• La fonction de la franc-maçonnerie en France (1° partie)

    1946 : Dans une interview au Times, Thorez défend une ligne de passage pacifique au socialisme : « Les progrès de la démocratie à travers le monde permettent d’envisager pour la marche du socialisme d’autres chemins que ceux suivis par les communistes russes […]. Nous avons toujours pensé et déclaré que le peuple de France, riche d’une glorieuse tradition, trouverait lui-même sa voie vers plus de démocratie, de progrès, de justice sociale. »

    Maurice Thorez a détaché la lutte contre le fascisme de la lutte contre le socialisme : « Le problème n’est pas le choix entre le communisme et le fascisme, mais entre le fascisme et la démocratie. » (Fils du peuple, page 87).

     

    LA RESISTANCE ET LA FRANC-MACONNERIE

     

    INTRODUCTION

     

    Première Partie : La ligne opportuniste de droite de Maurice Thorez à la Libération (1944-1945)

    Introduction

    A)   Les éléments du communisme. Friedrich Engels. Socialisme utopique et socialisme scientifique, 1944.

    B)    Karl Marx et Friedrich Engels. Manifeste du parti communiste, 1944.

    1)      Haute trahison crime des trusts ; la France accuse !

    2)    L’école élémentaire du Parti Communiste Français – Première série – Leçon n° 1. L’économie et les classes sociales en France. Septembre 1945

    3)    L’école élémentaire du Parti Communiste Français – Première série – Leçon n° 3 L’économie et l’Etat socialistes. Septembre 1945

    4)    L’école élémentaire du Parti Communiste Français – Première série – Leçon n° 4 La nation. Novembre 1945

    5)    L’école élémentaire du Parti Communiste Français – Première série – Leçon n° 5 Le Parti. Novembre 1945

    6)    L’école élémentaire du Parti Communiste Français – Première série – Leçon n° 6 Les principes de la politique communiste. Décembre 1945

    7)    La vie du Parti. Novembre-Décembre 1944

    8)    La doctrine communiste. Marx, Engels, Lénine, Staline en six cours. Les bases théoriques du communisme.

    9)    Histoire du Pari Communiste Français ; Vingt-cinq ans de lutte pour le salut du peuple de France. 1944

    10) Les communistes dans la bataille pour la libération de la France. Rapport présenté au comité central du Parti Communiste Français le 31 août 1944 par Jacques Duclos.

    11)  S’unir pour vaincre le fascisme et pour reconstruire la France c’est exécuter le testament de nos héros. Discours prononcés au Vélodrome d’Hiver le 14 décembre 1944 par Jacques Duclos secrétaire du Parti Communiste Français et Maurice Thorez, secrétaire général du Parti Communiste Français à la manifestation commémorative de l’assassinat de Gabriel Péri et Lucien Sampaix « morts pour que vive la France ».

    12) La politique extérieure de la France et l’indépendance nationale par Florimond Bonte, député de Paris, membre de l’Assemblée consultative, discours prononcé le 21 novembre 1944 devant l’Assemblée consultative Préface de Marcel Cachin.

    13) Amicale des juristes communistes. Etienne Fajon Député de la Seine ; Les communistes et la propriété. Conférence prononcée le 6 décembre 1944. Salle des sociétés savantes

     

    Deuxième partie : Le programme du Conseil National de la Résistance, programme bourgeois de restauration du capitalisme français

     

    Troisième partie : Le rôle de la franc-maçonnerie

     

    ANNEXE 1 : REPERES CHRONOLOGIQUES

     

    ANNEXE 2 : BIBLIOGRAPHIE :

     

    ANNEXE 3 : Acteurs de la période 1939-1945 ayant appartenu avant, pendant ou après à la Franc-maçonnerie.

     

    ANNEXE 4 : Le Grand-Orient n'est pas vraiment un phare de la résistance à l'oppression.

     

    ANNEXE 5 : Membres du Conseil national de la Résistance au 27 mai 1943 :

     

    ANNEXE 6 : Le programme du Conseil national de la Résistance.

     

     

     

     

     

     

     

    INTRODUCTION

     

    S’il est banal d’affirmer que la Résistance est un mouvement d’opposition à la fois sociale et nationale, contre les nazis allemand et leurs alliés fascistes français, il n’est pas si courant que cela d’en tirer toutes les conséquences historiques. De fait, la franc-maçonnerie se place plutôt dans le camp des opposants aux fascismes. Par contre, si on y ajoute la dimension sociale, le problème se corse : en effet, il y a une ligne de démarcation à tracer entre celui qui s’oppose par tout moyen à l’occupation étrangère (guerre de libération nationale), et aux valeurs défendues par les alliés intérieurs du fascisme (les vichystes), mais ceci en vu d’aboutir à un régime nouveau, en rupture avec le capitalisme (guerre populaire), c’est-à-dire au socialisme, et celui qui s’oppose à ces deux ennemis, le fascisme étranger et le fascisme français, mais pour restaurer le système capitaliste (impérialiste) français. Ces deux personnes se rencontrent sur un terrain tactique, la lutte contre l’occupation étrangère et la mainmise sur le pouvoir interne par une fraction fasciste de la bourgeoisie française, mais dans une deuxième étape, il y a rupture de ce front commun, car les objectifs stratégiques diffèrent. D’un côté, est visé la destruction, dans une seconde étape, de l’Etat bourgeois, remplacé par un Etat prolétarien et socialiste. De l’autre côté, il y a substitution d’un Etat républicain bourgeois à un Etat fasciste. Mais même au cours de la première étape, d’alliance avec une fraction plus « démocratique » (démocratique au sens bourgeois), de la bourgeoisie française, le parti du prolétariat ne doit pas oublier la deuxième étape, et rassembler des forces y compris militaires, pour mener la seconde étape jusqu’au bout. C’est là qu’il y a eu une difficulté, représentée par une ligne révisionniste des dirigeants du Parti Communiste Français, qui ont sciemment mis les masses populaires sous la conduite de la fraction dite « démocratique » de la bourgeoisie, représentée par de Gaulle. Ces dirigeants soi-disant communistes ont donc trahi les intérêts stratégiques de la classe ouvrière.

    La franc-maçonnerie, mouvement d’essence bourgeoise et petite-bourgeoise, n’a donc pas pu aller plus loin, et s’est rangée docilement dans un mouvement mené par la bourgeoisie classique : de la Seconde guerre mondiale, il est donc sorti une république des plus classiques, bourgeoise, la IV° République, dont le programme le plus avancé était celui du CNR. Ceci parce que le PCF ne disposait pas d’un programme clair, léniniste, révolutionnaire, mais avait pris l’habitude de raisonner sur la base du parlementarisme bourgeois, depuis le Front populaire. Déjà, son objectif n’était plus la destruction de l’Etat bourgeois et l’instauration de la dictature du prolétariat. 

    Pour parvenir à cette situation, on assiste à une forme de collusion entre gaullisme et « communisme » : le programme révolutionnaire du PCF est mis au rancart, et il s’y substitue une « union nationale », sous l’étendard de la bourgeoisie et de de Gaulle, qui vise à libérer le territoire national de l’ennemi allemand et de ses alliés vichyste. De son côté, les dirigeants opportunistes du PCF prônent « un seul Etat, une seule armée », bien évidemment l’Etat bourgeois restauré et renouvelé et l’armée bourgeoise. Sont passés à la trappe, les intérêts stratégiques de la classe ouvrière : la guerre populaire menée à son terme, jusqu’à la destruction de l’Etat bourgeois et l’instauration d’un Etat socialiste de type nouveau. Est donc réinstallé un Etat de type ancien.

     

    Le passé comporte de nombreux enseignements. Le rôle de l’étude historique est bien de s’appuyer sur les erreurs du passé pour ne plus les renouveler aujourd’hui et dans l’avenir.

    Ainsi, lors de la Seconde guerre mondiale, les représentants prolétariens de la Résistance n’ont pas su correctement lier la lutte contre l’Occupant et la question sociale, l’insurrection contre les nazis et leurs alliés, et l’insurrection populaire contre les exploitants capitalistes. En un mot, ils n’ont pas su lier leurs actions de résistance avec la question sociale en France.

    Par contre, la classe bourgeoise a parfaitement su lier ses intérêts nationaux et ses intérêts de classe sociale dominante. Elle a conservé deux fers au feu : Pétain, en cas de triomphe des Allemands, et de Gaulle, en cas de triomphe des Alliés. De plus, lors de chaque étape, de Gaulle a fait en sorte que la bourgeoisie demeure dominante et conserve les manettes du pouvoir. En ce sens, de Gaulle a été un des hommes politiques (bourgeois) des plus habiles du XX° siècle.

    Comment explique le comportement des représentants de la classe ouvrière, essentiellement le Parti Communiste Français, qui regroupait son avant-garde ?

    Si l’on considère les résistants communistes, à titre individuel, ils se sont battus, en donnant leur vie, tel Eugénio Ferrari contre l’Occupant nazi. Leur objectif immédiat était bien de débarrasser le sol national de l’Occupant, en s’alliant avec le plus grand nombre, y compris une fraction non négligeable de la classe bourgeoise. Mais leur objectif était également, au-delà de la Libération nationale, de sortir du conflit en créant les conditions d’une société nouvelle, socialiste, puis communiste. Ce serait faire injure à leur mémoire que de défendre un autre point de vue, à savoir la Restauration sous quelque forme que ce soit, d’une société capitaliste, même aménagée ou « améliorée ».

    Que c’est-il alors passé ? La lutte de lignes, au sein du Parti Communiste Français a conduit à ce que l’emporte une ligne révisionniste, représentée par Maurice Thorez et Jacques Duclos. Petit à petit, cette ligne est devenue dominante, instaurant la ligne de conduite : « Un seul Etat, un seul gouvernement, une seule armée ». De fait, cette ligne a scindé la lutte contre l’oppresseur nazi et ses alliés français, et la question nationale, faisant de la libération du territoire national la priorité unique et renvoyant la question nationale, la révolution prolétarienne, aux « calendes grecques ». Cela a donc conduit les dirigeants à mettre la classe ouvrière et sa lutte, ainsi que la lutte de s masses populaires, au service de la classe bourgeoise. Cette clique a donc pris le pouvoir au sein du Pari Communiste Français, et privée la classe ouvrière de son autonomie et de ses objectifs propres. Il ne s’agit pas d’une erreur, d’une simple contradiction au sein du peuple, mais bien d’une trahison : ces aristocrates « ouvriers » ont représenté, sous le couvert d’un verbiage marxiste, les intérêts de la classe bourgeoise au sein de la classe ouvrière. Il s’agit d’une contradiction antagonique entre ennemis de classe.

    Il en résulte que le programme qui est résulté de la Résistance est un programme de collaboration de classe, un programme en réalité bourgeois, de restauration de la société capitaliste, le programme du Conseil national de la Résistance.

    Une autre conséquence de cette trahison des dirigeants du P « C »F est l’indigence de l’épuration. Si la cible du P « C »F, ce sont les nazis et leurs alliés français, un grand nombre de collaborateurs vont passer au travers des mailles du filet ou seront purement et simplement amnistiés lors des années qui suivent le conflit mondial.

    Dans le contexte international, avec la chute du stalinisme, en URSS, il en est résulté :

    · Une collusion et une répartition des rôles entre gaullistes et pseudo-communistes du P « C »F, par exemple concernant la question coloniale ;

    · En France, le P « C »F s’est toujours opposé aux mouvements révolutionnaires (après 1945, en 1968,…), au profit du productivisme ;

    · Au niveau international le P « C »F s’est d’abord mis au service de l’URRS, seconde superpuissance impérialiste, puis après la chute de celui-ci, il s’est mis au service de la social-démocratie. Il est devenu la cinquième roue et la voiture balai du « socialisme «  bourgeois.

