• La fonction de la franc-maçonnerie (3)

    Une loge maçonnique est une sorte d’anticipation de ce que peut-être le monde demain (Liberté-Egalité-Fraternité). On travaille en loge pour se ressourcer et appliquer à l’extérieur du Temple les vérités acquises. Le maçon construit son temple intérieur, et le temple de l’humanité. En fin de compte, chaque maçon vise à se perfectionner lui-même et aussi à perfectionner (un peu) l’humanité : ce faisant, par sa démarche, individuelle et collective, il assure la pérennité de la franc-maçonnerie. Le maçon effectue un travail personnel, sur lui-même et aussi un travail collectif, de loge, par ses planches. Ensuite, il peut appliquer les enseignements à l’extérieur.

     

    Le programme du Conseil National de la Résistance, programme bourgeois de restauration du capitalisme français

    Si le programme du CNR est un programme stratégique, il y a alors mensonge sur la marchandise de la part du PCF : car c’est un programme de restauration du capitalisme traditionnel français. Sans doute ce programme met fin à la phase fasciste du capitalisme français, phase ouverte par le Régime de Vichy en 1940, mais il ne met pas le pied à l’étrier de la classe ouvrière pour aller vers l’étape stratégique qu’est la sienne : la destruction de l’ancien Etat, l’Etat bourgeois, et l’instauration d’un nouvel Etat, l’Etat socialiste.

    Par opportunisme, les dirigeants du PCF privent donc la classe ouvrière de toute autonomie et la place sciemment à la remorque de la classe bourgeoise, pour l’instauration d’une Quatrième République.

    En fin de compte, les dirigeants du PCF n’ont anticipé aucune étape, et ont déjà renoncé à la révolution socialiste, se plaçant dans une optique, non pas de luttes des classes, mais d’une lutte pour les places (places de parlementaires, de conseillers généraux, de maires,…). Ceci explique leur volonté de rendre les armes, de faire fusionner les FTP avec l’armée bourgeoise : c’est la stratégie de traîtrise : « Un seul Etat, une seule armée, une seule police ». Puis bientôt, l’appel est lancé pour un productivisme effréné en faveur des entreprises bourgeoises.

    Puis peu à peu, le P « C » F est devenu un embryon du social-impérialisme russe.

    On peut lire, en 2013, une afficha du PCF/Front de Gauche, ainsi libellée : « Prenez le pouvoir. La VI° République, c’est maintenant ». Quelle duperie. Après cinq républiques bourgeoises, les ouvriers et le peuple sont appelés à créer une sixième république bourgeoise rénovée. Ainsi, le PCF a renié définitivement son objectif de rupture avec le capitalisme, de révolution sociale et d’instauration d’un nouveau système, le socialisme. Il s’agit seulement de faire la « révolution citoyenne » dans les urnes, et de remplacer un système ancien et pourri par un système rénové et « moins » pourri. « Voter, c’et lutter » : comme si cela allait changer la vie quotidienne des ouvriers et du peuple !

     

    Un des facteurs clés qui permet de départager les personnes en 1940 et le vote ou non des pouvoirs spéciaux au maréchal Pétain. C’est un des marqueurs essentiels de cette époque. Il ne faut jamais oublier que Pétain a été mis en place par une chambre « de gauche » : socialisme et fascisme sont bien deux frères jumeaux.

    A la lecture du programme du Conseil national  de la Résistance, plusieurs constats sont évidents :

    Le point clé, c’est qui dispose du pouvoir réel ?

    Incontestablement, c’est la bourgeoisie, représentée par de Gaulle.

    Le programme vise à restaurer une république bourgeoise. Pour le reste, il ne s’agit alors que de vœux pieux.

    Pour le moins, si le PCF avait été dans son rôle de représentant de la classe ouvrière et du peuple, il aurait du doubler ce programme d’un second programme socialiste, dont l’objectif est de briser l’Etat bourgeois et d’instaurer le socialisme.

    La démarche stratégique aurait dû être : d’abord un front commun et uni, pour vaincre l’ennemi commun, le nazisme et le régime de Vichy, et en même temps, et puis dans l’étape suivante, une étape de prise du pouvoir, la mise en avant de la nouvelle contradiction principale entre le PVF et de Gaulle.

    Les sacrifices humains consentis par le peuple et les ouvriers n’auraient été ni moins lourds, ni plus lourds, avec une telle perspective.

    Au lieu de cela, il y avait de la part du PCF, une stratégie unique : le front commun sous la direction de la fraction de la bourgeoisie représentée par de Gaulle. Le résultat est le mot d’ordre défaitiste et opportuniste : « Un seul Etat, une seule police, une seule justice, une seule armée », à savoir l’Etat bourgeois restauré.

    Ceci explique la mollesse de l’épuration, bien plus faible en France que dans d’autres pays européens. Car la bourgeoise, pour son compte, a su mener la guerre de classes, en épargnant ses représentants collaborationnistes, afin de préparer tout de suite la phase suivante, à savoir la lutte contre les communistes. La bourgeoisie a su faire l’union sacrée de sa classe, y compris avec une fraction vichyste compromise, pour mener la lutte pour la domination du peuple et la mise à l’écart de la classe ouvrière.

    Affaiblissant encore plus sa position, le PCF a opté pour une stratégie uniquement électorale, trouvant dès lors face à lui, le MRP, la SFIO et les gaullistes.

    Les dirigeants du PCF n’avaient plus qu’une dernière offensive pour tromper les ouvriers, c’est d’appeler à la production, ce qu’ils ne manquèrent pas de faire, dès la guerre terminée.

    Tout le contenu du programme devient alors un verbiage typiquement bourgeois, sans incidence réelle sur la vie quotidienne des masses :

    ·   « Union des patrons et des ouvriers » ;

    ·   « Union véritable de toutes les forces patriotiques pour la réalisation de la libération nationale inséparable, comme l’a dit le Général de Gaulle, de l’insurrection nationale » ;

    ·   « Union étroite de tous les patriotes, sans distinction d’opinions politiques, philosophiques ou religieuses. Ainsi se constituera dans la lutte une armée expérimentée… ».

    ·   « Rester unis après la libération ».

    ·   « Démocratie la plus large » ;

    ·   « L’égalité absolue de tous les citoyens devant la loi ».

    ·   « Le droit au travail et le droit au repos ».

    ·   « La sécurité de l’emploi ».

    ·   « Une extension des droits politiques, sociaux et économiques des populations indigènes et coloniales ».

    ·   « Une démocratie qui unisse au contrôle effectif exercé par les élus du peuple la continuité de l’action gouvernementale ».

    ·   « Dans l’union de tous les Français rassemblés autour  (…) de son président le général de Gaulle ».

    Tout ce qui s’est déroulé après-guerre viendra démentir toutes ces bonnes intentions mensongères :

    ·   Droit des populations coloniales ? Guerre d’Indochine, d’Algérie, néocolonialisme,…

    ·   Libéralisme et république bourgeoise qui conduisent à une aggravation des inégalités sociales, aggravation lente pendant les « Trente Glorieuses », aggravation accélérée pendant les « Quarante Piteuses ».

    Le programme remet en route la machinerie électorale, en précisant que la démocratie sera représentative et non directe : ce sont les élus qui exerceront un contrôle et non directement le peuple.

     

    Le rôle de la franc-maçonnerie :

    La franc-maçonnerie ne pouvait pas voir plus loin que l’avant-garde de la classe ouvrière, qui est devenue la classe la plus avancée de la société. Dans la mesure où les intérêts stratégiques de cette classe ont été trahis par les dirigeants révisionnistes et opportunistes de celle-ci, la seule optique était la réalisation du programme du CNR.

    Pourtant, depuis la Révolution française de 1789, mais surtout depuis les révolutions de 1848 et de 1871, se sont posées avec de plus en plus d’acuité les questions de la démocratie, de la liberté et de l’égalité.

    Ces problèmes se posent de la façon suivante :

    ·   L’Etat bourgeois, c’est la liberté, pour une minorité de plus en plus restreinte d’exploiter d’autrui. C’est l’absence de démocratie et d’égalité pour le plus grand nombre. C’est une organisation parfaite de la micro-économie, au niveau de chaque entreprise prise individuellement. Mais c’est l’anarchie au niveau de la macro-économie et de l’organisation de l »’économie dans son ensemble.

    ·   L’Etat socialiste, c’est la démocratie et l’égalité pour la majorité, une organisation planifiée de l’économie, assurant à chacun des moyens de vivre (travail, logement, loisirs,…). C’est aussi la dictature sur la minorité des anciens exploiteurs. Le point clé est la collectivisation des moyens de production.

    ·   La société, dans son ensemble aspire au socialisme, et donc à une prise en charge de l’économie par la classe ouvrière et ses alliés.

    En conséquence, seul le socialisme véritable est satisfaisant quant à l’application des principes de « Liberté, Egalité, Fraternité ».

    Comme en 1789, 1848 ou 1871, les classes privilégiées n’accepteront pas de gaité de cœur de renoncer à leurs privilèges.

    Le passage de l’ancien système au nouveau système nécessite donc une période difficile, de rupture, une période révolutionnaire, qui sera forcément une période de guerre populaire.

    Il convient donc de s’y préparer, le contexte général pouvant être, soit une paix relative entre les Etats, soit une guerre entre les nations. Pour la classe ouvrière, il est donc nécessaire de la préparer idéologiquement, afin d’éviter qu’elle ne rate à nouveau le coche et ne se mette de nouveau à la traîne d’une fraction de la bourgeoise, que cette fraction soit de droite, de « gauche » ou ouvertement fasciste. La classe ouvrière, ainsi que ses alliés c’est-à-dire, quel que soit le contexte, notamment entre les nations, paix ou guerre, doit avoir une conscience claire de ses intérêts propres stratégiques, et mène la lutte jusqu’au bout, sans se laisser dévoyer par les révisionnistes, composante de la bourgeoisie au sein de la classe ouvrière.

    C’est avec raison que le Régime de Vichy a désigné la franc-maçonnerie comme un ennemi mortel : en effet la franc-maçonnerie irrigue la société de principes républicains qui vont tout à fait à l’encontre du fascisme et même du capitalisme.

     

    Il est capital d’étudier la réalité historique telle qu’elle est.

    Par exemple, différents dictionnaires de francs-maçons font l’impasse sur le fait que certaines personnalités étaient francs-maçons, comme Pierre Laval. D’autres francs-maçons sont devenus collaborationnistes et fascistes. Ignorer ce fait, c’est un peu éluder la réalité.

    Il est important de mesurer le nombre de francs-maçons qui sont devenus d’une part résistants, et d’autre part collaborationnistes et fascistes. C’est un phénomène probant, tout comme les communistes qui se sont transformés en leur contraire et sont devenus fascistes, comme Jacques Doriot.

    Certains historiens affirment qu’il y avait plus de francs-maçons du côté de la collaboration et de l’Occupant, que du côté de la résistance : ceci est un élément à étudier ;

    Il en a été de même à toutes les époques historiques :

    ·   Lors de la Révolution française de 1789, certains francs-maçons étaient hostiles à cette Révolution (les émigrés, La Fayette,…) , d’autres se sont comportés en traîtres (Mirabeau,…).

    ·   Lors de la Commune de Paris de 1871, certains francs-maçons étaient opposés à ce mouvement (les Versaillais, les anciens généraux de Napoléon III,…). De nombreux francs-maçons, communards, se sont transformés en boulangistes ou conservateurs (Rochefort, Malon,…).

    Voici quelques éléments qu’il serait utile d’étudier d’un point de vue statistique, sociologique et psychologique :

    1. L’évolution sociologique des francs-maçons dans les ateliers :

    ·  Au XVIII° siècle : présence d’aristocrates et de la haute-bourgeoisie ;

    ·  Au XIX° siècle : présence de la bourgeoisie et de la petite-bourgeoisie (artisans, aristocratie ouvrière,…).

    A chacune de ces périodes, la fraternité est « censitaire », et se caractérise par l’absence des classes populaires. Il y a une ségrégation sociale, organisée notamment par le recours aux « hauts-grades », et les loges « entre-soi ». Par exemple, au XX° siècle, il existe des loges composées exclusivement de médecins, d’avocats et de magistrats, d’hommes politiques, de chefs d’entreprise,…. Il y a une forme de fraternité spécialisée « entre-soi », ce sont les « fraternelles ».

    2.     L’évolution de la mythologie maçonnique et des rites, des divers thèmes, comme l’égalité. Par exemple, un trait de génie des initiateurs de nouveaux rites a été l’introduction de la maçonnerie templière, et de la lutte contre les deux piliers de l’oppression, le Roi et l’Eglise. Autre exemple : la liberté. La loi du frère Le Chapelier a conduit à l’interdiction de tous les regroupements, y compris les réunions de loges.

    3.     La fonction de la « machinerie » maçonnique, et de l’égrégore maçonnique. Si la « tradition » maçonnique traverse toutes les périodes, son objectif reste le même : c’est préparer l’étincelle qui « met le feu à la plaine ». Plus précisément, c’est l’élément qui associe une partie des classes « d’en-haut » aux mouvements révolutionnaires. La franc-maçonnerie place une partie des classes privilégiées dans une position résolument progressive. Elle est un élément déclencheur des crises sociales majeures et des révolutions.

    La franc-maçonnerie contribue à scinder les classes privilégiées en deux fractions : l’une conservatrice, l’autre progressive. Ceci en deux périodes bien distinctes : d’abord, entre deux crises, la franc-maçonnerie sert de moyen, parmi d’autres moyens (académies, clubs,…), de diffusion des « lumières » dans l’ensemble de la société, en propageant des thèmes comme la liberté, l’égalité, la fraternité, la laïcité … dans l’ensemble du tissu social. Ensuite, elle sert à déclencher la crise en mettant en mouvement, par une scission avec ses éléments réactionnaires, une fraction de la classe privilégiée, entraînant les classe populaires dans ce mouvement d’édification d’une société nouvelle.

    Dans ce cadre, il convient de distinguer une maçonnerie « purement théorique », qui reste au niveau des mots, et une maçonnerie pratique, qui considère que ses valeurs sont des réalités à mettre effectivement en œuvre pour la première maçonnerie, dite « théorique », les valeurs sont des faire-valoir, la fraternité a un aspect « bisou nounours », tout à fait irréel et éthéré. Pour la maçonnerie pratique, les valeurs sont prises « au mot », et doivent trouver leur réalisation dans la réalité sociale.

    Les francs-maçons, hommes politiques, sont souvent peu assidus en loge, mais ils calent leur manière d’être sur leurs « électorats ».

    Concernant le féminisme, l’Obédience du GODF a eu longtemps une manière de voir rétrograde et patriarcale. C’est ainsi que les responsables de l’obédience ont du violenter la majorité pour imposer, de façon très peu démocratique, l’initiation des femmes.

    4.     Chaque loge de fait, agit sur la Cité, en vertu de l’adage : « Répandre à l’extérieur du Temple les vérités acquises ». Ceci se manifeste notamment par une opposition irréductible de la franc-maçonnerie par rapport à l’extrême-droite, le fascisme, le racisme, l’antisémitisme, c’est-à-dire toute forme de fanatisme.

     

    Le Grand-Orient n'est pas vraiment un phare de la résistance à l'oppression.

    Voici la lettre d'Arthur Groussier, président du Conseil de l'Ordre, au maréchal Pétain, envoyée le  7 août 1940.

    « A M. le Maréchal Pétain, chef de l'Etat français

    Monsieur le Maréchal,

    Devant les malheurs de la patrie, tous les Français doivent consentir les plus grands sacrifices ; mais en est-il de plus douloureux que celui de détruire l'œuvre à laquelle on a donné le meilleur de sa pensée et de son cœur ? Si pénible que cela nous soit, nous croyons accomplir notre devoir présent en nous soumettant à la décision du gouvernement français concernant la Franc-maçonnerie du Grand-Orient de France, tout en vous présentant, en raison des mensonges répandus sur cet Ordre philosophique, une déclaration aussi solennelle que respectueuse.

     Dans l'impossibilité absolue de réunir l'Assemblée ou le Conseil qui détiennent les pouvoirs statutaires en cette matière, mais nous appuyant sur la confiance qui nous a maintes fois été accordée et prenant l'entière responsabilité de notre charge, nous déclarons que le Grand-Orient de France cesse son fonctionnement et que toutes les Loges qui en relèvent doivent immédiatement renoncer à poursuivre leurs travaux, si elles ne l'ont déjà fait.

     Sans doute, comme toutes les institutions humaines, la Franc-maçonnerie française a eu ses faiblesses, mais durant ses deux siècles d'existence, elle compte à son actif de belles pages d'histoire depuis les encyclopédistes jusqu'au maréchal Joffre, vainqueur de la Marne. Elle a brillé par sa grandeur morale, elle ne peut rougir ni de son idéal ni de ses principes. Elle succombe victime d'erreurs à son endroit et de mensonges, car dans son essence elle a le respect de la pensée libre, des convictions et des croyances sincères. Elle a toujours honoré le travail. Son but suprême est l'amélioration morale et matérielle des hommes dont elle voudrait poursuivre l'union par la fraternité. Elle a conscience, dans les événements douloureux que la France vient de traverser, de n'avoir failli ni à sa tradition, ni au devoir national. A de nombreuses reprises, elle a fait appel aux bons offices du président Roosevelt dans le but de maintenir la paix entre les peuples et c'est le cœur saignant qu'elle a vu se déchaîner l'effroyable conflit.

