• La fonction de la franc-maçonnerie en France (2° partie)

    Dans Les Francs-Maçons des années Mitterrand, Grasset, 1994, Patrice Burnat et Christian de Villeneuve ont refait l’enquête sur l’attitude de Charles Hernu durant l’Occupation. Selon eux, ce dernier n’a pas eu le passé de résistant dépeint par certains de ses biographes. D’après des témoins, il aurait participé au ministère vichyssois de l’Information. Arrêté à Lyon à la Libération, il est accusé d’avoir dénoncé une famille juive de Grenoble et fera trois mois de prison dans cette ville, avant d’être libéré sans jugement. C’est un maçon, ami de son père, maçon également, Maurice Berla, secrétaire du comité d’épuration de Lyon, qui lui aurait permis d’être épargné à la Libération.

     

     

    Outre la contradiction entre le peuple français et l’ennemi nazi, sur le sol nationale, il coexiste également la contradiction principale entre la bourgeoisie et le prolétariat. Le prolétariat, dans le cadre de la guerre impérialiste, a ses objectifs propres, qui sont l’insurrection et l’instauration d’une dictature du prolétariat.

    Le parti communiste chinois, grâce à Mao Tsé-toung, a su brillamment mener ces deux contradictions à leur terme : lutte contre l’envahisseur japonais, et lutte pour l’instauration d’un Etat de démocratie nouvelle, puis d’un Etat socialiste.

    En France, le PCF n’avait pas de Pensée-Guide. Ses chefs, Thorez et Duclos, étaient à la tête d’une ligne opportuniste de droite. S’ils ont mené la guerre contre la bourgeoisie fasciste, représentée par Pétain et Laval, ils n’ont pas prôné l’autonomie prolétarienne, mais se sont mis à la remorque de la bourgeoisie « républicaine », représentée par de Gaulle. En cela, ils ont fait servir le prolétariat comme force d’appoint d’une fraction de la bourgeoisie contre une autre fraction de la bourgeoisie. Le vainqueur de la contradiction entre bourgeoisie et prolétariat, c’est en fin de compte de Gaulle.

    Ainsi, la bourgeoisie a pu instaurer une république bourgeoise ; les deux fractions de la bourgeoisie se sont ensuite réconciliées pour mener la lutte du camp impérialiste contre le camp socialiste.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Deuxième partie : Le programme du Conseil National de la Résistance, programme bourgeois de restauration du capitalisme français

     

    Si le programme du CNR est un programme stratégique, il y a alors mensonge sur la marchandise de la part du PCF : car c’est un programme de restauration du capitalisme traditionnel français. Sans doute ce programme met fin à la phase fasciste du capitalisme français, phase ouverte par le Régime de Vichy en 1940, mais il ne met pas le pied à l’étrier de la classe ouvrière pour aller vers l’étape stratégique qu’est la sienne : la destruction de l’ancien Etat, l’Etat bourgeois, et l’instauration d’un nouvel Etat, l’Etat socialiste.

    Par opportunisme, les dirigeants du PCF privent donc la classe ouvrière de toute autonomie et la place sciemment à la remorque de la classe bourgeoise, pour l’instauration d’une Quatrième République.

    En fin de compte, les dirigeants du PCF n’ont anticipé aucune étape, et ont déjà renoncé à la révolution socialiste, se plaçant dans une optique, non pas de luttes des classes, mais d’une lutte pour les places (places de parlementaires, de conseillers généraux, de maires,…). Ceci explique leur volonté de rendre les armes, de faire fusionner les FTP avec l’armée bourgeoise : c’est la stratégie de traîtrise : « Un seul Etat, une seule armée, une seule police ». Puis bientôt, l’appel est lancé pour un productivisme effréné en faveur des entreprises bourgeoises.

    Puis peu à peu, le P « C » F est devenu un embryon du social-impérialisme russe.

    On peut lire, en 2013, une afficha du PCF/Front de Gauche, ainsi libellée : « Prenez le pouvoir. La VI° République, c’est maintenant ». Quelle duperie. Après cinq républiques bourgeoises, les ouvriers et le peuple sont appelés à créer une sixième république bourgeoise rénovée. Ainsi, le PCF a renié définitivement son objectif de rupture avec le capitalisme, de révolution sociale et d’instauration d’un nouveau système, le socialisme. Il s’agit seulement de faire la « révolution citoyenne » dans les urnes, et de remplacer un système ancien et pourri par un système rénové et « moins » pourri. « Voter, c’et lutter » : comme si cela allait changer la vie quotidienne des ouvriers et du peuple !

     

    Un des facteurs clés qui permet de départager les personnes en 1940 et le vote ou non des pouvoirs spéciaux au maréchal Pétain. C’est un des marqueurs essentiels de cette époque. Il ne faut jamais oublier que Pétain a été mis en place par une chambre « de gauche » : socialisme et fascisme sont bien deux frères jumeaux.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Troisième partie : Le rôle de la franc-maçonnerie

     

    La franc-maçonnerie ne pouvait pas voir plus loin que l’avant-garde de la classe ouvrière, qui est devenue la classe la plus avancée de la société. Dans la mesure où les intérêts stratégiques de cette classe ont été trahis par les dirigeants révisionnistes et opportunistes de celle-ci, la seule optique était la réalisation du programme du CNR.

    Pourtant, depuis la Révolution française de 1789, mais surtout depuis les révolutions de 1848 et de 1871, se sont posées avec de plus en plus d’acuité les questions de la démocratie, de la liberté et de l’égalité.

    Ces problèmes se posent de la façon suivante :

    ·   L’Etat bourgeois, c’est la liberté, pour une minorité de plus en plus restreinte d’exploiter d’autrui. C’est l’absence de démocratie et d’égalité pour le plus grand nombre. C’est une organisation parfaite de la micro-économie, au niveau de chaque entreprise prise individuellement. Mais c’est l’anarchie au niveau de la macro-économie et de l’organisation de l »’économie dans son ensemble.

    ·   L’Etat socialiste, c’est la démocratie et l’égalité pour la majorité, une organisation planifiée de l’économie, assurant à chacun des moyens de vivre (travail, logement, loisirs,…). C’est aussi la dictature sur la minorité des anciens exploiteurs. Le point clé est la collectivisation des moyens de production.

    ·   La société, dans son ensemble aspire au socialisme, et donc à une prise en charge de l’économie par la classe ouvrière et ses alliés.

    En conséquence, seul le socialisme véritable est satisfaisant quant à l’application des principes de « Liberté, Egalité, Fraternité ».

    Comme en 1789, 1848 ou 1871, les classes privilégiées n’accepteront pas de gaité de cœur de renoncer à leurs privilèges.

    Le passage de l’ancien système au nouveau système nécessite donc une période difficile, de rupture, une période révolutionnaire, qui sera forcément une période de guerre populaire.

    Il convient donc de s’y préparer, le contexte général pouvant être, soit une paix relative entre les Etats, soit une guerre entre les nations. Pour la classe ouvrière, il est donc nécessaire de la préparer idéologiquement, afin d’éviter qu’elle ne rate à nouveau le coche et ne se mette de nouveau à la traîne d’une fraction de la bourgeoise, que cette fraction soit de droite, de « gauche » ou ouvertement fasciste. La classe ouvrière, ainsi que ses alliés c’est-à-dire, quel que soit le contexte, notamment entre les nations, paix ou guerre, doit avoir une conscience claire de ses intérêts propres stratégiques, et mène la lutte jusqu’au bout, sans se laisser dévoyer par les révisionnistes, composante de la bourgeoisie au sein de la classe ouvrière.

     

    C’est avec raison que le Régime de Vichy a désigné la franc-maçonnerie comme un ennemi mortel : en effet la franc-maçonnerie irrigue la société de principes républicains qui vont tout à fait à l’encontre du fascisme et même du capitalisme.

     

    Il est capital d’étudier la réalité historique telle qu’elle est.

    Par exemple, différents dictionnaires de francs-maçons font l’impasse sur le fait que certaines personnalités étaient francs-maçons, comme Pierre Laval. D’autres francs-maçons sont devenus collaborationnistes et fascistes. Ignorer ce fait, c’est un peu éluder la réalité.

    Il est important de mesurer le nombre de francs-maçons qui sont devenus d’une part résistants, et d’autre part collaborationnistes et fascistes. C’est un phénomène probant, tout comme les communistes qui se sont transformés en leur contraire et sont devenus fascistes, comme Jacques Doriot.

    Certains historiens affirment qu’il y avait plus de francs-maçons du côté de la collaboration et de l’Occupant, que du côté de la résistance : ceci est un élément à étudier ;

    Il en a été de même à toutes les époques historiques :

    ·   Lors de la Révolution française de 1789, certains francs-maçons étaient hostiles à cette Révolution (les émigrés, La Fayette,…) , d’autres se sont comportés en traîtres (Mirabeau,…).

    ·   Lors de la Commune de Paris de 1871, certains francs-maçons étaient opposés à ce mouvement (les Versaillais, les anciens généraux de Napoléon III,…). De nombreux francs-maçons, communards, se sont transformés en boulangistes ou conservateurs (Rochefort, Malon,…).

     

    Voici quelques éléments qu’il serait utile d’étudier d’un point de vue statistique, sociologique et psychologique :

    1. L’évolution sociologique des francs-maços dans les ateliers :

    ·  Au XVIII° siècle : présence d’aristocrates et de la haute-bourgeoisie ;

    ·  Au XIX° siècle : présence de la bourgeoisie et de la petite-bourgeoisie (artisans, aristocratie ouvrière,…).

    A chacune de ces périodes, la fraternité est « censitaire », et se caractérise par l’absence des classes populaires. Il y a une ségrégation sociale, organisée notamment par le recours aux « hauts-grades », et les loges « entre-soi ». Par exemple, au XX° siècle, il existe des loges composées exclusivement de médecins, d’avocats et de magistrats, d’hommes politiques, de chefs d’entreprise,…. Il y a une forme de fraternité spécialisée « entre-soi », ce sont les « fraternelles ».

    2.     L’évolution de la mythologie maçonnique et des rites, des divers thèmes, comme l’égalité. Par exemple, un trait de génie des initiateurs de nouveaux rites a été l’introduction de la maçonnerie templière, et de la lutte contre les deux piliers de l’oppression, le Roi et l’Eglise. Autre exemple : la liberté. La loi du frère Le Chapelier a conduit à l’interdiction de tous les regroupements, y compris les réunions de loges.

    3.     La fonction de la « machinerie » maçonnique, et de l’égrégore maçonnique. Si la « tradition » maçonnique traverse toutes les périodes, son objectif reste le même : c’est préparer l’étincelle qui « met le feu à la plaine ». Plus précisément, c’est l’élément qui associe une partie des classes « d’en-haut » aux mouvements révolutionnaires. La franc-maçonnerie place une partie des classes privilégiées dans une position résolument progressive. Elle est un élément déclencheur des crises sociales majeures et des révolutions.