    Cette fonction du P « C » F étant toujours plus éventée et mise à jour, ceci explique la dégénérescence de ce Parti, qui n’est plus que l’ombre de lui-même.

    Nous examinerons donc, en première partie, comment s’est exprimée la ligne opportuniste représentée par Maurice Thorez, ligne qui a conduit à ne pas mener la guerre populaire à son terme, mais à faire rendre les armes à la bourgeoisie, et à faire entre les ouvriers dans les usines comme larbins de la classe bourgeoise.

    Dans une seconde partie, nous analyserons le programme su Conseil national de la Résistance, programme de restauration du capitalisme, d’un capitalisme moderne et revigoré par rapport à l’existant d’avant la Seconde guerre mondiale. L’autre alternative était, si la ligne révolutionnaire l’avait emportée au sein du Parti Communiste Français, de créer un second pouvoir, de briser l’Etat bourgeois, et d’instaurer un État socialiste.

    Enfin dans une troisième partie, sera examiné le rôle qu’ont joué les francs-maçons dans cette situation difficile et contrastée.

     

    Si des résistants se sont battus et sont morts dans les combats contre l’envahisseur nazi, comme le pasdecalaisien Eusébio Ferrari, mort à 22 ans, c’est bien pour que soit instauré un pouvoir populaire, et non pour que soit instauré un régime bourgeois, celui de la IV° République, suivi de la V° République.

    A la fin de la seconde guerre mondiale, le Parti Communiste Français était un parti puissant, bientôt le premier parti de France. Qu’est-ce qui a fait que la prise de pouvoir par le PCF n’a pas réellement été envisagée, ou bien qu’elle a été un échec ? La présence de l’armée américaine et des forces coalisées sur le sol de France ? La force de de Gaulle ? Non. La cause principale est une cause interne à la classe ouvrière, et plus particulièrement propre à la fraction dirigeante de la classe ouvrière, la direction du PCF. La cause principale est la ligne opportuniste, capitularde et révisionniste des dirigeants du PCF, Maurice Thorez et Jacques Duclos. Ces derniers se sont mis à la remorque de la bourgeoisie et de de Gaulle.

    Cette ligne a éliminé les résistants révolutionnaires. Cette ligne opportuniste était à l’œuvre depuis le Front Populaire. Les dirigeants du PCF se sont comportés comme une représentation de l’idéologie bourgeoise au sein de la classe ouvrière.

    Il faut donc mettre en œuvre une « pensée » qui, lors de la prochaine prise de pouvoir par la classe ouvrière, crée une situation qui empêche de placer la classe ouvrière sous la conduite de la bourgeoisie.

     

    Entre les deux guerres mondiales, la franc-maçonnerie française occupe une place majeure dans l'appareil politique de la République et s'implique fortement dans ses combats. Elle sera donc particulièrement touchée lorsque la République s'effondrera face aux troupes allemandes en 1940.

    Le régime de Vichy et l'occupant allemand s'unissent pour organiser dès octobre 1940 une importante exposition antimaçonnique qui circulera dans toute la France. Le thème général affirme l'existence d'un complot de l'anti-France, qui aurait été responsable de l'effondrement du pays, et qui aurait été organisé, selon les thèses de l'Action française, par « le juif, le protestant, le maçon et le métèque ».

    Un service des sociétés secrètes est organisé en 1941. Bernard Faÿ, administrateur de la Bibliothèque Nationale, est nommé à sa tête et chargé de classer les archives saisies dans les loges, d'orchestrer la propagande antimaçonnique et surtout de dresser des fiches afin de répertorier tous les anciens francs-maçons, de les surveiller et de les radier des professions libérales comme de la fonction publique. Ce service publie la revue « Documents maçonniques » qui voit dans la franc-maçonnerie l'une des causes principales de la défaite. Une loi de 1941 applique le « statut des juifs » aux francs-maçons. Le film antimaçonnique « Forces occultes » est réalisé et projeté à Paris en 1943[29].

    À la Libération, un millier de francs-maçons français ont été déportés ou tués, la plupart pour leurs activités de résistance ou à cause de leurs origines juives. Les temples ont été pillés, les archives confisquées. Lorsque les loges se relèvent, des comités d'épuration souvent spontanés se mettent en place. Au total, le nombre de francs-maçons actifs a diminué des deux tiers. La franc-maçonnerie française mettra vingt ans à retrouver ses effectifs d'avant guerre. Elle préfère désormais se tourner davantage vers la réflexion philosophique, voire spirituelle que l'action directement politique. Alors que jusqu'en 1940, les maçons défilaient au grand jour, leurs réunions étant annoncées dans la presse, ils se protègent désormais dans le secret.

    La condamnation communiste de la franc-maçonnerie diminue considérablement en France à partir de 1945, principalement en raison de la fraternité née pendant la Résistance entre gaullistes, communistes et francs-maçons face à leur ennemi commun : le régime de Vichy 

     

    La fonction de la franc-maçonnerie en France.

     

    La fonction de la franc-maçonnerie est de faire émerger « ce qui n’est pas », c’est-à-dire l’utopie. La franc-maçonnerie a toujours été initiatrice et déclencheur du nouveau et accoucheuse de l’avenir. C’est l’étincelle qui met le feu à la plaine.

    Bien évidemment, il s’agit de s’inscrire en faux contre toute théorie complotiste, du genre « complot judéo-maçonnique : c’est là une conception typique du fascisme. Par contre, il convient de s’interroger sur l’influence réelle, au niveau social, de la franc-maçonnerie, hier et aujourd’hui.

    1)      Le XVIII° siècle : En 1789, les « bras nus » sont dominés par la bourgeoisie. Naissance du prolétariat. La Franc-maçonnerie est au-dessus du mouvement.

    Une étude, notamment de la Révolution française de 1789, démontre que la franc-maçonnerie, en amont de ce mouvement révolutionnaire, a fortement impliquée la classe aristocratiques, les nobles et le haut clergé, dont la noblesse de robe, tel le représentant de celle-ci, que fut Montesquieu. Sont moins concernés les représentants de la couche supérieure du Tiers-Etat, la bourgeoisie.

    En introduisant des idées progressives, comme la tolérance, la lutte contre l’absolutisme, la lutte contre la torture, la lutte contre l’emprise réactionnaire de l’Eglise catholique, etc., la franc-maçonnerie a contribué au renversement de l’ancien système et à la création d’un nouveau système, au même titre qu’un certain nombre d’autres facteurs : las académies, les 10000 nobles qui ont participé à la lutte pour l’indépendance des Etats-Unis, représentés par La Fayette, le philosophisme, symbolisé par la loge des Neuf Sœurs, etc.

    Ainsi, la franc-maçonnerie a contribué à mobiliser les couches les plus progressives de la noblesse (« Philippe Egalité »,…) et du clergé (abbé Grégoire, évêque Talleyrand,…) au déclenchement de la Révolution de 1789.

    Il faut cependant préciser que le socle économique et social était déjà depuis longtemps préparé à ce mouvement et il s’y prêtait bien.

    Les loges maçonniques étaient « spécialisées » socialement, ne regroupant souvent exclusivement que des représentants de l’aristocratie, hommes et femmes, ces dernières étant associées dans le cadre des « loges d’adoption ». Ces loges « aristocratiques » étaient en général fermées aux catégories sociales bourgeoises inférieures, cette dernière couche (négociants, manufacturiers,…) se regroupant dans leurs loges propres et spécifiques.

    D’ailleurs, pour limiter le recrutement à la catégorie « noble », l’une des raisons, mais pas la seule, de la création des « hauts-grades » était destinée à la préservation de ct entre-soi.

    Cependant si une partie de l’aristocratie a contribué à amorcer le mouvement révolutionnaire, d’autres nobles ont trahi les idéaux de la franc-maçonnerie : d’une part, une partie des nobles contre-révolutionnaires ont fui la France et émigré à partir de 1789. D’autre part, certains aristocrates ont quitté et délaissé le mouvement révolutionnaire, au fur et à mesure de son avancée, où en tout cas le freiner, et arrêter le mouvement de la Révolution à l’une de ses étapes : par exemple, la monarchie constitutionnelle. Ceci explique la trahison des idéaux révolutionnaires par une partie des aristocrates, mais également des hauts bourgeois, dans le cadre d’une entente des possédants, au fur et à mesure que le peuple, composé des sans-culottes et des enragés, s’est emparé de ces idéaux, pour les emmener à leur ultime conclusion : la Constitution de l’An III, et la république sociale, représentée par le deuxième pouvoir, populaire, que fut la Commune insurrectionnelle de Paris de 1792.

    La Révolution a aboutit à la victoire de la bourgeoisie sur la féodalité, victoire non définitive, puisqu’au siècle suivant, il y eut diverses tentatives de Restauration. La bourgeoise a affirmé et fondé son pouvoir et son Etat par diverses étapes : la Terreur, Robespierre, le Directoire et Napoléon I°.

    Lors de la révolution, les idéaux d’égalité de tous les hommes, de libertés fondamentales, de laïcité et de tolérance, de déchristianisation, etc. sont sorties des Temples maçonniques pour illuminer et entrer dans la réalité sociale. Ces idées ont été discutées, en particulier, dans les divers clubs patriotiques qui ont pris alors naissance. Il en est résulté une quasi-mise en sommeil des loges maçonniques elles-mêmes.

    Avec Napoléon 1° (Tout comme la tentative de Napoléon III°) on assiste à une mise en place d’une franc-maçonnerie de « caserne », c’est-à-dire une maçonnerie aux ordres au pouvoir en place.

     

    2)    Le XIX° siècle : En 1871, le prolétariat est autonome et mature. Il se libère et construit son Etat. La franc-maçonnerie est à côté.

    Socialement, le recrutement au sein des loges maçonniques se renouvelle : il s’agit alors essentiellement de bourgeois, de petits-bourgeois et d’intellectuels. Les loges deviennent des « lieux de parole », où s’expriment sans aucune censeure les idées « républicaines », qui vont s’exprimer en-dehors des Temples surtout en 1830, en 1848 et enfin lors de la commune de Paris en 1871. A chaque fois, la franc-maçonnerie est un creuset d’idées avancées, et elle joue un rôle de déclencheur des mouvements sociaux. Encore une fois, lorsque le peuple s’empare de ces idéaux, les loges disparaissent ou sont mises en sommeil, et on voit l’apparition de divers clubs.

    Les maçons de la III° République étaient plutôt opposés à la maçonnerie des « hauts-grades », en raison de leur conception très égalitariste.

    Quel est le « ressort », la « mécanique » qui permet à la maçonnerie de parvenir à ses fins ?

    La franc-maçonnerie pose un certain nombre de valeurs, qui forment une « table de la loi », bien au-delà de la simple réalité sociale : autrement dit, la conduite de la réalité sociale fait en sorte que l’infrastructure a pris de l’avance sur la superstructure. La franc-maçonnerie contribue à un « rattrapage » de la superstructure par rapport à une infrastructure qui est à l’étroit, étant bridée.

    De  plus, la « clôture » des loges maçonniques, appelée « le secret », crée une sorte de « pouvoir » des loges (on dit « un maçon libre dans une loge libre »), en dehors du pouvoir officiel. Pour être précis, la maçonnerie représente les valeurs d’une catégorie sociale (la noblesse et le haut clergé au XVIII° siècle, la bourgeoisie au XIX° siècle), valeurs qui n’ont pas encore cours dans la société réelle, mais valeurs qui correspondent déjà à la réalité du socle de l’infrastructure. Ces valeurs couvent un certain nombre d’années dans les « serres » que sont les loges maçonniques et ne demandent qu’à éclore à la lumière du soleil. Lorsque les conditions sociales objectives sont réunies, ces valeurs passent tout naturellement dans la réalité sociale, les forces populaires s’en emparant pour les faire entrer d       ns la réalité.