    Combien d'hommes politiques et autres a-t-on prétendu être Francs-maçons qui ne l'ont jamais été. Et comme l'on se trompe facilement en affirmant que le Grand-Orient de France, dans les vingt dernières années, a été le maître du pouvoir ou son serviteur.

     Il n'a jamais non plus subi une direction étrangère, notamment celle de la Grande-Loge d'Angleterre avec laquelle il n'a aucun rapport, ni officiel ni officieux depuis 1877. En sens contraire, il n'a jamais cherché à influencer aucune puissance maçonnique d'autre pays, qui ont toujours eu le haut souci de leur indépendance nationale.

     Si, actuellement, nous ne pouvons donner personnellement la preuve de nos affirmations, puisque nos archives ont été saisies au siège et à nos domiciles par les autorités d'occupation, il doit exister en France non occupée une documentation qui peut sans conteste en démontrer la véracité.

     On insinue que nous sommes aux ordres de la finance internationale. Les signataires de cette lettre qui figurent parmi les plus hauts dignitaires de l'Ordre maçonnique sont restés de situation modeste ; la simplicité et la dignité de leur vie, faciles à contrôler, leur permettent de dédaigner une si déshonorable imputation.

     La Banque de France est le seul établissement bancaire, avec les chèques postaux, où le Grand-Orient de France possède un compte courant. Des titres, au reste bien modestes, sont des titres français : rentes sur l'Etat et Bons de la Défense nationale.

     Enfin, le principal grief qui est fait, c'est d'être une société secrète, ce qui est encore inexact au sens légal du mot. Le 3 janvier 1913, le Grand-Orient de France devenait une association déclarée, ayant personnalité civile en déposant ses statuts et en renouvelant tous les ans, à la préfecture, le dépôt des noms de ses trente-trois administrateurs. Il suffit du reste de consulter l'annuaire universel Didot-Bottin-Tome Paris pour trouver aux "Professions" à la rubrique "Franc-maçonnerie" toutes les indications du Grand-Orient de France avec les noms et professions des membres du Bureau.

     Le Grand-Orient de France comptait parmi les forces spirituelles qui composaient notre nation. Sa fermeture suffira t'elle à apaiser certaines haines ? Puisse-t-elle au moins aider au rapprochement de tous les Français qui, avec des tempéraments différents, ont l'intention de travailler loyalement au redressement moral et à la prospérité de la France.

    Nous vous prions, Monsieur le Maréchal, de vouloir bien agréer l'assurance de notre profond respect... »

     

    Lors du Convent du Grand-Orient de 1945, Arthur Groussier revendique pleinement la paternité du texte. Il a tout fait pour qu'on ne poursuive pas les Francs-maçons. Il remarque que, pendant toute la durée de la guerre, aucun Franc-maçon ne lui a adressé de reproche pour cette lettre. Les frères moralistes ne sont pas non plus des modèles de la résistance à l'oppression.

    Il rajoute :

    "Mon sentiment était que pesait sur moi la responsabilité du sort des Maçons. Il ne fallait pas qu'un acte de moi pût servir à faire traiter les Maçons, puisqu'on en avait la liste, comme on a traité les Juifs. Les Maçons qui ont été poursuivis et maltraités l'ont été comme résistants, et non pas comme Maçons."

    Membres du Conseil national de la Résistance au 27 mai 1943 :

     

    Outre Moulin et ses deux collaborateurs, Pierre Meunier et Robert Chambeiron, ont participé à la réunion du 27 mai 1943 :

    Les représentants des huit grands mouvements de résistance :

    Pierre Villon du Front national de la résistance créé par le Parti communiste français  

    Roger Coquoin pour Ceux de la Libération,

    Jacques Lecompte-Boinet pour Ceux de la Résistance,

    Charles Laurent pour Libération-Nord,

    Pascal Copeau pour Libération-Sud,

    Jacques-Henri Simon pour Organisation civile et militaire,

    Claude Bourdet pour Combat,

    Eugène Claudius-Petit pour Franc-Tireur ;

    Les représentants des deux grands syndicats d'avant-guerre :

    Louis Saillant pour la CGT,

    Gaston Tessier pour la CFTC ;

    Et les représentants des six principaux partis politiques de la Troisième République :

    André Mercier pour le PC,

    André Le Troquer pour la SFIO,

    Marc Rucart pour les radicaux,

    Georges Bidault pour les démocrates-chrétiens,

    Joseph Laniel pour l’Alliance démocratique (droite modérée et laïque),

    Jacques Debû-Bridel pour la Fédération républicaine (droite conservatrice et catholique).

     

    Le programme du Conseil national de la Résistance.

     

    I - PLAN D’ACTION IMMÉDIATE

     Les représentants des organisations de résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R.

    Expriment leur angoisse devant la destruction physique de la Nation que l’oppresseur hitlérien poursuit avec l’aide des hommes de Vichy, par le pillage, par la suppression de toute production utile aux Français, par la famine organisée, par le maintien dans les camps d’un million de prisonniers, par la déportation d’ouvriers au nombre de plusieurs centaines de milliers, par l’emprisonnement de 300.000 Français et par l’exécution des patriotes les plus valeureux, dont déjà plus de 50.000 sont tombés pour la France.

    Ils proclament leur volonté de délivrer la patrie en collaborant étroitement aux opérations militaires que l’armée française et les armées alliées entreprendront sur le continent, mais aussi de hâter cette libération, d’abréger les souffrances de notre peuple, de sauver l’avenir de la France en intensifiant sans cesse et par tous les moyens la lutte contre l’envahisseur et ses agents, commencée dès 1940.

    Ils adjurent les gouvernements anglais et américain de ne pas décevoir plus longtemps l’espoir et la confiance que la France, comme tous les peuples opprimés de l’Europe, a placés dans leur volonté d’abattre l’Allemagne nazie, par le déclenchement d’opérations militaires de grande envergure qui assureront, aussi vite que possible, la libération des territoires envahis et permettront ainsi aux Français qui sont sur notre sol de se joindre aux armées alliées pour l’épreuve décisive.

    Ils insistent auprès du Comité Français de la Libération Nationale pour qu’il mette tout en œuvre afin d’obtenir les armes nécessaires et de les mettre à la disposition des patriotes. Ils constatent que les Français qui ont su organiser la résistance ne veulent pas et d’ailleurs ne peuvent pas se contenter d’une attitude passive dans l’attente d’une aide extérieure, mais qu’ils veulent faire la guerre, qu’ils veulent et qu’ils doivent développer leur résistance armée contre l’envahisseur et contre l’oppresseur.

    Ils constatent, en outre, que la Résistance Française doit ou se battre ou disparaître ; qu’après avoir agi de façon défensive, elle a pris maintenant un caractère offensif et que seuls le développement et la généralisation de l’offensive des Français contre l’ennemi lui permettront de subsister et de vaincre.

    Ils constatent enfin que la multiplication des grèves, l’ampleur des arrêts de travail le 11 Novembre qui, dans beaucoup de cas, ont été réalisés dans l’union des patrons et des ouvriers, l’échec infligé au plan de déportation des jeunes français en Allemagne, le magnifique combat que mènent tous les jours, avec l’appui des populations, dans les Alpes, dans le Massif Central, dans les Pyrénées et dans les Cévennes, les jeunes Français des maquis, avant garde de l’armée de la Libération, démontrent avec éclat que notre peuple est tout entier engagé dans la lutte et qu’il doit poursuivre et accroître cette lutte.

    En conséquence, les représentants des organisations de résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R.

    Déclarent que c’est seulement par l’organisation, l’intensification de la lutte menée par les forces armées, par les organisations constituées, par les masses, que pourra être réalisée l’union véritable de toutes les forces patriotiques pour la réalisation de la libération nationale inséparable, comme l’a dit le Général De Gaulle, de l’insurrection nationale qui, ainsi préparée, sera dirigée par le C.N.R, sous l’autorité du C.F.L.N, dès que les circonstances politiques et militaires permettront d’assurer, même au prix de lourds sacrifices, son succès.

    Ils ont l’espoir que les opérations de la Libération du pays, prévues par le plan de l’état major interallié, pourront ainsi être, le cas échéant, avancées grâce à l’aide apportée par les Français dans la lutte engagée contre l’ennemi commun, ainsi que l’a démontré l’exemple glorieux des patriotes corses.

    Ils affirment solennellement que la France qui, malgré l’armistice, a poursuivi sans trêve la guerre, entend plus que jamais développer la lutte pour participer à la libération et à la victoire.

    Pour mobiliser les ressources immenses d’énergie du peuple français, pour les diriger vers l’action salvatrice dans l’union de toutes les volontés, le C.N.R décide :

    D’inviter les responsables des organisations déjà existantes à former des comités de villes et de villages, d’entreprises, par la coordination des formations qui existent actuellement, par la formation de comités là où rien n’existe encore et à enrôler les patriotes non organisés.

    Tous ces comités seront placés sous la direction des comités départementaux de la libération (C.D.L). Ils seront soumis à l’autorité des C.D.L qui leur transmettront, comme directives, la plate-forme d’action et la ligne politique déterminée par le C.N.R.

    Le but des ces comités sera, à l’échelon communal, local et d’entreprise, de faire participer de façon effective tous les Français à la lutte contre l’ennemi et contre ses agents de Vichy, aussi bien par la solidarité et l’assistance active à l’égard des patriotes sous l’impulsion et le soutien donnés aux revendications vitales de notre peuple. Par dessus tout, leur tâche essentielle sera de mobiliser et d’entraîner les Français qu’ils auront su grouper à l’action armée pour la Libération.

    Ces comités devront, selon les circonstances et en se conformant aux instructions données par les C.D.L, appuyer et guider toutes les actions menées par les Français contre toutes les formes d’oppression et d’exploitation imposées par l’ennemi, de l’extérieur et de l’intérieur.

    Ces comités devront :

    1) Développer la lutte contre la déportation et aider les réfractaires à se cacher, à se nourrir, à se vêtir et à se défendre, enlevant ainsi des forces à l’ennemi et augmentant le potentiel humain de la résistance ;

    2) Traquer et punir les agents de la Gestapo et de la Milice de Darnand ainsi que les mouchards et les traîtres ;

    3) Développer l’esprit de lutte effective en vue de la répression des nazis et des fascistes français ;

    4) Développer, d’une part, la solidarité envers les emprisonnés et déportés ; d’autre part, la solidarité envers les familles de toutes les victimes de la terreur hitlérienne et vichyssoise ;

    5) En accord avec les organisations syndicales résistantes, combattre pour la vie et la santé des Français pour une lutte quotidienne et incessante, par des pétitions, des manifestations et des grèves, afin d’obtenir l’augmentation des salaires et traitements, bloqués par Vichy et les Allemands, et des rations alimentaires et attributions de produits de première qualité, réduites par la réglementation de Vichy et les réquisitions de l’ennemi, de façon à rendre à la population un minimum de vital en matière d’alimentation, de chauffage et d’habillement ;

    6) Défendre les conditions de vie des anciens combattants, des prisonniers, des femmes de prisonniers, en organisant la lutte pour toutes les revendications particulières ;

    7) Mener la lutte contre les réquisitions de produits agricoles, de matières premières et d’installations industrielles pour le compte de l’ennemi ; saboter et paralyser la production destinée à l’ennemi et ses transports par routes, par fer et par eau ;

    8) Défendre à l’intérieur de la corporation agricole les producteurs contre les prélèvements excessifs, contre les taxes insuffisantes, et lutter pour le remplacement des syndicats à la solde de Vichy et de l’Allemagne par des paysans dévoués à la cause de la paysannerie française.

    Tout en luttant de cette façon et grâce à l’appui de solidarité et de combativité que développe cette lutte, les comités de villes, de villages et d’entreprises devront en outre :

    a) Renforcer les organisations armées des Forces Françaises de l’Intérieur par l’accroissement des groupes de patriotes : groupes francs, francs-tireurs et partisans, recrutés en particulier parmi les réfractaires ;

    b) En accord avec les états majors nationaux, régionaux et départementaux des F.F.I, organisées milices patriotiques dans les villes, les campagnes et les entreprises, dont l’encadrement sera facilité par des ingénieurs, techniciens, instituteurs, fonctionnaires et cadres de réserve, et qui sont destinés à défendre l’ordre public, la vie et les biens des Français contre la terreur et la provocation, assurer et maintenir l’établissement effectif de l’autorité des Comités départementaux de la Libération sur tout ce qui aura été ou sera créé dans ce domaine pour le strict rattachement aux F.F.I dont l’autorité et la discipline doivent être respectées par tous.

    Pour assurer la pleine efficacité des mesures énoncées ci-dessus, le C.N.R prescrit de l’état major national des Forces Françaises de l’Intérieur, tout en préparant minutieusement la coopération avec les Alliés en cas de débarquement, doit :

    1) Donner ordre à toutes les formations des F.F.I de combattre dès maintenant l’ennemi en harcelant ses troupes, en paralysant ses transports, ses communications et ses productions de guerre, en capturant ses dépôts d’armes et de munitions afin d’en pourvoir les patriotes encore désarmés ;

    2) Faire distribuer les dépôts d’armes encore inutilisés aux formations jugées par lui les plus aptes à se battre utilement dès à présent et dans l’avenir immédiat ;

    3) Organiser de façon rationnelle la lutte suivant un plan établi avec les autorités compétentes à l’échelon régional, départemental ou local, pour obtenir le maximum d’efficacité ;

    4) Coordonner l’action militaire avec l’action de résistance de la masse de la nation en proposant pour but aux organisations régionales paramilitaires d’appuyer et de protéger les manifestations patriotiques, les mouvements revendicatifs des femmes de prisonniers, des paysans et des ouvriers contre la police hitlérienne, d’empêcher les réquisitions de vivres et d’installations industrielles, les rafles organisées contre les réfractaires et les ouvriers en grève et défendre la vie et la liberté de tous les Français contre la barbare oppression de l’occupant provisoire.

    Ainsi, par l’application des décisions du présent programme d’action commune, se fera, dans l’action, l’union étroite de tous les patriotes, sans distinction d’opinions politiques, philosophiques ou religieuses. Ainsi se constituera dans la lutte une armée expérimentée, rompue au combat, dirigée par des cadres éprouvés devant le danger, une armée capable de jouer son rôle lorsque les conditions de l’insurrection nationale seront réalisées, armée qui élargira progressivement ses objectifs et son armement.

    Ainsi, par l’effort et les sacrifices de tous, sera avancée l’heure de la libération du territoire national ; ainsi la vie de milliers de Français pourra être sauvée et d’immenses richesses pourront être préservées.

    Ainsi dans le combat se forgera une France plus pure et plus forte capable d’entreprendre au lendemain de la libération la plus grande œuvre de reconstruction et de rénovation de la patrie. »

     

    II - MESURES À APPLIQUER DÈS LA LIBÉRATION DU TERRITOIRE 

    Unis quant au but à atteindre, unis quant aux moyens à mettre en œuvre pour atteindre ce but qui est la libération rapide du territoire, les représentants des mouvements, groupements, partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R proclament qu’ils sont décidés à rester unis après la libération :

    1) Afin d’établir le gouvernement provisoire de la République formé par le Général de Gaulle pour défendre l’indépendance politique et économique de la nation, rétablir la France dans sa puissance, dans sa grandeur et dans sa mission universelle ;

    2) Afin de veiller au châtiment des traîtres et à l’éviction dans le domaine de l’administration et de la vie professionnelle de tous ceux qui auront pactisé avec l’ennemi ou qui se seront associés activement à la politique des gouvernements de collaboration ;

    3) Afin d’exiger la confiscation des biens des traîtres et des trafiquants de marché noir, l’établissement d’un impôt progressif sur les bénéfices de guerre et plus généralement sur les gains réalisés au détriment du peuple et de la nation pendant la période d’occupation ainsi que la confiscation de tous les biens ennemis y compris les participations acquises depuis l’armistice par les gouvernements de l’axe et par leurs ressortissants, dans les entreprises françaises et coloniales de tout ordre, avec constitution de ces participations en patrimoine national inaliénable ;

    4) Afin d’assurer :

      L’établissement de la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français par le rétablissement du suffrage universel ;

      La pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression ;

      La liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’Etat, des puissances d’argent et des influences étrangères ;

      La liberté d’association, de réunion et de manifestation ;

      L’inviolabilité du domicile et le secret de la correspondance ;

      Le respect de la personne humaine ;

      L’égalité absolue de tous les citoyens devant la loi ;

    5) Afin de promouvoir les réformes indispensables :

    a) Sur le plan économique :

      L’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie ;

      Une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général et affranchie de la dictature professionnelle instaurée à l’image des Etats fascistes ;

      L’intensification de la production nationale selon les lignes d’un plan arrêté par l’Etat après consultation des représentants de tous les éléments de cette production ;

      Le retour à la nation des grands moyens de production monopolisée, fruits du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques ;

      Le développement et le soutien des coopératives de production, d’achats et de ventes, agricoles et artisanales ;

      Le droit d’accès, dans le cadre de l’entreprise, aux fonctions de direction et d’administration, pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires, et la participation des travailleurs à la direction de l’économie.

    b) Sur le plan social :

      Le droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablissement et l’amélioration du régime contractuel du travail ;

      Un rajustement important des salaires et la garantie d’un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d’une vie pleinement humaine ;

      La garantie du pouvoir d’achat national pour une politique tendant à une stabilité de la monnaie ;

      La reconstitution, dans ses libertés traditionnelles, d’un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs dans l’organisation de la vie économique et sociale ;

      Un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État ;

      La sécurité de l’emploi, la réglementation des conditions d’embauchage et de licenciement, le rétablissement des délégués d’atelier ;

      L’élévation et la sécurité du niveau de vie des travailleurs de la terre par une politique de prix agricoles rémunérateurs, améliorant et généralisant l’expérience de l’Office du blé, par une législation sociale accordant aux salariés agricoles les mêmes droits qu’aux salariés de l’industrie, par un système d’assurance conte les calamités agricoles, par l’établissement d’un juste statut du fermage et du métayage, par des facilités d’accession à la propriété pour les jeunes familles paysannes et par la réalisation d’un plan d’équipement rural ;

      Une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ;

      Le dédommagement des sinistrés et des allocations et pensions pour les victimes de la terreur fasciste.

    c) Une extension des droits politiques, sociaux et économiques des populations indigènes et coloniales.

    d) La possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l’instruction et d’accéder à la culture la plus développée, quelle que soit la situation de fortune de leurs parents, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non de naissance mais de mérite, et constamment renouvelée par les apports populaires.