    La franc-maçonnerie contribue à scinder les classes privilégiées en deux fractions : l’une conservatrice, l’autre progressive. Ceci en deux périodes bien distinctes : d’abord, entre deux crises, la franc-maçonnerie sert de moyen, parmi d’autres moyens (académies, clubs,…), de diffusion des « lumières » dans l’ensemble de la société, en propageant des thèmes comme la liberté, l’égalité, la fraternité, la laïcité … dans l’ensemble du tissu social. Ensuite, elle sert à déclencher la crise en mettant en mouvement, par une scission avec ses éléments réactionnaires, une fraction de la classe privilégiée, entraînant les classe populaires dans ce mouvement d’édification d’une société nouvelle.

    Dans ce cadre, il convient de distinguer une maçonnerie « purement théorique », qui reste au niveau des mots, et une maçonnerie pratique, qui considère que ses valeurs sont des réalités à mettre effectivement en œuvre pour la première maçonnerie, dite « théorique », les valeurs sont des faire-valoir, la fraternité a un aspect « bisou nounours », tout à fait irréel et éthéré. Pour la maçonnerie pratique, les valeurs sont prises « au mot », et doivent trouver leur réalisation dans la réalité sociale.

    Les francs-maçons, hommes politiques, sont souvent peu assidus en loge, mais ils calent leur manière d’être sur leurs « électorats ».

    Concernant le féminisme, l’Obédience du GODF a eu longtemps une manière de voir rétrograde et patriarcale. C’est ainsi que les responsables de l’obédience ont du violenter la majorité pour imposer, de façon très pau démocratique, l’initiation des femmes.

    4.     Chaque loge de fait, agit sur la Cité, en vertu de l’adage : « Répandre à l’extérieur du Temple les vérités acquises ». Ceci se manifeste notamment par une opposition irréductible de la franc-maçonnerie par rapport à l’extrême-droite, le fascisme, le racisme, l’antisémitisme, c’est-à-dire toute forme de fanatisme.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    ANNEXE 1 : REPERES CHRONOLOGIQUES

    1944

    Janvier : Arrestation de Marcel Prenant

    1° février : Création des FFI

    15 mars :    Publication du « Programme du CNR »

    Mars :     La Milice et les Allemands donnent l’assaut au plateau des Glières

    1-4 avril :    Fernand Grenier et François Billoux entrent au gouvernement provisoire d’Alger

    4 juin :        Prise de Rome

    6 juin :        Débarquement des Américains et des Anglais en Normandie

    31 juillet    Percée d’Avranches (du 06/06 au 31/07, les Allemands avaient pu contenir les alliés en Normandie

    2 août :    Rédaction du texte de l’affiche de mobilisation d’Ouzoulias

    7 août :    Nomination de Von Choltitz, commandant du « Gross Paris »

                    Ouzoulias à Saint Rémy pour soumettre l’affiche à Tillon

    8 août :    Eisenhower et Bradley envisagent de contourner Paris

    Tillon écrit à Rol FTP, mais chef des FFI de la région parisienne pour mettre sous ses ordres tous les FTP de la région parisienne

    10 août :   Début de la grève des cheminots parisiens. Affichage de l’affiche d’Ouzoulias. Appel à l’insurrection de Paris par le CMN des FTP

    11 août :     Libération de Chartres

    13 août :     Grève de la gendarmerie dans la région parisienne

    15 août :     Grève de la police parisienne. Débarquement franco-américain en Provence. Tillon établit son QG avenue de Saint-Mandé

    17 août :     Libération d’Orléans

    18 août : Grève générale lancée par les syndicats. Libération des prisonniers politiques de la Santé. Affiche à l’insurrection du PCF, signée de tous les élus du Parti>. Jean Jérôme libéré

    19 août   Début de l’insurrection parisienne et occupation de la préfecture de police

    20 août :     Trêve à Paris

    21 août :      Les combats reprennent à Paris

    23 août :     La 2° DB de Leclerc s’ébranle en direction de Paris. Duclos écrit à Lecoeur et lui demande de joindre Allais (Tillon)

    24 août :     Trois chars de Leclerc (Capitaine Dronne) à l’Hôtel de Ville

    25 août :     Reddition de Von Choltitz. Duclos et Frachon rentrent à Paris

    26 août :   De Gaulle descend les Champs Elysées. Festivités au siège du Parti

    6 septembre : Entrevue Duclos-De Gaulle

    9 septembre : Tillon ministre de l’air, Billoux ministre de la santé

    23 novembre : Entrée de Leclerc à Strasbourg

    27 novembre : Retour de Thorez à Paris

    27 décembre : Fabien saute sur une mine

    1945 et après

    Février 1945 : Conférence à Yalta (Staline, Roosevelt, Churchill)

    8 mai 1945 :    Capitulation de l’Allemagne nazie. Massacre de Sétif, en Algérie (45 000 morts).

    6 septembre 1945 : Frachon co-secrétaire général de la CGT (avec Jouhaux)

    21 novembre 1945 : 5 ministres communistes au gouvernement (Torez, Tillon, à l’armement, Billoux, Marcel Paul, Croizat)

    20 janvier 1946 : De Gaulle démissionne de la présidence du conseil

    29 janvier 1946 : Gouvernement Gouin : Thorez vice-premier ministre, 5 ministres communistes (Tillon, Croizat, Paul, Billoux et Casanova) et 2 sous-secrétaires d’Etat, Lecoeur au charbon et Patinaud

    4 décembre 1946 : A la Chambre 23 voix (sur 579) manquent à Thorez pour être investi premier ministre

    4 mai 1947 : Le premier ministre Ramadier révoque les ministres communistes

    22 septembre 1947 : Ouverture en Pologne de la conférence de Slarska-Porcha. 9 Partis Communistes sont représentés. Autocritique de Duclos au nom du PCF. Les Partie Communistes se plongent dans la guerre froide

    Novembre 1947 : Vague de grèves très violentes, surtout dans les mines

    Fin 1947 :    Raph transfère le dispositif clandestin à Lecoeur

    Avril 1948 : Jouhaux fait scission de la CGT pour créer FO

    10 octobre 1950 : Thorez, malade, part se faire soigner à Moscou

    28 mai 1952 : Manifestation contre « Ridgway la peste ». Arrestation de Duclos (affaire des pigeons)

    1° juillet 1952 : Remise en liberté de Duclos

    1° septembre 1952 : Mise en accusation de Marty et Tillon au Bureau Politique

    5 mars 1953 : Mort de Staline

    5 mars 1954 : Mise en accusation de Lecoeur devant le comité central. Suicide de Camphin

    25 février 1956 : XX0 congrès du PCUS à Moscou, Rapport de Khrouchtchev sur les crimes de Staline

    11 juillet 1964 : Mort de Thorez

    Juin 1967 : Frachon laisse le secrétariat général de la CGT à Georges Séguy

    Juin 1969 : Jacques Duclos, candidat aux élections présidentielles obtient 21,5 % des suffrages exprimés

    3 juin 1970 : Appel de Tillon, Garaudy, Kriegel-Valrimont et Pronteau contre la politique de normalisation en Tchécoslovaquie

    3 juillet 1970 : Tillon exclu du Parti

    25 avril 1975 : Mort de Jacques Duclos

    4 août 1975 : Mort de Benoît Frachon

    Juillet 1993 : Mort de Charles Tillon

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    ANNEXE 2 : BIBLIOGRAPHIE :

    A Les éléments du communisme. Friedrich Engels. Socialisme utopique et socialisme scientifique ; 1944

    B Karl Marx et Friedrich Engels. Manifeste du pari communiste. 1944

     

    1 Haute trahison crime des trusts ; La France accuse !

    2 L’école élémentaire du Parti Communiste Français – Première série – Leçon n° 1. L’économie et les classes sociales en France. Septembre 1945

    3 L’école élémentaire du Parti Communiste Français – Première série – Leçon n° 3 L’économie et l’Etat socialistes. Septembre 1945

    4 L’école élémentaire du Parti Communiste Français – Première série – Leçon n° 4 La nation. Novembre 1945

    5 L’école élémentaire du Parti Communiste Français – Première série – Leçon n° 5 Le Parti. Novembre 1945

    6 L’école élémentaire du Parti Communiste Français – Première série – Leçon n° 6 Les principes de la politique communiste. Décembre 1945

    7 La vie du Parti. Novembre-Décembre 1944

    8 La doctrine communiste. Marx, Engels, Lénine, Staline en six cours. Les bases théoriques du communisme.

    9 Histoire du Pari Communiste Français ; Vingt-cinq ans de lutte pour le salut du peuple de France. 1944

    10 Les communistes dans la bataille pour la libération de la France. Rapport présenté au comité central du Parti Communiste Français le 31 août 1944 par Jacques Duclos.

    11 S’unir pour vaincre le fascisme et pour reconstruire la France c’est exécuter le testament de nos héros. Discours prononcés au Vélodrome d’Hiver le 14 décembre 1944 par Jacques Duclos secrétaire du Parti Communiste Français et Maurice Thorez, secrétaire général du Parti Communiste Français à la manifestation commémorative de l’assassinat de Gabriel Péri et Lucien Sampaix « morts pour que vive la France ».

    12 La politique extérieure de la France et l’indépendance nationale par Florimond Bonte, député de Paris, membre de l’Assemblée consultative, discours prononcé le 21 novembre 1944 devant l’Assemblée consultative Préface de Marcel Cachin.

    13 Amicale des juristes communistes. Etienne Fajon Député de la Seine ; Les communistes et la propriété. Conférence prononcée le 6 décembre 1944. Salle des sociétés savantes

    ANNEXE 3 :

    Acteurs de la période 1939-1945 ayant appartenu avant, pendant ou après à la Franc-maçonnerie. Collaborateurs. Divers. 

     

    A

     

    Jean Pierre Abel, son vrai nom est René Château (1906-1970) : Philosophe, militant radical-socialiste. Collaborateur. Elève d’Alain. Agrégé de philosophie. Franc-maçon, initié au Grand Orient de France. Il est élu en 1936 député de Charente-Inférieure sous l’étiquette du Parti radical-socialiste Camille Pelletan. Vichyste. En 1940, il vote les pleins pouvoirs à Philippe Pétain. Sous l’occupation, il entre à L’œuvre de Marcel Déat, puis il est nommé à la direction de La France socialiste, quotidien qui deviendra La France au travail, et où il dénonce, en 1942, le « rôle des trois internationales : la capitaliste, la bolchevique, la juive », et s’en prend particulièrement à cette dernière. Pendant les années 1950, il reprend ses publications philosophiques sous son véritable nom.

     

    Otto Abetz (1903-1958) : Ambassadeur de l’Allemagne à Paris pendant la Seconde Guerre mondiale. Enseignant. Il rejoint le parti nazi en 1931. Il fut initié à la franc-maçonnerie, membre de la loge Goethe de la GLF. En 1932, il épouse Suzanne de Bruyker, française et secrétaire du journaliste Jean Luchaire.