    Les forces populaires emmènent ces valeurs bien souvent au-delà des limites que souhaiteraient leur assigner les « initiateurs » et les « lanceurs d’alerte » : en quelque sorte, le peuple prend « au mot » les classes nouvellement dominante, d’où les exigences des sans-culottes en 1792, ou ben la tentative d’instaurer une dictature du prolétariat par les Communards de 1871.

    Il est à noter qu’à chaque fois, au cours de la lutte, l’émergence des femmes qui aspirent à la libération contre le patriarcat et le machisme, a conduit à l’apparition des loges d’adoption au XVIII° Siècle et à l’initiation féminine à la fin du XIX° siècle.

     

    3)    Le XX° siècle : Le prolétariat dispose de son propre parti, le Parti Communiste Français. Ce parti a une ligne prolétarienne juste de 1920 à 1953. La franc-maçonnerie doit se mettre au service du prolétariat.

    Le recrutement concerne surtout la bourgeoisie, mais également la petite-bourgeoisie (enseignants, boutiquiers, artisans,…). Cela signifie que la fraternité dans les loges, par exemple, n’est pas universelle, mais « censitaire », en raison de la cherté et du coût (en argent et en temps) qu’il faut pouvoir consentir pour appartenir au mouvement (cotisation annuelle, coût des agapes, achat du matériel et des décors, etc.). Sont exclus en particulier les ouvriers et les petits paysans.

    En effet depuis l’origine, jusqu’à aujourd’hui, le coût pour être franc-maçon est prohibitif :

    ·   D’abord les cotisations, non seulement pour les trois premiers grades, mais aussi pour les hauts-grades ;

    ·   Ensuite les décors, qu’il convient d’acheter pour chaque grade, ainsi qu’éventuellement le costume sombre parfois nécessaire pour participer aux tenues ;

    ·   Enfin les divers à-côtés non négligeables, comme les agapes, les sorties.

    Ainsi, ces divers coûts, mais aussi le temps libre dont il convient de disposer, ne serait-ce que pour participer à au moins deux tenus par mois, conduit automatiquement à réserver la maçonnerie à certaines catégories sociales plutôt aisées, l’aristocratie au XVIII° siècle, la bourgeoisie et la petite-bourgeoisie aux XIX° et XX° siècles. De toute façon, aucun effort n’est fait pour recruter des éléments de la classe ouvrière ou de la paysannerie pauvres : ce recrutement pourrait se concevoir par exemple par l’application du quotient familial et une participation au mouvement en fonction des revenus réels.

    Il en résulte donc bien que les valeurs de Liberté-Egalité-Fraternité sont « censitaires » et réservées au-dessus d’un certains « cens ». Seuls sont aidés les francs-maçons de cette « classe moyenne », qui connaissent des difficultés occasionnelles – chômage, licenciement, divorce,… .

    Une conséquence est un recrutement « consanguin » : les bourgeois recrutent dans leur milieu et donc de nouveaux bourgeois. Aucun effort n’est fait, ne serait-ce que pour des considérations financières, pour recruter dans les classes sociales inférieures, ne serait-ce que pour regrouper les éléments les plus représentatifs de chaque classe sociale à même d’appliquer les principes de « Liberté-Egalité-Fraternité ».

    Il en résulte notamment une forte tendance des francs-maçons vers l’apolitisme, la « neutralité »,, qui confine au conformisme, à la défens e du statut-quo, et donc de la domination bien réelle de la classe bourgeoise. Une fraction de francs-maçons se distingue aussi par un anticommunisme outrancier. Et pourtant la franc-maçonnerie bien conçue a pour objectif immédiat l’instauration du communisme.

    En effet, le communisme, c’est la fraternité réelle vécue entre égaux libres. C’est dans la société collectiviste qu’est mis en œuvre le maximum possible d’égalité et de liberté pour l’ensemble des individus et pour chacun pris individuellement. Le communisme est donc, ici et maintenant, l’expression de ce qui correspond le mieux à la devise fondatrice de la maçonnerie : « Liberté-Egalité-Fraternité ».

     

    Peu à peu se dessine l’objectif de la République sociale, correspondant à une réalité sociale fondée sur la liberté, l’égalité et la fraternité. Les principaux idéaux de la Commune de paris, tels la séparation de l’Eglise et de l’Etat, la laïcité, en particulier dans l’enseignement, ont peu à peu pris place dans la réalité.

    Il y a extension des droits sociaux et affirmation des droits de l’homme au niveau international, création de la Société des Nations, puis de l’O.N.U.

    Un point spécifique du XX° siècle, c’est l’existence pendant une trentaine d’année, du Parti Communiste Français, qui donne à la classe ouvrière son autonomie. Après la mort de Staline, ce parti est devenu un embryon de la bourgeoisie sociale-démocrate.

     

    4)    Et aujourd’hui ? Le Parti « Communiste » Français est un parti révisionniste, un embryon de la social-démocratie bourgeoise. La franc-maçonnerie doit aider à l’émergence d’un nouveau parti révolutionnaire.

    Les responsables du Grand Orient de France ont publié le 25 janvier 2013 un « Manifeste des francs maçons du Grand Orient de France. Une espérance républicaine pour le 21 ème siècle ». C’est une sorte de Manifeste du Parti Maçonnique, dont la conclusion est une reprise de la devise communiste : « De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins ». Il est en effet déclaré, page 20 : « […] c’est le changement radical de paradigme qu’il faut viser : une distribution des revenus non plus en fonction du travail et de la détention du capital, mais surtout en fonction des besoins de chacun. »

    Deux critiques principales peuvent être formulées à l’encontre de ce document. La première critique concerne la lutte que souhaite mener le GODF contre la féodalité financière : il existerait une « laïcité » au niveau financier, consistant à séparer l’Etat de l’argent. Il convient de donner aux mots leurs vrais sens, et de maintenir la lutte pour la laïcité dans le domaine des croyances religieuses. La finance n’est, en tant que telle, ni bien, ni mal : ce qu’il convient d’apprécier, c’est l’usage fait par la finance, placée au service de la majorité, ou bien au service de la minorité. La seconde critique concerne la nature de l’Etat : L’Etat est aujourd’hui confisqué par les puissances d’argent, c’est-à-dire la haute-bourgeoisie. Il s’agit bien de briser cet Etat et de laisser le peuple et son avant-garde, composé de la classe ouvrière, construire un nouvel Etat, comme cela  a été fait par les Communards en 1871.

    A noter que le GODF a effectué sa « révolution culturelle », et, après divers « pas de clercs », procède enfin à l’initiation des femmes, traitées comme étant « des frères » comme les autres.

    Cependant, la « mécanique » maçonnique conserve toute son efficience, et la force de l’égrégore agit indépendamment de la volonté et des désirs des individus. Cette force conduit plus que jamais à affirmer l’égalité (sociale de tous), la liberté (démocratique) et la fraternité (entre les peuples).

    Aujourd’hui, la bourgeoisie est divisée en trois branches : la « droite républicaine » (ce sont les successeurs de Cavaignac, de Thiers et de de Gaulle), la gauche sociale-démocrate (ce sont les successeurs de Blum et de Mitterrand) et le fascisme (ce sont les successeurs du général Boulanger et de Pétain). Pour défendre ses intérêts propres, chacune de ces branches essaie de mobiliser le peuple.

    Malgré toutes les tentatives d’entrisme, de la part des fascistes, la franc-maçonnerie n’est pas soluble dans l’idéologie fasciste. Les valeurs défendues par la franc-maçonnerie ne pourront jamais être partagées avec le fascisme.

    La « mécanique » maçonnique est un instrument de coercition, et éventuellement d’éjection, des membres qui tenteraient de tirer la couverture à eux, tels Cahuzac et consorts. Ceux qui, comme Cahuzac, sont des maçons de pacotille, qui pensent se cacher dans les loges pour se livrer aux pires prévarications, sont éjectés et livrés à la justice populaire. Il en a été ainsi des maçons girondins en 1793, qui ont eu la « gorge tranchée », en conformité avec leur engagement maçonnique. Divers maçons, qui étaient des républicains sociaux et des révolutionnaires, lors de la Commune de Paris de 1871, qui sont devenus ensuite « possibilistes », boulangistes et même monarchistes, se sont retrouvés dans les poubelles de l’Histoire.

    Aujourd’hui, une partie des maçons s’engage pour la fraction de droite de la bourgeoisie (par exemple Alain Bauer en faveur de Sarkozy), une autre partie des maçons se met à la remorque de la fraction sociale-démocrate de la bourgeoisie (par exemple Mélenchon).

    Si la maçonnerie veut être à nouveau initiateur et déclencheur des valeurs, dont celles du travail et du logement pour tous, ce n’est ni l’une ni l’autre orientation qu’il convient de prendre. L’enjeu, ce n’est ni la droite, ni la gauche, bourgeoises l’une et l’autre, ce qui serait se mettre au service de la minorité la plus riche, au service du MEDEF, mais l’enjeu est de cliver la franc-maçonnerie sur la force populaire, ce qui est se mettre au service du plus grand nombre, de l’intérêt général et donc au service du peuple.

    Une fois donnée l’impulsion initiale, il convient d’avoir suffisamment confiance dans le peuple pour que celui-ci conquière son autonomie et crée une République sociale, à l’image de ce qui se déroule dans les loges, et de ce que la Commune a réalisé en 1871 à Paris.

     

     

     

    Première Partie : La ligne opportuniste de droite de Maurice Thorez à la Libération (1944-1945)

     

    INTRODUCTION 

    Le parti Communiste français a été le premier parti de la résistance en France. A l’issue de la guerre, il disposait de nombreux atouts lui permettant d’engager éventuellement l’insurrection, de détruire l’Etat bourgeois et de prendre le pouvoir en France, de construire l’Etat socialiste afin d’instaurer le socialisme.

    Pourtant dès 1944, la tendance dominante de la direction du Parti, représentée par Maurice Thorez, est de rendre les armes, de dissoudre les milices populaires et de placer le parti sous la direction de la bourgeoisie, représentée par de Gaulle.

    C’est que, depuis quelques temps déjà, régnait à la direction du Parti Communiste Français, une ligne révisionniste, opportuniste de droite, qui l’avait emportée, dans le cadre de la lutte entre deux lignes.

    En conséquence, du fait de cette ligne opportuniste, le Parti n’avait plus d’autonomie, mais était rattaché à la classe bourgeoise, développant un point de vue légaliste, bientôt électoraliste : en un mot, le Parti Communiste Français avait fait le choix de s’intégrer dans les institutions bourgeoises et avait renoncé à les détruire.

    C’est ce qu’avait bien compris le représentant de la classe bourgeoise, de Gaulle. En novembre 1944, une amnistie rendit possible le retour de Russie en France de Maurice Thorez, secrétaire du parti communiste. En expliquant pourquoi il y consentit, de Gaulle note :

    « Compte tenu des circonstances d’antan, des événements survenus depuis, des nécessités d’aujourd’hui, je considère que le retour de Maurice Thorez à la tête du parti communiste peut comporter, actuellement, plus d’avantages que d’inconvénients. […] Dès le lendemain de son retour en France, il aide à mettre fin aux dernières séquelles des « milices patriotiques » que certains, parmi les siens, s’obstinent à maintenir dans une nouvelle clandestinité. Dans la mesure où lui permet la sombre et dure rigidité de son parti, il s’oppose aux tentatives d’empiètement des comités de libération et aux actes de violence auxquels cherchent à se livrer des équipes surexcitées. A ceux – nombreux – des ouvriers, en particulier des mineurs, qui écoutent ses harangues, il ne cesse de donner comme consigne de travailler autant que possible et de produire coûte que coûte. » (Charles de Gaulle, Mémoires de guerre, tome 3, Le salut, 1944-1946, Plon, Paris, 1959, pages 100-101)

    Il est important de comprendre :

    ·        Comment la ligne défaitiste a pu l’emporter au Parti Communiste Français ;

    ·        Comment cette ligne se manifeste dans la propagande du Parti Communiste Français ;

    ·        Comment la ligne révolutionnaire a été vaincue.