    Ainsi sera fondée une République nouvelle qui balaiera le régime de basse réaction instauré par Vichy et qui rendra aux institutions démocratiques et populaires l’efficacité que leur avaient fait perdre les entreprises de corruption et de trahison qui ont précédé la capitulation.

    Ainsi sera rendue possible une démocratie qui unisse au contrôle effectif exercé par les élus du peuple la continuité de l’action gouvernementale.

    L’union des représentants de la Résistance pour l’action dans le présent et dans l’avenir, dans l’intérêt supérieur de la patrie, doit être pour tous les Français un gage de confiance et un stimulant. Elle doit les inciter à éliminer tout esprit de particularisme, tout ferment de division qui pourrait freiner leur action et ne servir que l’ennemi.

    En avant donc, dans l’union de tous les Français rassemblés autour du C.F.L.N et de son président le général De Gaulle !

    En avant pour le combat, en avant pour la victoire afin que VIVE LA FRANCE !

    LE CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE »

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    D)             ET AUJOURD’HUI ?

     

    PROLETAIRES ET BOURGEOIS :

    Il serait nécessaire aujourd’hui, au XXI° siècle, de recruter des francs-maçons dans tous les milieux, y compris les milieux les plus pauvres, par une politique d’aide (prise en compte, par exemple du quotient familial), concernant la cotisation annuelles.

    La bourgeoisie redoutait tellement le prolétariat que, malgré son « humanité » traditionnelle, elle déchaîna contre lui l’une des répressions les plus sanglantes de notre histoire. Depuis, les valeurs bourgeoises ont cessé d’être crédibles.

    La fin de l’humanisme bourgeois, déjà écorné par les journées sanglantes de 1848, met un terme aux illusions des élections bourgeoises, c’est-à-dire aux élections organisées par la classe bourgeoise pour procéder au rituel d’un choix biseauté entre plusieurs fractions de la bourgeoisie.

    Si la répression a été féroce, inhumaine et barbare, c’est qu’elle était à la hauteur de la peur et de la frayeur ressentie par la bourgeoisie à l’égard de la dictature du prolétariat, régime démocratique à tout point de vue, tel que le peuple n’en avait jamais connu auparavant. La conception du monde prolétarienne s’oppose frontalement à la fausse démocratie des riches bourgeois. Le prolétariat parisien, avec ses alliés de la petite-bourgeoisie, a démontré au monde entier, pendant les 72 jours de la Commune, par des actes, qu’il était tout à fait capable de gérer la société sur la base de nouvelles valeurs, l’humanisme prolétarien, véritables valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité, qui sont aussi les valeurs prônées par la franc-maçonnerie.

    Le Grand Orient de France vient de publier le « Manifeste », qui pourrait s’intituler « Manifeste du Parti Maçonnique ». Incontestablement, il s’agit d’un document qui prône l’ "entre-soi" d’une camarilla bourgeoise et petite-bourgeoise, et qui n’a rien d’ »initiatique », malgré ses prétentions. En effet :

    ·        Rien n’est dit sur l’adhésion de représentants de la classe ouvrière et des paysans pauvres à la franc-maçonnerie, la cotisation moyenne aux diverses loges ayant un caractère largement dissuasif !

    ·        Aucune initiative n’est prise pour combattre le concordat de Moselle-Alsace, entorse au principe fondamental de la laïcité, ainsi que sur les diverses pratiques religieuses dans les colonies (Guyane, Mayotte, 101° département de la république,…).

    ·        Il n’y a aucune condamnation de la « démocratie représentative » bourgeoise, où seuls les plus riches sont effectivement représentés tant à l’Assemblée nationale qu’au Sénat : pas un seul représentant de la clase ouvrière, ni des paysans pauvres, ni des petits employés, qui, rassemblés, représentent plus de 50 % de la population totale !  

    Ainsi, lors de la période de la Commune de Paris, la Franc-maçonnerie était scindée en deux camps nettement distincts et opposés : les Communards et les Versaillais. Bien plus, par la suite, si certains maçons sont restés fidèles à leur idéal, d’autres ont trahi celui-ci, allant parfois jusqu’au boulangisme, qui représente l’extrême-droite de l’époque, ainsi que dans le marasme de l’antisémitisme, notamment dans le cadre de l’affaire Dreyfus, et du colonialisme.

    Il semble que pour ceux qui ont exprimé ces déviations par rapport à l’idéal maçonnique, celui-ci a atteint l’homme extérieur, et non l’homme intérieur.

    Il en est de même aujourd’hui.

     

    L’homme intérieur et l’homme extérieur. L’argent, le sexe, le pouvoir. Cahuzac, DSK, Dalongeville.

    Dalongeville, ancien maire d’Hénin-Beaumont, et Cahuzac, ex-ministre du budget, étaient francs-maçons. Pourtant, leur comportement réel et quotidien était contraire aux valeurs prêchées par la maçonnerie. Ces valeurs sont restées, de façon mécanique et dogmatique, au niveau de l’homme extérieur, et n’ont jamais atteint, au grand jamais, l’homme intérieur ! S’ils avaient tant soi peu communié avec les valeurs maçonniques, telle la Vérité (voir l’article 1 de la Constitution du Grand Orient de France : « La Franc-maçonnerie, institution essentiellement philanthropique, philosophique et progressive, a pour objet la recherche de la vérité, l'étude de la morale et la pratique de la solidarité. Elle travaille à l'amélioration matérielle et morale, au perfectionnement intellectuel et social de l'humanité. Elle a pour principes la tolérance mutuelle, le respect des autres et de soi-même, la liberté absolue de conscience. Considérant les conceptions métaphysiques comme étant du domaine exclusif de l'appréciation individuelle de ses membres, elle se refuse à toute affirmation dogmatique. Elle a pour devise : Liberté, Egalité, Fraternité. »), ils n’auraient jamais vécu, en toute bonne conscience, dans le mensonge, comme cela a été leur cas. Même leurs aveux et repentirs font encore partie de l’homme extérieur, du paraître et de la façade, et non du moi profond ! Que dire de la parole d’une personne humaine, maçon de surcroît, qui jure sur le livre le plus sacré de sa conscience, de ne pas s’adonner aux vices communs, « sous peine d’avoir la gorge tranchée », (symboliquement, c’est être réduit au silence), puis sciemment s’adonne à ces vices et penchants ? Quel contenu donner à l’homme intérieur d’une telle personne ? Ces personnes ressemblent déjà à une tombe : propres sur elles à l’extérieur, elles sont sales et remplies d’immondices à l’intérieur. Cela indique également que, de la part de ces personnes négatives, ils n’ont donné aucune importance, notamment aux engagements pris en Loge, ces engagements étant tous relatifs à l’homme intérieur. Pour eux, il s’agissait d’ « amusement », de « jeu » sans importance, et sans danger, pouvant leur profiter à l’extérieur. Cela manifeste pour le moins un mépris certain pour leurs « frères et sœurs », qui eux, agissent à leur égard conformément aux enseignements maçonniques, et en attendent un retour équivalent. Leur objectif est donc de faire miroiter l’homme extérieur, sans toucher à l’homme intérieur. C’est donc un choix délibéré de l’obscur, et non de la Lumière, et une véritable incompréhension du véritable travail entrepris par le franc-maçon initié sur lui-même : tenter de faire l’union de l’intérieur et de l’extérieur, du masculin et du féminin, de la Lumière et de l’obscurité, afin de faire rayonner à l’extérieur la Lumière acquise à l’intérieur. Cette façon de donner la priorité à l’homme extérieur, au paraître sur l’être, conduit à privilégier les « valeurs » mondaines : l’argent, le sexe trivial et le « pouvoir », au détriment des valeurs fraternelles, dont l’agapè. Une telle personne ne recherche pas, en son sein, le juste, pour ensuite s’y conformer à l’extérieur ! Il se contente d’épouser étroitement le conformisme et l’apparence, à n’importe quel prix, en se donnant l’importance et l’illusion d’être un « juste » ! Bien entendu, il justifie son attitude part tous moyens, dont le plus habituel est de déclarer que sa façon de se comporter est commune à tous les êtres vivants. Car il ne conçoit qu’un seul modèle, l’homme purement extérieur, refoulant au maximum l’homme intérieur, qui continue néanmoins à exister, comme une mauvaise conscience, prête à ressurgir à tout moment. L’aspect intérieur, pourtant essentiel pour le maçon initié, car c’est lui la pierre angulaire, sur laquelle il, travaille, devient le côté obscur, et non lumineux de ces personnages. Se pose de manière lancinante la question fondamentale : comment se fait-il que de tels personnages, qui trompent leur monde, ont pu être admis dans les Loges, en si grand nombre, puis y rester aussi longtemps, sans une part de complicité d’autres faux « frères et sœurs » ? Guy Arcizet, précédent Grand Maître du Grand Orient de France, de passage dans la région de Lille, faisait part, à qui voulait l’entendre, de sa surprise de constater que les journalistes s’intéressaient plus aux scandales financiers et sexuels (le Carlton de Lille et autres « joyeusetés ») touchant notamment des « frères » de son obédience, qu’à son dernier livre, ouvrage pourtant dégoulinant de bons sentiments et de bonnes intention : fausse naïveté de la part du patron de l’obédience ou bien pire encore ? Ce qui est surprenant, c’est plutôt sa surprise !

    Les ouvriers parisiens ont joué un rôle essentiel dans la gestion des affaires courantes, leur œuvre et leurs idéaux demeurent actuels et d’une étonnante modernité. Aujourd’hui, de nombreuses mesures démocratiques et sociales de la Commune ne sont toujours pas mises en œuvre :

    ·   Une démocratie qui permette au peuple d’être entendu et d’exprimer sa pleine souveraineté ;

    ·   La reconnaissance de la citoyenneté pour les étrangers ;

    ·   La réquisition des logements vacants pour les sans domiciles et les mal logés ;

    ·   L’égalité des salaires des femmes et des hommes ;

    ·   La remise en marche des entreprises abandonnées pour causes de délocalisations ;

    ·   Une démocratie sociale sous le contrôle des salariés ;

    ·   La justice accessible à tous ;

    ·   Une école redevenue laïque et gratuite.

    Si l’on compare les élus de la Commune et les élus d’aujourd’hui, la comparaison est incontestablement à l’avantage des élus de la Commune.

    L’objectif des élus de la Commune est de servir, avec un salaire modéré, en instituant un gouvernement « à bon marché », et la démocratie réelle.

    Les élus d’aujourd’hui se servent, étant pour les plus titrés milliardaires. Soit les élus sont déjà riches avant d’entrer dans la carrière, soit ils s’enrichissent par tout moyen au cours de leurs mandats. Ils gèrent avec un gouvernement bureaucratique, dominé par la finance, sans démocratie, mais avec des manipulations, de la propagande, tout cela baptisé « communication ».

    Le gouvernement bourgeois exclut de fait les ouvriers, les petits employés et les paysans pauvres, et donc les véritables problèmes du peuple, comme le chômage, le mal logement et les bas traitements ne sont pas traités.

     

    LE DRAGON ET LE PHENIX :

    Le dragon, symbole de l’Empereur, désigne l’homme, l’agent actif, la Terre, l’équerre, la colonne J.°., alors que le phénix, symbole de l’Impératrice, désigne la femme, le sujet passif, le Ciel, le compas, la colonne B.°..

     

    Le mariage du Dragon et du Phénix :

    D’où vient la Commune de Paris et où va-t-elle ?

    Il faut imaginer un dragon, sous le sol, qui parcourt l’Histoire depuis toujours. Parfois, lorsque les conditions sont favorables, ce dragon s’ébroue, et cela constitue des « tremblements de terre », c’est-à-dire des crises sociales et des révolutions. Telle une taupe, ce dragon creuse inlassablement le sol, faisant surface par intermittence. Ce dragon, c’est le peuple, les « bras nus » de 1792, les sans-grades et les prolétaires de 1848 et de 1870-1871, les chômeurs, les sans-abris, les mal-logés et les exploités d’aujourd’hui.

    Ce dragon a fait surface en 1792-1794, puis à nouveau en 1831, en 1848, en 1870-1871, en 1939-1945, en 1968,…

    Ainsi, ce dragon fait son apparition sur la scène de l’Histoire lorsque les conditions objectives s’y prêtent. La fonction des classes sociales possédantes est de contenir ce dragon, de le dompter : d’où les répressions sanglantes de 1792-1815, contre les sans-culottes, les hébertistes, Babeuf, les jacobins,…, puis les fusillades contre les barricades en 1848 , le massacre de Communards en 1871.

    Chaque fois que commence un mouvement révolutionnaire, souvent initié par la bourgeoisie, comme en 1848, les classes populaires veulent aller plus loin, et obtenir la démocratie directe, des droits sociaux et économiques, substituer à la République bourgeoise une République Sociale. Par réaction dans ces moments-là, face au mouvement d’approfondissement des masses populaires, les classes possédantes refont leur union, afin de contenir les non possédants : c(est le cas des Montagnards et des Girondins, ainsi que les aristocrates les moins conservateurs et les bonapartistes, en 1892-1815 ; c’est le cas également des divers monarchistes (légitimistes, orléanistes et bonapartistes) et des Républicains opportuniste (Thiers, Gambetta,…) en 1871, contre les Communards, les « rouges » et les « partageux ».

    Certains disent que le Dragon doit être muselé, maîtrisé : cela peut se faire par les partis politique et les syndicats>.

    « Maîtriser » le Dragon, dans le sens de récupérer sa force d’intervention pour l’utiliser à son avantage, c’est ce qu’ont tenté de faire les classes privilégiées : c’est ce qu’ont tenté les Girondins, et le Montagnards. C’est ce qu’a tenté Napoléon III. C’est ce qu’ont tenté les révisionnistes, lors de la Seconde guerre mondiale. Cela se fait à l’aide de la carotte et du bâton. Mais l’objectif est plutôt d’organiser l’autonomie du Dragon, afin qu’il exprime son propre idéal. C’est ce qu’ont parvenu à faire les Communards.

    Et quelle fonction joue le Phénix, c’est-à-dire la franc-maçonnerie, dans ces périodes tourmentées ?

    Les francs-maçons ont une image de personnes modérées, plutôt conciliateurs (plutôt progressive, à défaut d’être progressiste) et traditionnelles (plutôt tournées vers le passé, et donc conservatrices), qui sont « amis des riches et des pauvres ».

    Or l’étude de l’Histoire montre que les francs-maçons se scindent en deux camps : ainsi, en 1789, il y a des maçons du côté des émigrés et des royalistes, du côté des monarchistes favorable à une monarchie constitutionnelle, des républicains modérés et du côté des républicains les plus radicaux et « enragés ».

    Il en est de même en 1870-1871. On trouve des maçons du côté des généraux et militaires bonapartistes, massacreurs du peuple, qui se sont mis sans vergogne au service de l’Assemblée réactionnaire des Versaillais. Il y a également de nombreux maçons du côté des républicains modérés et bourgeois, défendeurs d’un certain ordre moral, à la fois anti monarchistes, anticléricaux, mais tout autant anti communards, tels Favre, Ferry, Gambetta. Ces derniers seront les créateurs des institutions de la III° République, sur la base de l’écrasement des idéaux de la Commune de Paris. Par exemple, sur les onze ministres du Gouvernement de la Défense nationale, gouvernement contre lequel s’élève la Commune de 1871, on ne compte pas moins de 8 ministres francs-maçons, et dix ministres francs-maçons, si l’on ajoute les deux Jules, Jules Ferry et Jules Favre, initiés ultérieurement. Enfin d’autres francs-maçons s’engagent résolument dans le mouvement de la Commune, tel Jules Vallès. Ainsi, le Conseil central de la Commune compte, dès son origine, une vingtaine de francs-maçons, soit environ le quart de l’effectif. Sans compter que certains communards deviendront francs-maçons, après le mouvement de la Commune, telle Louise Michel.

    Et qu’en est-il de la franc-maçonnerie, en tant qu’organisation : quelles ont été les réactions des structures, telles les obédiences et les loges, lors du mouvement de la Commune de Paris, par exemple ?