     

    Georges Albertini (1911-1983) : Socialiste et pacifiste avant la Seconde guerre mondiale, il passe à l’extrême droite et s’engage dans la collaboration. Après guerre, il anime la revue anticommuniste Est-Ouest et devient une éminence grise de Georges Pompidou. Professeur. Militant de la SFIO en 1932. Il devient en 1942 le second de Marcel Déat en exerçant la fonction de secrétaire administratif et organisateur du Rassemblement national populaire (RNP), acquis à la collaboration avec l’Allemagne nazie. Il s’illustre notamment par son zèle de sergent recruteur contre la Résistance, par un anticommunisme et un antisémitisme particulièrement violents. Un de ses éditoriaux à National populaire, en juin 1942, s’intitule : « Le communisme, entreprise juive ». Condamné à la Libération, il bénéficie d’une clémence assez incompréhensible. Ami de Vincent Auriol. Il devient après guerre anticommuniste, et parmi ses contacts, on trouve Jean Baylot, fondateur de la Grande Loge nationale française, ou encore Henri Frenay. Il fut le conseiller occulte – via Claude Harmel, pseudonyme de l’ancien collaborateur Guy Lemonnier – de, entre autres, Alain Madelin, Patrick Devedjian, Gérard Longuet et Hervé Novelli, et, via l’Institut d’histoire sociale, de Georges Pompidou.

     

    Henri, Albert, François, Joseph Raphaël Alibert (1887-1963) : Juriste. Monarchiste catholique. Maître des requêtes au Conseil d’Etat. Proche de l’Action française. A partir de 1937, il devient un proche du maréchal Pétain. Collaborateur, ministre de Vichy, il a mis en place une législation antisémite. Il fait réviser les naturalisations. Vichyste. Le 13 août 1940, il promulgue la loi de dissolution des « sociétés secrètes » (franc-maçonnerie et autres) ainsi que des lois à caractère antisémite (lois Alibert). Il met en place la Cour suprême de justice. Il sera signataire du statut des Juifs d’octobre 1940. A la Libération, il est condamné à mort par contumace, à la dégradation nationale à vie et à la confiscation de ses biens le 7 mars 1947. En exil en Belgique, il est finalement amnistié en 1959 par le Général de Gaulle.

     

    Robert Amadou (1924-2006) : Franc-maçon du Rite Memphis-Misraïm (initié en juin 1943 par Robert Ambelain). Maître écossais à la Grande Loge Nationale Française Opéra (mars 1966).

     

    Emilien Amaury (1909-1977) : Homme de presse. Issu d’un milieu modeste. Secrétaire de Marc Sangnier. Sous l’Occupation, Amaury se voit confier par le régime de Pétain la diffusion de sa propagande sur le thème de la famille. Dès 1941, il anime « le groupe de la rue de Lille », un groupe clandestin luttant contre la propagande et l’occupant. Le groupe met ses imprimeries au service des mouvements de résistance. Le groupe imprime les appels du général de Gaulle, mais aussi de faux documents pour la résistance (papiers d’identité, laissez-passer, cartes d’alimentation, feuilles de démobilisation, etc.), des milliers de tracts et affiches.

     

    Robert Ambelain pseudonyme Aurifer (1907-1997) : Franc-maçon. Homme de lettres. Historien. Il fut Grand maître mondial de la Grande Loge de Memphis-Misraïm.

     

    Etienne Antonelli : Professeur d’économie politique à la Faculté de Droit de Lyon. Economiste. Député SFIO de la Savoie de 1924 à 1932. Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF en 1933-1936.

     

    Paul Anxionnaz (1902-1997) : Polytechnicien. Il entre en maçonnerie en 1926, à la loge «Liberté ». Membre du Parti Radical. Pendant la guerre, il se rallie à de Gaulle et rejoint les Forces Françaises Libres. En 1944, il est membre de l’Assemblée consultative provisoire, antigaulliste. Elu député de la Marne en 1946. Radical mendésiste. Il accède aux ateliers supérieurs, il est admis au chapitre « L’Avenir » en 1964, au Conseil Philosophique de « L’Etoile Polaire » en 1967, et au Grand Collège des Rites en 1972. Elu au Conseil de l’Ordre du GODF en 1962, il en devient Grand Maître en 1964. Puis il est à nouveau Grand Maître de 1966 à 1969. En 1964, l’obédience regroupe 450 loges.

    Il dirige le Grand Orient au moment des événements de 1968 qui provoquent un vif émoi dans les loges. L’obédience prend position en faveur des étudiants et des grévistes et couvre Paris d’affiches. Un groupe de jeunes maçons d’extrême gauche s’installe rue Cadet, forme un comité de vigilance révolutionnaire et n’accepte de se retirer qu’après négociations. Le Grand Orient fait parvenir des vivres et des médicaments aux étudiants retranchés dans la Sorbonne. En 1969, les loges décident de répondre aux aspirations de la jeunesse, et s’intéressent à la sexualité et à la loi du silence.

     

    Victor Noël Arrighi (1900-1945) : Issu d’une famille de postiers d’origine corse, il est membre du PCF, puis devient directeur de la « Banque Ouvrière et Paysanne » dépendant de ce parti. Exclu du PCF en 1924, il devient radical de 1930à 1936. En 1936, il devient secrétaire général du PPF de Jacques Doriot. Antisémite. A Vichy, pendant l’occupation.

     

    Emmanuel d’Astier de La Vigerie (1900-1969) : Issu d’une famille anoblie en 1929, sous la Restauration. Ses années de lycée seront marquées par son adhésion à l’Action française. Ecrivain et politique. Résistant, il fonde le mouvement de résistance Libération-Sud et le journal Libération. Il devient, en novembre 1943 et jusqu’en septembre 1944, commissaire à l’Intérieur de la France libre. Après-guerre, il sera l’un des compagnons de route du PCF, puis gaulliste de gauche.

     

    Raoul Aubaud (1881-1966) : Député radical de l’Oise de 1928 à 1940. Secrétaire général du Parti radical-socialiste en 1934. Le 10 juillet, il vote en faveur du projet de loi constitutionnel accordant les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF en 1930-1933.

     

    Julien Aubart Obarjansky (1921-1977) : Julien est déporté en 1943 à Auschwitz. Il sera du nombre des survivants de ce camp d’extermination.

     

    Lucie Aubrac, de son vrai nom Lucie Samuel, née Bernard (1912-2007) : Résistante. Epouse de Raymond Aubrac.

     

    Raymond Aubrac, de son vrai nom Raymond Samuel (1914-2012) : Fils de commerçants juifs aisés. Résistant. Ingénieur civil des ponts-et-Chaussées. Il participe, dans la région lyonnaise, à la création du mouvement Libération-Sud, plus tard intégré dans les Mouvements unis de la Résistances (MUR), dont le bras armé fut l’Armée secrète : Aubrac y secondera le général Delestraint.

     

    Gabriel Auphan (1894-1982) : Officier de marine, contre-amiral. Il fut secrétaire d’Etat à la Marine du gouvernement de Vichy. Il défendit la thèse du double-jeu de Vichy, restant loyal à la mémoire du maréchal Pétain.

     

    Jules Vincent Auriol (1884-1966) : Avocat. Ministre socialiste des Finances, de 1936 à 1937, dans le cabinet du Front populaire dirigé par Léon Blum, puis garde des Sceaux de 1937 à 1938, dans le troisième et quatrième, cabinet de Camille Chautemps. Il est l’un des 80 parlementaires à refuser de voter les pleins pouvoirs au maréchal Pétain, le 10 juillet 1940. Président de la République sous la IV° République.

     

    B

     

    Henri Barbé (1902-1966) : Ouvrier métallurgiste. Il adhère à 15 ans aux Jeunesses socialistes. Partisan de l’adhésion à la III° Internationale, il opte pour le Parti Communiste Français, à la scission de Tours de décembre 1920. En 1926, il est promu secrétaire général des Jeunesses Communistes. En 1928, il est membre de l’exécutif de la III° Internationale. En avril 1929 et jusqu’en juillet 1930, il remplace Pierre Sémard à la Tête du PCF, dans une équipe qui comprend également Maurice Thorez, Benoît Frachon et Pierre Celor. En 1931, il est éliminé du Bureau Politique, et remplacé par Thorez. En 1934, il rejoint Jacques Doriot, avec lequel il fonde le Parti populaire français (PPF). Sous l’Occupation, il rejoint le RNP de Marcel Déat. Condamné aux travaux forcés à la Libération, il est relâché à la fin de 1949. Il participe à la revue anticommuniste Est et Ouest. En 1959, il se convertit au catholicisme et se fait baptiser.

     

    Charles Barlet, ou François Charles Barlet, nom de plume d’Albert Faucheux (1838-1921) : Occultiste. Directeur de l’Enregistrement. Un des premiers membres de la branche française de la Société Théosophique.

     

    Joseph Barthélemy (1874-1945) : Juriste. Vichyste. Ministre de la justice sous le régime de Vichy. Docteur en droit en 1900, puis agrégé en 1906. Député du Gers en 1919. Ennemi du Front populaire, et opposé au soutien de la France aux républicains espagnols. Il justifie la cession des Sudètes à l’Allemagne nazie en 1938. Il rallie le régime de Vichy dès août 1940, et il est ministre de la justice du 27 janvier 1941 au 26 mars 1943. Signataire de la loi sur le statut des juifs du 2 juin 1941.

     

    Paul Louis Arthur Baudouin (1894-1964) : Inspecteur des Finances. Ministre des Affaires étrangères du 17 juin au 26 octobre 1940 dans le gouvernement Philippe Pétain, puis dans celui de Laval. Il signe la loi en date du 3 octobre 1940 portant statut des juifs aux côtés de Philippe Pétain, Pierre Laval, Raphaël Alibert, Marcel Peyrouton, Charles Huntziger, Yves Bouthillier et François Darlan.

     

    Alfred Baudrillard (1859-1942) : Fils de l’économiste Henri Baudrillard. Cardinal en 1935. Universitaire. Historien. Ecrivain. Recteur de l’Institut catholique de Paris. Membre de l’Académie française en 1918. Apprécié du président Raymond Poincaré, du maréchal Foch et d’Aristide Briand. Vichyste. En 1940, son anticommunisme le fait basculer dans la collaboration. Il ^participe à plusieurs manifestations de collaborateurs parisiens.

     

    Jean Félix Baylot (1897-1976) : Carrière administrative dans la poste, puis préfet. Franc-maçon. Il reçoit entre 1921 et 1923 les trois degrés maçonniques dans la loge parisienne « La Fraternité des Peuples » et s’affilie en 1929 aux « Amis de l’Humanité ». A partir du printemps 1941, il devient l’un des principaux animateurs de la résistance maçonnique. Ecrivain, partisan de l’Algérie française, rallié au général de Gaulle, Baylot fait campagne pour le oui au référendum de 1958. Durant ces années, Baylot est réélu deux fois au Conseil de l’Ordre. Il est également cofondateur des loges « Rectitude » (Marseille) et « Europe Unie » (Paris). En 1958, il rompt avec le Grand Orient et rejoint la Grande Loge Nationale Française, dite « Bineau ». Il cofonde plusieurs ateliers, dont la loge de recherches n° 81 Villars de Honnecourt (1966). Auteur de La voie substituée (1968), ouvrage sur l’évolution du Grand Orient de France au XIX° siècle. Préfet de police de Paris de 1951 à 1954, c’est sous sa responsabilité que la police réprime violemment une manifestation d’Algériens, le 14 juillet 1953, où sept manifestants sont tués.

     

    René Belin (1898-1977) : Syndicaliste. Syndicaliste CGT, élu en 1933 au Bureau confédéral, il anime une tendance très anticommuniste autour de l’hebdomadaire Syndicats. Vichyste. En 1940, il choisit la voie de la Révolution nationale et devient ministre du travail de Pétain du 14 juillet 1940 au 18 avril  1942. Il signe la loi du 3 octobre 1940 portant statut des juifs. Il est le principal rédacteur de la Charte du travail, un corporatisme à la française qui doit unir patrons et salariés.