     

    La ligne révisionniste se manifeste par des références à la nation, non comme cadre de la révolution prolétarienne, mais comme objectif : il s’agit d’être les meilleurs défenseurs de la nation française, en oubliant que celle-ci est alors sous domination bourgeoise. C’est un reniement évident de la lutte des classes. Sont mises en avant les références au drapeau « national » bleu blanc rouge, à la Marseillaise, à la reconstitution de l’économie, d’une armée nationale, etc., le Parti Communiste Français se présentant comme le meilleur défenseur de la nation, à l’avant-garde de la lutte contre le fascisme.

    Cette ligne opportuniste de droite se manifeste également par une cible limitée aux « trusts », aux « deux cent familles », « l’oligarchie financière »,… qui ont trahi les intérêts nationaux. La cible n’est donc plus la bourgeoise en tant que classe, une partie conséquente de celle-ci, dite « bourgeoisie nationale » étant intégrée dans le peuple. Est donc niée la contradiction antagonique entre bourgeoisie et prolétariat, au profit d’une contradiction entre la nation française et une infime minorité de représentants des trusts, qui ont trahi la nation au profit de la collaboration avec l’occupant nazi. L’ennemi se réduit à l’ « oligarchie financière » : l’objectif stratégique n’est donc plus de renverser la bourgeoisie et de prendre le pouvoir par les armes, mais simplement d’ « épurer » la société française, en la débarrassant de ses mauvais éléments collaborationnistes.

    Une fois cette ligne imposée aux membres du Parti Communiste Français, la bourgeoisie pouvait être rassurée et mettre en place les nouvelles institutions de la IV° république, ceci avec la complicité des dirigeants communistes.

    On justifie ce reniement du marxisme léninisme par le contexte international (La France était alors occupée par les forces armées alliées, qui n’auraient pas laissé se propager une insurrection en France, la ligne de Staline, de partage du monde entre l’Est et l’Ouest, la France tombant dans l’escarcelle de l’Ouest,…).

    On peut, à cela, opposer la situation en Chine : le Parti Communiste Chinois, sous l’impulsion de Mao Tsé-toung, avait une ligne révolutionnaire juste et a su prendre le pouvoir et instaurer un Etat socialiste en 1949.

    Le point clé à saisir, c’est la lutte interne au sein du Parti Communiste Français, entre la ligne opportuniste bourgeoise et la ligne révolutionnaire. Ou bien, c’est une ligne opportuniste qui l’emporte, qui nie la contradiction principale entre bourgeoisie et prolétariat, et lui substitut une lutte entre la « nation » et une infime minorité de « traîtres » à la nation, ou bien, c’est une ligne révolutionnaire qui n’oublie jamais son objectif stratégique « classe contre classe » et qui aboutit à terme au renversement de l’Etat bourgeois auquel est substitué un nouvel Etat socialiste.

    Ce n’est que par les critiques formulées par le Parti Communiste d’Union Soviétique, dirigé par Staline qu’a été freinée et empêchée le mouvement du Parti communiste français dans la fange révisionniste. Le courant opportuniste de droite est apparu dès les années trente, et il a pu s’affirmer après la mort de Staline. Alors les révisionnistes représentés par Thorez et Duclos, ont pu se vautrer dans les idées bourgeoises, et vendre le Parti ouvrier çà la classe bourgeoise.

    L’influence de l’URSS sur le PCF, cela n’a pas été un accélérateur, mais un frein du révisionnisme, jusqu’à la mort de Staline.

    Dés sa naissance, un parti communiste doit intégrer une ligne révolutionnaire, et ensuite, dans le cadre de la lutte entre lignes au sein du parti, faire en sorte que la ligne révolutionnaire soit dominante.

    Du point de vue militaire, cela signifie que le parti communiste, dès sa création, doit avoir une ligne claire sur les objectifs : préparation d’un renversement violent de l’Etat ancien, ne jamais perdre de vue la cible principale,…

    En conséquence, on peut en déduire, que, en 1944, le Parti Communiste Français n’avait déjà plus une ligne révolutionnaire de renversement de la bourgeoisie, mais était prêt à se placer sous la direction de l’idéologie bourgeoise, ceci en brandissant les drapeaux de Marx, Lénine et Staline. C’est dire qu’il était prêt à déposer les armes, à renier toute insurrection, et à écraser les représentants de la ligne révolutionnaire en son sein.

    Ce reniement se fait souvent au nom d’une « modernisation » du marxisme, d’une mise à jour de celui-ci par rapport à une réalité objective qui aurait changé. Mais fondamentalement, ce qui n’a pas changé, c’est l’existence des classes sociales et l’exploitation des autres classes, dont le prolétariat, par la classe bourgeoise.

    De nos jours, les révisionnistes modernes utilisent les mêmes arguties pour soit disant rénover le marxisme et lui substituer la collaboration de classe : cela a été le cas en 2006 du Parti Communiste du Népal, qui, comme le PCF en 1944, a contribué à désarmer le peuple pour le mettre au service de la bourgeoisie.

    Dès 1944, les fruits de la victoire, que le peuple français récolta au prix de son sang, furent rapidement usurpés par la grande bourgeoisie. A ce moment-là, les dirigeants du Parti Communiste, le premier grand parti de France, jouissant d’une forte influence parmi les masses populaires, appliquèrent de façon erronée une ligne déviationniste de droite, et crurent pouvoir changer la politique de la bourgeoisie et le système capitaliste par la voie parlementaire. Aspirant à des postes élevés et à de bons salaires, la clique dirigeante du PCF fit un compromis honteux avec la grande bourgeoisie, rendit les armes et abandonna la lutta armée.

    Pour l’avenir, il convient de retenir les leçons suivantes :

    ·   La question du pouvoir est centrale : l’objectif du Parti communiste, que ce soit en période de paix ou de guerre, est de prendre le pouvoir par tous les moyens, et d’instaurer la dictature du prolétariat.

    ·   Comme le disait Mao Tsé-toung, sans armée, le peuple n’a rien : il est indispensable de disposer d’une armée rouge, indépendante et sous la direction unique du Parti communiste. Cet outil se prépare à tout moment, même en temps de paix. Il semble que le Parti communiste français ne s’est jamais préoccupé réellement de cette tâche ;

    Le Parti Communiste Français ne s’est véritablement préoccupé d’aucune de ces deux questions.

    Bien plus, très tôt, dès la mise en œuvre du Front Populaire, c’est une ligne opportuniste de droite qui s’est petit à petit imposée, personnalisée par Maurice Thorez. La seconde guerre mondiale n’était même pas terminée, qu’elle s’est manifestée par le mot d’ordre : « Un seul Etat, une seule armée, une seule police ». En fin de compte, la direction révisionniste a mis le Parti communiste, puis l’ensemble de la classe ouvrière, sous la direction de la class bourgeoise. Cela a conduit, de 1945 à 1960, à renoncer à tous les aspects du marxisme-léninisme, pour s’enfoncer définitivement dans la fange de l’opportunisme.

     

    Sont présentés ci-dessous, 15 documents du Parti Communiste, publiés en 1944 et 1945.

    Les citations sont en couleur rouge.

    Les deux premiers documents, A et B, sont deux textes classiques du marxisme. Alors que, à la fin de la guerre, le papier est plutôt rare, il apparaît que ces publications, destinées à la formation des militants, dans le cadre de l’école du Parti, ont aussi pour objectif d’occuper pleinement le territoire idéologique du marxisme-léninisme : on peut donc tout à fait en paroles se réclamer de cette idéologie scientifique et révolutionnaire, tout en défendant en paroles une ligne opportuniste.

     

    A)   Les éléments du communisme. Friedrich Engels. Socialisme utopique et socialisme scientifique ; 1944

    « L’ordre social actuel est la création de la classe actuellement dominante, la bourgeoisie.

    L’antagonisme entre les forces productives et la propriété capitaliste se traduit par un antagonisme de classe.

    La séparation s’était accomplie entre les moyens de production, concentrés dans les mains des capitalistes, et les producteurs, réduits à ne posséder que leur force de travail. L’antagonisme entre production sociale et appropriation capitaliste s’affirme comme antagonisme entre prolétaires et bourgeois.

    La solution de tous les antagonismes est dans l’appropriation des forces productives par la société (socialisation des moyens de production et d’échange). Mission du prolétariat : abolition des classes et des Etats de classe.

    L’abolition des classes, comme tout autre progrès social, devient praticable, non par la simple conviction, dans les masses, que l’existence de ces classes est contraire à l’égalité, à la justice ou à la fraternité, non par la simple volonté de les détruire, mais par l’avènement de nouvelles conditions économiques. »

    L’analyse de classe est énoncée, mais tout aussi vite abandonnée dans les faits, et remplacée par la lutte contre l’ennemi, représenté par les nazis, et leurs alliés, les vichyssois et les grands trusts.

     

    B)    Karl Marx et Friedrich Engels. Manifeste du pari communiste. 1944

    « L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de luttes de classes.

    Le gouvernement moderne n’est qu’un comité administratif des communes affaires de la classe bourgeoise.

    La bourgeoisie a joué dans l’histoire un rôle essentiellement révolutionnaire.

    La bourgeoisie se façonne un monde à son image.

    La bourgeoisie a soumis la campagne à la ville.

    Elle a concentré la propriété dans un petit nombre de mains.

    Le système bourgeois est devenu trop étroit pour contenir les richesses créées dans son sein.

    Les communistes ne se distinguent des autres partis ouvriers que sur deux points :

    1°) Dans les différentes luttes nationales des prolétaires, ils mettent en avant et font valoir les intérêts indépendants de la nationalité et communs à tout le prolétariat ;

    2) Dans les différentes phases de la lutte entre prolétaires et bourgeois, ils représentent toujours et partout les intérêts du mouvement intégral.

    Pratiquement, les communistes sont donc la fraction la plus résolue des partis ouvriers de tous les pays, la fraction qui entraîne toutes les autres ; théoriquement, ils ont sur le reste du prolétariat l’avantage d’une intelligence claire des conditions, de la marche et des fins générales du mouvement prolétaire.

    La révolution française, par exemple, a aboli la propriété féodale au profit de la propriété bourgeoise.

    Les idées dominantes d’une époque n’ont jamais été que les idées de la classe dominante.

    Le pouvoir politique à proprement parler, est le pouvoir d’une classe pour l’oppression des autres.

    Les socialistes bourgeois veulent les conditions de vie de la société moderne sans les luttes et les dangers qui en dérivent fatalement. Ils veulent la bourgeoisie sans le prolétariat. »

    Dans les faits, nulle part est mis en avant la nécessité stratégique de la révolution socialiste, et donc à la fois l’autonomie du prolétariat par rapport à la bourgeoisie et son rôle dirigeant lors de chaque étape. Ce qui est mis en avant de façon pratique, c’est l’inféodation du prolétariat, par l’intermédiaire du Parti Communiste, aux intérêts de la bourgeoisie, à la fois pour chasser l’ennemi nazi de France et reconstruire la Nation.