    Les loges parisiennes ont d’abord tenté un effort de conciliation, et face à l’obstination de Thiers (et de son gouvernement, comprenant notamment Jules Favre), d’en finir avec la Commune par un bain de sang, ces loges se sont placées du côté de la Commune, avec les Compagnons du Devoir. On peut donc dire qu’il y a une procédure, une démarche des membres des loges de Paris, menées par Thirifocq, d’adhésion aux idéaux de la Commune, puis d’engagement dans l’action violente aux côtés des Communards.

    Il en est de même de certaines loges de province, comme à Marseille (Crémieux) et à Rouen.

    Par contre, concernant les obédiences, celles-ci font allégeance à Thiers et s’oppose frontalement à la Commune. La Commune ne sera récupérée par ces obédiences, comme moment de mémoire, qu’à compter de l’amnistie accordée aux Communards à compter de 1880.

    Ceci repose en partie sur la nature du recrutement des loges. Ainsi, à compter de 1850, la franc-maçonnerie recrute un public de petits-bourgeois, ouvriers, artisans, boutiquiers, instituteurs, …etc., qui n’auraient jamais été recrutés dans les loges du début du XIX° siècle, ou en tout cas dans les mêmes loges où se côtoyaient les aristocrates et la haute bourgeoisie.

    Mais il est certain que les valeurs défendues par les Communards en 1871 (Liberté, égalité, fraternité, laïcité, enseignement obligatoire et gratuit pour tous, culture pour tous, travail pour tous, démocratie directe, émancipation des femmes, etc.) étaient bien les mêmes valeurs que ceux de la franc-maçonnerie. La guerre engagée par Thiers pour éradiquer la Commune n’a pas permis aux Communards de mettre en œuvre leur programme.

    A ce jour, les Communards étant décédés, il est possible d’apprécier, dans leur ensemble, la vie de chacun de ceux-ci, au regard de leur poids par rapport à l’Histoire. Quelle est l’évolution des francs-maçons après la période intense de la Commune, et en particulier des francs-maçons qui se sont fortement impliqués dans le cadre des idéaux communaux ?

    A la fin du XIX° siècle, il y a différents marqueurs politiques (boulangisme, affaire Dreyfus) et sociétaux (luttes pour l’enseignement obligatoire et gratuit, la laïcité et la séparation de l’Eglise et de l’Etat, le droit des femmes,…) qui permettent de mesurer l’engagement de chacun. Dans ce cadre, certains francs-maçons restent fidèles aux idéaux communaux jusqu’au terme de leur vie (Louise Michel,…), et d’autres francs-maçons trahissent ces idéaux, par opportunisme, adhésion au boulangisme (qui est une forme primaire de fascisme), par nationalisme, et même par antisémitisme (les antidreyfusards), comme ce sera le cas de Malon ou Rochefort.

    Quelle doit être la relation entre le franc-maçon et la cité, entre le franc-maçon et le citoyen, à la fois en tant qu’individu et en tant que membre d’une organisation, que cela soit une Loge ou une Obédience ?

    La réponse se trouve dans la recommandation suivante : « Ils (les francs-maçons) répandront au-dehors (du Temple) les vérités acquises. ». Ou encore : « Médite dans le Temple, agis sur le forum, mais ne prends pas le Temple pour un forum ».

    En conséquence, si la cité ne doit pas entrer dans le Temple, mais rester sur le parvis (car elle fait partie des « métaux »), car la Loge doit rester sereine, a dogmatique et ouverte, par contre, à titre individuel et même collectif, le maçon doit s’engager dans la cité et prendre parti. Ainsi, au XVIII° siècle, les maçons progressifs ont pris parti pour les Lumières, les libertés (dont la liberté de conscience,…) l’éducation et toutes les valeurs mises en avant par la Révolution française. Au XIX° siècle, les maçons progressifs ont pris parti pour l’école obligatoire et gratuite, la laïcité, les libertés (dont la liberté d’association…), les droits sociaux, l’émancipation des femmes,…Au XX° siècle, les maçons progressifs ont pris parti pour la résistance au fascisme, l’antisémitisme, le racisme et pour l’égalité.

    Il serait également logique que la Loge en tant que Loge et l’Obédience en tant qu’Obédience prenne également parti pour les mêmes valeurs.

    Ainsi, s’il convient de proscrire les discussions politiques et religieuses en Loge, par contre on trouve au sein de la Loge une grande diversité :

    · Du point de vue politique, des frères et sœurs se réclamant de l’UMP, du PS, du PCF, ou apolitiques, ceci à l’exception de l’extrême –droite fasciste et raciste ;

    · Du point de vue religieux, des frères et des sœurs se réclamant du catholicisme, du judaïsme, de l’islam, de l’athéisme, de l’agnosticisme, ou areligieux, à l’exception des dogmatiques et des fanatiques.

    Cependant, lorsque le franc-maçon s’engage à appliquer à l’extérieur les vérités apprises dans le Temple, il est certain qu’agir, c’est faire des choix et donc éliminer.

    Par exemple, si une vérité apprise est de permettre à chacun de disposer d’un logement décent, pour tous, que faut-il faire : défendre à tout pris la propriété privée des propriétaires de logements, ou autoriser la réquisition des logements ?

    Si une autre vérité apprise en Loge est de permettre à chacun de vivre décemment de son travail, que faut-il faire : défendre à tout prix le statut quo et le libéralisme, ou bien prendre des mesures contraignantes pour créer des emplois pour tous ?

    De manière pratique, dans le réel, faut-il être Versaillais ou Communard ? Faut-il être Résistant ou du côté du gouvernement de Vichy ? La neutralité, la modération, la synthèse,… sont-elles possibles et souhaitables ?

    La vérité historique est-elle du côté de l’émigré aristocratique de 1789, du Chouan vendéen, ou bien du côté du révolutionnaire, et de quel révolutionnaire ? Danton ou Robespierre ? Robespierre ou Barras ?

    On peut choisir de ne pas choisir, ou de choisir la conciliation. C’est en quelques sortes « garder les mains pures, parce que l’on n’a pas de mains ». L’action oblige l’engagement.

    Cependant, un obstacle à cela est l’origine sociologique des maçons : au début du XVIII° siècle, la plupart des maçons étaient d’origine aristocratique, noble et de la haute bourgeoisie (noblesse de robe). Ces nobles faisaient preuve d’un certain élitisme, et les Loges composées de ces possédants avaient tendance à une certaine discrimination à l’égard des Loges comportant des membres d’origine plus plébéiennes, bourgeoises et petites-bourgeoises. Ceci explique en partie, la création des hauts-grades : ceux-ci, étaient un moyen pour les nobles, de tenir à l’écart les « nouveaux » maçons roturiers. D’ailleurs, à la fin du XIX° siècle, dans un souci d’égalité entre tous les frères, les maçons républicains se sont opposés à l’existence des hauts grades. Si au XIX° siècle, il y a une composition  ^plus démocratique des Loges, les ouvriers, les paysans pauvres et en particulier les femmes prolétaires demeurent exclus. Un des objectifs de Bakounine était de créer une maçonnerie populaire, composée de révolutionnaire, qui soit capable de jouer dans les conditions nouvelles du XIX° siècle, le rôle qu’a joué la franc-maçonnerie dans le développement des idées révolutionnaire au XVIII° siècle. Ceci explique au XVIII° siècle et au début du XIX° siècle l’émergence d’une maçonnerie chrétienne et réactionnaire, représentée notamment par de Maistre. Par contre, à la fin du XIX° siècle et au début du XX° siècle, un point commun de la maçonnerie bourgeoise (républicains opportunistes), et de la maçonnerie plus plébéienne et petite-bourgeoise, est l’aspect anticlérical et laïc.

    Cependant, en 1870-1871, l’Obédience du Grand Orient de France a pris résolument parti contre les idéaux de la Commune de Paris et pour le gouvernement répressif de Thiers. De même, en 1940, une partie des maçons à la tête de cette Obédience (Grousset) a envisagé un moment de négocier et de s’accommoder du régime raciste de Vichy.

    Et demain ? Le maçon, à titre individuel et collectif (Loge, Obédience), se doit d’être progressif. Il doit donc prendre parti, à titre individuel, mais aussi en tant que regroupé dans une Loge et dans une Obédience, pour le mouvement révolutionnaire à venir, dans la mesure où celui-ci étendra les libertés et instaurera plus d’égalité économique et sociale.

    Cependant l’idée d’un « complot » maçonnique est une absurdité : la maçonnerie est un élément parmi d’autres, dans le cadre d’un mouvement social historique nécessaire. Le maçon est un citoyen, au milieu des autres citoyens, qui développe des principes propres, qui sont ceux de « Liberté, Egalité, Fraternité ».

    Bien évidemment certains maçons restent en arrière du mouvement et jouent un rôle rétrograde : aristocrates émigrés de la Révolution française, officiers bonapartistes massacreurs des communards, collaborateurs du régime de Vichy, etc.

    Il y a aussi une imperfection de la maçonnerie. Ainsi, certains communards sont devenus, par la suite, antisémites, boulangistes, nationaliste ou antidreyfusards à la fin du XIX° siècle. Ceci manifeste deux choses : d’une part, la maçonnerie est une organisation humaine, donc qui présente des imperfections, et d’autre part, il ne peut être reproché à la maçonnerie en général le mauvais maniement de l’outil maçonnique par certains individus, qui sont de mauvais maçons. Si l’outil maçonnique est bon, à défaut d’être parfait, peut-on reprocher à cet outil le fait qu’un artisan le manœuvre mal, ou de façon détournée ? (Malversations, détournements de toutes sortes de la véritable fraternité,…). Le reproche doit s’adresser au mauvais artisan, qui est soit inexpérimenté, soit malhabile, soit tout simplement un mauvais compagnon. L’outil ne peut être tenu responsable d’un travail irrespectueux des règles d’utilisation de cet outil.

     

    VI° République bourgeoise ou II° République sociale ?

    Les frères et sœurs qui invoquent la république en fin de tenue devraient préciser de quelle république ils parlent. En effet :

    La première république a régressé de façon réactionnaire après le 9 Thermidor, voyant l’instauration du Directoire, de la dictature napoléonienne, puis la Restauration.

    La révolution de 1830 avait amené l’abaissement du cens législatif (à 200 francs) et la suppression de l’hérédité de la pairie. Elle avait aussi suscité deux lois fondamentales en 1831 :

    ·        L’une réanimait la Garde nationale ;

    ·        L’autre instituait l’élection pour la désignation des conseils municipaux.

    La seconde république de 1848 a fait tirer sur le peuple, conduisant à la victoire du plébiscite en faveur de Napoléon III ; journées de février 1848, qui mirent fin à la monarchie, mais aussi journées d’insurrection ouvrière de juin 1848, réprimées dans le sang. L’Assemblée constituante, composée majoritairement d’éléments modérés, qui n’hésiteront pas deux mois plus tard à recourir à la violence la plus extrême pour noyer dans le sang les revendications légitimes des insurgés de Juin.

    Les acteurs de la Révolution de février 1848 se sont divisés en deux camps. Le premier, celui de la bourgeoisie, est satisfait de la mise en place de la République telle qu’elle est. Le second, celui des ouvriers, veut une République sociale, dont les mots d’ordre sont repris en juin. Une grande partie du peuple parisien se détournera de cette République qui fait tirer sur le peuple.

    La naissance de la troisième république est née sur l’extermination de la Commune de Paris en 1871 (30 000 morts).

    Selon le mot de Jules Ferry, la première République nous a donné la terre, la seconde le suffrage et la troisième le savoir.

    Les quatrième et cinquième républiques ont vu le développement des guerres coloniales (Indochine, Algérie,…) et la trahison du parti communiste français.

    IV° république : Ceux qui sont morts pour libérer la patrie, notamment les communistes et Eugénie Ferrari, dans le Pas-de-Calais, avaient le souhait d’une France nouvelle, qui a été trahie, en particulier par de Gaulle.

    V° République : La V° République est issue du coup d’Etat de Charles de Gaulle en 1958, avec en arrière-plan le coup d’Etat militaire en Algérie, et l’arrivée « providentielle » du général de Gaulle.

    Maurice Thorez, Fils du Peuple pages 318 et 319 :

    « Un coup sérieux a été porté à la classe ouvrière et à la démocratie. En effet, le gouvernement de Gaulle n’est pas un gouvernement comme les autres. Le voile de légalité dont il s’est couvert, le respect apparent des formalités de l’investiture au Parlement, certaines manœuvres du chef du gouvernement pour composer avec ce qu’il appelle le « système » et les hommes du « système », rien de tout cela ne peut masquer le fait essentiel : de Gaulle a été porté au pouvoir non par la volonté libre de l’assemblée nationale, mais par les coups de force d’Alger et d’Ajaccio. Le gouvernement de Gaulle est un gouvernement foncièrement illégitime, issu de la violence et de la menace réactionnaires. »

    Il s’agit donc là de républiques bourgeoises. Les seules républiques ayant tenté d’instaurer des valeurs de fraternité et d’égalité sont les tentatives de 1792 à 1794 et de la Commune de Paris en 1871 !

    Aussi les thuriféraires de la VI° République, justifiée par le « coup d’Etat financier »,  doivent-ils préciser de quelle nature est la nouvelle République qu’ils souhaitent instaure : soit une République en continuation avec les cinq républiques précédentes, donc une république bourgeoise, qui ne modifie rein, notamment en matière de répartition des richesses, soit une république en rupture avec les républiques précédentes, une république socialiste, qui implique la socialisation des moyens de production, et qui ne saurait donc être qu’une dictature du prolétariat, prolétariat allié avec les autres classes sociales exploitées, à l’image de la préfiguration que fut la Commune de Paris. Dans ce cas, afin de mettre l’accent sur la rupture par rapport aux cinq républiques bourgeoises antérieures, ne faudrait-il pas parler de Première République, socialiste, ou à la rigueur de Deuxième République, si l’on considère la Commune de Paris comme une préfiguration, même embryonnaire.

    Ainsi, entre la république bourgeoise et la république sociale, il y a un abîme. La république proclamée le 4 septembre 1870 est une république bourgeoise, et elle voulait le rester.

    Ceux qui prônent une VI° république (Montebourg, Mélenchon, etc.) se placent donc résolument dans la continuité des cinq républiques bourgeoises : ils veulent seulement réformer un système arrivé en bout de course, et non pas le détruire pour le remplacer par un système nouveau, socialiste. La rupture, c’est prôner une 1° république sociale, ou alors une II° république, dans la continuation des principes fondateurs de la Commune de Paris. En 1870, il y avait d’un côté » la bourgeoisie, avec une bourgeoisie de droite (Thiers,…), prête au compromis avec l’aristocratie, contre les classes laborieuses, et une bourgeoisie de gauche (Gambetta, Clemenceau,…), favorable à une république plus « sociale », et de l’autre côté, le peuple, mené par le prolétariat. C’est ainsi que les thuriféraires de la VI° république sont plus proches des Gambetta et Clemenceau, que des CommunardEs.

    Dans les loges, il s’agit, non pas de proclamer les principes de « Liberté, égalité, fraternité, laïcité » seulement en théorie, mais aussi de faire en sorte que ces principes puissent progresser en pratique. C’est ce qu’ont fait les francs-maçons et certaines loges, en adhérant sur le terrain et dans l’action, aux idéaux de la Commune. C’est ce qu’a refusé de faire, l’obédience du Grand-Orient de France, en prenant fait et cause pour le gouvernement de Thiers, et ce, au moins jusqu’en 1880, date de l’amnistie.

    Et demain, si le dragon entre à nouveau en scène, pour donner un coup d’accélérateur à l’Histoire, le Phénix acceptera-t-il de se marier avec le Dragon, ou sera-t-il aux côtés des forces sociales rétrogrades ?

    Sans doute, la Tradition a son importance, mais il faut aussi prendre partie pour les forces de l’avenir. Et incontestablement, même si sur le moment, ce fut un échec, les forces de la Commune appartenaient à l’avenir. Ce qui naît et se développe est plus fort et plus puissant que ce qui est vieux et dépérit. Le sens de l’Histoire, c’est la Commune, et non Versailles. A preuve, quelques années plus tard, sans doute grâce au coup de bélier donné par la Commune, les principaux idéaux, que les Communards n’avaient pas pu mettre en œuvre, en raison des forces réactionnaires de Versailles, ont été mis en pratique par les Républicains opportunistes de la III° République : l’école gratuite et obligatoire, dans le primaire, la laïcité et la séparation de l’Eglise et de l’Etat, etc.

    Le Dragon est réapparu en 1917, en Russie, pour une cinquantaine d’années, puis en Chine, pour une trentaine d’années. Il est réapparu en France en 1936, 1945, 1968, 1981, 1997, 2005. Sans être devin, le moment approche de sa réapparition : alors chaque franc-maçon devra choisir son camp, soit l’ordre moral des possédants, soit l’ordre social des non-possédants. D’ores et déjà, le choix doit se faire entre une VI° République bourgeoise ou une II° République sociale, à l’image de la Première République que fut la Commune de Paris !

     

    A noter que les Communards étaient victimes des mêmes préjugés que la classe bourgeoise, et n’a pas accordé aux femmes le droit de vote et de participation aux institutions communales.

    La Commune comporte deux aspects négatifs :

    · Victime, comme toutes les classes, des préjugés de l’époque, elle n’a pas su adopter le suffrage universel aux femmes et accorder à celles-ci l’accès à la décision politique ;

    · Son attitude à l’égard des colonies : comme le rappelle Marx, un peuple qui en opprime un autre ne saurait être libre. Or la Commune, dans son ensemble, n’a pas compris les aspirations à la liberté et à l’égalité des peuples algériens (Commune d’Alger) et du peuple Kanak en Nouvelle-Calédonie.