     

    Pierre de Bénouville (1914-2001) : Résistant. Ecrivain. Général de brigade. Pendant sa jeunesse, il milite aux Camelots du roi (17° section), organisation de jeunesse de l’Action française. Il participe aux émeutes du 6 février 1934. Maréchaliste dans un premier temps, il part en janvier 1941, pour l’Afrique du Nord rejoindre les Forces françaises libres. Il devient membre du comité directeur des Mouvements unis de la résistance (MUR). Catholique traditionnaliste, fidèle de Mgr Lefebvre, royaliste.

     

    Georges Bérard-Quélin (1917-1990) : Franc-maçon. Journaliste. Fondateur du club Le Siècle. Membre du parti radical à partir de 1936. En septembre 1940, il est secrétaire général du quotidien collaborationniste La France au travail. En 1942, il entre dans la Résistance (mouvement Espoir).

     

    Jean Bergeret (1895-1953) : Général. Secrétaire de l’Air dans le gouvernement de Vichy du 6 septembre 1940 au 19 avril 1942. Le 24 décembre 1942, après l’Opération Torch, il se rallie au général Henri Giraud et la France libre.

     

    Gaston Bergery (1892-1974) : Sera élevé par sa mère dans un milieu bourgeois. Avocat. En 1928, il est élu député-maire radical de Mantes. Ses prises de position contre le capitalisme et pour la nationalisation des monopoles lui valent le, qualificatif de « radical-bolchevik » de la part de ses adversaires. Bergery entre en rapport avec la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme en 1932 par l’entremise de Georges Pioch, qui était dreyfusard et philosémite, dirigeant de la LICA. Il fonde en 1933 un mouvement antifasciste, le « front commun contre le fascisme, contre la guerre et pour la justice sociale » proche du mouvement Amsterdam-Pleyel et de la Ligue des droits de l’homme, puis, en décembre 1933, le bimensuel frontiste La Flèche. Bergery est élu député du Front populaire. Il approuve les Accords de Munich. La défaite consommée, il rédige le 6 juillet 1940, une motion instaurant un « ordre nouveau, autoritaire, national, social, anticommuniste et anti ploutocratique ».Le 10 juillet, il vote les pleins pouvoirs au maréchal Pétain.  Ambassadeur du régime de Vichy à Moscou d’avril à la rupture des relations diplomatiques en juin 1941. Vichyste. En 1951, il participe à la fondation de l’Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain.

     

    William Bertrand (1881-1961) : Avocat. Député radical de Charente-Inférieure de 1914 à 1919 et de 1924 à 1939. Plusieurs fois ministre. Le 10 juillet 1940, il vote les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF.

     

    Georges Augustin Bidault (1899-1983) : Résistant. Issu d’une famille de propriétaires ruraux fortement attachés au catholicisme. Professeur d’histoire. Résistant dans le réseau Combat à Lyon. Membre du Conseil National de la Résistance (CNR) au 27 mai 1943. Un des fondateurs du MRP pendant la IV° République. Il mène une politique anticommuniste. Partisan de l’Algérie française, membre de l’Organisation de l’armée secrète.

     

    Jean Baptiste Bidegain (1870-1926) : Personnalité du Grand Orient de France impliquée dans l’affaire des fiches. Il devint par la suite militant et essayiste anti maçon. Il se suicida en 1926. Initié en 1893 à la loge Le Travail et Vrais Amis Fidèles de la Grande Loge symbolique écossaise. Il est accueilli au Grand Orient de France par le docteur Blatin président de l’obédience en 1894, et en devient secrétaire rue Cadet. Il fonde en 1902 la très républicaine Revue du XX° siècle, et avec le collectiviste Lucien Deslinières, la loge L’Action Socialiste. Initié au 18° grade, et secrétaire adjoint de l’Ordre. En 1904, sous le sigle « G.T. », il contacte le député nationaliste Jean Guyot de Villeneuve, « écœuré de l’usage que l’on faisait des fiches, voulant, dans un but patriotique, quitter la franc-maçonnerie en criant tout haut la vérité ». Le but est de faire tomber Combes. Pour Bidegain, le GODF refusera toujours d’intégrer des ouvriers, qui selon les directives de l’Ordre, ne doivent être initiés que très exceptionnellement afin de na pas nuire à sa puissance financière. Il a écrit : Le Grand-Orient de France. Sa Doctrine et ses Actes, 1905, Librairie antisémite. .

     

    Pierre Billotte (1906-1992) : Général. Représentant de la France libre à Moscou. Chef d’état-major du général de Gaulle et secrétaire du Comité de défense nationale à Londres. En 1957, il écrit un article paru dans Le Monde contre la torture en Algérie : «  On n’obéit pas à des ordres contraires aux lois de la guerre… La torture, sous quelque forme que ce soit, est condamnable ». Gaulliste de gauche sous la V° République.

     

    Jacques Bingen (1908-1944) : Ingénieur. Figure éminente de la Résistance française, membre de la France libre dès 1940 puis délégué du général de Gaulle auprès de la Résistance intérieure française, du 16 août 1943 à son arrestation par la Gestapo, le 12 mai 1944. Il se suicida pour ne pas parler, et son corps n’a jamais été retrouvé. Il est le beau-frère d’André Citroën.

     

    André Léon Blum (1872-1950) : Issu de la grande bourgeoisie. Un des dirigeants de la SFIO, parti socialiste.

     

    Jean Boissel (1891-1951) : Sergent en 1914, aviateur, mutilé à 100 %. Architecte, journaliste et militant d’extrême droite. Directeur et fondateur de l’hebdomadaire collaborationniste parisien Le Réveil du peuple en 1943. En 1934, il crée une légion frontiste dénommée Front franc (Racisme International Fascisme) se voulant « antimaçonnique, antiparlementaire et antijudéométèque ». En 1936, il fonde la Ligue mondiale antijuive. C’est « Neuneuil » dans D’un château l’autre de Céline. Vichyste.

     

    Emile Bollaert (1890-1978) : Carrière préfectorale de 1919 à 1940. En septembre 1940, ayant refusé de prêter serment au maréchal Pétain, il est relevé de ses fonctions. Il entre dans la Résistance en 1941. Le général de Gaulle, par décret du 1° septembre 1943, le nomme délégué général du Comité français de la Libération nationale auprès du Conseil national de la Résistance, pour remplacer Jean Moulin.

     

    Claude Bouchinet-Serreulles (1912-2000) : Résistant et diplomate. Il embarque sur le Massilia à destination du Maroc. Il s’engage le 23 juillet 1940 dans les Forces françaises libres. Adjoint de Jean Moulin en 1943.

     

    Berthe Bouchet, née Boulanger (1896-1945) : Initiée en 1930 à la Loge n° 36 « Paix-Humanité » du droit Humain, à l’Orient de Nancy. Première femme de la loge à être vénérable en 1937. Arrêtée le 20 mai 1943 par la Gestapo pour fait de propagande et de résistance, elle est déportée à Ravensbrück et gazée au printemps de 1945.

     

    Claude Bourdet alias Lorrain dans la résistance (1909-1996) : Déporté, écrivain, journaliste, polémiste. Militant politique de l’UGS puis du PSU. Il participe à la fondation de Combat avec Henri Frenay, dont il sera membre du comité directeur puis représentant en 1943, lors du départ de Frenay à Londres puis à Alger. Il est l’un des fondateurs du parti socialiste unifié (PSU) en avril 1960. Membre du Conseil National de la Résistance (CNR) au 27 mai 1943.

     

    René Bousquet (1909-1993) : Haut fonctionnaire. A exercé, sous le gouvernement de Pierre Laval, les fonctions administratives de Secrétaire général à la police du régime de Vichy du 18 avril 1942 au 31 décembre 1943, et à ce titre, fut l’organisateur de la Rafle du Vel d’Hiv. En septembre 1941, préfet régional dans la Marne, il se distingue en maintenant en fonction les élus radicaux et francs-maçons. A-t-il été lui-même franc-maçon ? Voir la lettre de Georges Marcou, Grand Maître de la Grande Loge de France du 21 octobre 1977, adressée à Bousquet : « Permettez-moi, cher Monsieur, de vous saluer comme un ami parce qu’en fait, je pense que vous pourriez être mon frère. ».

    Max Lagarrigue, dans 99 questions…La France durant l’Occupation, explique : « Ce haut-fonctionnaire applique méthodiquement la politique vichyste, à quelques exceptions près toutefois. En effet, Bousquet laisse en place des élus radicaux et surtout francs-maçons dont les maires de Vitry et de Reims. Ce dernier, Paul Marchandeau, n’est autre que l’auteur du décret-loi d’avril 1939, interdisant les propos antisémites – attitude qui laisse à penser que Bousquet a été initié à la franc-maçonnerie lorsqu’il exerçait à la préfecture de Montauban. ». Bousquet est assassiné de cinq balles le 8 juin 1993.

     

    Aristide Briand (1862-1932) : Diplomate, onze fois Président du Conseil et vingt trois fois ministre. Député socialiste de Saint-Etienne en 1902.

     

    Jean Bricaud (ou Joanny Bricaud) (1881-1934) : Occultiste. Franc-maçon (irrégulier) du rite Memphis Misraïm.

     

    Michel Brille (1895-1973) : Avocat. Il fait partie des animateurs des sections de jeunesse de l’Alliance démocratique, le grand parti du centre-droit libéral et laïc sous la Troisième République. En 1936, il est élu député de la Somme et siège au sein du groupe unifié de l’AD, l’Alliance des républicains de gauche et des radicaux indépendants. Il vote le 10 juillet 1940, en faveur de la remise des pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Il adhère ensuite aux idées de la Révolution nationale, et devient, en janvier 1943, vice-président du Rassemblement national populaire de Marcel Déat.

     

    Fernand de Brinon (1885- exécuté le 15 avril 1947 au fort de Montrouge, près de Paris) : Issu de la noblesse de robe. Avocat, journaliste. Agent de la collaboration avec les Allemands pendant la Seconde guerre mondiale. Traître à la Nation et espion au service de l’Occupant. Il a épousé au début des années 1930, Jeanne Louise Rachel Franck, juive et divorcée, connue sous le nom de Lisette de Brinon (1896-1982).

     

    Pierre Brossolette (1903-1944) : Initié franc-maçon, en 1927, par la Loge « Emile Zola » de Paris, avant de s’affilier à l’ « Aurore Sociale » de Troyes. Résistant, arrêté en 1944, il se suicida le 22 mars, respectant jusqu’à la mort la loi du silence. Adhère à la Section française de l’internationale ouvrière (SFIO) en 1929. Il est également membre de la Ligue des droits de l’homme et de la Ligue internationale contre l’antisémitisme.

     

    Antoine Frédéric Brunet (1868-1932) : Député républicain-socialiste du département de la Seine de 1914 à 1919 et de 1924 à 1932. Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF.

