie.

    En introduisant des idées progressives, comme la tolérance, la lutte contre l’absolutisme, la lutte contre la torture, la lutte contre l’emprise réactionnaire de l’Eglise catholique, etc., la franc-maçonnerie a contribué au renversement de l’ancien système et à la création d’un nouveau système, au même titre qu’un certain nombre d’autres facteurs : las académies, les 10000 nobles qui ont participé à la lutte pour l’indépendance des Etats-Unis, représentés par La Fayette, le philosophisme, symbolisé par la loge des Neuf Sœurs, etc.

    Ainsi, la franc-maçonnerie a contribué à mobiliser les couches les plus progressives de la noblesse (« Philippe Egalité »,…) et du clergé (abbé Grégoire, évêque Talleyrand,…) au déclenchement de la Révolution de 1789.

    Il faut cependant préciser que le socle économique et social était déjà depuis longtemps préparé à ce mouvement et il s’y prêtait bien.

    Les loges maçonniques étaient « spécialisées » socialement, ne regroupant souvent exclusivement que des représentants de l’aristocratie, hommes et femmes, ces dernières étant associées dans le cadre des « loges d’adoption ». Ces loges « aristocratiques » étaient en général fermées aux catégories sociales bourgeoises inférieures, cette dernière couche (négociants, manufacturiers,…) se regroupant dans leurs loges propres et spécifiques.

    D’ailleurs, pour limiter le recrutement à la catégorie « noble », l’une des raisons, mais pas la seule, de la création des « hauts-grades » était destinée à la préservation de ct entre-soi.

    Cependant si une partie de l’aristocratie a contribué à amorcer le mouvement révolutionnaire, d’autres nobles ont trahi les idéaux de la franc-maçonnerie : d’une part, une partie des nobles contre-révolutionnaires ont fui la France et émigré à partir de 1789. D’autre part, certains aristocrates ont quitté et délaissé le mouvement révolutionnaire, au fur et à mesure de son avancée, où en tout cas le freiner, et arrêter le mouvement de la Révolution à l’une de ses étapes : par exemple, la monarchie constitutionnelle. Ceci explique la trahison des idéaux révolutionnaires par une partie des aristocrates, mais également des hauts bourgeois, dans le cadre d’une entente des possédants, au fur et à mesure que le peuple, composé des sans-culottes et des enragés, s’est emparé de ces idéaux, pour les emmener à leur ultime conclusion : la Constitution de l’An III, et la république sociale, représentée par le deuxième pouvoir, populaire, que fut la Commune insurrectionnelle de Paris de 1792.

    La Révolution a aboutit à la victoire de la bourgeoisie sur la féodalité, victoire non définitive, puisqu’au siècle suivant, il y eut diverses tentatives de Restauration. La bourgeoise a affirmé et fondé son pouvoir et son Etat par diverses étapes : la Terreur, Robespierre, le Directoire et Napoléon I°.

    Lors de la révolution, les idéaux d’égalité de tous les hommes, de libertés fondamentales, de laïcité et de tolérance, de déchristianisation, etc. sont sorties des Temples maçonniques pour illuminer et entrer dans la réalité sociale. Ces idées ont été discutées, en particulier, dans les divers clubs patriotiques qui ont pris alors naissance. Il en est résulté une quasi-mise en sommeil des loges maçonniques elles-mêmes.

    Avec Napoléon 1° (Tout comme la tentative de Napoléon III°) on assiste à une mise en place d’une franc-maçonnerie de « caserne », c’est-à-dire une maçonnerie aux ordres au pouvoir en place.

     

    2)    Le XIX° siècle :

    Socialement, le recrutement au sein des loges maçonniques se renouvelle : il s’agit alors essentiellement de bourgeois, de petits-bourgeois et d’intellectuels. Les loges deviennent des « lieux de parole », où s’expriment sans aucune censeure les idées « républicaines », qui vont s’exprimer en-dehors des Temples surtout en 1830, en 1848 et enfin lors de la commune de Paris en 1871. A chaque fois, la franc-maçonnerie est un creuset d’idées avancées, et elle joue un rôle de déclencheur des mouvements sociaux. Encore une fois, lorsque le peuple s’empare de ces idéaux, les loges disparaissent ou sont mises en sommeil, et on voit l’apparition de divers clubs.

