• LA DICTATURE DU PROLETARIAT (Partie 1)

    Toute philosophie se rattache à un sol : elle a un fondement dans l’histoire du monde. C’est pourquoi l’étude d’un philosophe a pour première condition l’étude de l’époque dans laquelle il se situe. Les philosophes, au cours de l’histoire, n’ont fait que répondre, dans leurs systèmes, aux questions de leur temps : il est indispensable de les resituer dans leur époque. Vouloir les actualiser et les ramener à des choses connues et contemporaines, c’est trahir leur pensée réelle. Ce qui est premier dans l’étude de la philosophie, c’est l’étude du matérialisme historique : c’est le père de la philosophie.

     

    LA DICTATURE DU PROLETARIAT (Partie 1)

     

    INTRODUCTION

     

    QU’EST- CE QUE LA PHILOSOPHIE ?

     

    Questions de Méthode

     

                           1

    La seule philosophie possible à notre époque repose sur le matérialisme dialectique et le matérialisme historique. C’est une philosophie qui propage l’athéisme et lutte contre l’idéalisme et le dualisme (âme-corps). Elle a pour tâche de démystifier l’ensemble de la vieille philosophie. C’est une philosophie qui prend parti : elle est du côté des ouvriers qui sont aujourd’hui, dans la société, les seuls producteurs de richesses.

     

                           2

    L’histoire de la philosophie est une perpétuelle lutte du matérialisme contre l’idéalisme. Il faut remettre les ouvrages consacrés, tels les œuvres de Platon, la Bible, etc. à leur juste place.

     

                           3

    La conscience et le corps sont un. Leur distinction et leur opposition sont des vues de l’esprit, des faits culturels. Seule existe l’unité des deux. Un esprit malade, c’est aussi un corps malade, et inversement. Il faut prendre soin à la fois de l’esprit et du corps. L’un ne peut vivre sans l’autre, et l’un périra avec l’autre. Pour être en bonne santé, il faut la gymnastique de l’esprit et du corps.

     

                           4

    Seuls existent la nature, l’histoire, la société et l’individu. Le reste : dieu et la religion, l’âme et l’au-delà, sont des inventions humaines, des fantasmes. Il faut chasser ces bêtes malfaisantes, les détruire et les exclure même du vocabulaire. C’est une lutte de la lumière contre l’obscurité, du matérialisme contre l’idéalisme.

     

                           5

    Certains s’imaginent qu’à la base de la philosophie se trouve un ensemble de questions, de problèmes, que chaque homme, peu importe l’époque à laquelle il vit, se pose nécessairement. Il y aurait éternellement les mêmes problèmes et chaque philosophe apporte à ces problèmes ses propres réponses. C’est une conception idéaliste de la philosophie, qui conçoit l’esprit avant la matière.

    Les personnes qui conçoivent ainsi la philosophie, étudient l’histoire de la philosophie ou un auteur philosophique particulier, comme détachés de toute réalité économique et sociale. Ils étudient tel système d’idées en soi et pour soi-même, et s’enferment dedans : ils en font un monde en dehors du monde réel où nous vivons.

     

                           6

    En Occident, le principal responsable de tous les maux et maladies, la perversion même de la conscience, c’est la philosophie idéaliste et sa manifestation principale, le christianisme. La matérialisation de cette idéologie des classes possédantes a été l’Eglise en tant qu’institution. La meilleure arme contre cette idéologie, c’est le développement des sciences et de la technique, et l’esprit scientifique. La mise à mort de cette immondice a déjà commencé : il faut l’achever et répertorier tout le mal qu’il a pu causer. Porter cette œuvre de destruction à un niveau supérieur c’est, concrètement, détruire le capitalisme et construire le socialisme.

     

                           7

    Toute philosophie se rattache à un sol : elle a un fondement dans l’histoire du monde. C’est pourquoi l’étude d’un philosophe a pour première condition l’étude de l’époque dans laquelle il se situe. Les philosophes, au cours de l’histoire, n’ont fait que répondre, dans leurs systèmes, aux questions de leur temps : il est indispensable de les resituer dans leur époque. Vouloir les actualiser et les ramener à des choses connues et contemporaines, c’est trahir leur pensée réelle. Ce qui est premier dans l’étude de la philosophie, c’est l’étude du matérialisme historique : c’est le père de la philosophie.

     

     

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