    ·  

    1)      Et aujourd’hui ? Le Parti « Communiste » Français est un parti révisionniste, un embryon de la social-démocratie bourgeoise. La franc-maçonnerie doit aider à l’émergence d’un nouveau parti révolutionnaire.

    Les responsables du Grand Orient de France ont publié le 25 janvier 2013 un « Manifeste des francs maçons du Grand Orient de France. Une espérance républicaine pour le 21 ème siècle ». C’est une sorte de Manifeste du Parti Maçonnique, dont la conclusion est une reprise de la devise communiste : « De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins ». Il est en effet déclaré, page 20 : « […] c’est le changement radical de paradigme qu’il faut viser : une distribution des revenus non plus en fonction du travail et de la détention du capital, mais surtout en fonction des besoins de chacun. »

    Deux critiques principales peuvent être formulées à l’encontre de ce document. La première critique concerne la lutte que souhaite mener le GODF contre la féodalité financière : il existerait une « laïcité » au niveau financier, consistant à séparer l’Etat de l’argent. Il convient de donner aux mots leurs vrais sens, et de maintenir la lutte pour la laïcité dans le domaine des croyances religieuses. La finance n’est, en tant que telle, ni bien, ni mal : ce qu’il convient d’apprécier, c’est l’usage fait par la finance, placée au service de la majorité, ou bien au service de la minorité. La seconde critique concerne la nature de l’Etat : L’Etat est aujourd’hui confisqué par les puissances d’argent, c’est-à-dire la haute-bourgeoisie. Il s’agit bien de briser cet Etat et de laisser le peuple et son avant-garde, composé de la classe ouvrière, construire un nouvel Etat, comme cela  a été fait par les Communards en 1871.

    A noter que le GODF a effectué sa « révolution culturelle », et, après divers « pas de clercs », procède enfin à l’initiation des femmes, traitées comme étant « des frères » comme les autres.

    Cependant, la « mécanique » maçonnique conserve toute son efficience, et la force de l’égrégore agit indépendamment de la volonté et des désirs des individus. Cette force conduit plus que jamais à affirmer l’égalité (sociale de tous), la liberté (démocratique) et la fraternité (entre les peuples).

    Aujourd’hui, la bourgeoisie est divisée en trois branches : la « droite républicaine » (ce sont les successeurs de Cavaignac, de Thiers et de de Gaulle), la gauche sociale-démocrate (ce sont les successeurs de Blum et de Mitterrand) et le fascisme (ce sont les successeurs du général Boulanger et de Pétain). Pour défendre ses intérêts propres, chacune de ces branches essaie de mobiliser le peuple.

    Malgré toutes les tentatives d’entrisme, de la part des fascistes, la franc-maçonnerie n’est pas soluble dans l’idéologie fasciste. Les valeurs défendues par la franc-maçonnerie ne pourront jamais être partagées avec le fascisme.

    La « mécanique » maçonnique est un instrument de coercition, et éventuellement d’éjection, des membres qui tenteraient de tirer la couverture à eux, tels Cahuzac et consorts. Ceux qui, comme Cahuzac, sont des maçons de pacotille, qui pensent se cacher dans les loges pour se livrer aux pires prévarications, sont éjectés et livrés à la justice populaire. Il en a été ainsi des maçons girondins en 1793, qui ont eu la « gorge tranchée », en conformité avec leur engagement maçonnique. Divers maçons, qui étaient des républicains sociaux et des révolutionnaires, lors de la Commune de Paris de 1871, qui sont devenus ensuite « possibilistes », boulangistes et même monarchistes, se sont retrouvés dans les poubelles de l’Histoire.

    Aujourd’hui, une partie des maçons s’engage pour la fraction de droite de la bourgeoisie (par exemple Alain Bauer en faveur de Sarkozy), une autre partie des maçons se met à la remorque de la fraction sociale-démocrate de la bourgeoisie (par exemple Mélenchon).

    Si la maçonnerie veut être à nouveau initiateur et déclencheur des valeurs, dont celles du travail et du logement pour tous, ce n’est ni l’une ni l’autre orientation qu’il convient de prendre. L’enjeu, ce n’est ni la droite, ni la gauche, bourgeoises l’une et l’autre, ce qui serait se mettre au service de la minorité la plus riche, au service du MEDEF, mais l’enjeu est de cliver la franc-maçonnerie sur la force populaire, ce qui est se mettre au service du plus grand nombre, de l’intérêt général et donc au service du peuple.

    Une fois donnée l’impulsion initiale, il convient d’avoir suffisamment confiance dans le peuple pour que celui-ci conquière son autonomie et crée une République sociale, à l’image de ce qui se déroule dans les loges, et de ce que la Commune a réalisé en 1871 à Paris.

     

    Lorsque la franc-maçonnerie allie la théorie et la pratique, immanquablement, elle se situe du côté de la veuve et de l’orphelin. Ce choix peut être aussi opéré par le comportement intransigeant et injuste des privilégiés conservateur, comme c’était le cas de Thiers, qui par son comportement intransigeant, a jeté la plus grande partie des francs-maçons parisiens du côté des Communards

     

    Les leçons à retenir de l’Histoire, pour aujourd’hui, sont les suivantes :

    ·   En 1789-1795 : la bourgeoisie n’a eu aucune hésitation pour détruire la propriété privée féodale et pour s’accaparer la propriété privée des nobles émigrés et de l’Eglise. Ensuite, elle a su conforter sa position de classe concernant notamment la propriété bourgeoise, en recourant autant que de besoin à la terreur contre l’aristocratie,  puis contre  le peuplé.

    ·   En 1871 : la bourgeoisie, quand elle s’est sentie menacée, n’a eu aucune hésitation pour utiliser la force armée la plus brutale (la « terreur tricolore ») contre le peuple et les ouvriers parisiens , afin de maintenir son pouvoir.

    ·   En 1939-1945 : la bourgeoisie a su mener la lutte de classes en sa faveur, instaurant d’abord la IV° République, puis la V° République, et demain la VI° République, si besoin. Pour y parvenir, elle a utilisé sans vergogne les représentants traîtres de la classe ouvrière, à savoir les dirigeants opportunistes et révisionnistes du Parti communiste français, qui se sont conduits comme une cinquième colonne de la bourgeoisie au sein de la classe ouvrière.

     

    A chacune de ces périodes, au sein de la franc-maçonnerie, une fraction de la bourgeoisie rejoint le camp progressiste. Pour la bourgeoisie, l’alternative est alors la suivante :

    ·   Rester fidèle à ses idéaux de « Liberté, Egalité, Fraternité », et donc trahir sa classe sociale ;

    ·   Rester fidèle à sa classe sociale, et donc trahir les idéaux maçonnique.

     

     

     

    Troisième  partie :

    La fonction du rosicrucianisme en France.

     

    La question qu’il faut se poser honnêtement est : est-ce que l’organisation AMORC donne à ses affiliés tous les instruments leur permettant de présenter l’Ordre comme une solution aux problèmes du moment ?

    Comme tout être vivant, les organisations ont leur karma. Les organisations naissent, se développent et meurent. Et lorsqu’un être perd sa fonction, il meurt. Alors, comment faire que l’AMORC dure encore et toujours ? Lui donner une fonction en phase avec son époque !

    D’abord, on ne peut pas fixer comme objectif en soi, la pérennité, c’est-à-dire le caractère de ce qui dure toujours. Sans doute, au nom du principe de conservation (ou du conservatisme), on peut chercher à tout prix à maintenir un être en vie : mais est-ce encore la vie ? Cet acharnement n’est-il pas une forme d’égoïsme ? N’est-ce pas voué à l’échec ultime, de toute façon ? Cela se traduit par exemple par une répétition desséchante des rituels, un ritualisme quelque peu désuet, moribond et hors sol.

    Prenons l’exemple de la franc-maçonnerie. L’objectif visé n’est pas la survie à tout prix, ou la pérennité, de la franc-maçonnerie, de telle obédience ou de telle loge. On atteint par contre la pérennité, en visant un objectif qui transcende les intérêts individuels.

    Une loge maçonnique est une sorte d’anticipation de ce que peut-être le monde demain (Liberté-Egalité-Fraternité). On travaille en loge pour se ressourcer et appliquer à l’extérieur du Temple les vérités acquises. Le maçon construit son temple intérieur, et le temple de l’humanité. En fin de compte, chaque maçon vise à se perfectionner lui-même et aussi à perfectionner (un peu) l’humanité : ce faisant, par sa démarche, individuelle et collective, il assure la pérennité de la franc-maçonnerie. Le maçon effectue un travail personnel, sur lui-même et aussi un travail collectif, de loge, par ses planches. Ensuite, il peut appliquer les enseignements à l’extérieur.

    Se perfectionner soi-même, seul, serait insuffisant, personnel et égoïste. Il s’agit de se perfectionner pour servir (mieux) l’humanité. Il y a donc un objectif collectif : Quelle est la mission, ou la fonction, de l’AMORC au XXI° siècle, dans le cadre de notre civilisation universelle ?

    L’objectif collectif ne peut être le perfectionnement individuel de chacun des membres.

    L’exemple à prendre en compte, sans l’imiter, car « on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve », est le mouvement qu’ont su créer nos frères rosicruciens au XVII° siècle.

    Qu’en est-il du rosicrucien ? Un mystique, est-ce un être pur, parce qu’il n’a pas de bras et pas de main ?

    Qu’en est-il du Temple rosicrucien ? Est-il à l’image de la société idéale ? Quel relation établit le rosicrucien entre ce qu’il vit dans le Temple et sa vie quotidienne ? Les expériences rosicruciennes sont-elles des expériences intimistes, ou sont-elles reproductibles dans le champ social ?

    Qu’apporte la revue Rose-Croix dans le cadre d’un travail d’un instituteur ? D’un animateur ? D’un homme politique ? D’un savant ? D’une femme de ménage ? Etc.

    L’AMORC doit-il se contenter d’améliorer la personnalité de l’individu ? Sans se préoccuper de l’humanité ? S’améliorer soi-même, mais pour en faire quoi ?

    L’humanité poursuit son chemin. Elle est actuellement à la croisée de plusieurs chemins. Emerge une nouvelle civilisation, comme aux XVII° et XVIII° siècles. Mais un retour à la barbarie est possible. Dans cette lutte titanesque entre les fils/filles des Lumières, et les fils/filles des Ténèbres, quelle part prend l’AMORC ? Sa simple survie ? Quelle prise de risques ? Ne faut-il pas être du côté de l’émergence du nouveau ? Ne faut-il pas se porter à la pointe du mouvement de la Lumière ? Voilà, en tout cas, les deux mouvements qui partagent aujourd’hui l’humanité en deux camps !

    Bien sûr, il y a un grand nombre de mouvements. Tous ne doivent pas être mis sur le même plan. Mais il faut faire la distinction, évidente, entre ceux qui sont du côté des forces obscures, et les autres. Par exemple, les religieux qui font parler la divinité dans leur intérêt propre sont du côté de l’Obscurité : ne faut-il pas les condamner ?

    Si l’on ne parvient pas à offrir l’AMORC, comme un débouché, c’est qu’il y a un obstacle : l’AMORC ne correspond pas tout à fait aux préoccupations du moment, du siècle. Alors deux solutions :

    ·   Rester entre-soi, et attendre un moment plus favorable. Mais l’histoire replace rarement les plats.

    ·   Se remettre en question et reformuler la fonction de l’AMORC dans le contexte d’aujourd’hui.

    Quel résultat collectif escompté ?

    La solution n’est pas de privilégier une démarche individuelle, mais il convient d’attribuer à l’égrégore rosicrucien une démarche commune : voilà la tâche en particulier des responsables de l’AMORC.

    C’est ce qu’ont su faire nos précurseurs des XVII° et XVIII° siècles.

     

     

     

     

    ANNEXE 1 :

    Liste de Francs-Maçons de la période révolutionnaire (fin du XVIII° siècle) :

     

    A

     

    Jean le Rond d’Alembert (1717-1783) : Franc-maçon. Membre de la Loge des « Neuf Sœurs ». Philosophe. Mathématicien. Membre de l’Académie française. Il fut l’un des pères de l’Encyclopédie.

     

    Armand Désiré de Vignerot du Plessis de Richelieu Duc d’Aiguillon (1761-1800) : Emigre en 1792 et meurt à Hambourg en 1800. Franc-maçon. Avant la révolution, il fut membre de la loge « L’Olympique de la Parfaite Estime », du Grand Orient de France. En 1786, il fut membre de la loge « Société Olympique » et grand officier du Grand Orient de France. Partisan de la révolution jusqu’en 1792. Député d’Agen, représentant la noblesse en 1789.

     

    Comte  Etienne Alexandre Jacques Anisson, dit Anisson-du-Perron (1749-1794) : Directeur de l’imprimerie royale. Franc-maçon. Membre de la Loge « La Fidélité ».

     

    Jean François Louis Charles de Damas d’Antigny (1758-1829) : A participé à la guerre d’indépendance des insurgents américains. Franc-maçon. Membre de la Loge « La Candeur ».

     

    Jacques Mathieu Augeard, marquis de Buzancy (1732-1805) : Secrétaire des commandements de la reine, premier fermier général. Franc-maçon. Membre de la Loge « L’Olympique de la Parfaite Estime ».

     

    Charles Pierre François Augereau (1757-1816) : Jacobin. Maréchal d’Empire et duc de Castiglione. Chambre des pairs sous Louis XVIII. Franc-maçon. Membre de la Loge « Les Enfants de Mars » à La Hague (Hollande) en 1801. Il fut Chevalier Rose-Croix, nommé Grand Hospitalier du Grand Orient le 23 brumaire an XIII, puis Grand Officier d’Honneur en 1813, et Vénérable d’Honneur de la loge régimentaire « Les Amis de la Gloire et des Arts ».

     

    B

     

    Jean-Jacques Bacon de la Chevalerie (1731-1821) : Dans les années 1760, on le trouve dans l’entourage de Martines de Pasqually, qui le nomme président du tribunal des Elus Cohens. Franc-maçon. En 1764, il participe à Rouen à la fondation et aux travaux de « l’Unité », loge d’avocats du Parlement de Normandie, dont il devient le représentant auprès de la Grande Loge. Il participe activement à la naissance du Grand Orient, dont il est Grand Orateur. Son action est marquée par une volonté de préserver le caractère nobiliaire de l’Art Royal. Il est aussi un des initiateurs de la maçonnerie d’adoption.

     

    Jean Sylvain Bailly (1736-1793) : Franc-maçon. Célèbre astronome et académicien, membre de la Loge des « Neuf Sœurs ». Maire de Paris du 15 juillet 1789 à 1791. Président de la Constituante. Membre de l’Académie française. Il présida la fameuse séance du Jeu de Paume. Arrêté après le 10 août 1792, condamné pour avoir favorisé la fuite du roi Louis XVI à Varennes-en–Argonne et pour complot contre la sûreté du peuple, il périt sur l’échafaud.

     

    Charles Balzac (1752-1820) : Architecte. Il a accompagné Bonaparte en Egypte. Franc-maçon. Membre fondateur de la loge « Le Grand Sphinx ».

     

    Bertrand Barère, de Vieuzac (1755-1841) : Franc-maçon. Il appartint, en 1782 et 1789, à la loge La Paix, orient de Tarbes. Il est inscrit, avant 1789, à la Loge L’Encyclopédique de Toulouse, dès sa création en 1787. En 1788, il part à Paris, fréquentant la Société des amis des Noirs et la Loge du Cercle Social, où il rencontre Mirabeau, Condorcet, La Fayette, Brissot, Pétion et les Orléanistes. Pendant la Révolution, il sauva nombre de ses frères, parme lesquels le fermier général Savalette de Lange. Juriste. Avocat au Parlement de Toulouse. Avocat méridional, élu à la Constituante, puis à la Convention, où il est une des têtes politiques de la Plaine (la majorité des députés) avant de se rallier – comme elle et jusqu’au 9 thermidor – à Robespierre. Un des orateurs les plus importants de la Révolution. Rapporteur attitré du Comité de salut public. Préside la Convention lors du procès du roi. Son discours emporte la conviction des hésitants tentés par la solution de l’appel au peuple.

     

    Antoine Pierre Joseph Marie Barnave (1761-1793) :Franc-maçon. Membre de la  Loge « Les Amis de la Bienfaisance ». Protestant. Amoureux de la reine. A écrit une Introduction à la Révolution française.

     

    Paul François Jean Nicolas vicomte de Barras (1755-1829) : Franc-maçon. Député à la Convention. Vota la mort de Louis XVI. Homme-clé de la transition vers le Directoire. Fréquente, de 1783 à 1789, la cantatrice Sophie Arnould. Il adhère à cette époque à la franc-maçonnerie, puis au club des Jacobins et se lance en politique comme, républicain.

     

    Augustin Barruel (1741-1820) : Issu d’une famille noble. En 1781, il publie des lettres anti-lumières contre les Encyclopédistes. Prêtre jésuite, essayiste et polémiste catholique. Ses travaux consistent à montrer que la Révolution française n’a pas été un mouvement de révoltes spontanées du peuple, mais un processus organisé pendant plusieurs décennies dans des loges et dans des clubs (en particulier celui des Jacobins) afin de permettre à la bourgeoisie libérale de s’emparer du pouvoir. Il s’exile à Londres en 1792. Il est hébergé par le philosophe Edmund Burke qui, bien que franc-maçon, le félicitera pour son Mémoires pour servir à l’histoire du jacobinisme, pourtant antimaçonnique. Ces Mémoires développent la thèse d’une Révolution antichrétienne fomentée par les philosophes, les francs-maçons et les juifs. Augustin Barruel déclare avoir été lui-même reçu en loge.