     

    Gilbert Brustlein (1919-2009) : Militant communiste et résistant. Il a participé, auprès de Fabien, à l’attentat antiallemand du métro Barbès, le 21 août 1941 et surtout, le 20 octobre, à l’attentat de Nantes qui déclencha en représailles l’exécution des 48 otages de Nantes et de Châteaubriant. Auteur en 1989 de Le Chant d’amour d’un « terroriste à la retraite ».

     

    Marcel Bucard (1895-1946) : Membre du Faisceau de Georges Valois, premier parti à se revendiquer ouvertement du fascisme, dès 1925. Il fonde en 1933 le mouvement fasciste, s’inspirant du fascisme italien et participe aux émeutes du 6 février 1934. Vichyste. En 1941, il se range du côté de la Collaboration et reforme son mouvement sous le nom de parti Franciste. Il est cofondateur de la Légion des volontaires français contre le bolchevisme (LVF°. Il est condamné à mort le 21 février 1946, et fusillé le 19 mars dans les fossés du fort de Châtillon.

     

    Maurice James Buckmaster (1902-1992) : Homme d’affaires et journaliste britannique. Chef, pendant la Seconde guerre mondiale, de la section F du service secret britannique SOE (Spéciale Opérations Exécutive), section chargée des actions de sabotage et du soutien de la Résistance intérieure française.

     

    Jean Burger, alias « Mario » (1907-1945) : Issu d’une famille de commerçants grainetiers assez aisée. Instituteur. Militant communiste et résistant. 3000 hommes et femmes auraient participé aux activités du groupe Mario, et parmi les 752 « membres potentiels » de Mario, on compte 22 % d’étrangers.

     

    C

     

    Marcel Cachin (1869-1958) : Directeur de l’Humanité en 1918. Membre du Comité directeur du Parti Communiste Français. Initié franc-maçon à la Loge « La Concorde castillonnaise » en 1889, démissionna en 1901.

     

    Julien Maurice Cain (1887-1974) : Haut fonctionnaire. Administrateur général de la Bibliothèque nationale. Il s’embarque sur le Massilia le 21 juin 1940. Déporté Buchenwald.

     

    Léo Campion (1905-1992) : Chansonnier-humoriste et haut dignitaire de la franc-maçonnerie, qu’il fréquenta pendant plus de 60 ans. C’est le 7 avril 1930 que Léo sera initié à l’atelier bruxellois des « Amis Philanthropes », du Gand Orient de Belgique. Il gravira successivement tous les degrés jusqu’au 33° et siègera au Consistoire d’Ile-de-France. Auteur de « Le drapeau noir, l’équerre et le compas ».

     

    Georges Canguilhem (1904-1995) : Philosophe et médecin. Disciple de Gaston Bachelard. Il pend d’importantes responsabilités dans la direction unifiée des mouvements de résistance en Auvergne.

     

    Antoine Capgras (1876-1964) : Enseignant et directeur d’école. Député SFIO de Tarn-et-Garonne de 1924 à 1932. Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF en 1926-1929. En 1934, il devient secrétaire général du nouveau parti « néo-socialiste », l’Union Socialiste et Républicaine. Pris en otage par la Gestapo, il est libéré en 1944.

     

    Danielle Casanova née Vincentella Perini (1908- Auschwitz, 1943) : Fille d’instituteurs. Militante communiste et résistante, morte en déportation à Auschwitz. Elle a été responsable des Jeunesses communistes, avant de fonder l’Union des jeunes filles de France. En 1928, elle s’engage dans les Jeunesses communistes. Epouse de Laurent Casanova, qui deviendra le secrétaire de Maurice Thorez.

     

    Jean Cassou (1897-1986) : Résistant, écrivain, critique d’art, traducteur et poète. En 1936, il participe au cabinet de Jean Zay, ministre de l’Education nationale et des Beaux-arts du Front populaire. Il est alors favorable à l’aide à la République espagnole, se rapproche du Parti communiste, avec lequel il rompt en 1939, lors du pacte germano-soviétique.

     

    Georges Catroux (1877-1969) : Général d’armée. Ministre de la IV° République. Ambassadeur. Il rejoint de Gaulle.

     

    Jean Cavaillès (1903- fusillé le 17 février 1944 à Arras) : Philosophe, logicien et mathématicien. Héros de la Résistance. Cofondateur du réseau Libération-Sud, il rejoint le réseau Libération-Nord.

     

    Pierre Caziot (1876-1953) : Ingénieur agronome. Ministre du gouvernement de Vichy, il a signé la loi portant statut des juifs du 3 octobre 1940 et la loi antisémite du 2 juin 1941.

     

    Louis Ferdinand Céline, né Louis Ferdinand Destouches (1894-1961) : Médecin et écrivain. Auteur de pamphlets antisémites. Auteur notamment de Bagatelles pour un massacre (1937), L’Ecole des cadavres (1938), et Les Beaux-Draps (1941),

     

    Pierre Louis Joseph Jean Celor (1902-1957) : Fils de coiffeur. Il adhère en 1923 au Parti Communiste Français, dont il devient permanent en 1925. De 1929 à 1931, il est l’un des quatre secrétaires du Comité Central, aux côtés de Maurice Thorez et Henri Barbé, mais il tombe en disgrâce au sein du Komintern. Après un détour par le RNP en 1941, il rejoint en 1942 le Parti populaire français (PPF) de Jacques Doriot. Il est membre du bureau politique de ce parti. Par la suite, il participe à la revue anticommuniste Est et Ouest et devient proche des catholiques traditionnaliste.

     

    Robert Chambeiron (1915-) : Résistant français, compagnon de Jean Moulin. Secrétaire général adjoint du CNR. Membre du Conseil National de la Résistance (CNR) au 27 mai 1943.

     

    Jean Jacques Chapou (1909-1944) : Franc-maçon. Jeune instituteur, qui a été démis de ses fonctions parce qu’il est franc-maçon. Il a pris « Kléber » comme nom de guerre en Corrèze, et « Philippe » dans le Lot. Chef des MUR du lot, il déplore le peu d’activité de la résistance avant le débarquement et rejoint les FTP en mars 1944. Il libère Carjac avec son groupe de résistants, le 10 avril 1944. Il libère Tulle le 7 juin 1944, aux côtés de Marcel Godefroy, plombier de trente ans, militant communiste et ancien de la guerre d’Espagne. Chapou meurt le 16 juillet 1944 près de Bourganeuf (Creuse). Pris dans une embuscade, blessé, il vide son chargeur avant de se donner la mort.

     

    Camille Charvet, née Kahn (1881-1944) : Membre, durant l’entre-deux-guerres, de la Ligue des Droits de l’Homme, du Groupe socialiste féminin, de l’Union rationaliste et de la Libre Pensée, et de la Ligue internationale contre l’antisémitisme et le racisme. Initiée, dans les années 1920, à la fédération du droit Humain. Résistante très active dès le début de la Seconde Guerre mondiale, c’est le 25 janvier 1943 qu’elle est arrêtée par la Gestapo. Torturée, elle est expédiée au camp de Drancy, puis à Auschwitz, le 2 juillet 1944. Servant alors comme infirmière dans un bloc affecté aux malades, elle meurt quelques semaines seulement avant la Libération.

     

    François Chasseigne (1902-1977) : Journaliste. Député de l’Indre en 1932, maire d’Issoudun et membre du gouvernement de Vichy. On dit de lui qu’il est un « ancien communiste passé à la SFIO ». Il vote les pleins pouvoirs pour le maréchal le 10 juillet 1940 à Vichy. Il fréquente Lafont, le chef tortionnaire de la Gestapo française. Pacifiste, il est membre de la Milice. Ami de la LICA (ancienne LICRA) en 1936, il est aux « Amis de la Waffen SS » en 1944.

     

    Alphonse Van Bredenbeck de Châteaubriant (1877-1951) : Né dans une famille noble. Ecrivain. Germanophone, catholique horrifié par le communisme athée, partisan de l’ordre. Chantre de la collaboration durant l’occupation de la France par l’Allemagne nazie. En mai 1937, à l’issue d’un voyage en Allemagne, il publie La Gerbe des forces, où il n’hésite pas à se prononcer en faveur de l’idéologie hitlérienne, voyant une sorte de compatibilité entre le christianisme et le nazisme. Il voit en Hitler un nouveau Messie. Vichyste. Il se range tout de suite du côté de la collaboration. Membre du Groupe Collaboration, il dirige, de juillet 1940 à mai 1941, La Gerbe. On y trouve les signatures de Jean Giono, Paul Morand, Jean Cocteau, Marcel Aymé, Sacha Guitry, etc. Réfugié dans un monastère du Tyrol.

     

    Camille Chautemps (1885-1963) : Il est initié le 8 décembre 1906 aux « Démophiles » du Grand Orient, à Tours. Il est reçu compagnon et maître le 25 juillet 1908, et est élu vénérable le 26 novembre 1910, à 25 ans. Il est réélu l’année suivante. Il retrouve dans sa loge le député René Besnard, conseiller de l’Ordre en 1906. Il s’affilie aux « Enfants de Rabelais », en 1925, et accède au 18°, en 1919, puis au 30°, en 1925, du Rite Ecossais, au chapitre, puis à l’aréopage des « Démophiles ».

    Selon la fiche établie par Vichy, il se serait affilié, en 1931, à la loge « La République » (Grande Loge de France) qui réunit plusieurs parlementaires. L’affaire Stavisky le contraint à abandonner la présidence du Conseil, car des membres de sa famille sont compromis, ainsi qu’un membre des « Démophiles », Louis Proust, aussitôt radié par le Grand Orient. La maçonnerie est mise en cause au congrès radical de Clermont ? Chautemps en prend la défense, lui attribuant le mérite d’avoir formé son intelligence et son caractère. L’extrême-droite le présente comme l’instrument de la maçonnerie, lui attribuant suite d’une erreur de l’abbé Tourmentin, le grade de Souverain Prince Rose-Croix (32° du Rite Ecossais).

    En 1938, la loge « L’Unité Maçonnique » le met, ainsi que Jean Zay, en accusation en tant que membre du gouvernement Daladier, pour ne pas avoir secouru les républicains espagnols et avoir laissé les nazis s’emparer de l’Autriche, puis dépecer la Tchécoslovaquie. Chautemps écrit à Groussier, le président du Conseil de l’Ordre, pour s’indigner que les maçons les plus anciens et les plus « courageusement fidèles » soient ainsi attaqués, alors que ceux qui ont appartenu aux gouvernements d’Union Nationale (dirigés par et pour le profit de la réaction) ont été épargnés. Groussier lui répond que le Conseil de l’Ordre a voté un passage à l’ordre du jour et infligé un blâme sévère à l’ « Unité Maçonnique ».

    Chautemps est ministre d’Etat, vice-président du Conseil, dans le cabinet Pétain, en 1940. A Vichy, Paul Ramadier, qui s’était, en 1934, porté garant de l’intégrité de Chautemps auprès de Grousset, l’aborde : « Et la maçonnerie, qu’allez-vous en faire ? ». Il répond : « Elle sera dissoute. D’ailleurs, peu m’importe. Je lui ai donné plus qu’elle m’a apporté ». Selon les Cahiers secrets de l’armistice, publiés par Chautemps après la guerre, le maréchal lui aurait conseillé de quitter la maçonnerie avant sa dissolution ; Chautemps aurait refusé et obtenu la promesse verbale qu’aucune sanction ne serait prise contre les maçons fonctionnaires. Après la publication du décret prononçant sa dissolution, le 14 août 1940, il aurait conseillé aux frères de se soumettre pour ne pas déclencher de nouvelles querelles entre Français en un tel moment. Il est envoyé par Pétain aux Etats-Unis, mais sa mission prend fin à la suite de la loi du 10 novembre 1941 qui interdit aux maçons toute participation aux fonctions publiques. Il se met alors au

     

    Pierre Chevallier (1909-1951) : Médecin. Il a participé à la Résistance. Maire d’Orléans. Député du Loiret. Il meurt assassiné par sa femme.

