• La dictature du prolétariat (16)

    « Nous estimons que la social-démocratie est tenue d’appuyer tout mouvement révolutionnaire dirigé contre le régime politique existant, et nous considérons que son but est la conquête du pouvoir politique par la classe ouvrière, l’expropriation des expropriateurs et l’édification d’une société socialiste. »

     

    1)                 LENINE, FONDATEUR DU PARTI DE TYPE NOUVEAU. LE PREMIER PARTI MARXISTE-LENINISTE DE L’HISTOIRE, LE PARTI BOLCHEVIQUE

     

    L’expérience de la révolution prolétarienne d’Octobre 1917 en Russie a été décisive pour faire avancer la théorie du « parti du prolétariat, du parti de type nouveau ». Lénine a formulé les principes de cette théorie applicable à la création comme à l’édification du parti avant et pendant la révolution prolétarienne :

    « Certes, presque tout le monde voit aujourd’hui que les bolcheviques ne se seraient pas maintenus au pouvoir, je ne dis pas deux années et demi, mais même deux mois et demi, sans la discipline la plus rigoureuse, une véritable discipline de fer dans notre parti, sans l’appui total et indéfectible accordé à ce dernier par la masse de la classe ouvrière, c’est-à-dire par tout ce qu’elle possède de réfléchi, d’honnête, de dévoué jusqu’à l’abnégation, de lié aux masses, d’apte à conduire derrière soi ou à entraîner les couches arriérées. » (170)

    Pour ce qui concerne l’édification et le rôle du parti après la victoire de la révolution, dans la phase de construction du socialisme, la riche expérience pratique et théorique de Lénine a été d’une durée relativement courte, mais elle a été recueillie et développée par Staline. Par la suite, après avoir tiré les enseignements positifs et négatifs de l’histoire du Parti communiste d’Union Soviétique tant à l’époque où il fut dirigé par Staline qu’à celle où il dégénéra du fait du révisionnisme moderne, Mao Tsétoung, en déclenchant la première Grande Révolution culturelle prolétarienne en Chine, a encore enrichi la théorie du parti de type nouveau en l’envisageant essentiellement dans la phase postérieure à la victoire de la révolution, sous la dictature du prolétariat. Au préalable, Mao Tsétoung avait déjà pratiqué une application créatrice des principes d’édification du parti marxiste-léniniste aux conditions spécifiques de la révolution chinoise.

     

    QUELLES FURENT LES GRANDES LIGNES DU TRAVAIL D’EDIFICATION DU PARTI PAR LENINE ?

     

    a)                 Dans Que faire ? (mars 1902), Lénine développa les principes idéologiques du parti marxiste.

    Le parti doit fonder sa ligne et son activité sur les principes idéologiques et organisationnels élaborés et défendus par Lénine à partir des enseignements de Marx et Engels, la thèse de la dictature du prolétariat et l’importance historique de la paysannerie comme alliée de la classe ouvrière.

    Lénine proclame la nécessité d’un parti qui mène une lutte pratique et ne limite pas son action à des débats académiques. Il affirme que le parti devait « formuler dans son programme de la façon la plus claire son accusation à l’égard du capitalisme russe, déclarer la guerre au capitalisme russe. » Il défend le principe de l’internationalisme prolétarien, en soutenant la position marxiste concernant le droit des nations à disposer d’elles-mêmes. Il fit adopter un programme minimum (pour la période de la révolution démocratique bourgeoise) et un programme maximum (prévoyant la victoire ultérieure de la révolution socialiste).

     

    b)                 Dans Un pas en avant, deux pas en arrière (mai 1904), Lénine développa les principes d’organisation du parti marxiste.

    La lutte menée par Lénine fut acharnée à propos des principes d’organisation du parti. Ses adversaires, les mencheviks (« minoritaires »), ne rêvaient que d’un parti réformiste, conciliateur, sans structures d’organisation clairement définies, à l’image des partis opportunistes de la Deuxième Internationale. Leur opposition à la lutte révolutionnaire, ayant pour but final la dictature du prolétariat, s’accompagnait fort logiquement de leur refus d’un parti centralisé et discipliné. Lénine les fustigea sans faiblesse ; il expliqua avec fermeté la conception qu’il entendait voir appliquer à la qualité de « membre du parti », pour les dirigeants comme pour les adhérents de la base. Dans sa thèse figurait la formulation « que chaque membre du parti est responsable de tout le parti, et que le parti est responsable de chacun de ses membres ». Il proclama indispensable de « veiller à la fermeté, à la maîtrise et à la pureté de notre parti », ajoutant : « Nous devons nous efforcer d’élever toujours plus haut le titre et l’importance de membre du parti… »