     

    Nicolas Baudeau (1730-1792) : Théologien. Economiste. Journaliste. Physiocrate. Franc-maçon. Il appartint à la loge parisienne de Pingré, « Les Cœurs Simples de l’Etoile Polaire », à partir de 1782. Haut-gradé. Devenu fou dès 1790, il connaît une fin tragique puisqu’il se suicide à Paris en 1792.

     

    Louise Marie Bathilde d’Orléans, duchesse de Bourbon (1750-1822) : Sœur de Philippe duc d’Orléans. Epouse du prince de Condé. Mère du duc d’Enghien, fusillé par Napoléon. Franc-maçonne. Grande maîtresse des loges d’adoption.

     

    Philippe Augustin Caron de Beaumarchais (1732-1799) : La Statue du 4° arrondissement de Paris représente Beaumarchais effectuant le signe du Bon Pasteur du 18° degré.

     

    Marquis François de Beauharnais (1756-1846) : Participe à l’insurrection américaine. Député suppléant en 1789, appelé à siéger le 3 novembre 1789, en remplacement de Lally-Tollendal. Franc-maçon. Deviendra grand officier d’honneur du Grand Orient. Membre des Loges « L’Amitié Française » à l’orient de Dragons-Ségur (tableau de 1782) et de « L’Amitié Fraternelle », orient du régiment de Belzunce.

     

    Marie Josèphe Rose de Tascher de la Pagerie dite Comtesse Joséphine de Beauharnais (1763-1814) : Issue d’une famille créole de la Martinique. Son premier mari, Alexandre de Beauharnais, et le frère aîné de celui-ci, François, marquis de Beauharnais, étaient membres des loges « Sainte-Sophie » et « La Fidélité ». Franc-maçonne. Joséphine fut vraisemblablement initiée à Strasbourg, lorsque le général de Beauharnais tenait garnison à l’armée du Rhin. Joséphine prend l’habitude, suivant l’identité de son destinataire, d’ajouter un signe distinctif maçonnique : il s’agit de deux ou trois barres parallèles ou bien de trois points disposés soit en ligne, soit en triangle, soit entre deux barres. Dans une lettre du 17 janvier 1782, adressée à Bacon de la Chevalerie, elle lui écrit : « Cher Frère ». Sous l’Empire, c’est encore en ces termes qu’elle écrit au « Très Illustre Frère » Cambacérès. Devenus impératrice en 1804, s’employa à ranimer la maçonnerie d’adoption, dont elle devint la grande maîtresse.

     

    Alexandre François Beauharnais (1760-1794) : Il épouse le 13 décembre 1779 à Noisy-le-Grand, Marie Josèphe Rose Tascher de la Pagerie, mieux connue sous le nom de Joséphine de Beauharnais, future impératrice des Français, dont il eut deux enfants, Eugène en 1781 et Hortense en 1783. Franc-maçon de la loge « La Pureté » au régiment de la Sarre. Le baillage de Blois l’envoya comme représentant de la noblesse aux Etats-Généraux, puis à l’Assemblée constituante. Arrêté en janvier 1794, il comparut devant le Tribunal révolutionnaire pour trahison et complicité de conspiration et fut condamné à mort et guillotiné le 5 thermidor an II (23 juillet 1794).

     

    Eugène de Beauharnais (1781-1824) : Beau-fils de Napoléon. Il fut vice-roi d’Italie sous le nom d’Eugène Napoléon. Franc-maçon. Vénérable d’honneur de la loge « Saint Eugène » de Paris. Egalement Grand Maître du Grand Orient d’Italie et du Suprême conseil italien.

     

    Charles Juste de Beauvau (1720-1793) : Membre de l’Académie française. Maréchal de France. Ministre de la Guerre en 1789. Il fut hostile aux idées de la révolution. Franc-maçon. Membre de la Loge « La Parfaite Intelligence » à Albi.

     

    Charles Jean Baptiste Bernadotte devenu Charles XIV Jean de Suède, Charles III Jean de Norvège (1763-1844) : Jacobin. Franc-maçon. Maréchal de France, prince de Pontecorvo, puis roi de Suède, sous le nom de Charles XIV ; initié en France par une loge militaire, devient Grand Maître après son accession au trône de Suède. Il aurait été officier d’honneur du Grand Orient et, en 1785-1786, on le dit initié à « La Tendre Fraternité ». Par deux fois, avant sa carrière suédoise, il utilisa une signature maçonnique : le 2 pluviôse an V, quand il paraphe le Serment de haine à la royauté et à l’anarchie, puis en 1808.

     

    Pierre de Riel, marquis de Beurnonville (1752-1821) : Franc-maçon. Vénérable en 1780 de la loge « L’Amitié » à Saint Denis de la Réunion, et en 1815, Grand Maître Adjoint du Grand Orient de France. Il combat à Valmy et Jemmapes. Nommé le 4 février 1793, par la Convention, ministre de la Guerre, en remplacement de Pache.

     

    Armand Louis de Gontaud, duc de Lauzun, Duc de Biron (1745-1793) : Officier de la guerre en Amérique. Franc-maçon. Il appartint aux loges « Saint Jean de Montmorency-Luxembourg » et « La candeur », à Paris avant 1789, et en 1791, à la loge « Les Pyrénées » à Bagnères de Bigorre. Elu député des Etats-Généraux de 1789, par la noblesse de Quercy, il se rallia à la Révolution, et entra dans le parti du duc d’Orléans. Accusé de trahison par le Comité de salut public, pour avoir offert sa trahison, il est guillotiné le 31 décembre 1793, place de la Révolution à Paris.

     

    François Adrien Boïeldieu (1775-1834) : Artiste. Franc-maçon. Il fut initié à la Loge « Les Arts et l’Amitié » du Grand Orient de France à Paris. Membre de la Loge « La Palestine » et membre d’honneur de la loge « Les Amis Réunis ».

     

    François Antoine Boissy d’Anglas (1756-1826) : Franc-maçon. Il demande son affiliation à la Loge « La Vrai Vertu » d’Annonay, afin de renforcer ses liens avec les privilégiés. Membre officiel de la loge le 14 juillet 1788. Dès les élections aux Etats-Généraux, il vit à Paris, et en 1791, il fréquente la Société des Amis de la Constitution ou les divers clubs de la ville d’Annonay qui se sont substitués aux loges.

     

    Bonaparte : L’appartenance à la franc-maçonnerie de Napoléon Bonaparte n’est pas démontrée. Par contre son père, Charles Marie Bonaparte (1748-1785) fut sans doute membre d’une loge d’Ajaccio, de la Grande Loge dite de Clermont.

     

    Joseph Bonaparte (1768-1844) : Frère de Napoléon. Franc-maçon. Initié le 8 octobre 1793 à la loge « La Parfaite Sincérité » Orient de Marseille. Il devient le 121 octobre 1805, jusqu’en 1814,  Grand Maître du Grand Orient de France. Roi de Naples, puis roi d’Espagne. Il fut également Grand Maître des Grands Orients de Naples, puis d’Espagne.

     

    Louis Bonaparte (1778-1846) : Frère de Napoléon et père de Napoléon III. Franc-maçon. Il fut Grand Maître Adjoint de 1803 à 1806, remplacé par Cambacérès. Il est initié le même jour, à très grande vitesse, du grade d’apprenti à celui du 33° par la grâce de Cambacérès. Roi de Hollande de 1806 à 1810. Père de Louis Napoléon Bonaparte (1808-1873), qui devint Napoléon III.

     

    Caroline Marie Annonciade Bonaparte (1782-1839) : Troisième sœur de Napoléon Bonaparte. Franc-maçonne. Epouse, depuis le 20 juillet 1800, de Joachim Murat, elle exerce le rôle de Grande Maîtresse des loges d’adoption du royaume des Deux-Siciles.

     

    Jérôme Bonaparte (1784-1860) : Plus jeune frère de Bonaparte. Franc-maçon. Initié depuis le 2 avril 1801 à « La Paix » (Toulon). Reçu louveteau à 17 ans à la loge « La Paix », Orient de Toulon. En 1801, devient Grand Maître de la grande Mère Loge de Westphalie. Roi de Westphalie de 1807 à 1813, avant de se battre à Waterloo, puis d’être exilé jusqu’en 1848. Sous le Second Empire, il est nommé gouverneur des Invalides, maréchal de France et président du Sénat.

     

    Michelle Sentuary, par son mariage Madame Guesnon de Bonneuil (1748-1829) : Elle appartient au Cercle Anacréontique dit de « la Caserne », à Marly, institution fort libre inspirée de la maçonnerie. Elle fut initiée aux mystères de Cagliostro et aux rites de la maçonnerie égyptienne dont son beau-frère, Jean Jacques Duval d’Eprémesnil, était l’un des maîtres. Elle a sans doute été initiée dans une des loges d’obédience féminine.

     

    Nicolas de Bonneville (1760-1828) : Franc-maçon. Initié à Londres en 1786. A traduit l’Essay on the origins of freemasonery de Thomas Paine, dont il deviendra l’ami. A fondé le 13 octobre 1790, avec l’abbé Fauchet, le Cercle social, dont les rapports seront publiés dans le journal La Bouche de fer.

     

    Théophile de Bordeu (1722-1776) : Médecin, représentant important du vitalisme. Auteur de poésies béarnaises en occitan. Il rédigea u article pour l’Encyclopédie de Diderot. Propagateur zélé d’idées nouvelles, il eut de vifs démêlés avec plusieurs de ses confrères et fut quelque temps interdit. Franc-maçon.

     

    Louis Antoine comte de Bougainville (1729-1811) : Franc-maçon. Navigateur. A participé à la guerre d’indépendance des insurgents américains.

     

    Jean Nicolas Bouilly (1763-1842) : Franc-maçon. Ecrivain, librettiste et auteur dramatique. A écrit Explication des douze écussons qui représentent les emblèmes et les symboles des douze grades symboliques du rite écossais dit ancien et accepté, par l’ill.°. F.°. Bouilly, 1837.

     

    Louise Marie Adélaïde de Bourbon dite « Mademoiselle d’Ivry », puis « Mademoiselle de Penthièvre » duchesse de Chartres (1769-1785), puis duchesse d’Orléans (1785-1821), (1753-1821) : Fille de Louis Jean Marie de Bourbon, duc de Penthièvre et sœur du prince de Lamballe, elle épousa le cousin du Roi, Louis Philippe d’Orléans, alors duc de Chartres. Franc-maçonne. Elle fit partie de la Loge « La Candeur ». Louise de Bourbon et Louis Philippe d’Orléans eurent pour enfant Louis Philippe, qui devint Roi de Français en 1830.

     

    Pierre Joseph Briot (1771-1827) : Franc-maçon. Volontaire dès 1792. Il fut membre de la franc-maçonnerie de Besançon et aussi membre des Bons cousins Charbonniers du rite du Grand Alexandre de la Confiance. Il aurait été initié à la société républicaine des Philadelphes, composée de nombreux francs-comtois pro-républicains. Lors de son séjour à l’île d’Elbe, il fonde à Portoferrio la loge « Les Amis de l’Honneur français ». De 1804 à 1806, Briot se livre à certaines activités clandestines et a des contacts avec Philippe Buonarroti, alors exilé à Sospel, qui prépare discrètement l’élaboration d’une société secrète italienne à des fins révolutionnaires. Il y introduit la Charbonnerie franc-comtoise, sorte d’opposition à la franc-maçonnerie encouragée par Napoléon. En Calabre, il lance la loge « La Concorde » à Luciano. En 1810 il s’affilie au rite de Misraïm des frères Bédarride auquel il restera fidèle jusqu’à la fin de sa vie. Il y deviendra rapidement « Grand Maître ad vitam 90° degré » dès 1815 et fondera la loge mère « Arc-en-ciel ». Il fut également membre de la loge « La Constellation Napoléon » à Naples. De retour en France, il intègre la loge maçonnique misraïmique de Besançon « Les Sectateurs de la Vérité ».

     

    Nicolas Bricaire de la Dixmerie (1731-1791) : Franc-maçon. Membre de la loge des « Neuf Sœurs » où il est très actif. Admirateur de Voltaire, il en parraine l’initiation dans la loge. .

     

    Jacques Pierre Brissot de Warville (1754-1793) : Fils d’un petit artisan.  A remporté le prix de l’Académie de Châlons-sur-Saône pour ses recherches sur le droit de propriété. Avocat. Membre de la chancellerie du duc d’Orléans. Député de la Législative. Franc-maçon. Membre de la Loge « La Fidélité », Orient de Chartres (d’après ses Mémoires, mais cet atelier n’a jamais été reconnu par le Grand Orient).

     

    Duc Charles de Broglie (1733-1777) : Titulaire, sous Louis XV, de son service de renseignements « Le Secret du Roi ». Franc-maçon. Affilié  à la loge « Les Vrais Amis ».

     

    Guillaume Marie Anne Brune (1763-1815) : Maréchal d’Empire. Franc-maçon. Initié à une date inconnue. IL fut Grand Officier d’Honneur du Grand Orient, puis Grand Conservateur de la franc-maçonnerie française. Il est Vénérable d’Honneur de la loge « La Constante Amitié »’ à Sésame en 1811, de la « Saint-Napoléon » à Paris en 1813 et des « Frères Artistes » à Paris. Il était Commandeur de l’Ordre d’Orient.

     

    Charles Guillaume Ferdinand Duc de Brunswick-Lunebourg et prince de Wolfenbüttel (1735-1806) : Franc-maçon. Général et prince allemand. Commandant les troupes prussiennes lors de la bataille de Valmy. Il sera membre des Illuminés de Bavière, affilié en 1783, sous le pseudonyme d’Aaron.

     

    Philippe Michel Buonarroti (1761-1837) : Franc-maçon. Issu d’une grande famille de l’aristocratie toscane. Il obtient un doctorat en droit en 1782. Arrêté le 5 mars 1795, il est conduit à Paris, rejoint les robespierristes et hébertistes enfermés à la prison du Plessis et fait la connaissance de Babeuf. Libéré le 9 octobre 1795, et progressivement gagné aux thèses de Babeuf, il devient l’un des animateurs de la Société du Panthéon et appartient au directoire secret de la conspiration babouviste formé le 26 mars 1796. Il joue un rôle de premier plan au sein de la  Loge « Les Amis sincères » à Genève, atelier qui a été fondé à la fin du XVIII° siècle. Il s’affilie également à deux autres ateliers, « L’Union des Cœurs » et « Les Anciens Réunis », puis inaugure en 1820 un nouveau chapitre. En 1828, il publie la Conspiration pour l’Egalité, dite de Babeuf. De retour à Paris en 1830, il tente de donner une nouvelle vigueur à la Charbonnerie réformée et démocratique universelle.

     

    C

     

    Pierre Jean Georges Cabanis (1757-1808) : Médecin, physiologiste et philosophe. Franc-maçon. Membre de la loge des « Neuf Sœurs », admis en 1778. Admis dans la société de Madame Helvétius, à Auteuil, il y connut Turgot, d’Holbach, Condorcet et d’autres hommes marquants de l’époque.

     

    Charles Louis Cadet de Gassicourt (1769-1821) : Pharmacien, écrivain et goguettier. Partisan de la Révolution, puis thermidorien. Il publie deux ouvrages : Le tombeau de Jacques de Molay ou Histoire secrète des initiés anciens et modernes, templiers, francs-maçons, illuminés et recherches sur leur influence dans la Révolution française, Paris, 1797, et Les sociétés secrètes comme armées de la Révolution française, qui dénoncent le complot templier et le complot maçonnique.

     

    Giuseppe Balsamo, Comte Cagliostro (1743-1795) : Franc-maçon. Membre de la loge « La Sagesse triomphante ».  Affilié en 1777 à Londres à la loge écossaise de « L’Espérance ».  A fondé la loge « Isis ». Etranglé en prison. Il a épousé le 20 avril 1768, Lorenza Felliciani, qu’il renomme Serafina.