     

    Constant Chevillon : Il est désigné comme son successeur martiniste en septembre 1932 par Jean Bricaud. Il sera arrêté, puis assassiné par la Gestapo, selon des modalités qui restent énigmatique, en 1944, au domicile de l’épouse de Jean Bricaud.

     

    Eugène Claudius-Petit (1907-1989) : Résistant. Fils de cheminot. Catholique pratiquant. En 1942, il appartient au comité de direction de Franc-tireur. En 1943, il fut un des membres fondateurs du CNR, où il représente les MUR (Mouvements unis de la Résistance). Membre du Conseil National de la Résistance (CNR) au 27 mai 1943. De sa création en 1956 à 1977, il dirige la Sonacotra, Société nationale de construction pour les travailleurs, (Sonacotral, Société nationale de construction pour les travailleurs algériens jusqu’aux accords d’Evian en 1962), principal gestionnaire de foyers de travailleurs migrants en France.

     

    Pierre Clémenti (1910-1982) : Journaliste. A l’origine, à gauche, proche des radicaux-socialistes. Il fonde un parti proche du fascisme en 1934, le Parti français national-communiste. Vichyste. Il est le directeur du journal, Le Pays libre. En 1941, il est l’un des fondateurs de la LVF et participe à l’Opération Barbarossa.

     

    Augustin Denis Marie Cochin (1876-1916) : Historien et sociologue. Issu d’une famille bourgeoise anoblie au XVIII° siècle. Catholique et légitimiste. Pour lui, la Révolution française serait un coup d’Etat organisé à partir de sociétés de pensée qui auraient prévu et organisé leur prise de pouvoir et non un mouvement populaire spontané. L’expression « théorie du complot » est apparue en réaction à la parution de ses théories. Ses livres désignent la franc-maçonnerie comme une des instigatrices de la révolution française, avec d’autres « sociétés de pensées » (salons philosophiques, clubs politiques, loges maçonniques, plus tard partis idéologiques).

     

    Antonio Coen (1885- ?) : Avocat. Franc-maçon. Il adhère en 1908 à la franc-maçonnerie, dans l’obédience Grande Loge. Initié à la Grande Loge, il est membre du bureau du Parti Communiste dont il démissionne après le IV° Congrès de l’Internationale. En 1931, il préside une conférence de la franc-maçonnerie sur le thème d’un rapprochement pacifiste entre la France et l’Allemagne. Il devient quelques années plus tard Grand Maître de la Grande Loge de France.

     

    Louis Colson (1875-1951) : Général. Polytechnicien. Membre du gouvernement de Vichy.

     

    Pascal Copeau (1908-1982) : Journaliste. Fils de l’homme de théâtre Jacques Copeau. Il intègre tôt la Résistance, devenant chef de Libération-Sud, membre de l’exécutif des Mouvements unis de la résistance (MUR) et l’un des fondateurs du Conseil national de la résistance. Membre du Conseil National de la Résistance (CNR) au 27 mai 1943.

     

    Roger Coquoin (dit Lenormand) (1897-1943) : Résistant, responsable du mouvement Ceux de la Libération. En 1929, il est chef du laboratoire de Chimie de l’Académie de Médecine. Membre du Conseil National de la Résistance (CNR) au 27 mai 1943.

     

    Raymond Corbin : Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF de 1929 à 1932.

     

    Daniel Bouyjou Cordier (1920-) : Issu d’une famille de négociants bordelais, royalistes maurrassiens. Au début de la guerre, il est fascisant, antisémite, antisocialiste, anticommuniste, antidémocrate et ultranationaliste. Ancien Camelot du roi, engagé dans la France libre dès juin 1940, puis marchand d’art, critique, collectionneur et organisateur d’expositions et historien. Secrétaire de Jean moulin en 1942-1943.

     

    Georges Corneau : Franc-maçon. Douze ans Conseiller de l’Ordre GODF. Propriétaire-directeur du journal du Petit Ardennais.

     

    Johannis Corneloup (1888-1978) : Reçu maçon à Paris le 10 décembre 1908 à la loge « Les Etudiants ». Le 14 avril 1919, Corneloup reçoit les grades de compagnon et de maître et devient secrétaire de sa loge. Il est élu vénérable dix ans plus tard. Il reçoit entre-temps le 18° en juillet 1923, le 30° en juin 1928, puis le 31°, 32°, et 33° de 1932 à 1938.

     

    Pierre Dominique Costantini ou commandant Costantini (1889-1986) : Militaire, journaliste, écrivain et collaborateur. En 1940, il fonde la Ligue française d’épuration, d’entraide et de collaboration européenne, mouvement collaborationniste. Le 8 juillet 1941, il cofonde avec Jean Boissel, Marcel Déat, Pierre Clémenti et Eugène Deloncle la Légion des volontaires français contre le bolchevisme (LVF). Les membres de la LVF prêtèrent serment de fidélité personnelle à Adolf Hitler, en 1943, lors d’un meeting qui se tint au Vel d’Hiv. En 1943, il fonde l’Union des journalistes anti-maçons.

     

    Paul Coste-Florety (1911-1979) : Professeur de droit à la faculté d’Alger, il s’engage dans la Résistance. Il est procureur adjoint au Tribunal de Nuremberg.

     

    Pierre Cot (1895-1977) : Elu en 1928, député de Savoie sous l’étiquette radicale, c’est sur une liste communiste qu’il se présente dans le Rhône en 1931. Hostile à la neutralité de la France, il organise une aide clandestine aux républicains espagnols pendant la guerre civile. Hostile aux accords de Munich. Il ne prend pas part au vote du 10 juillet 1940, étant déjà en Angleterre.

     

    Pierre-Antoine Cousteau (1906-1958) : Polémiste et journaliste collaborationniste. Collabore au journal Je suis partout. C’est un ultra de la collaboration, « antisémite de plume ». A la Libération, condamné à mort, puis gracié par Vincent Auriol.

     

    Paul Custaud (1890-1975) : Assureur à Toulon. Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF en 1935-1938. Membre du Parti Socialiste de France. Il adhère à la SFIO en 1937. Il impulse la Résistance dès fin 1940, en animant les réunions clandestines de la loge toulonnaise de La Réunion. Il collabora à plusieurs réseaux de renseignement, et organisa l’Armée secrète dans le Haut-Var. Il fut le seul maçon français à siéger ès qualité, comme représentant de la franc-maçonnerie en tant que telle, à un Comité Départemental de Libération, celui du Var.

     

    D

     

    André Isaac, dit Pierre Dac (1893-1975) : Humoriste et comédien français. Il fut, pendant la Seconde Guerre mondiale une figure de la résistance contre l’occupation de la France par l’Allemagne nazie. A la Libération, il rentre à Paris où il est reçu apprenti à la Loge « Les Compagnons ardents » de la Grande Loge de France », le 18 mars 1946. Il en restera membre jusqu’en 1952.

     

    Edouard Daladier (1884-1970) : Figure du parti radical. Professeur d’histoire. L’homme de Munich.

     

    Marius Dalloni : Professeur de géologie à la faculté des sciences d’Alger. Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF. Il contribua, avec Jean Cazemajou, autre conseiller de l’Ordre GODF, ingénieur-conseil à Rabat, à créer en novembre 1942, en Afrique du Nord, un Conseil provisoire maçonnique en liaison avec une soixantaine de loges françaises à l’étranger et dans la partie de l’Empire libérée de la tutelle de Vichy, ainsi qu’à obtenir du gouvernement d’Alger la disparition des lois antimaçonniques de Vichy.

     

    Jean Louis Xavier François Darlan (1881-1942) : Amiral. Ministre de la Marine du premier gouvernement du maréchal Pétain puis, en février 1941, chef du gouvernement de Vichy. Il est assassiné le 24 décembre 1942. Fils de Jean-Baptiste Darlan (1848-1912), député républicain progressiste, en faveur de Dreyfus, qui avait été Garde des Sceaux dans le gouvernement de Jules Méline, il a grandi en milieu républicain et franc-maçon. Agnostique  et plutôt radical-socialiste, Darlan est attaché aux valeurs de laïcité (mais n’est pas hostile à l’Eglise), de petite propriété, de patriotisme et de morale. Chef du gouvernement, il cède beaucoup aux Allemands, mais obtient peu en contrepartie.

    Dans les notes de Darland d’octobre 1940, on peut lire qu’une victoire du >Royaume-Uni serait pire que la domination allemande et entraînerait « le retour au pouvoir des Juifs cosmopolites et des francs-maçons inféodés à la politique anglo-saxonne ».

     

    Aimé Joseph Darnand (1897- mort fusillé au fort de Châtillon, à Fontenay-aux-Roses, le 10 octobre 1945) : Issu d’une famille modeste de l’Ain (père cheminot). Militaire. Une figure majeure de la collaboration française. Ancien combattant de la Grande Guerre et de 1939-1940, militant d’extrême droite dans l’entre-deux-guerres, il est un soutien actif et précoce du maréchal Pétain et du régime de Vichy. Militant de l’Action française de 1925 à 1928, puis Croix-de-feu, et à partir de 1936, au Parti populaire français (PPF). Responsable de « La Cagoule » à Nice. Vichyste. Membre honoraire de la SS en 1943. Fondateur et dirigeant de la Milice française. Selon Darnand, « la démocratie, c’est l’antichambre du bolchevisme ». Le serment de la Milice mentionne entre autres le combat contre « la lèpre juive ». Le mouvement se veut à la fois antisémite, anticommuniste, anticapitaliste et révolutionnaire.

     

    Louis Darquier, plus connu sous son nom d’emprunt Louis Darquier de Pellepoix (1897-1980) : Journaliste, militant antisémite, militant d’extrême droite. Issu d’une famille de notables. Il est commissaire général aux questions juives dans le régime de Vichy à partir de mai 1942.

     

    Marcel Déat (1894-1955) : Normalien, journaliste et intellectuel. Socialiste, puis néo-socialiste et collaborationniste. Député SFIO de 1926 à 1928 et de 1932 à 1936. Il participe à la création le 5 novembre 1933 du Parti socialiste de France-Union Jean Jaurès (PSdF), séduit par les modèles fascistes. Il clame qu’il ne veut pas « mourir pour Dantzig ». Vichyste. En 1941, il devient le fondateur du Rassemblement national populaire (RNP), parti collaborationniste, qui se déclare socialiste et européen. Il termine sa carrière politique en 1944, comme ministre du Travail et de la Solidarité nationale dans le gouvernement de Vichy, et s’enfuit à Sigmaringen avec le dernier carré des ultra-collaborationnistes, puis en Italie. Certains ultras le taxèrent de Franc-maçon, alors qu’il n’a jamais été initié. . Le RNP est dénoncé comme repaire de « faux-déclarants », de « maçons sans tabliers », de non-initiés qui suivent les directives maçonniques, possèdent l’esprit maçonnique, ont fait des conférences en loges.

