• LA DICTATURE DU PROLETARIAT (Partie 2)

    La philosophie prend parti, le parti du prolétariat : c’est là aujourd’hui le point de vue le plus scientifique, le seul scientifique. C’est pourquoi elle combat la fausse « objectivité » bourgeoise, qui se veut au-dessus des classes, au-dessus de la réalité historique. Cette « objectivité », en dehors de la réalité, n’existe pas, elle n’est qu’un épouvantail pour faire peur et empêcher toute critique.

     

     

    LA DICTATURE DU PROLETARIAT (Partie 2)

     

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    Chaque philosophe est le représentant d’une classe et d’une couche sociale : il vit, travaille, étudie dans des conditions données, auxquelles renvoie son système de pensée. Ce qu’il élabore, c’est un discours sur sa réalité : il défend ses propres intérêts et ceux de sa classe. C’est d’abord un homme politique, même s’il s’enferme dans sa tour d’ivoire. C’est pourquoi, lorsque l’on commence l’étude de la philosophie, il faut bien distinguer d’une part, ce que le philosophe a vraiment dit, et qui renvoie à son époque, et d’autre part, ce que la tradition fait dire au philosophe, les différentes manières dont on a récupéré et retraduit, aux différentes époques de l’histoire, ce qu’a dit le philosophe.

    Il y a le Platon, noble athénien du IV° siècle avant notre ère, qui édifie un système philosophique et politique complet répondant aux questions que lui-même, en tant que représentant d’une couche sociale aristocratique, se pose. Il y a également le Platon christianisé, récupéré et relu par différents pères de l’Eglise, et d’autres philosophes. Il y a donc des dizaines de Platon dans l’histoire de la philosophie, que l’on ne peut dissocier dans l’étude, mais qu’il faut néanmoins distinguer.

     

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    La philosophie est donc une étude critique d’un ensemble culturel d’idées, afin de le resituer à une époque donnée, à une classe donnée. Aujourd’hui, au début du XXI° siècle, il, faut mettre la philosophie au service du prolétariat, c’est-à-dire que Platon – ou la critique de Platon -- que toute la philosophie -- ou la critique de toute la philosophie – est une étude servant le prolétariat.

     

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    Si le matérialisme historique est le père de la philosophie, la science en est la mère. Il y a un progrès de l’ensemble de l’humanité vers plus de lumière. La philosophie matérialiste et la science s’entraident mutuellement dans la lutte contre l’idéalisme et la métaphysique, contre l’ignorance et l’erreur.

    La philosophie doit répandre l’esprit scientifique et une conception scientifique du monde, en aidant à dégager le noyau rationnel et scientifique.

    Dans la philosophie se reflètent nécessairement les trois mouvements révolutionnaires : lutte de classes, lutte contre la nature et expérimentation scientifique.

     

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    Aujourd’hui, la seule philosophie possible, la seule ayant de l’avenir, est et sera de plus en plus, prolétarienne et socialiste. Elle est l’affaire des masses. Si elle est à la fois connaissance et action, connaissance pour mieux agir, rectifier ses erreurs, faire moins d’erreurs, action pour appliquer les nouvelles connaissances, cette action est le point de départ de la formation d’une morale socialiste.

     

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    La philosophie prend parti, le parti du prolétariat : c’est là aujourd’hui le point de vue le plus scientifique, le seul scientifique. C’est pourquoi elle combat la fausse « objectivité » bourgeoise, qui se veut au-dessus des classes, au-dessus de la réalité historique. Cette « objectivité », en dehors de la réalité, n’existe pas, elle n’est qu’un épouvantail pour faire peur et empêcher toute critique.

     

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    Il y a un aspect ultra réactionnaire du christianisme, c’est la défense de l’ordre établi – « Rendez à César ce qui appartient à César » -- et l’appel à l’égalité dans un « autre » monde que le monde réel – « Mon royaume n’est pas de ce monde » --. Les Juifs de la Palestine attendaient un dirigeant capable de les libérer de l’oppression romaine : ils voulaient entreprendre une guerre de libération. Les esclaves de l’empire romain désiraient la liberté, être considérés comme des hommes tout simplement et non plus traités comme du bétail. Ils voulaient une libération dans ce monde-ci et non pas une promesse de libération dans l’au-delà, après la mort, car ils souffraient dans ce monde-ci.

    Il y a également un aspect révolutionnaire du christianisme, c’est la volonté de faire régner sur la terre un ordre plus juste et plus égalitaire que l’ordre établi – « Que votre règne arrive sur la terre comme au ciel ». Le christianisme, en ce sens, a porté un coup de boutoir contre le système esclavagiste, et les dominateurs romains l’ont bien compris, en persécutant justement les premiers chrétiens.

    Les classes possédantes réactionnaires se sont appuyées sur son premier aspect pour renforcer leur domination sur les masses. Quant au peuple, il a sans cesse mis en valeur le second aspect, celui d’une société terrestre plus juste et plus égalitaire : par ce côté, le christianisme est l’ancêtre du socialisme.

     

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    Une phrase telle que : « Aimez-vous les uns les autres » présente deux caractères. C’est une phrase éminemment réactionnaire : il est impossible de se respecter tant soi peu dans une société de classes entre les membres de classes sociales différentes. L’amour et la haine sont fondamentalement des sentiments de classe. C’est également une phrase révolutionnaire : elle accélère la fin de l’esclavagisme et donne une arme aux esclaves en les élevant au niveau des hommes libres. De plus c’est une phrase qui a de l’avenir : il est possible d’imaginer qu’à l’issue de notre ère historique auront disparu les classes sociales et que les hommes, libérés de ce fardeau qu’est la lutte des classes, pourront s’estimer mutuellement dans une société sans classes sociales. Mais aujourd’hui, comme hier, dans la bouche d’un propriétaire foncier féodal, dans la bouche d’un capitaliste, cette phrase signifie : « Serfs, prolétaires, aimez votre esclavage, aimez vos exploiteurs, tout comme eux vous « aiment » ».

     

     

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