     

    1)       Haute trahison crime des trusts ; La France accuse !

    « Notre jugement à l’égard des trusts est irrémédiable et définitif. Ils portent pour une grande part la responsabilité des malheurs qui se sont abattus sur notre pays.

    Notre pays, possesseur du troisième empire colonial de l’univers.

    Souhait de modernisation du capitalisme français. Intérêt national.

    La responsabilité des trusts dans la stagnation de l’agriculture.

    La responsabilité des oligarchies financières.

    Hitler, c’est l’ange gardien des deux cents familles.

    Les militants communistes placés par la confiance des ouvriers à la tête des grandes fédérations syndicales n’ont en aucun cas négligé de lier à la question des quarante heures celle de l’augmentation du rendement en instruments de la défense nationale par l’amélioration de la technique et des méthodes d’organisation.

    Dans le phénomène de la trahison, l’aspect national et l’aspect social sont si étroitement unis qu’ils se confondent.

    Le rôle des banques fut naturellement de première importance dans cette vassalisation de l’économie française. »

    La notion de Nation est mise en avant, non pas comme cadre de la lutte de classe, mais comme objectif : il s’agit bien de la Nation bourgeoise, qu’il convient de restaurer et de consolider.

    « La loi de la conscience nationale plus forte que la loi du profit.

    L’unanimité des français patriotes et honnêtes attend des techniciens qu’ils servent la justice et la nation en coopérant de toutes leurs forces à l’œuvre d’élémentaire salubrité publique aujourd’hui même.

    L’économie française ;

    Commission de surveillance des trusts.

    Cette commission doit recevoir des pouvoirs d’enquête illimités ; elle devrait être composée de représentants du pouvoir public, de délégués de l’Assemblée Consultative, de délégués des organisations les plus représentatives des classes moyennes (Fédération nationale du petit commerce et de l’artisanat, Association des techniciens et ingénieurs français, Confédération paysanne, Front national judiciaire, etc.), des techniciens de la classe ouvrière, enfin des représentants du monde de la science et de la pensée.

    Au nom de la sécurité nationale pour la transformation des trusts en entreprises publiques.

    Super gouvernement secret, qui a usurpé la souveraineté du peuple dans les relations internationales. Ce gouvernement secret, c’est celui des trusts.

    Sous peine de duperie, il ne faut donc pas se contenter de passer par les armes les traîtres du Comité des Forges, du Comité des Houillères, du trust Kuhlmann, des grandes banques, etc. Il faut extirper pour l’avenir aussi les racines de la trahison en supprimant l’indépendance de la féodalité financière par rapport à l’Etat ; en abolissant les trusts de même que les rois de France ont aboli les grands fiefs, ces foyers de perpétuelle rébellion ; en prononçant la confiscation des entreprises et biens des trusts pour cause d’utilité publique, comme nécessaire à la souveraineté nationale et à la sûreté du pays.

    Gestion de l’Etat.

    C’est au nom du salut public qu’il faut exproprier les trusts.
    Intérêt suprême de la Patrie.

    Le Droit traditionnel de la France autorise les pouvoirs publics à se subordonner à un commerçant défaillant quand il s’agit de nourrir la population ; il ne saurait à plus forte raison s’opposer à la prise en charge par l’Etat d’entreprises dont les propriétaires agissent pour la mort des citoyens et de l’Etat.

    Pour légitimer la transformation des entreprises des trusts en entreprises publiques, il n’y a pas lieu de faire appel à une conception nouvelle, à une conception socialiste du Droit ; la conception traditionnelle du Droit administratif français est la vraie base de cette opération. En effet, s’il est exact que pour cette conception traditionnelle « les intérêts publics sont des intérêts à caractère politique, c’est-à-dire touchant à ce qu’on peut appeler, au sens large, la police de la cité », il n’est pas moins certain que « le contrôle de la production et de la répartition des richesses peut rentrer dans la police de la cité en tant qu’il est une garantie de bon ordre et de développement social. » « L’utilité publique peut donc viser des objectifs économiques …, mais à titre de moyen et non de fin. ». D’où la définition suivante : « Ressortit à l’intérêt publique cette part des intérêts communs aux membres d’une collectivité qui touche à la police de la cité et garde un caractère politique, alors même qu’il lui est donné satisfaction par un contrôle de l’économie. »

    Nous empruntons la formule à l’édition de 1943 du Précis élémentaire de Droit Administratif d’Hauriou, ouvrage orthodoxe s’il en est. Cette formule suffit à notre démonstration : c’est au nom seul de « la police de la cité », sous sa forme suprême : la sauvegarde de la sûreté, la défense nationale, que nous demandons la transformation des trusts en entreprises publiques.

    Pourquoi l’aliénation des entreprises serait contre-indiquée ?

    C’est donc la transformation des entreprises des trusts en entreprises publiques qui s’impose.

    Peine capitale. Traîtres : empêcher à toute force la reprise de la production, voilà leur politique.

    Il est donc urgent que les entreprises des traîtres soient confisquées au profit de la nation.

    Leur fonctionnement doit être confié à des comités mixtes à la production.

    Ces comités sont composés du personnel de maîtrise et des techniciens d’une part, et des ouvriers d’autre part.

    Les Comités ont à cœur de remettre les usines en marche, d’augmenter le volume de la production.

    La sauvegarde des droits des actionnaires patriotes.

    Propriété exclusive de l’Etat.

    Nationalisation.

    L’ex-actionnaire non compromis reçoit donc notification de la valeur de sa créance sur l’Etat.

    Rente française pour l’amortissement du secteur économique nationalisé.

    Economie mixte.

    La France doit défendre l’ensemble des classes moyennes contre les effets de la politique d’extermination que les trusts ont si cruellement poursuivis à leur égard.

    Coupables : les Boches, les trusts maîtres absolus de l’Etat fasciste.

    Vers l’épanouissement et l’initiative des cadres :

    L’extension considérable des responsabilités et du rôle des ingénieurs et techniciens… qui résulteront de la nationalisation.

    Pour la première fois, les cadres seront appelés à jouer un rôle à la mesure de leurs capacités et de leur dévouement.

    Le but est : rendre à la France d’en deçà et d’au-delà des mers, une et indivisible, la place qu’elle doit normalement occuper dans le monde et que le parasitisme putride des trusts l’avait mise hors d’état de conserver. Le but est l’indépendance économique et politique de la France. »

    La cible n’est pas la bourgeoisie, mais elle est limitée aux trusts, À aucun moment, il ne s’agit de transformer la lutte nationale en lutte sociale, pour prendre le pouvoir par la violence. La prise de pouvoir est renvoyée aux calendes grecques, par la voie des élections, dans le cadre de la « démocratie bourgeoise ».

     

    2)    L’école élémentaire du Parti Communiste Français – Première série – Leçon n° 1. L’économie et les classes sociales en France. Septembre 1945

    « III. Les monopoles et l’oligarchie financière :

    La centralisation des capitaux :

    Il se forme ainsi une oligarchie financière maîtresse des plus grandes banques et des plus importantes entreprises du pays. Cette oligarchie qui était désignée, dès avant la guerre, par le terme « les deux cents familles ».

    Véritables intérêts de la Nation et de son peuple. »

    La nation est réduite à la notion des « deux cent familles » ! On retrouve les notions d’oligarchie financière et des grandes banques, mises en avant aujourd’hui par la social-démocratie, afin de détourner le prolétariat et le peuple de la lutte des classes.

     

    3)     L’école élémentaire du Parti Communiste Français – Première série – Leçon n° 3 L’économie et l’Etat socialistes. Septembre 1945

    I)           « Qu’est-ce que le socialisme ?

    A)   La propriété sociale des moyens de production.

    La suppression de l’exploitation de l’homme par l’homme.

    La propriété est sociale, alors que les moyens de production sont propriété individuelle.

    La propriété socialiste revêt deux formes principales :

    1)      Propriété d’Etat (Biens du peuple tout entier).

    2)    Propriété coopérative (Exemple : kolkhoz).

    II)       Les quatre raisons du triomphe d’une économie socialiste :

    1)      Tous les obstacles qui s’opposent au développement de la production en régime capitaliste ont disparu : « Ce que nous vous demandons, ce n’est pas de produire beaucoup, mais de produire cher ».

    2)    Le socialisme établit une économie sans crise.

    3)    Le socialisme crée une émulation au travail sans précédent.

    4)    Le socialisme met la machine au service de l’homme.

    III)  L’Etat socialiste :

    L’Etat est l’instrument de domination d’une classe.

    La révolution socialiste comporte la destruction de la machine de l’Etat capitaliste et l’instauration d’un Etat nouveau :

    1)      Nécessité de l’Etat après la révolution socialiste :

    a)     Dans la période de construction du socialisme, cet Etat a trois tâches principales à accomplir :

    1)      Il doit briser la résistance des grands propriétaires fonciers et des capitalistes renversés et expropriés par la révolution socialiste, liquider leurs tentatives de tout genre et de tout ordre.

    2)    Il doit encore organiser l’édification socialiste en rassemblant le peuple entier autour de la classe ouvrière, éduquer les masses populaires et orienter ce travail de façon à préparer la liquidation, la suppression des classes.

    3)    Il doit organiser une puissante force armée pour la lutte contre les ennemis de l’extérieur et sauvegarder ainsi les conquêtes de la révolution socialiste.

    b)    Dans la société socialiste :

    2)    Les Soviets, base de l’Etat en URSS : « Conseils »

    3)    La dictature du prolétariat :

    a)     « La dictature du prolétariat ne peut être la démocratie « intégrale », la démocratie pour tous, et pour les riches et pour les pauvres. » (Staline)

    b)    La dictature du prolétariat institue une démocratie réelle, sans précédent, pour le peuple.

    4)    L’épanouissement de la démocratie socialiste :

    Droit au travail ; droit de recevoir un emploi : garanti avec rémunération du travail selon sa quantité et sa qualité.

    Contrôle et révocabilité des élus par les électeurs.

    1)      De chacun selon ses capacités, à chacun selon son travail.

    2)    De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins.

    IV)      Comment se fait le passage du socialisme au communisme :

    1)      Développement de la production.

    2)    Les différences entre les travailleurs manuels et intellectuels, entre la ville et la campagne tendent à s’effacer. »

     

    4)    L’école élémentaire du Parti Communiste Français – Première série – Leçon n° 4 La nation. Novembre 1945

    « Par contre les communistes se sont montrés les meilleurs et les plus ardents défenseurs de leur patrie.

    Le Parti Communiste est à l’avant-garde de la lutte pour l’intérêt national.

    L’histoire nous enseigne, en effet, qu’à chaque époque une classe sociale montante incarne le véritable intérêt national.

    La haute trahison des trusts.

    Le PC, premier parti national, sa politique a été la seule vraiment conforme aux intérêts de la Nation.

    Les trusts, ennemis de la Nation.

    Les trusts désorganisent la vie économique du pays.

    Les trusts organisent la trahison de Munich : les trusts sans patrie.

    Trahison ouverte des trusts sous l’occupation.

    Les trusts sabotent la Renaissance Française.

    Au moment où tous les efforts du pays devraient être tendus en vue de l’accroissement de la production, pour une restauration rapide de l’économie française, où, à l’appel du Parti Communiste et de son secrétaire général Maurice Thorez, mineurs, métallurgistes, cheminots, ouvriers du bâtiment, etc., rivalisent d’ardeur eu travail, n’a-t-on pas vu le Comité des houillères exploiter les veines les plus pauvres et les grandes firmes industrielles marcher au ralenti ?

    Ainsi la classe ouvrière, soutenue par ses alliés (paysans et classes moyennes), défend de la manière la plus conséquente les intérêts de la nation, tandis que les deux cents familles les sacrifient en toute occasion à leur égoïsme de classe.