     

    Jacques Debü-Bridel (1902-1993) : D’abord proche de Charles Maurras et de l’Action française, il devient membre du mouvement Le Faisceau et se joindra à la Fédération républicaine de Louis Marin. Résistant. Militant antinazi dès 1935, il entre en résistance dès octobre 1940, à l’Organisation Civile et Militaire et au NAP (Noyautage de l’Administration Publique). Membre du Conseil National de la Résistance (CNR) au 27 mai 1943. Un des leaders du gaullisme de gauche (Union démocratique du travail).

     

    Philippe Dechartre, de son vrai nom Jean Duprat-Geneau (1919-) : Résistant. Un des responsables du courant gaulliste de gauche.

     

    Théophile Pierre Delcassé (1852-1923) : Issu d’une famille de la petite-bourgeoisie rentière. De conviction anticléricale, il est initié à la franc-maçonnerie au mois de janvier 1886, dans la loge de « La fraternité latine » de Foix. Il est l’un des artisans du rapprochement de la France et de la Grande-Bretagne qui aboutit à la signature de l’Entente cordiale. Elu député en 1889, réélu pendant trente ans jusqu’en 1919. Lié au parti colonial, il siège au centre. Ministre des Colonies, puis des Affaires étrangères.

     

    Jacques Michel Pierre Delmas dit Jacques Chaban Delmas (1915-2000) : Résistant, général de brigade et international français de rugby à XV et de tennis.

     

    Antoine Octave Eugène Deloncle (1890-assassiné le 7 janvier 1944) : Cofondateur de « La Cagoule » en 1935. Polytechnicien. Ingénieur du Génie maritime. Il adhère d’abord à l’Action française, puis fonde en 1935, avec Jean Filliol, l’Organisation secrète d’action révolutionnaire nationale (OSARN), connue de la police sous le nom de Comité secret d’action révolutionnaire (CSAR) et surnommé par la presse « La Cagoule ». Vichyste. Fin 1940, il crée le Mouvement social révolutionnaire pour la Révolution nationale (MSR), soutenant le maréchal Pétain, puis se rapproche de Marcel Déat, avec le Rassemblement national populaire.

     

    Robert Desnos (1900-1945) : Poète. Mort du typhus le 8 juin 1945 au camp de concentration de Theresienstadt, en Tchécoslovaquie. Il participe dès 1934 aux mouvements d’intellectuels antifascistes. Dès 1942, il fait partie du réseau de résistance AGIR.

     

    René Dommange (1888-1977) : Avocat. Editeur musical. Député conservateur. En décembre 1935, il dépose un amendement hostile à la franc-maçonnerie lors du débat sur les ligues, voté par 91 parlementaires de droite. Décoré de la francisque. Membre de la Milice française (carte n° 20780).

     

    Jacques Doriot (1898-1945) : Ouvrier métallurgiste. Député de Saint-Denis en 1924, puis maire de cette commune. Journaliste. Membre du bureau politique en 1924. Exclu du PCF en 1934. Communiste, puis fasciste. Après son départ du Parti Communiste Français, il fonda le Parti populaire français, en 1936, l’un des deux principaux partis français de la collaboration. Les responsables du PPF, tels que Pierre Drieu La Rochelle, Victor Arrighi, Bertrand de Jouvenel attendent du parti qu’il devienne l’équivalent français du parti national-socialiste en Allemagne. Vichyste. Il contribue à la création de la Légion des volontaires français contre le bolchevisme et combat sous l’uniforme allemand sur le front russe, avec le grade de lieutenant. Il est décoré de la Croix de fer.

     

    Pierre Drieu La Rochelle (1893-1945) : Ecrivain. Journaliste. Socialisant, puis fascisant. Combattant de la Première guerre mondiale. Avant 1934, il cultive des idées républicaines et progressistes. Il participe à des rassemblements du Mouvement pour l’antifascisme, rassemblement dit Amsterdam-Pleyel auxquels assistent Aragon et Malraux. En 1934, il se déclare « socialiste » et « fasciste ». Ami d’Otto Abetz. Il se donne la mort le 15 mars 1945 en avalant du gardénal.

     

    Maurice Druon (1918-2009) : Ecrivain. Il rejoint Londres en 1943. Il écrit avec son oncle, Joseph Kessel, les paroles du Chant des Partisans.

     

    Jacques Duclos (1896-1975) : Dirigeant du Parti Communiste Français. [Il convient de rechercher la date d’initiation et la loge d’affiliation de Duclos]

     

    Pierre Dumas (1891-1967) : Résistant toulousain, journaliste, écrivain. Il a été d

     

    Georges Dumoulin (1877-1963) : Syndicaliste. Internationaliste « zimmerwaldien » pendant la Première guerre mondiale. SFIO. Actif à la LICA. Franc-maçon. Membre de la loge Les Egaux. Pendant la guerre, il écrit dans l’hebdomadaire ouvriériste L’Atelier, qui s’adonne à l’antisémitisme le plus débridé, et prône l’alignement du syndicalisme français sur l’Allemagne national-socialiste. Membre de la commission permanente du Rassemblement national populaire, la plus haute instance du mouvement. Il est membre du Conseil national instauré par Vichy.

     

    E

     

    Paul Ely (1897-1975) : Général.

     

    Karl Epting (1905-1979) : Représentant de la culture allemande dans le Pris des années 30 et 40, ainsi que collaborateur fidèle de l’ambassadeur d’Allemagne à paris, Otto Abetz.

     

    Matthias Erzberger (1875-1921) : Journaliste. Membre du Zentrum (aile gauche du parti). Il est assassiné le 26 août 1921 par des nationalistes appartenant à l’Organisation Consul.

     

    F

     

    Jean André Faucher, connu comme écrivain sous les pseudonymes d’Asmodée et Le Cousin Jean (1921-1999) : Franc-maçon. Militant nationaliste et vichyste dans sa jeunesse, gauche radical-socialiste ensuite, dignitaire de la franc-maçonnerie. Collaborateur condamné à mort par contumace par la cour d’assise de la Haute-Vienne en 1944.

    A l’âge de 16 ans, Faucher s’engage au Parti populaire français (PDF) de Jacques Doriot. Il s’engage après la défaite dans la Légion française des combattants en Haute-Vienne, et devient conseiller ouvrier des Chantiers de jeunesse. Paul Marion le fait devenir délégué à la Propagande du maréchal Pétain. Il participe au journal collaborationniste Je suis partout, dans lequel il fait l’éloge de la Révolution nationale. Lors de l’épuration, Jean André Faucher est dénoncé comme étant un indicateur de la Gestapo, et la Cour de justice de Limoges le condamne (juin 1946) à l’indignité nationale, et à la peine de mort par contumace pour « crime de trahison en temps de guerre ». Il sera accusé d’avoir torturé des résistants. En 1951, il participe au journal La Sentinelle, prônant le « racisme scientifique ». Il soutient le mouvement de Pierre Poujade. Il soutient les partisans de l’Algérie française. Un tract de l’OAS distribué en 1964 brise la réputation de Faucher dans le milieu, l’accusant d’être un indicateur des Renseignements généraux, infiltré dans l’OAS pour dénoncer ses membres.

    Ayant rencontré Charles Hernu, il est initié à la franc-maçonnerie, comme membre de la Grande Loge de France (GLF) et adhère au Parti radical-socialiste. Il est fondateur du club Louise Michel (1962), et le secrétaire général de l’Atelier républicain (fondé en 1962), club exclusivement composé de maçons, qui incarnait l’aile gauche du Parti radical, et dont l’objectif était de « redéfinir un socialisme solidariste en face du socialisme de tradition marxiste ». Il soutient ensuite Mitterrand. Tout en créant l’association Les amis d’Edouard Drumont. Tout en publiant des articles dans des journaux d’extrême –droite, comme le Crapouillot, Minute, …et sous un pseudonyme dans l’hebdomadaire du Front national, National Hebdo, il poursuit son ascension dans la franc-maçonnerie : en 1977, il est grand secrétaire de la Grande Loge de France.

     

    Bernard Faÿ (1893-1978) : Universitaire, professeur au Collège de France, administrateur général de la Bibliothèque nationale sous le régime de Vichy et écrivain. Condamné à l’emprisonnement à perpétuité en 1945 pour collaboration avec l’occupant, il fut gracié en 1959 par le Président Coty. Il dénonce le complot judéo-maçonnique. Il joue un rôle très important dans la politique antimaçonnique de Vichy. Il est nommé chef du service des sociétés secrètes (SSS). Il publie pendant quatre ans une revue Les Documents maçonniques (dont le rédacteur en chef est le catholique traditionnaliste Robert Vallery-Radot). Il fait tourner un film, organise des conférences, une grande exposition au Petit-Palais en octobre-novembre 1941 et crée à Paris un musée permanent des sociétés secrètes. Il répertorie les anciens francs-maçons dans un fichier de près de 60000 noms, qui sert notamment à exclure les anciens maçons de la fonction publique.

     

    Eusebio Ferrari (1919-1942) : Résistant communiste. Le 25 août 1941, Ferrari fut l’un des auteurs de l’attentat contre l’Oasis, un café-dancing de la rue de Paris à Lille, où furent tués deux officiers allemands. Il fut abattu par la gendarmerie française à Anzin le 18 février 1942.

     

    Paul Fesch (1858-1910) : Abbé. Journaliste, essayiste et ecclésiastique catholique. A écrit une Bibliographie de la franc-maçonnerie et des sociétés secrètes.

     

    Jean Filliol (1909- ?) : Militant de l’Action française, il est très actif durant la manifestation des Ligues, le 6 février 1934. En 1935, il a fondé avec Eugène Deloncle, la Cagoule, organisation secrète, l’Organisation secrète d’action révolutionnaire nationale, qui deviendra le Comité Secret d’Action Révolutionnaire (C.S.A.R.). Vichyste. Affecté à la Franc-garde de la Milice dans le Limousin, il y torture des Résistants, comme Victor Renaud. Réfugié en Espagne franquiste, il est condamné par contumace à la peine capitale.

     

    Jean Fontenoy (1899-1945) : Né dans un milieu défavorisé. En 1933, il dénonce le nazisme. En 1937, il s’inscrit au Parti populaire français de Doriot. Il se rapproche des réseaux de Pierre Drieu La Rochelle, dont le comité « Allemagne-France », présidé par Otto Abetz, qui le rémunère pour sa collaboration à des journaux allemands. Collaborationniste convaincu. Un des cinq membres du Comité directeur du Rassemblement national populaire. Lieutenant de la Légion des volontaires français, la LVF. Il se suicide à Berlin en avril 1945.

     

    Marie Madeleine Fourcade (1909-1989) : Responsable du réseau de résistance Alliance, qui agit pour les Britanniques. Issue de la haute-bourgeoisie. Le réseau comporte 3000 agents et 429 morts. En 1968, elle publie L’Arche de Noé.

     

    Louis Charles Olivier de Fremond de la Merveillère (1854-1940) : Officier. Activiste antimaçonnique. Partisan de l’<Action Française. Il fut directeur du Comité Anti-Maçonnique et Anti-juif de Loire-Atlantique.