    Minute de son discours devant le Parlement français, lors du procès du collier :

    « Je ne suis d’aucune époque ni d’aucun lieu ; en dehors du temps et de l’espace, mon être spirituel vit son éternelle existence et, si je plonge dans ma pensée en remontant le cours des âges, si j’étends mon esprit vers un mode d’existence éloigné de celui que vous percevez, je deviens celui que je désire. Participant consciemment à l’Être absolu, je règle mon action selon le milieu qui m’entoure. Mon nom est celui de ma fonction et je le choisis, ainsi que ma fonction, parce que je suis libre ; mon pays est celui où je fixe momentanément mes pas. Datez-vous d’hier, si vous le voulez, en vous rehaussant d’années vécues par des ancêtres qui vous furent étrangers ; ou de demain, par l’orgueil illusoire d’une grandeur qui ne sera peut-être jamais la vôtre ; moi, je suis Celui qui Est. Je n’ai qu’un père : différentes circonstances de ma vie m’ont fait soupçonner à ce sujet de grandes et émouvantes vérités ; mais les mystères de cette origine, et les rapports qui m’unissent à ce père inconnu, sont et restent mes secrets ; que ceux qui seront appelés à les deviner, à les entrevoir comme je l’ai fait, me comprennent et m’approuvent. Quant au lieu, à l’heure où mon corps matériel, il y a quelque quarante ans, se forma sur cette terre ; quant à la famille que j’ai choisie pour cela, je veux l’ignorer ; je ne veux pas me souvenir du passé pour ne pas augmenter les responsabilités déjà lourdes de ceux qui m’ont connu, car il est écrit : « Tu ne feras pas tomber l’aveugle. » Je ne suis pas né de la chair, ni de la volonté de l’homme ; je suis né de l’esprit. Mon nom, celui qui est à moi et de moi, celui que j’ai choisi pour paraître au milieu de vous voilà celui que je réclame. Celui dont on m’appela à ma naissance, ce qu’on m’a donné dans ma jeunesse, ce sous lesquels, en d’autres temps et lieux, je fus connu, je les ai laissés, comme j’aurais laissé des vêtements démodés et désormais inutiles. Me voici : je suis Noble et Voyageur ; je parle, et votre âme frémit en reconnaissant d’anciennes paroles ; une voix, qui est en vous, et qui s’était tue depuis bien longtemps, répond à l’appel de la mienne ; j’agis, et la paix revient en vos cœurs, la santé dans vos corps, l’espoir et le courage dans vos âmes. Tous les hommes sont mes frères ; tous les pays me sont chers ; je les parcours pour que, partout, l’Esprit puisse descendre et trouver un chemin vers vous. Je ne demande aux rois, dont je respecte la puissance, que l’hospitalité sur leurs terres, et, lorsqu’elle m’est accordée, je passe, faisant autour de moi le plus de bien possible ; mais je ne fais que passer. Suis-je un Noble Voyageur ? Comme le vent du Sud, comme l’éclatante lumière du Midi qui caractérise la pleine connaissance des choses et la communion active avec Dieu, je viens vers le Nord, vers la brume et le froid, abandonnant partout à mon passage quelques parcelles de moi, me dépensant, me diminuant à chaque station, mais vous laissant un peu de clarté, un peu de chaleur, un peu de force, jusqu’à ce que je sois enfin arrêté et fixé définitivement au terme de ma carrière, à l’heure où la rose fleurira sur la croix. Je suis Cagliostro. Pourquoi vous faut-il quelque chose de plus ? Si vous étiez des enfants de Dieu, si votre âme n’était pas si vaine et si curieuse, vous auriez déjà compris ! Mais il vous faut des détails, des signes et des paraboles. Or, écoutez ! Remontons bien loin dans le passé, puisque vous le voulez. Toute lumière vient de l’Orient ; toute initiation, de l’Égypte ; j’ai eu trois ans comme vous, puis sept ans, puis l’âge d’homme, et, à partir de cet âge, je n’ai plus compté. Trois septénaires d’années font vingt et un ans et réalisent la plénitude du développement humain. Dans ma première enfance, sous la loi de rigueur et justice, j’ai souffert en exil, comme Israël parmi les nations étrangères. Mais, comme Israël avait avec lui la présence de Dieu, comme un Metatron le gardait en ses chemins, de même un ange puissant veillait sur moi, dirigeait mes actes, éclairait mon âme, développant les forces latentes en moi. Lui était mon maître et mon guide. Ma raison se formait et se précisait ; je m’interrogeais, je m’étudiais et je prenais conscience de tout ce qui m’entourait ; j’ai fait des voyages, plusieurs voyages, tant autour de la chambre de mes réflexions que dans les temples et dans les quatre parties du monde ; mais lorsque je voulais pénétrer l’origine de mon être et monter vers Dieu dans un élan de mon âme, alors, ma raison impuissante se taisait et me laissait livré à mes conjectures. Un amour qui m’attirait vers toute créature d’une façon impulsive, une ambition irrésistible, un sentiment profond de mes droits à toute chose de la Terre au Ciel, me poussaient et me jetaient vers la vie, et l’expérience progressive de mes forces, de leur sphère d’action, de leur jeu et de leurs limites, fut la lutte que j’eus à soutenir contre les puissances du monde ; je fus abandonné et tenté dans le désert ; j’ai lutté avec l’ange comme Jacob, avec les hommes et avec les démons, et ceux-ci, vaincus, m’ont appris les secrets, qui concernent l’empire des ténèbres pour que je ne puisse jamais m’égarer dans aucune des routes d’où l’on ne revient pas. Un jour après combien de voyages et d’années le Ciel exauça mes efforts : il se souvint de son serviteur et, revêtu d’habits nuptiaux, j’eus la grâce d’être admis, comme Moïse, devant l’Éternel. Dès lors je reçus, avec un nom nouveau, une mission unique. Libre et maître de la vie, je ne songeai plus qu’à l’employer pour l’œuvre de Dieu. Je savais qu’il confirmerait mes actes et mes paroles, comme je confirmerais son nom et son royaume sur la terre. Il y a des êtres qui n’ont plus d’anges gardiens ; je fus de ceux-là. Voilà mon enfance, ma jeunesse, telle que votre esprit inquiet et désireux de mots la réclame ; mais qu’elle ait duré plus ou moins d’années, qu’elle se soit écoulée au pays de vos pères ou dans d’autres contrées, qu’importe à vous ? Ne suis-je pas un homme libre ? jugez mes mœurs, c’est-à-dire mes actions ; dites si elles sont bonnes, dites si vous en avez vu de plus puissantes, et, dès lors, ne vous occupez pas de ma nationalité, de mon rang et de ma religion. Si, poursuivant le cours heureux de ses voyages, quelqu’un d’entre vous aborde un jour à ces terres d’Orient qui m’ont vu naître, qu’il se souvienne seulement de moi, qu’il prononce mon nom, et les serviteurs de mon père ouvriront devant lui les portes de la Ville Sainte. Alors, qu’il revienne dire à ses frères si j’ai abusé parmi vous d’un prestige mensonger, si j’ai pris dans vos demeures quelque chose qui ne m’appartenait pas ! »

     

    Bon Claude Cahier de Gerville (1751-1796) : Avocat. Ministre de l’Intérieur en 1791-1792. Franc-maçon. Membre de la loge et du chapitre L’Heureuse Réunion, orient de Paris.

     

    Jean Jacques Régis Cambacérès, duc de Parme (1753-1824) : Conseiller à la cour des comptes de Montpellier. Conventionnel et président de l’assemblée. Franc-maçon. Grand Maître Adjoint du Grand Orient de France de 1806 à 1815, comme suppléant du roi Joseph Bonaparte. Plus de 1200 loges furent constituées sous son mandat. Il fut reçut maçon avant la Révolution, à la Loge « Ancienne et de la réunion des Elus », à Montpellier, avec son ami le chimiste Chaptal. A la veille de la Révolution, il est Chevalier Rose-Croix. Il est vénérable de la loge « Saint Jean de la Grande Maîtrise » à Paris. Membre du Suprême Conseil du Rite Ecossais Ancien et Accepté. Il est artisan avec son ami Roëttiers de Montaleau du renouveau de la maçonnerie après 1799.

     

    Louis François Elie Camus de Pontcarré (1746-1810) : Franc-maçon. Membre du Parlement de Normandie, depuis 1764, puis Premier Président du même Parlement le 12 août 1782. Le 3 mai 1777, il est l’un des fondateurs et secrétaire de la loge des « Amis Réunis ». Il est l’un des premiers souscripteurs en 1780, de la Société Philanthropique. A Paris, il fréquente Savalette de Langes et Saint-Martin. Martiniste, il participe en 1785 aux travaux des Philalèthes et est délégué auprès de Savalette, de Joseph de Maistre, de Saulx de Tavannes et de Virieu. Membre honoraire de la « Céleste Amitié » de 1783 à 1787, il fréquente les tenues des « Bons Amis ». Bien qu’ayant maçonné avec de futurs révolutionnaires radicaux dans le temple des « Bons Amis », son action politique va être motivée par une détermination farouche contre les réformes politiques engagées par la Révolution. Emigré, il participe à la propagande contre-révolutionnaire à Rouen où il entretient un réseau d’agents royalistes menés par un ancien procureur, Pottier, qui fut maçon dans la même loge que lui.

     

    Amélie Julie Candeille (1767-1834) : Franc-maçonne. En 1781, encore très jeune, elle fut initiée dans la loge « La Candeur », où elle rencontra un certain nombre d’auteurs de théâtre, comme Olympe de Gouges, son amie, mais aussi des personnages influents susceptibles de favoriser sa carrière artistique dans l’univers complexe de la mondanité parisienne et des intrigues de l’ancien régime agonisant. Elle épousa les idéaux révolutionnaires issus des loges d’Adoption. Elle se lia d’amitié avec Brissot, Condorcet, l’abbé Grégoire et même Robespierre. On lui prêtait Vergniaud, Girondin, comme amant.

     

    François Joseph Philippe de Riquet de Caraman Vicomte de Caraman : (1771-1843) Franc-maçon. Agent de Louis XVI auprès du roi de Prusse, membre de la loge « L’Olympique de la Parfaite Estime ». Il émigra durant la révolution, revint en France pendant l’Empire.

     

    Joseph Carez (1752-1801) : Imprimeur. Député de la Meurthe à la Législative de 1791. En 1800, rallié à Napoléon Bonaparte, il est nommé sous-préfet de Toul. Franc-maçon. Figure en 1792 sur les tableaux de la loge L’Amitié Bienfaisante, orient de Bar-le-Duc.

     

    Giovanni Jacopo Casanova de Seingalt, dit Casanova (1725-1798) : Franc-maçon. Initié à Lyon en 1750, il passa ses deux autres grades à Paris dans une loge anglaise. Fin avril, il devient compagnon à Paris, dans la loge du Comte de Clermont. Début 1751, il est exalté maître. La maçonnerie n’est pas considérée alors comme une société « initiatique », mais d’abord comme une forme originale de sociabilisassion rassemblant des élites.

     

    César François Cassini (1716-1784) : Franc-maçon. Membre de la Loge « La Philosophie » en 1779 à Paris. Il fut l’initiateur de la Carte de France en 180 feuillets, publiée de 1744 à 1793, et terminée par son fils Jean Dominique Cassini

     

    Joseph Louis Robert de Lignerac, comte de Caylus (1764-1823) : Lieutenant général. Député aux Etats-généraux par la noblesse de Saint-Flour. Vote à droite. Pair de France en 1815. Franc-maçon. Appartenait en 1786 à la loge parisienne L’Olympique de la Parfaite Estime et à la Société Olympique.

     

    Jean François Chalgrin (1739-1811) : Franc-maçon. Membre de la Loge « Les Cœurs Simples de l’Etoile Polaire » à Paris, en 1777, après son admission à l’Académie d’architecture en 1770. Auteur du Collège de France et des dessins des plans de l’Arc de Triomphe.

     

    Armand Charles Augustin de la Croix, Duc de Castries (1756-1842) : A participé à la guerre d’indépendance des insurgents américains. Franc-maçon. Membre de la Loge « Les Bons Amis ».

     

    Jacques Antoine Marie de Cazalès (1757-1805) : Franc-maçon royaliste. Membre de la loge des Dragons Unis (tableau de 1787). Familier du salon Polignac, membre des Amis de la Constitution monarchique,  il fait preuve d’opinions extrêmes en faveur de l’Ancien régime. Député de la noblesse des pays de Gaure, Rivière-Verdun, etc. aux Etats-généraux. Il émigre définitivement en 1792, devenant un agent secret du futur Louis XVIII.

     

    Joseph Antoine Joachim Cerutti (1738-1792) : Ancien jésuite. Professeur. Député de la Législative. Franc-maçon. Membre de la Loge des « Neuf Sœurs ».

     

    Sébastien Roch Nicolas de Chamfort (1740-1794) : Moraliste. Se suicida pour éviter d’être guillotiné sous la Terreur. Franc-maçon. Initié à la franc-maçonnerie en 1778, loge les « Neuf Sœurs ».

     

    Anne Clément Félix Champion de Villeneuve (1759-1844) : Fils d’un valet de chambre du roi. Avocat au Parlement. Ministre de l’Intérieur du 21 juillet 1792 au lendemain du 10 août. Franc-maçon. Reçu à L’Aménité, à l’orient de Paris le 5 janvier 1784. Membre de la loge « Modération », dont il, fut un des fondateurs. Puis membre des loges La Concorde, Anacréon, Sainte Thérèse des Amis de la Constance, dont il fut député en 1822 et 1823.

     

    Jean Antoine Chaptal comte de Chanteloup (1756-1832) : Chimiste. Il créa en France les premières fabriques de produits chimiques et fonda la première Ecole des Arts et Métiers. Franc-maçon. Initié avant 1789 à la loge « La Parfaite Union » à Montpellier.

     

    Charles X (1757-1836) : Roi de France de 1824 à 1830. Il aurait fréquenté les loges maçonniques avant de monter sur le trône.

     

    Charles, duc de Berry (1778-1820) : Second fils de Charles X. Franc-maçon. Membre de la Loge « La Trinité ». De 1792 à 1797, il servit dans l’armée de Condé, puis passa en Grande-Bretagne.

     

    François Athanase de Charrette de la Contrie, appelé Monsieur de Charrette (1763-1796) : Vendéen. Franc-maçon. Affilié à une loge de Nantes. Fusillé en 1796.

     

    Duchesse de Chartres : Franc-maçonne. Membre de la Loge « La Candeur ».

     

    Armand Marc Jacques marquis de Chastenet de Puységur (1751-1825) : Franc-maçon. Membre de la Loge « La Candeur » et de la Société Olympique (1778 et 1786). Officier d’artillerie. Un des plus célèbres disciples de Mesmer. Il laissa le souvenir d’un magnétiseur remarquable.

     

    Alexandre Paul Guérin de Châteauneuf Randon, marquis de Tournel (1757-1816) : Sous-lieutenant de dragons. Député suppléant de la noblesse du Gévaudan, siège dès août 1789 à la place de son oncle émigré. Vote à gauche et siège dans les rangs de la Montagne. Conventionnel régicide. Il fut surnommé le « marquis rouge » et se fit remarquer pour son zèle antireligieux. Membre du Comité de Sûreté générale, représentant en mission. Général sous le Directoire. Préfet sous le Consulat. Franc-maçon. Vénérable de la loge L’Heureuse Rencontre, orient de Limoges en 1783.

     

    Pierre Gaspard Chaumette, dit « Anaxagoras » : (1763-1794) : Fils d’un cordonnier nivernais. Procureur de la Commune de Paris. Ami de Hébert, guillotiné avec lui en mars 1794. Son procès a été inéquitable et truqué. Il fut jugé pour « conspiration contre la république » et pour avoir « cherché à anéantir toute espèce morale, effacer toute idée de divinité et fonder le gouvernement français sur l’athéisme ». Franc-maçon à Nevers. Un des orateurs les plus écoutés des Cordeliers, il sera très actif dans la préparation des journées des 20juin et 10 août 1792. Ardent déchristianisateur. Ses discours étaient nettement « hermétistes ».

     

    Jean Baptiste Chaussard (1729-1818) : Architecte du roi. Père du révolutionnaire Pierre Jean Baptiste Chaussard. Franc-maçon. Affilié, dès 1773, à la puissante loge de l’ « Etoile polaire », où se réunissent entre autres Dumont et Nicolas Le Camus de Mézières. En 1776, on les retrouve parmi « Les Cœurs simples de l’Etoile polaire », entourés de Jean François Chalgrin, Augustin Pajou, Charles De Wailly, Pierre Louis Moreau-Desproux et Henry de Mars. Il semble avoir approuvé les idées révolutionnaires de son fils, ce qui lui évitera la guillotine.

     

    Maria Luigi Carlo Zenobio Salvatore Cherubini, connu sous le nom de Luigi Cherubini (1760-1842) : Musicien italien, naturalisé français. Franc-maçon, vers 1784, de la Loge « Saint-Jean de Palestine », à Paris. En 1786, il compose une cantate pour la Loge « l’Olympique de la Parfaite Estime ».

     

    Joseph Bologne Chevalier Saint-Georges (1745-1799) : Fils d’un ancien conseiller au Parlement de Metz, devenu planteur en Guadeloupe, George de Bologne Saint-George, et d’une esclave, Nanon. Excellent escrimeur il est, en tant que musicien, le « Mozart noir » ou le « Voltaire de la Musique ». Pour défendre la Révolution, il crée un régiment de hussards composé uniquement de noirs et de métis : la « Légion de Saint-Georges ». Franc-maçon. Membre de la Loge des « Neuf Sœurs » du Grand Orient de France, il fut sans doute l’un des rares anciens esclaves à être reçu maçon.

     

    Mélanie de Choiseul : Franc-maçonne.

     

    Maximilien Claude Joseph de Choiseul-Meuse, comte de Choiseul (1736-1815) : Franc-maçon. Vénérable maître des Enfants de la Gloire en octobre 1760.

     

    Antoine César, comte, puis duc de Choiseul-Praslin (1756-1808) : Militaire. Appelé à siéger à l’Assemblée nationale le 20 août 1789, en remplacement de Moutenon, démissionnaire. Maréchal de camp le 28 novembre 1791. Il quitte l’armée le 26 août 1792. Il n’émigre pas. Emprisonné en 1793. Sénateur en 1799. Franc-maçon. Membre de la Royale Loge La Candeur, orient de Paris. Initié le 16 avril 1777. Administrateur du Grand Orient en 1805.