    Patriotisme n’est pas chauvinisme.

    Cosmopolitisme et patriotisme.

    Le parti communiste, parti de la classe ouvrière, est le grand parti national.

    Conditions de l’indépendance nationale.

    Une économie sans trusts. Expropriation des trusts, retour à la nation des grands moyens de production.

    Une armée nationale et démocratique.

    Une armée nationale et républicaine.

    Le maintien et l’élargissement de la démocratie.

    C’est pourquoi un gouvernement issu du peuple souverain, contrôlé par lui et s’appuyant sur lui pour assurer le maintien et l’élargissement de la démocratie, est une des conditions premières de l’indépendance nationale.

    L’union de la classe ouvrière avec l’ensemble des forces nationales et démocratiques.

    La question nationale et coloniale.

    Trois principes :

    ·        Premier principe : égalité des droits.

    ·        Deuxième principe : le droit de libre expression allant jusqu’à la séparation.

    ·        Troisième principe : le droit des nations à se séparer ne signifie pas l’obligation de se séparer.

    Les territoires français d’outre-mer :

    Thorez : « une politique vraiment française »

    « Nous n’avons jamais cessé de montrer que, par exemple, l’intérêt des populations de l’Afrique du Nord était dans leur union avec le peuple de France. »

    Jamais n’est clairement posée la question de la direction du mouvement : qui dirige ? La bourgeoisie ou le prolétariat ? Le fait de refuser une direction par le prolétariat conduit inévitablement à placer le prolétariat sous la direction de la bourgeoisie.

     

    5)    L’école élémentaire du Parti Communiste Français – Première série – Leçon n° 5 Le Parti. Novembre 1945

    « Dans une société divisée en classes sociales, chaque classe ou fraction d’une classe trouve son expression politique dans un parti pour conserver les privilèges qu’elle détient ou mettre fin à l’exploitation dont elle est victime.

    Un parti défend toujours les intérêts d’une classe ou d’une fraction de classe. Il groupe des hommes et des femmes pour la réalisation de certains objectifs politiques, autour d’un programme et de moyens d’actions déterminés.

    I)           Le parti, avant-garde de la classe ouvrière :

    1)      Le Parti Communiste, héritier des traditions révolutionnaires de la classe ouvrière française. 1871 : premier exemple, encore embryonnaire, d’un Etat prolétaire, et d’une démocratie authentique.

    2)    Le Parti Communiste continue et développe le communisme à la lumière de la science marxiste.

    3)    Le Parti Communiste achève l’organisation du prolétariat ébauchée par le mouvement ouvrier révolutionnaire dans notre pays.

    4)    Le Parti Communiste, parti d’un  type nouveau. Lénine, sur le plan philosophique, a développé, le matérialisme dialectique de Marx et d’Engels à la lumière des découvertes les plus récentes de la science.

    a)     Unité de pensée : Cette politique scientifique exclut évidemment toute division du Parti en « tendances » ou « fractions », comme tout opportunisme et toute « synthèse ».

    b)    Liaison avec les masses : Chaque Parti de la II° Internationale était, comme dit Staline, « un appareil électoral approprié aux élections parlementaires et à la lutte parlementaire. »

    c)     Discipline de fer.

    II)       Le Parti, rassembleur des forces nationales progressives :

    1)      La classe ouvrière, classe montante, dont les intérêts s’identifient avec ceux de la Nation :

    […] domination d’une nouvelle caste, celle du capital financier.

    2)    Le Parti Communiste, Parti de la Nation :

    14 juillet 1935 : Jacques Duclos… Tandis que l’après-midi, près d’un million de manifestants à Paris rendaient au Peuple la « Marseillaise » et le Drapeau Tricolore.

    … notre Parti apparaît comme le seul artisan de l’union de la Nation.

    Charles Debarge : fondation du premier groupe de francs-tireurs en décembre 1940. »

    L’utilisation de la « Marseillaise », chant bourgeois, et l’utilisation du drapeau bourgeois bleu blanc rouge aurait du donner lieu à des critiques !

    « Sans le Parti Communiste, il n’y aurait pas eu de résistance française… marcher au poteau d’exécution en chantant la « Marseillaise ». Nul n’oserait plus aujourd’hui s’étonner de voir les communistes brandir le drapeau tricolore ou entonner l’hymne national.

    3)    Le Parti Communiste, Parti des Bâtisseurs :

    …être le Parti de la Renaissance française, continuer la France.

    III)  Un parti de type nouveau

    1)      L’unité de pensée

    2)    L’unité d’organisation : Le centralisme démocratique

    3)    L’unité dans l’action

    Un homme du Parti, c’est celui qui subordonne tous les actes de sa vie publique et privée à l’intérêt du Parti, qui se confond avec l’intérêt de la France.

    … au peuple, qui a fait la grandeur de la patrie, le droit de faire ses lois et de désigner les dirigeants capables de les appliquer. »

     

    6)    L’école élémentaire du Parti Communiste Français – Première série – Leçon n° 6 Les principes de la politique communiste. Décembre 1945

    « Staline : « La théorie devient sans objet si elle n’est pas rattachée à la pratique révolutionnaire ; de même exactement que la pratique devient aveugle si la voie n’est pas éclairée par la théorie révolutionnaire. »

    « La théorie n’est pas un dogme mais un guide pour l’action »

    Staline « Les principes du léninisme »

    a)     La stratégie :

    La stratégie s’assigne trois objectifs principaux :

    1)      Fixer la direction du coup principal à porter ;

    2)    Elaborer un plan destiné à atteindre le but projeté ;

    3)    Lutter pour la réalisation de ce plan.

    b)    La tactique :

    Le mot « politique » est souvent discrédité par le fait qu’il a servi à dissimuler la soumission de certains hommes et de certains partis aux intérêts d’une classe privilégiée.

    Les communistes ne se bornent pas à interpréter les événements ; ils luttent pour les influencer, pour les modifier dans le sens des intérêts de la classe ouvrière et du peuple. La théorie marxiste-léniniste n’est pas seulement un instrument de compréhension, elle est aussi et surtout un instrument d’action.

    I)           Principes généraux de la stratégie et de la tactique communistes :

    a)      La stratégie :

    6 février 1934 : première tentative d’assaut fasciste contre le peuple et la République.

    Octobre 1934 : idée du Front Populaire pour le pain, la liberté et la paix.

    Août 1934 : « Front Français »

     La tactique :

    Staline « Principes du léninisme »

    « Si la stratégie a pour but de gagner la guerre, par exemple contre le tsarisme ou la bourgeoisie, de mener jusqu’au bout la lutte contre le tsarisme, ou la bourgeoisie, la tactique, elle, s’assigne des objectifs moins essentiels, car elle s’efforce de gagner non pas la guerre dans son ensemble, mais telles ou telles batailles, tels ou tels combats, de réaliser avec succès telles ou telles campagnes, telles ou telles actions appropriées à la situation concrète, pendant une période donnée d’essor ou de déclin de la révolution. La tactique est une partie de la stratégie, subordonnée à celle-ci et destinée à la servir. »

    II)       Les règles permanentes d’action :

    a)     On ne peut vaincre avec l’avant-garde seule :

    Lénine : »On ne peut vaincre avec l’avant-garde seule. Jeter l’avant-garde seule dans la bataille décisive tant que la classe tout entière, tant que les grandes masses n’ont pas pris soit une attitude d’appui direct à l’avant-garde, soit tout au moins de neutralité bienveillante … serait non seulement une sottise, mais un crime. » (La Maladie infantile du communisme)

    « L’unité par en bas, toujours ; par en haut et par en bas, quelquefois ; par en haut seulement, jamais. »

    b)    Il importe de bien déterminer l’ennemi principal et le coup principal à porter :

    Par exemple, au cours d’une consultation électorale, il est nécessaire de déterminer l’ennemi principal contre lequel il faut porter le maximum de coups au lieu de disperser ses efforts tout en risquant de commettre des erreurs préjudiciables au Parti.

    c)     Il faut discerner ce qui est réalisable dans une période donnée :

    Lénine : « rassembler à l’endroit décisif, au moment décisif, des forces beaucoup supérieures à celles de l’ennemi. »

    d)     On doit savoir saisir la préoccupation sensible du peuple au moment donné : Le PCF « un grand Parti de gouvernement et le premier Parti de France » refuse en décembre 1945, de se poser la question de l’instauration du socialisme en France ! Incompréhensible !

    Etienne Fajon disait au X° Congrès du Parti : « Les bavardages sur l’instauration du socialisme en France à l’époque actuelle n’ont aucun sens ou sont le fait de provocateurs chargés de diviser les forces démocratiques, car les conditions indispensables à cette instauration ne sont pas créées. Ce qui est réalisable présentement, ce sont les trois grandes tâches clairement fixées par Maurice THOREZ : la renaissance économique par l’augmentation de la production, le renouvellement de la démocratie, l’unité de la classe ouvrière. »

    e)     La tactique est inséparable de l’action et du travail de masse.

    f)     Les communistes gardent toujours « la tête froide ».

    III)  Lutte contre les déformations de notre stratégie et de notre tactique. »

     

    7)    La vie du Parti. Novembre-Décembre 1944

     « Projet de Charte d’unité de la classe ouvrière de France vers la suppression de l’exploitation de l’homme par l’homme.

    Destruction de la dictature du capital, c’est un élargissement considérable de la démocratie pour le peuple, pour les ouvriers, les paysans, les intellectuels et l’ensemble des masses laborieuses. C’est la dictature du prolétariat.

    « Le programme que se propose de réaliser le PCF est, en premier lieu, de libérer la France de la domination des trusts, coupables de trahison, de reconstruire l’industrie en la modernisant, de rénover l’agriculture, d’assurer une véritable renaissance de la Nation et de créer une France nouvelle. »

    « Une grande armée nouvelle » : …tous les moyens qui permettront à notre pays de reconstruire une grande armée nationale nouvelle.

    Etats généraux de la Renaissance nationale.

    « Souveraineté française » : remettre le pays à sa place de toujours

    « Tout un peuple, debout derrière son gouvernement et son président, le Général de Gaulle »

    « Vive la France libre et indépendante »

    Le drapeau français

    « L’intensification de la production nationale selon les lignes d’un plan arrêté par l’Etat après consultation des représentants de tous les éléments de cette production »

    Nationalisations

    « Participation des travailleurs à la direction de l’économie »

    « La diversité de la composition sociale de notre parti »

    La Marseillaise

    Ouvrir toutes grandes les portes du Parti

    Un effort doit être porté vers le développement du Parti dans les entreprises, bases de la production indispensable à la poursuite de l’effort de guerre, et au relèvement économique de notre pays. Le grand Parti de la Renaissance française.

    Programme CNR :

    -         L’égalité absolue de tous les citoyens devant la loi ;

    -         L’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières et de la direction de l’économie ;

    -         Une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général ;

    -         L’intensification de la production nationale selon les lignes d’un plan arrêté par l’Etat ;

    -         Le retour à la nation de tous les grands moyens de production monopolisés, fruits du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques ;

    -         …une élite véritable, non de naissance, mais de mérite et constamment renouvelée par les apports populaires. »

     

    8)    La doctrine communiste. Marx, Engels, Lénine, Staline en six cours. Les bases théoriques du communisme.

    « L’impérialisme et les guerres impérialistes :

    Durant la période de l’impérialisme, le capitalisme apparaît sur son déclin. Il est rétrograde à tous les points de vue (destruction de la démocratie bourgeoise, étouffement de la pensée technique et de l’art) ; il devient un capitalisme « pourrissant », « agonisant ». La paix vraiment stable ne peut résulter que de la liquidation du système des trusts, du retour à la nation de tous les grands moyens de production, de la suppression de l’exploitation de l’homme par l’homme.