     

    Henri Frenay (1905-1988) : Issu d’une famille d’officiers, catholique et lyonnaise. Il se montre de gauche modérée, anticommuniste et patriote. Résistant. Avec Berty Albrecht, c’est le fondateur de Combat, mouvement de résistance essentiellement de droite, voire d’extrême droite.

     

    Louis Oscar Frossard, ou Ludovic Oscar Frossard (1889-1946) : Instituteur. Franc-maçon. Secrétaire général de la SFIO à partir de 1918, puis secrétaire général du jeune Parti Communiste Français, issu du Congrès de Tours. Il est hostile à la bolchevisation du parti et refuse la 22° condition de Moscou (le Komintern interdit l’appartenance à la franc-maçonnerie). Il démissionne le 1° janvier 1923. Il sera ministre dans sept gouvernements entre 1935 et 1940. Il vote pour donner les pleins pouvoirs à Pétain. Vichyste, il anime, en zone Sud, Le Mot d’ordre, où il vante les bienfaits de la révolution nationale. .

     

    Eugène Frot (1893-1983) : SFIO de 1924 à 1936. Union socialiste républicaine de 1936 à) 1940. Le 10 juillet 1940, il fait partie des 549 parlementaires à voter les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Franc-maçon. Membre des loges Etienne Dolet, Les Fervents du Travail et Aristide Briand.

     

    G

     

    Maurice Gustave Gamelin (1872-1958) : Général. Il commanda l’armée française pendant la drôle de guerre de 1939-21940 et vit sa stratégie mise en déroute par les Allemands lors de la percée de Sedan. Pendant le régime de Vichy, il fut arrêté et interné en Allemagne.

     

    Roland Gaucher, de son vrai nom Roland Goguillot (1919-2007) : Journaliste et écrivain nationaliste. Il commence sa carrière à l’extrême –gauche. Il est successivement membre du groupe trotskyste Fédération des étudiants révolutionnaires, aux Jeunesses socialistes ouvrières (où il croise Robert Hersant et Alexandre Hébert), puis du Parti socialiste ouvrier et paysan de Marceau Pivert. De 1942 à 1944, il est responsable des Jeunesses nationales populaires, mouvement de jeunesse du collaborationniste Rassemblement national populaire. Après guerre, il est journaliste (Minute,…). En octobre 1972, il est l’un des fondateurs du Front national. En 1984, il fonde National-Hebdo, l’hebdomadaire du Front national.

     

    Charles André Joseph Pierre Marie de Gaulle (1890-1970) : Général, écrivain. Il est à la tête de la France de 1944 à 1946, puis de 1959 à 1969.

     

    Geneviève Germaine Marie Agnès de Gaulle, dite de Gaulle-Anthonioz (1920-2002) : Nièce de Charles de Gaulle. Résistante, déportée en 1944. Militante des droits de l’homme. Présidente d’ATD Quart Monde.

     

    Eugène Gauthier : Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF. Il participa activement aux groupes clandestins maçonniques de résistance, l’Atelier de la Bastille (automne 1940), devenu Conseil Provisoire de la Maçonnerie Française (janvier 1941), puis Comité d’Action Maçonnique (printemps 1943), et au réseau Patriam Recuperare.

     

    Pierre Georges (1919-1944) : Ancien membre des Brigades internationales, plus connu sous le nom de Fabien (ou colonel Fabien) ou Frédo. Militant communiste et résistant. Apprenti boulanger, poseur de rivets, enfin ajusteur. Il adhère au PCF à l’âge de 14 ans et s’engage dans les Brigades internationales à 17 ans, en 1936. Fin juillet 1941, il est commissaire militaire de l’Organisation Spéciale du PCF.

     

    Marcel Gitton, de son vrai nom Marcel Giroux (1903-1941) : Ouvrier du bâtiment. Au congrès de Tours, il vote l’adhésion au Parti Communiste Français, et devient rapidement un dirigeant de la Jeunesse communiste et de la CGTU. Membre du bureau politique du PCF en 1932. Député de la Seine en mai 1936.Il quitte le PCF après la signature du Pacte germano-soviétique, le 23 août 1939, suivi de 25 autres députés communistes. Vichyste. Après la défaite de juin 1940, il cherche à réunir les éléments du PCF entré s en dissidence, afin de les orienter vers la Révolution nationale. Avec d’autres parlementaires communistes dissidents, comme Marcel Capron et Jean Marie Clamamus, il fonde le Parti ouvrier et paysan français. Il est assassiné le 5 septembre 1941 par Marcel Cretagne, dit Focardi, membre du détachement Valmy, groupe d’action sous la direction du PCF visant notamment à exécuter les traîtres.

     

    Léon Gontier( ?-1944) : Militaire. Franc-maçon. Dernier vénérable de la loge Picardie avant la Seconde guerre mondiale. Conseiller de l’Ordre GODF. Co-fondateur du groupe de résistance Libération-Nord en 1941, organisateur de la résistance dans la Somme. Arrêté par la Gestapo le 13 janvier 1944. Déporté et mort à Neuengamme le 31 décembre 1944.

     

    Emile Goude (1870-1941) : Militant syndical. Député du Finistère de 1910 à 1936. Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF de 1924 à 1925.

     

    Félix Gouin (1884-1977) : Fils d’instituteurs laïcs. Avocat. En 1902, il adhère à la SFIO. Il est initié franc-maçon au sein de la loge les Arts et l’Amitié, à l’Orient d’Aix-en-Provence. En 1940, il fait partie des 80 parlementaires à refuser les pleins pouvoirs au maréchal Pétain.

     

    Jean Goy (1892-1944) : Fils d’un couple d’instituteurs. Président de l’Union nationale des combattants (UNC). En juillet 1940, il vota les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. En 1941, il participa à la fondation du parti collaborationniste Rassemblement national populaire (RNP) de Marcel Déat. Il en est exclu en 1942.

     

    André Grisoni (1886-1975) : Député radical de la Seine de 1932 à 1936, maire de Courbevoie de 1927 à 1944. Franc-maçon. Membre de la loge Emile Zola. Antiraciste convaincu, il est membre du comité central et de la commission de propagande de la Ligue internationale contre le racisme et l’anticommunisme. Proche de Pierre Laval, il militera au Rassemblement national populaire.

     

    Arthur Groussier (1863-1957) : Ingénieur. Syndicaliste. Franc-maçon. Initié en mai 1885 à « L’Emancipation », il s’affilie, en 1892, à la Loge « Bienfaisance et Progrès », à Paris. Il en devient le vénérable en 1896 et la préside presque sans interruption jusqu’en 1922. Elu au Conseil de l’Ordre en 1907. Auteur d’un Mémoire sur l’histoire de la franc-maçonnerie.

     

    Fernand Grenier (1901-1992) : Apprenti, puis ouvrier boulanger. Militant du Parti Communiste Français. Elu de la ville de Saint-Denis. Représentant du PCF auprès du général de Gaulle à Londres, puis à Alger. C’est grâce à un amendement qu’il dépose le 21 avril 1944à l’Assemblée consultative provisoire à Alger que le droit de vote des femmes est établi en France.

     

    René Guénon, connu également sous le nom d’Abd al-Wâhid Yahyâ (1886-1951) : Occultiste. Franc-maçon. Membre de la Loge Humanidad, dont il est évincé, et de la Loge Thébah n° 347, qu’il quittera en 1913 ou 1914.

     

    Bernard Guillemin, dit le Commandant Bernard : Chef de réseau Francs-Tireurs et Partisans (FTP) en 1942, de l’Auxois (Bourgogne).

     

    Georges Guingouin (1913-2005) : Instituteur. Jusqu’en 1952, militant du Parti Communiste Français, qui joua un rôle de premier plan dans la résistance française, à la tête des maquis de la montagne limousine (il fut surnommé « lo Grand » et le « Préfet du Maquis »).

     

    H

     

    André Haarbleicher : (? - mort en déportation en 1944) Polytechnicien. Conseiller d’Etat. Directeur des constructions navales, puis de la flotte de commerce et du matériel naval au ministère de la marine marchande. Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF.

     

    Claude Harmel, alias Guy Lemonnier (mort dans la nuit du 14 au 15 novembre 2011) : Journaliste activiste collaborationniste, spécialiste de l’anti-syndicalisme. Avant la Seconde guerre mondiale, il est membre des Etudiants socialistes, de la SFIO de 1934 à 1939, et de la tendance Syndicats de la CGT. En 1940, il rejoint le Rassemblement national populaire de Marcel Déat. Figure de l’anticommunisme, il travaille avec l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM). En 1976, il devient secrétaire général de l’Institut d’histoire sociale (IHS°.

     

    Philippe Henriot (1889-1944) : Homme politique d’extrême droite, figure de la collaboration en France avec l’occupant nazi pendant la Seconde Guerre mondiale. Vichyste. Abattu par un commando du COMAC (mouvement de Résistance) à Paris le 28 juin 1944.

     

    Eugène Charles Hernu (1923-1990) : Franc-maçon. Député-maire PS à Villeurbanne, il fut ministre de la Défense sous la présidence de François Mitterrand.

    Charles Hernu a été initié en 1947 à la Loge « La Tradition Jacobite », devenue « La Tradition Jacobine » de la Grande Loge de France à Saint-Germain –en-Laye. Il sera également affilié à la Loge « Aristide Briand » du Grand Orient de France à Paris à partir de 1950, ainsi qu’à partir de 1953 à la Loge n° 556 « Chéops » de la Grande Loge de France, puis rejoint en 1955 la Loge « Locarno » du Grand Orient de France. A partir de 1959, il est membre à part entière de la Loge « Locarno » du Grand Orient de France, loge renommée « Locarno 28 » en 1972, et donc membre du Grand Orient de France. Il en deviendra vénérable à la fin des années 1960, avant d’être radié en 1979 pour défaut de paiement. En 1977, Hernu est retourné à la Grande Loge de France en 1978 et s’est affilié à la Loge n° 155 « Tolérance et Cordialité » à Lyon.

    Dans Les Francs-Maçons des années Mitterrand, Grasset, 1994, Patrice Burnat et Christian de Villeneuve ont refait l’enquête sur l’attitude de Charles Hernu durant l’Occupation. Selon eux, ce dernier n’a pas eu le passé de résistant dépeint par certains de ses biographes. D’après des témoins, il aurait participé au ministère vichyssois de l’Information. Arrêté à Lyon à la Libération, il est accusé d’avoir dénoncé une famille juive de Grenoble et fera trois mois de prison dans cette ville, avant d’être libéré sans jugement. C’est un maçon, ami de son père, maçon également, Maurice Berla, secrétaire du comité d’épuration de Lyon, qui lui aurait permis d’être épargné à la Libération.

     

    Stéphane Frédéric Hessel (1917-2013) : Diplomate, ambassadeur, résistant, écrivain. Résistant, il est arrêté et déporté à Buchenwald.

     

    Charles Huntziger (1880-1941) : Officier général. Secrétaire d’Etat à la Guerre dans le gouvernement de Vichy, puis commandant en chef des forces terrestres (septembre 1941). Il meurt dans un accident d’avion. Sa veuve est la première récipiendaire de l’ordre de la Francisque.

     

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