     

    Claude Antoine Gabriel, duc de Choiseul-Stainville (1760-1838) : Neveu du ministre Etienne François Choiseul, et fut élevé par lui. Officier de cavalerie. Sous le commandement de Bouillé, il tenta de protéger la fuite de Varennes. Il émigre et rentre en 1800. Pair de France sous la Restauration, il fut un des rares qui refusa de voter la mort du maréchal Ney. Franc-maçon. Membre en 1786 de la loge militaire Saint-Louis à Nancy, fondateur en 1806 de Sainte-Caroline à Paris, des Amis fidèles réunis à Besançon. Grand Officier du Grand Orient en 1808. Il fut membre du comité philhellène de Paris et Grand Commandeur du Suprême Conseil de France.

     

    Louis V Joseph de Bourbon-Condé, Prince de Condé-Bourbon (1736-1818) : Franc-maçon. Membre de la Loge de « Saint Jean de Montmorency ». A la Révolution française, bien que passant pour libéral, il s’oppose au doublement du Tiers-Etat. Il est un des premiers à quitter la France, et émigre juste après la prise de la Bastille aux Pays-Bas puis à Turin.

     

    Henri de la Chaussée : Secrétaire interprète de la reine. Franc-maçon. Membre de la Loge « L’Olympique de la Parfaite Estime ».

     

    Pierre Ambroise François Choderlos de Laclos (1741-1803) : Secrétaire de Philippe d’Orléans. Officier et écrivain. A participé à la rédaction des cahiers de doléances : Instructions pour les personnes chargées d’une procuration aux Etats généraux. Franc-maçon. Membre et vénérable de la loge militaire « L’Union » à Toul. Initié vers 1763. A fondé le Journal des Amis de la Constitution, magazine du club des Jacobins.  Mort à l’étranger en 1803.

     

    Jean Baptiste Cléry (1759-1809) : Valet de chambre du Roi. Franc-maçon. Membre de la  Loge « La Concorde ».

     

    Marie Jean Antoine Nicolas de Caritat, marquis de Condorcet (1743-1794) : Economiste. Philosophe. Mathématicien. Membre de la Convention. Membre de l’Académie française. Franc-maçon. Il appartenait à la loge parisienne « les Neuf Sœurs ». S’empoisonna pour échapper à la guillotine.

     

    Stanislas Marie Adelaïde, comte de Clermont-Tonnerre (1757-1792) : Capitaine aux Dragons de la reine en 1777. Député de la noblesse aux Etats-généraux. Il conduit avec le duc d’Orléans les 47 députés nobles qui rejoignent l’Assemblée nationale le 25 juin, après le serment du Jeu de paume. Il fut un des chefs de la minorité libérale, puis « monarchien ». Il est un des fondateurs du Club des Impartiaux. Il meurt défenestré à Paris, le 10 août 1792. Franc-maçon. Affilié en 1782 à la loge La Candeur et à Saint-Jean d’Ecosse du contrat Social.

     

    Claude » Michel Hanet, dit Cléry (1734-1814) : Valet de chambre de Louis XVI. Franc-maçon. Il appartint de 1785 à 1789 à la loge La Concorde, orient de la cour et au chapitre, souché sur cet atelier.

     

    Charles Nicolas Cochin (1715-1790) : Graveur et dessinateur. Membre de l’Académie royale de peinture et de sculpture en 1752. A participé à l’Encyclopédie, dont il a réalisé le frontispice. Franc-maçon.

     

    Charles Yves César Cyr du Coëtlosquet (1783-1837) : Général. Franc-maçon. Vénérable de la loge La Parfaite Alliance, orient du régiment de Bretagne (1786).

     

    Jacques Bernardin Colaud de la Salcette (1733-1796) : Chanoine d’Embrun et de la cathédrale de Die. Député du clergé aux Etats-généraux. Vote à gauche. Il prête le serment constitutionnel. Elu à la Convention, puis aux Cinq-Cents. Franc-maçon. Membre de la loge L’Egalité, orient de Grenoble (1777).

     

    Gilbert Claude Théophile Colbert, marquis de Chabanais (1734-1789) : Il appartient à la famille du ministre. Maréchal de camp en 1780. Franc-maçon. Membre de la loge Saint-Jean d’Ecosse du Contrat Social, orient de Paris et au chapitre Loge Ecossaise en 1781.

     

    Louis Jean Baptiste Antoine de Colbert, marquis de Seignelay (1732-1823) : Arrière petit-fils  du grand Colbert. Officier, maréchal de camp. Emigra. Franc-maçon. Maître en 1760, d’une loge Saint-André. Rallié en 1773 au Grand Orient, il fut membre des loges parisiennes Saint-Jean de Montmorency-Luxembourg et Saint-Jean, orient de « Mousseaux » (la loge du Grand-Maître).

     

    Pierre Collombel ou Colombel (1756-1841) : Commerçant. Député de la Meurthe à la Convention et aux Conseils des Cinq-Cents et des Anciens. En mission à Toulouse en l’an III, il autorise la réouverture des loges.

     

    Marie Jean Antoine Nicolas de Caritat, marquis de Condorcet (1743-1794) : Philosophe, mathématicien, homme politique, représentant des Lumières. Girondin. Elu à l’Académie des sciences en 1769. Il prend une part active à la cause des femmes, en se prononçant pour le droit de vote des femmes. En 1790, il publie De l’admission des femmes au droit de cité. Franc-maçon.

     

    Benjamin Constant de Rebecque (1767-1830) : Romancier, intellectuel. Député de 1818 à 1830. Franc-maçon. Initié à 16 ans à la loge Saint-Luc d’Edimbourg le 28 novembre 1783.

     

    Gabriel Hyacinthe chevalier de Couppé de Kervenno (1787-1832) : Avocat au parlement de Rennes. Député du Tiers de Lannion. Membre de la Convention, où il siège sur les bancs de la Girondes. Thermidorien. Franc-maçon. Membre de la loge La Vertu Triomphante, orient de Saint-Brieuc (1803) et de la loge La Paix, orient de Lannion (1807-1808).

     

    Antoine Court dit Antoine Court de Gébelin (1719-1784) : Né d’un « prédicant du Désert », réfugié après avoir restauré le protestantisme en France, Court de Gébelin est consacré ministre du Saint Evangile en 1754. Son père mort, il vient à Paris. Il devient franc-maçon, à la Loge « Saint-Jean d’Ecosse du Contrat Social », et surtout « Les Neuf Sœurs ». Membre des « Amis réunis », à partir de 1778, dont la 12° classe abrite les Philalèthes, Court de Gébelin, réformé nommé censeur royal, fraternise avec les philosophistes Lalande et Bailly, ou avec les illuminés comme Savalette de Langes. Il fut Elu Coen, vers 1781, lié à Willermoz, Tavannes, Pierre de Joux Saint-Martin.

     

    Georges Couthon (1755-1794) : Avocat à Clermont-Ferrand. Franc-maçon. Il fut initié le 17 décembre 1786 à la loge Saint-Maurice, orient de Clermont, et reçut les deux grades d’apprenti et de compagnon le même jour. Le 3 juin 1787, il reçut celui de Maître. Il fut orateur de la loge « Saint Maurice »à Clermont-Ferrand le 9 juin 1787, puis le premier surveillant de cette Loge le 24 juillet 1790. Egalement connu sous le nom d’Aristide Couthon, il fut membre de la Convention et du Comité de salut public, formant un triumvirat avec Robespierre et Saint-Just.

     

    D

     

    Nicolas Dalayrac (1753-1809) : Franc-maçon. Musicien. Membre de la loge des « Neuf Sœurs ».

     

    Louis Michel Auguste Thévenet, dit Danican (1764-1848) : Marin puis officier et général. Se bat en Vendée. En septembre 1795, il dénonce à la Convention les généraux républicains qui ont servi avec lui en Vendée pour les atrocités commises. Lors de l’insurrection royaliste du 13 vendémiaire an IV (5 octobre 1795), il accepte de se mettre à la tête des sections royaliste. Il participa à de nombreux complots contre la république. Franc-maçon. Membre de la loge Saint-Pierre de la Persévérance, orient de Paris.

     

    Georges Jacques Danton (1759-1794) : Elève au collège de Troyes, dirigé par des oratoriens. Franc-maçon. Membre de la loge des « Neuf Sœurs ». Ministre de la Justice. Membre du Comité de salut public. Bourgeois et propriétaire. Danton était un opportuniste avide d’argent et corrompu. L’historien Georges Lefèvre, après avoir étudié les comptes de Danton, conclut à la probabilité de la vénalité du tribun. Un autre historien, Gabriel Pioro, a découvert de nouveaux documents ne laissant aucun doute sur certaines « indélicatesses » de Danton (notamment quand celui-ci acheta son office d’avocat au Conseil du roi).

     

    Jacques Louis David (1748-1825) : Le thème du serment que l’on retrouve dans plusieurs œuvres comme Le Serment du jeu de paume, La Distribution des aigles, Léonidas aux Thermopyles, fut peut-être inspiré à David par les rituels de la franc-maçonnerie. À la suite de l'historien d'art Jacques Brengues, Luc de Nanteuil et Philippe Bordes (avec des réserves, reprochant à Brengues l’absence de preuves), ont avancé que le peintre avait été franc-maçon. En 1989 lors du colloque David contre David Albert Boime a pu attester sur la base d'un document daté de 1787 de l’appartenance du peintre à la loge maçonnique de la « Modération » comme membre affilié.

     

    Gabriel Decussy (1759-1793) : Conventionnel. Franc-maçon. C’est en 1780 que le nom de Gabriel Decussy apparaît sur les tableaux de la Loge « La Constante Amitié et les Cœurs Sans Fard », de Caen. Il s’oppose à l’initiation de bourgeois et approuve l’attitude de fermeture de la noblesse maçonnique.

     

    Joseph Jacques Defermon dit Defermon des Chapelières (1752-1831) : Avocat. Franc-maçon à l’Orient de Rennes. Loge « La Parfaite Union ».

     

    Etienne Louis Hector de Joly ou Dejoly (il change son nom pendant la Révolution française) (1756-1837) : En 1778, avocat général au présidial de Montpellier. Avocat au parlement de paris en 1780. Il plaida pour Cagliostro dans l’affaire du collier de la Reine. Il est partisan des idées nouvelles. Secrétaire de la Commune après 1789 jusque fin juin 1792. Ministre de la Justice début juillet. Girondin. Franc-maçon. Reçu à L’Aménité, de l’orient de Paris, le 27 juillet 1783, vénérable en 1787. Il préside la chambre d’administration du Suprême Conseil de France. C’est l’orateur habituel des fêtes de l’Ordre. Il fonda et dirigea La Modération en 1787 et 1788. Avant 1789, il fut député de trois loges de sa ville natale, Montpellier : La Triple Alliance, L’Ancienne et la réunion des Elus, Les Amis réunis dans la bonne foi, ainsi que de La Bienfaisance de Nîmes, de la Triple Amitié de Lunel, des deux chapitres de Moutiers-en-Tarentaise, et des Cœurs Réunis de Toulouse.

     

    Abbé Jacques Delille (1738-1813) : Poète. Considéré comme le plus grand poète de son temps. Il possédait l’abbaye de Saint-Séverin. Il ne suivit pas la carrière ecclésiastique et obtint une dispense pour se marier. Il compose, à la demande de Pierre-Gaspard Chaumette, un Dithyrambe sur l’Etre suprême et l’immortalité de l’âme. Franc-maçon. Membre de la Loge « Les Neuf Sœurs » à Paris. Elu (1782-1783) à l’Académie française en 1772.

     

    Elie Duc Decazes (1780-1860) : Franc-maçon. Grand Commandeur du Suprême Conseil de France pour le Rite Ecossais Ancien et Accepté.

     

    Nicolas Charles Des Etangs (1766-1847) : Clerc de notaire. Un des « héros de la Bastille ». Volontaire en 1792. Franc-maçon. Initié à l’Heureuse Rencontre, orient de Brest. Maître en 1797, puis affilié à diverses loges parisiennes, dont Les Trinosophes, dont il fut 19 fois vénérable.

     

    Pierre François Guyot Desfontaines (1685-1745) : Abbé. Journaliste, critique, traducteur et vulgarisateur historique.  Connu surtout pour ses querelles avec Voltaire. Franc-maçon.

     

    Lucie Simplice Camille Benoît Desmoulins (1760-1794) : Elève très brillant du lycée Louis le Grand. Avocat. Brillant journaliste. Pamphlétaire. Franc-maçon. Son nom apparaît, après 1776, sur le tableau de la loge des « Maîtres » à Amiens, en compagnie de celui de Calonne, avec le grade de maître. Membre de la loge des « Neuf Sœurs ». Fondateur du club des Cordeliers.

     

    Denis Diderot (1713-1784) : Philosophe. Fondateur de l’Encyclopédie. Son appartenance à la loge parisienne « les Neuf Sœurs » reste contestée par certains historiens, son nom n’ayant été retrouvé sur aucun tableau de la loge, bien qu’il soit établi qu’il avait fait sa demande d’initiation.

     

    Philippe Frédéric de Dietrich (1748-1793) : Baron, savant et homme politique alsacien. Maire de Strasbourg (1790-1792). Franc-maçon, fréquentant une loge maçonnique à Strasbourg.

     

    Joseph Marie comte Dessaix (1764-1834) : Docteur en médecine, puis général. Capitaine de la légion des Allobroges en 1792. En germinal an VI, député du département du Mont-Blanc au Conseil des Cinq-cents. Général d’Empire. Membre du Conseil des Cinq-cents. Franc-maçon. Il appartenait à la loge « les Enfants de Mars » au 27° régiment d’infanterie légère.

     

    Antoine Louis Destutt, marquis de Tracy (1754-1836) : Officier et homme de lettres. Un des chefs du mouvement « idéologue » sous le Consulat et l’Empire. Franc-maçon. Il était membre de la loge La Candeur en 1776-1777 et Bellone, orient de Penthièvre Infanterie en 1788.

     

    Denis Diderot (1713-1784) : Philosophe. Fondateur de l’Encyclopédie. Son appartenance à la loge parisienne « les Neuf Sœurs » reste contestée par certains historiens, son nom n’ayant été retrouvé sur aucun tableau de la loge, bien qu’il soit établi qu’il avait fait sa demande d’initiation.

     

    Henri Evrard Marquis de Dreux-Brézé (1762-1829) : Maître des cérémonies à la Cour. Franc-maçon. Membre de la Loge « Frères d’Arme ». C’est à lui que Mirabeau adresse sa réplique qui comprend deux versions :

    ·   « Allez dire à votre maître que nous sommes ici par la volonté du peuple, et que nous n’en sortirons que par la force des baïonnettes ».

    ·   Version rapportée par Mirabeau lui-même dans une lettre à ses commettants : « Oui, Monsieur, nous avons entendu les intentions qu’on a suggérées au Roi ; et vous qui ne sauriez être son organe auprès des Etats généraux, vous qui n’avez ici ni place ni voix, ni droit de parler, vous n’êtes pas fait pour nous rappeler son discours. Cependant, pour éviter toute équivoque et tout délai, je vous déclare que si l’on vous a chargé de nous faire sortir d’ici, vous devez demander des ordres pour employer la force ; car nous ne quitterons nos places que par la puissance des baïonnettes. »

     

    Charles Pinot Duclos (1704-1772) : Fils d’un riche chapelier de Dinan. Ecrivain et historien. Reçu à l’Académie française en 1747. Publie en 1751 les Considérations sur les Mœurs de ce siècle. Franc-maçon.

     

    Charles Marguerite Jean Baptiste Mercier Dupaty (1746-1788) : Magistrat. Avocat général, puis président à mortier au parlement de Bordeaux. Franc-maçon. Il sera membre de la loge maçonnique des Neuf Sœurs, dont il fut vénérable en 1784.

     

    Jean Baptiste Dubois, dit Dossonville (1753-1833) : Franc-maçon. Policier et agent provocateur. Membre de la police politique du Comité de sûreté générale de l’an II. Il fut plusieurs fois emprisonné, mais de puissantes protections lui permirent d’échapper à la guillotine.

    Dosonville est à l’origine, dès germinal an II, du montage et de la révélation du soi-disant complot de l’étranger, le grand procès truqué du 29 prairial au cours duquel on condamna cinquante quatre personnes – à la tête desquelles Henri Admirat et Cécile Renault – qui pour certaines ne s’étaient jamais vues et qui allèrent à la mort revêtues de la même chemise rouge des assassins et empoisonneurs (« la procession des cardinaux » s’amusait Barère qui était probablement, avec son vieil ami Vadier, l’inspirateur de cette tragique mascarade).

     

    Adrien Jean François Duport (1759-1798) : Franc-maçon. Membre de la Loge « Le Contrat Social » et de la Loge « Les Sept Amis », Orient de Chambéry. S’enfuit en 1792revient en France, et repart pour mourir à l’étranger en 1798. Initié à la loge des « Amis réunis » de Paris.

     

    Bernard Jean Marie Duport (1762-1832) : Député du Mont-Blanc à la Législative, à la Convention, puis aux Cinq-Cents (an IV - an V). Franc-maçon. Membre de la loge Les Sept Amis, orient de Chambéry.

     

    Pierre Samuel Dupont de Nemours (1739-1817) : A participé à la guerre d’indépendance des insurgents américains. Franc-maçon. Economiste. Serait membre de la Loge « Les Amis Réunis ».

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