    Les maçons de la III° République étaient plutôt opposés à la maçonnerie des « hauts-grades », en raison de leur conception très égalitariste.

    Quel est le « ressort », la « mécanique » qui permet à la maçonnerie de parvenir à ses fins ?

    La franc-maçonnerie pose un certain nombre de valeurs, qui forment une « table de la loi », bien au-delà de la simple réalité sociale : autrement dit, la conduite de la réalité sociale fait en sorte que l’infrastructure a pris de l’avance sur la superstructure. La franc-maçonnerie contribue à un « rattrapage » de la superstructure par rapport à une infrastructure qui est à l’étroit, étant bridée.

    De  plus, la « clôture » des loges maçonniques, appelée « le secret », crée une sorte de « pouvoir » des loges (on dit « un maçon libre dans une loge libre »), en dehors du pouvoir officiel. Pour être précis, la maçonnerie représente les valeurs d’une catégorie sociale (la noblesse et le haut clergé au XVIII° siècle, la bourgeoisie au XIX° siècle), valeurs qui n’ont pas encore cours dans la société réelle, mais valeurs qui correspondent déjà à la réalité du socle de l’infrastructure. Ces valeurs couvent un certain nombre d’années dans les « serres » que sont les loges maçonniques et ne demandent qu’à éclore à la lumière du soleil. Lorsque les conditions sociales objectives sont réunies, ces valeurs passent tout naturellement dans la réalité sociale, les forces populaires s’en emparant pour les faire entrer d       ns la réalité.

    Les forces populaires emmènent ces valeurs bien souvent au-delà des limites que souhaiteraient leur assigner les « initiateurs » et les « lanceurs d’alerte » : en quelque sorte, le peuple prend « au mot » les classes nouvellement dominante, d’où les exigences des sans-culottes en 1792, ou ben la tentative d’instaurer une dictature du prolétariat par les Communards de 1871.

    Il est à noter qu’à chaque fois, au cours de la lutte, l’émergence des femmes qui aspirent à la libération contre le patriarcat et le machisme, a conduit à l’apparition des loges d’adoption au XVIII° Siècle et à l’initiation féminine à la fin du XIX° siècle.

     

    3)    Le XX° siècle :

    Le recrutement concerne surtout la bourgeoisie, mais également la petite-bourgeoisie (enseignants, boutiquiers, artisans,…). Cela signifie que la fraternité dans les loges, par exemple, n’est pas universelle, mais « censitaire », en raison de la cherté et du coût (en argent et en temps) qu’il faut pouvoir consentir pour appartenir au mouvement (cotisation annuelle, coût des agapes, achat du matériel et des décors, etc.). Sont exclus en particulier les ouvriers et les petits paysans.

    Peu à peu se dessine l’objectif de la République sociale, correspondant à une réalité sociale fondée sur la liberté, l’égalité et la fraternité. Les principaux idéaux de la Commune de paris, tels la séparation de l’Eglise et de l’Etat, la laïcité, en particulier dans l’enseignement, ont peu à peu pris place dans la réalité.

    Il y a extension des droits sociaux et affirmation des droits de l’homme au niveau international, création de la Société des Nations, puis de l’O.N.U.

    Un point spécifique du XX° siècle, c’est l’existence pendant une trentaine d’année, du Parti Communiste Français, qui donne à la classe ouvrière son autonomie. Après la mort de Staline, ce parti est devenu un embryon de la bourgeoisie sociale-démocrate.

     

    4)    Et aujourd’hui ?