    La Révolution Sociale et l’Unité Nationale :

    Seul, le prolétariat peut accomplir la révolution sociale par la suppression de la propriété des trusts, mais il ne peut l’accomplir seul. Il l’accomplit en se mettant à la tête de toute la nation, en particulier en s’alliant étroitement avec la paysannerie et les couches pauvres des classes moyennes. Cette alliance est une condition indispensable au succès de la transformation sociale, de la renaissance nationale.

    Le Parti Communiste :

    Quels sont les caractères propres du Parti Communiste ?

    I)           Ecole de courage et d’abnégation : Parti intransigeant vis-à-vis des attentistes et des capitulards.

    II)       Doctrine scientifique. Centralisme démocratique. Devenir communiste, c’est s’engager à penser chaque situation, à reconnaître toutes les erreurs commises (autocritique).

    III)  Le Parti Communiste est « le Parti de l’immense masse de la Nation ».

     

    9)    Histoire du Parti Communiste Français ; Vingt-cinq ans de lutte pour le salut du peuple de France. 1944

    « La quatrième étape de l’histoire de notre parti est celle où il se place en tête de la guerre nationale contre Hitler et la 5° colonne.

    Le fascisme est la dictature terroriste de la fraction la plus réactionnaire, la plus impérialiste et la plus chauvine de la grande bourgeoisie.

    Chapitre VIII :

    La lutte du parti communiste français pour l’insurrection nationale :

    Dès juillet 1940, le Parti Communiste relève le drapeau de l’indépendance nationale et de la démocratie française.

    Au début de 1941, le Parti Communiste lance l’idée du Front National.

    Fidèle à son passé de lutte pour l’union de la nation française, il (le PCF) a entendu aider de toutes ses forces au groupement de tous les Français dignes de ce nom dans une même organisation large, sans distinction de convictions philosophiques, de croyances religieuses ou d’opinions politiques, pour la délivrance et le relèvement de la France. C’est ce rassemblement qui porte le nom de Front National de lutte pour la liberté et l’indépendance de la France.

    …On voit combien vile est la calomnie qui représente le Parti Communiste n’étant passé à l’action contre Hitler et n’ayant organisé le ralliement des Français qu’après le déclenchement de l’agression nazie contre l’URSS.

    Le Front National est devenu la plus forte des organisations de type nouveau de la Résistance française.

    « Pour avoir des droits demain, la France doit se battre aujourd’hui ! »

    Mot d’ordre du Général de Gaulle : « L’insurrection nationale est inséparable de la libération nationale ».

    C’est au Front National que sont adhérents les héroïques Francs Tireurs et Partisans Français (FTPF), patriotes de toute opinion, de toute croyance et de toute condition sociale qui ont été les premiers pionniers de la lutte armée contre l’envahisseur sur le sol de la Patrie et qui marchent aujourd’hui au premier rang des Forces Françaises de l’Intérieur. C’est le Front National qui a contribué puissamment à faire du mot d’ordre de l’insurrection nationale un mot d’ordre de masse.

    Toujours plus avant dans la voie de l’action. Le développement progressif des formes de l’action jusqu’au niveau de l’insurrection nationale.

    En premier lieu, le Parti Communiste a dû soutenir une longue lutte pour faire comprendre que la barbarie effroyable des nazis, auteurs de la « guerre totale », ne pouvait être anéantie qu’en sachant bien qu’il s’agit d’un adversaire auquel toute considération d’humanité est étrangère.

    Par conséquent, les différentes méthodes qui pouvaient être employées ne devaient être jugées que du point de vue de leur efficacité, en partant du principe que le peuple français était en état de légitime défense.

    Ce sera l’honneur du Pari Communiste d’avoir constamment lutté contre l’attentisme en organisant, en accord avec les possibilités successives offertes par la situation, les actions de plus en plus poussées, qui doivent aboutir à l’insurrection nationale.

    L’ennemi barbare cherchait à combattre par la terreur la plus sanglante la résistance des peuples opprimés contre le nôtre. Mais précisément parce qu’il s’agissait d’un ennemi barbare, la renonciation à la lutte n’aurait pu mettre aucun frein à sa barbarie. Il fallait au contraire développer le sabotage et les opérations de lutte armée.

    Vaincre l’hitlérisme et refaire la France.

    Le Parti Communiste est par excellence le Parti capable de faire revivre réellement la nation française. »

    Jamais n’est posée la question militaire. Pourtant, comme l’a indiqué Mao Tsé-toung, sans armée rouge, la classe ouvrière n’a rien ! La question militaire devrait se poser à tout moment : même petit, même faible, idéologiquement le parti de la classe ouvrière devrait poser cette question. Cette absence de la problématique démontre, s’il en est besoin, que les dirigeants opportunistes du Parti Communiste n’avaient jamais eu l’intention de prendre véritablement le pouvoir et d’instaurer un Etat socialiste !

     

    10) Les communistes dans la bataille pour la libération de la France. Rapport présenté au comité central du Parti Communiste Français le 31 août 1944 par Jacques Duclos.

    « L’insurrection parisienne :

    La trêve : les négociations de la trêve voulaient laisser partir les Allemands au lieu d’appeler les parisiens à les exterminer ou à les capturer.

    …les saboteurs de la remise en route de l’économie nationale.

    Il semble que certains hommes de la Résistance ont cru que notre Parti voulait faire l’insurrection communiste dans Paris. Peut-être même cette crainte ridicule a-t-elle contribué à déterminer la conclusion de la trêve, ce qui montre que l’anticommunisme et la peur du Peuple conduisent tout droit à pactiser avec l’ennemi, mais cela prouve une fois de plus que certains éléments nous connaissent bien mal.

    Nous avons dit et répété que ce que nous voulons, c’est :

    -         Libérer la France

    -         Châtier les traîtres

    -         Donner la parole au peuple. »

    Ceci est un aveu ! Il est évident que les bourgeois, ennemis de classe des prolétaires, s’attendaient à ce que le Parti Communiste transforme l’insurrection nationale en insurrection socialiste. Mais ce n’était pas l’intention des dirigeants en place du Parti Communiste, dont l’intention était de rétablir le cadre bourgeois et de placer les ouvriers sous la dictature de la bourgeoisie.

     

    « Mettre sur pied une grande armée française en y intégrant des unités de FFI.

    Nous voulons donner la parole au peuple.

    Cela signifie que nous entendons veiller à ce que le plus rapidement possible le peuple soit consulté dans des conditions de loyauté absolue.

    Cela signifie que nous voulons voir la France devenir une véritable démocratie où la souveraineté populaire ne sera pas une formule, mais une réalité.

    Notre parti a confiance dans le peuple et il ne se doute pas que la France se donnera un régime de liberté, une véritable république assurant effectivement la souveraineté populaire.

    … les communistes qui ont été les pionniers de la lutte armée contre les boches doivent être aux premiers rangs de ceux qui entendent travailler à doter la France d’une puissante armée, expression de la nation toute entière.

    Page 22 : Il appelle les communistes à renforcer les rangs des FTP et par cela même, à grossir les unités FFI qui doivent pouvoir s’intégrer dans la nouvelle Armée Française, armée du Peuple au service de la Nation. »

     

    11)  S’unir pour vaincre le fascisme et pour reconstruire la France c’est exécuter le testament de nos héros. Discours prononcés au Vélodrome d’Hiver le 14 décembre 1944 par Jacques Duclos secrétaire du Parti Communiste Français et Maurice Thorez, secrétaire général du Parti Communiste Français à la manifestation commémorative de l’assassinat de Gabriel Péri et Lucien Sampaix « morts pour que vive la France ».

    « Thorez : « Il faut que nous restions unis pour la reconstruction, comme nous l’avons été, comme nous le sommes encore dans la lutte contre l’Allemand et contre les vichyssois… Soyons unis, Français et Françaises. Soyons unis pour travailler et pour battre l’ennemi. »

     

    12) La politique extérieure de la France et l’indépendance nationale par Florimond Bonte, député de Paris, membre de l’Assemblée consultative, discours prononcé le 21 novembre 1944 devant l’Assemblée consultative Préface de Marcel Cachin.

     « Les deux erreurs fondamentales de l’entre-deux guerres :

    La première faute essentielle consiste en ce que le principal fauteur de guerres, l’impérialisme allemand, n’a pas été entièrement désarmé et détruit, et que ses racines politiques et économiques ont été laissées absolument intactes.

    La deuxième faute essentielle consiste en ce que tous les hommes d’Etat des pays démocratiques n’ont pas voulu comprendre l’immense portée historique de la grande révolution socialiste d’octobre 1917, accomplie par un peuple insurgé contre une oppression séculaire.

    Trois conditions de la paix :

    -         D’abord, anéantir partout le fascisme ;

    -         Ensuite, maintenir l’union des principaux Etats de la coalition antihitlérienne, aussi indispensable pour établir une paix juste et stable qu’elle est indispensable pour conquérir la victoire totale sur l’hitlérisme ;

    -         Enfin, empêcher à tout prix que la haine du peuple puisse faire oublier, comme par le passé, que l’alliance franco-soviétique est une des conditions nécessaires de la sécurité française.

    [La France] est et elle doit rester une grande puissance africaine.

    Les tâches essentielles de la politique française.

    Il faut donc donner à notre politique extérieure de solides assises intérieures. Nous considérons que pour obtenir ce résultat, les tâches essentielles à accomplir sont les suivantes :

    Premièrement, la création, l’organisation, l’armement et la mise en action rapide d’une forte armée nationale, démocratique, une et indivisible, fraternellement liée au peuple et honorée par le peuple dans ses officiers, ses sous-officiers et ses soldats, unis dans un même amour de la patrie et de la République.

    Deuxièmement, la réorganisation rapide de l’économie française délabrée, la remise en, marche des usines et des transports, le rétablissement des échanges normaux entre la ville et la campagne et la distribution rationnelle d’un ravitaillement substantiel.

    Troisièmement, la pratique d’une politique d’épuration sévère, de châtiment impitoyable, calquée sur celle de la Convention et du Comité de salut public, politique qui, seule, est capable de débarrasser le pays des malfaiteurs de la trahison et des agents hitlériens, et de maintenir l’ordre républicain contre les saboteurs de la lutte libératrice et de la renaissance française.

    Quatrièmement, l’application intégrale du programme de démocratie politique, de démocratie économique, de démocratie sociale, adopté le 16 mars 1944 dans la clandestinité par toutes les organisations rassemblées dans le Conseil national de la Résistance.

    Cinquièmement, la réalisation d’une politique d’union du peuple de France et de toutes les populations de la France d’Outre-mer par la satisfaction des légitimes revendications de ces peuples, dont les fils travaillent et combattent actuellement sous les drapeaux pour la conquête de la liberté. »

     

    13)  Amicale des juristes communistes. Etienne Fajon Député de la Seine ; Les communistes et la propriété. Conférence prononcée le 6 décembre 1944. Salle des sociétés savantes

    « Les communistes et la propriété :

    La calomnie anticommuniste la plus répandue est peut-être celle qui a trait à la position de notre Parti sur le problème de la propriété. Au dire de nos détracteurs, les communistes seraient des ennemis de la propriété privée, des « partageux » ; le communisme serait la négation de la propriété. Quels sont donc le »s « arguments » mis en avant pour prétendre que les communistes veulent abolir la propriété du cultivateur, du boutiquier, de l’artisan ?

    Ces « arguments » peuvent se ramener à deux.

    Les communistes, dit-on d’abord, affirment que le développement économique tend à l’élimination de la petite industrie, du petit commerce, de la petite exploitation en général. Ils se prononcent donc contre la petite propriété.