    Les responsables du Grand Orient de France ont publié le 25 janvier 2013 un « Manifeste des francs maçons du Grand Orient de France. Une espérance républicaine pour le 21 éme siècle ». C’est une sorte de Manifeste du Parti Maçonnique, dont la conclusion est une reprise de la devise communiste : « De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins ». Il est en effet déclaré, page 20 : « […] c’est le changement radical de paradigme qu’il faut viser : une distribution des revenus non plus en fonction du travail et de la détention du capital, mais surtout en fonction des besoins de chacun. »

    Deux critiques principales peuvent être formulées à l’encontre de ce document. La première critique concerne la lutte que souhaite mener le GODF contre la féodalité financière : il existerait une « laïcité » au niveau financier, consistant à séparer l’Etat de l’argent. Il convient de donner aux mots leurs vrais sens, et de maintenir la lutte pour la laïcité dans le domaine des croyances religieuses. La finance n’est, en tant que telle, ni bien, ni mal : ce qu’il convient d’apprécier, c’est l’usage fait par la finance, placée au service de la majorité, ou bien au service de la minorité. La seconde critique concerne la nature de l’Etat : L’Etat est aujourd’hui confisqué par les puissances d’argent, c’est-à-dire la haute-bourgeoisie. Il s’agit bien de briser cet Etat et de laisser le peuple et son avant-garde, composé de la classe ouvrière, construire un nouvel Etat, comme cela  a été fait par les Communards en 1871.

    A noter que le GODF a effectué sa « révolution culturelle », et, après divers « pas de clercs », procède enfin à l’initiation des femmes, traitées comme étant « des frères » comme les autres.

    Cependant, la « mécanique » maçonnique conserve toute son efficience, et la force de l’égrégore agit indépendamment de la volonté et des désirs des individus. Cette force conduit plus que jamais à affirmer l’égalité (sociale de tous), la liberté (démocratique) et la fraternité (entre les peuples).

    Aujourd’hui, la bourgeoisie est divisée en trois branches : la « droite républicaine » (ce sont les successeurs de Cavaignac, de Thiers et de de Gaulle), la gauche sociale-démocrate (ce sont les successeurs de Blum et de Mitterrand) et le fascisme (ce sont les successeurs du général Boulanger et de Pétain). Pour défendre ses intérêts propres, chacune de ces branches essaie de mobiliser le peuple.

    Malgré toutes les tentatives d’entrisme, de la part des fascistes, la franc-maçonnerie n’est pas soluble dans l’idéologie fasciste. Les valeurs défendues par la franc-maçonnerie ne pourront jamais être partagées avec le fascisme.

    La « mécanique » maçonnique est un instrument de coercition, et éventuellement d’éjection, des membres qui tenteraient de tirer la couverture à eux, tels Cahuzac et consorts. Ceux qui, comme Cahuzac, sont des maçons de pacotille, qui pensent se cacher dans les loges pour se livrer aux pires prévarications, sont éjectés et livrés à la justice populaire. Il en a été ainsi des maçons girondins en 1793, qui ont eu la « gorge tranchée », en conformité avec leur engagement maçonnique. Divers maçons, qui étaient des républicains sociaux et des révolutionnaires, lors de la Commune de Paris de 1871, qui sont devenus ensuite « possibilistes », boulangistes et même monarchistes, se sont retrouvés dans les poubelles de l’Histoire.

    Aujourd’hui, une partie des maçons s’engage pour la fraction de droite de la bourgeoisie (par exemple Alain Bauer en faveur de Sarkozy), une autre partie des maçons se met à la remorque de la fraction sociale-démocrate de la bourgeoisie (par exemple Mélenchon).

    Si la maçonnerie veut être à nouveau initiateur et déclencheur des valeurs, dont celles du travail et du logement pour tous, ce n’est ni l’une ni l’autre orientation qu’il convient de prendre. L’enjeu, ce n’est ni la droite, ni la gauche, bourgeoises l’une et l’autre, ce qui serait se mettre au service de la minorité la plus riche, au service du MEDEF, mais l’enjeu est de cliver la franc-maçonnerie sur la force populaire, ce qui est se mettre au service du plus grand nombre, de l’intérêt général et donc au service du peuple.

    Une fois donnée l’impulsion initiale, il convient d’avoir suffisamment confiance dans le peuple pour que celui-ci conquière son autonomie et crée une République sociale, à l’image de ce qui se déroule dans les loges, et de ce que la Commune a réalisé en 1871 à Paris.

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