    Les communistes, ajoute-t-on, ont inscrit dans leur programme d’avenir la propriété sociale des principaux moyens de production. Puisqu’ils sont pour la propriété sociale, ils sont les ennemis de la propriété privée.

    C’est en regard de ces singuliers « arguments » que nous allons préciser notre position sur la question.

    LES TRUSTS DESTRUCTEURS DE LA PROPRIETE :

    Ainsi, depuis l’apparition des trusts, on enregistre dans notre pays une diminution constante du nombre de propriétaires par rapport au nombre de ceux qui ne possèdent rien. Plus généralement, rappelons que le nombre de salariés, dépourvus de toute propriété personnelle, est passé en France de 1 300 000 en 1851 à 11 000 000 en 1939.

    LA PROPRIETE SOUS HITLER :

    Le premier soin des nazis fut de procéder à l’expropriation brutale et massive des paysans dans des régions entières de la France.

    L’OFFENSIVE DES TRUSTS CONTRE LA PROPRIETE SE POURSUIT :

    SUPPRESSION DES TRUSTS POUR GARANTIR LA PROPRIETE INDIVIDUELLE :

    Préserver la propriété fruit du travail personnel et familial, et pour cela abolir la « propriété » des coalitions qui ruinent les petites gens et trahissent la France, telle est la position conséquente exprimée dans tous les documents de notre Parti.

    L’abolition du grand capital sans patrie pour assurer le droit de propriété à la masse des citoyens, c’est, depuis que le communisme existe, l’essence même de son programme d’avenir.

    Mais il faut ajouter qu’en attendant que la nation puisse en finir avec les trusts qui l’ont divisée, pillée, et trahie, les communistes ont soutenu, soutiennent et soutiendront la propriété privée par leur politique de défense des revendications des classes moyennes.

    DEFENSE DES CLASSES MOYENNES : PROPRIETE SOCIAZLMISTE ET PROPRIETE PRIVEE :

    Constitution soviétique de 1936, article 9 : « La loi admet les petites économies privées des paysans individuels et des artisans fondées sur le travail et excluant l’exploitation du travail d’autrui. »

    LA VOIE DE LA COOPERATION.

    Le kolkhoz. En propre. Une économie auxiliaire, une maison d’habitation le bétail productif la volaille et le menu matériel agricole<

    LE PROBLEME DU MOMENT :

    Le problème d’aujourd’hui, c’est l’union des Français pour la victoire et pour la reconstruction de la France, l’union des Français quelle que soit leur position sur les formes de la propriété dans l’avenir.

    Le problème d’aujourd’hui, pour ce qui touche à la propriété, c’est la confiscation sans indemnité des biens des traîtres, mot d’ordre qui réalise l’unanimité de tous les Français.

    Bavarder en ce moment sur la « nationalisation » ou le « socialisme », cela revient tout bonnement à obscurcir le clair mot d’ordre de confiscation des biens des traîtres et à favoriser la réédition d’expériences comme la prétendue nationalisation des chemins de fer qui consistant avant la guerre à renflouer et à enrichir les magnats des Compagnies aux frais de la nation.

    Cela revient aussi à diviser le peuple français en partisans et adversaires du « socialisme », et par suite à retarder la victoire et la reconstruction de la France.

    Pour l’instant, il faut châtier les traîtres des trusts et confisquer leurs biens et entreprises.

    C’est à la nation elle-même qu’il appartiendra demain, quand l’ennemi sera écrasé et quand la France aura retrouvé tous ses fils prisonniers, déportés, dispersés, de dire souverainement quelle structure économique et sociale elle entend adopter pour prévenir le retour de ses récents malheurs et pour créer les conditions de sa renaissance rapide et de son essor ininterrompu. »

     

    CONCLUSION :

    Comme l’indiquent les camarades chinois, pages 340 et 341 de l’ouvrage « Histoire économique des grands pays capitalistes » Editions du peuple Pékin, Octobre 1975, Texte traduit du chinois et édité par E 100en 1977 :

    « En août 1944, les forces armées révolutionnaires françaises libérèrent Paris et, au mois de septembre de la même année, la France fut pratiquement libérée tout entière.

    Mais les fruits de la victoire, que le peuple français récolta au prix de son sang, furent rapidement usurpés par la grande bourgeoisie. A ce moment-là, les dirigeants du Parti communiste, le premier grand Parti de France, jouissant d’une forte influence parmi les masses populaires, appliquèrent de façon erronée une ligne déviationniste de droite, et crurent pouvoir changer la politique de la bourgeoisie et le système capitaliste par la voie parlementaire. Aspirant à des postes élevés et à de bons salaires, la clique dirigeante du P.C.F. fit un compromis honteux avec la grande bourgeoisie, rendit les armes et abandonna la lutte armée. Moins de trois ans après, les communistes furent expulsés du gouvernement par les forces réactionnaires, et devinrent aussitôt l’objet d’une cruelle répression. Cette erreur historique du Parti communiste français est une grave leçon qui doit mettre en garde le prolétariat et les peuples révolutionnaires du monde entier. »

    Dans certaines régions, comme le sud-ouest, les FFI exercent un pouvoir de fait et partout se développe une agitation presque révolutionnaire.

    Dissolution des milices armées issues de la résistance est un acte de trahison de la classe ouvrière : le désarmement des milices communistes est facilité par l’attitude légaliste du secrétaire général du Parti Communiste Français : Maurice Thorez.

    Lors des élections législatives du 21 octobre 1945, le principal vainqueur est le PCF, qui obtient le plus de voix et de sièges. C’est le premier parti de France. Avec les socialistes de la SFIO, les communistes sont majoritaires à l’assemblée.

    Dans le premier gouvernement de Gaulle, Maurice Thorez, secrétaire général du PCF, devient ministre d’Etat. Le PCF recule aux élections législatives de juin 1946. Mais le 10 novembre 1946, le PCF redevient le premier parti de France.

    Le Parti communiste a refusé de donner à la résistance un prolongement révolutionnaire, en vue de la prise du pouvoir, alors que le contexte était de type prérévolutionnaire.

    Parlementarisme, légalisme, électoralisme : d’abord présenté, en paroles, comme une tactique par la direction du PCF, ces objectifs deviennent dans les faits, la stratégie, la seule, du PCF.

    Les commissaires de la République trouvent en face d’eux dans chaque région, des autorités de fait, les comités de libération – locaux et départementaux (CLL et CDL) – ainsi que des forces armées issues des FTP qui s’étaient substituées en « milices patriotiques », en mars 1944 (sorte de police supplétive constituée de citoyens armés aux ordres des CDL.

    Partout des hommes armés prêts à faire la révolution. Partout des tribunaux populaires procédant à des jugements et des exécutions sommaires contre les collaborateurs (près de 10 000 personnes exécutées, avec ou sans jugement, pendant l’été 1944).

    Le Gouvernement Provisoire de la République Française décide du désarmement des « milices patriotiques », malgré les protestations des résistants et surtout des communistes. Les résistants doivent s’engager dans l’armée française qui s’organise pour accélérer la libération du territoire et porter la guerre en Allemagne. Dès lors la résistance ne dispose plus d’une force armée à sa disposition et les CDL se délitent.

    Le rôle et l’attitude du PCF : Son prestige est important. Il garde ses organisations propres (Front National et FTP).

     A son retour d’URSS, Maurice Thorez, secrétaire général du PCF, décide fin 1944, de jouer le jeu de la « démocratie » bourgeoise :

    ·   Le PCF ne tentera pas de prendre le pouvoir par la force.

    ·   Le 28 octobre 1944, avec l’appui de Thorez, ministre d’Etat, le GPRF décide la dissolution des milices patriotiques et leur intégration dans l’armée.

    Le problème de l’ordre bourgeois est désormais réglé et il revient, plus ou moins vite, selon les régions.

    Les élections municipales d’avril-mai 1945 sont un premier pas vers un retour à la légalité bourgeoise.

    Le remplacement de l’épuration spontanée par des tribunaux bourgeois est un second pas.

    Les tribunaux spontanés et révolutionnaires ont prononcé 10 à 40 000 condamnations (9 000 morts environ).

    Des tribunaux officiels sont créés : Chambres civiques et Haute Cour de Justice.

    163 077 dossiers sont instruits. La répartition des peines prononcées est :

    ·        Mort : 4 %

    ·        Travaux forcés : 8 %

    ·        Réclusion : 16 %

    ·        Dégradation nationale : 25 %

    ·        Acquittement : 17 %

    ·        Non-lieu : 30 %

    Pétain est jugé, condamné à mort et sa peine sera commuée en réclusion à perpétuité. Pierre Laval et Maurice Darnand seront exécutés parmi d’autres.

    L’épuration fut sévère dans les milieux intellectuels et chez les humbles, modérée parmi les fonctionnaires et notamment les hauts fonctionnaires, faible dans les milieux économiques et chez les nantis.

    Le PCF bénéficie d’un gros prestige. Sa ligne politique s’appuie sur :

    ·   La mise en œuvre du programme du CNR ;

    ·   Une vigoureuse propagande patriotique et productiviste.

    L’élan productif : Dès septembre 1944, toutes les forces politiques et syndicales se lancent dans « la bataille de la production ».

    Maurice Thorez (« Un seul Etat, une seule armée, une seule police ») a cautionné la décision de de Gaulle d’incorporer les milices patriotiques aux forces régulières bourgeoises.

    La lutte entre deux lignes dans le PCF : Dans la pratique, le parti ne réussit pas à combiner la lutte pour la révolution socialiste et celle contre le fascisme et tomba dans la déviation de droite qui consistait à se poser en tant qu’aile gauche de la coalition de toutes les forces unies en vue d’abattre le fascisme.

    Le PCF adopta très tôt comme idéal la « nation ». Il voulut réconcilier le drapeau national et le drapeau rouge, la Marseillaise et l’Internationale. Pendant et après guerre, la direction du PCF se soumit progressivement à de Gaulle au niveau de la stratégie politico-militaire et ne profita pas vraiment du formidable élan populaire et du prestige du Parti dû à la résistance.

    Les partisans de la prise du pouvoir furent écartés.

    1945-1960 : le triomphe du révisionnisme : Le PCF n’entend pas prendre le pouvoir, alors qu’il était évident que cette question devait être centrale, le rapport de force étant favorable. En octobre 1945, le PCF a ainsi 26.1 % des voix (20.3 % des inscrits). Mais, suivant la logique de soumission ouverte par le Front Populaire, Thorez lance comme principe « Un seul Etat, une seule armée, une seule police ». Le PCF sabote les grèves et prône la relance de la production.

    Il ne faut pas s’étonner qu’il y ait cinq ministres communistes (sur un total de vingt), exactement là où il faut calmer les luttes de classe : l’économie nationale, la production industrielle, le travail, la production de l’armement (le ministère de la guerre étant divisé en deux pour empêcher les communistes d’avoir accès aux nominations), Thorez étant enfin ministre d’Etat.

    1946 : Dans une interview au Times, Thorez défend une ligne de passage pacifique au socialisme : « Les progrès de la démocratie à travers le monde permettent d’envisager pour la marche du socialisme d’autres chemins que ceux suivis par les communistes russes […]. Nous avons toujours pensé et déclaré que le peuple de France, riche d’une glorieuse tradition, trouverait lui-même sa voie vers plus de démocratie, de progrès, de justice sociale. »

    Maurice Thorez a détaché la lutte contre le fascisme de la lutte contre le socialisme : « Le problème n’est pas le choix entre le communisme et le fascisme, mais entre le fascisme et la démocratie. » (Fils du peuple, page 87).

     

     

     

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