    A l’intense lutte de classes qui s’était déchaînée sur la question de la création du parti, lutte entre deux lignes, deux voies, deux idéologies contraires, celles de la bourgeoisie et celles du prolétariat, succéda une lutte de classes non moins aiguë pendant toute la période d’édification du parti, période marquée par l’essor et l’échec de la Révolution de 1905.

    Aussitôt après les assises du 2° Congrès du Parti ouvrier social-démocrate de Russie (P.O.S.D.R.) réuni le 30 juillet 1903, Lénine se mit à étudier soigneusement tous les éléments de ce Congrès : procès- verbaux des séances, résolutions, interventions de chaque délégué, regroupements politiques intervenus, documents du Comité central et du Conseil du Parti. Il rédigea à cette occasion l’ouvrage Un pas en avant, deux pas en arrière sous-titré : « La crise dans notre Parti » ; Lénine y traitait essentiellement des principes du parti marxiste en matière d’organisation et traçait à ce sujet une ligne de démarcation fondamentale avec les fantaisies et le libéralisme des spontanéistes et autres opportunistes.

     

    c)                 Dans Deux tactiques de la social-démocratie dans la révolution prolétarienne (juillet 1905) Lénine développa les principes tactiques du parti marxiste.

    En 1905, année de l’échec de la première tentative de révolution démocratique, l’affrontement de classes dans le parti déboucha sur une scission de fait : après les journées révolutionnaires de janvier seuls les bolcheviks participèrent en mai 1905 au 3° Congrès convoqué à Londres, tandis que les mencheviks se réunissaient avec Trotski, dans une conférence séparée à Genève. Une telle situation n’était pas fortuite : elle traduisait deux orientations fondamentalement contraires du Parti ouvrier social-démocrate de Russie : l’orientation révolutionnaire de Lénine et des bolcheviks, l’orientation opportuniste et contre-révolutionnaire des mencheviks. Les premiers s’appuyaient sur les travailleurs et les masses populaires ; les seconds défendaient des positions de la bourgeoisie libérale désireuse de confisquer à son profit tout succès éventuel des forces révolutionnaires. Ils se refusaient ouvertement à « pousser plus loin » la révolution.

     

    d)                 Dans Matérialisme et empiriocriticisme (octobre 1908), Lénine développa les principes théoriques du parti marxiste.

     

    Ainsi, de 1902 à 1908, Lénine, continuateur de l’œuvre entreprise par Marx et Engels, édifia-t-il un authentique parti marxiste, arme révolutionnaire qui allait permettre de conduire le prolétariat et les masses révolutionnaires de Russie à la victoire. Il a développé les principes idéologiques, organisationnels, tactiques et théoriques du parti marxiste. C’est ce que Staline résume dans l’Histoire du Parti communiste (bolchevik) de l’U.R.S.S. :

    « Les bolcheviks (…) ont mené une lutte intransigeante contre les opportunistes ; ils ont épuré le parti prolétarien de la souillure de l’opportunisme et sont parvenus à créer un parti d’un type nouveau, un parti léniniste, le parti qui, plus tard, allait conquérir la dictature du prolétariat… » (171).

     

    2)                  L’ESSOR DU PARTI BOLCHEVIK

     

    Lorsqu’ éclate la première guerre impérialiste mondiale, seul le parti bolchevik de Russie resta fidèle aux principes marxistes, à la cause de l’internationalisme prolétarien et du socialisme. Au cours des deux années qui avaient précédé l’événement, il avait connu un développement important, en alliant sans cesse le travail illégal à l’action légale. La situation créée par le déclenchement de la guerre modifia de nouveau temporairement les conditions de l’action légale du Parti ouvrier social-démocrate (bolchevik) de Russie. Aussi durant les premières années du conflit entre les grandes puissances impérialistes, les mencheviks et les socialistes-révolutionnaires (nouvelle mouture plus ou moins gauchiste formée par des éléments de la petite bourgeoisie) parvinrent à reconquérir une influence et occupèrent une place dominante dans les soviets. Cependant, la situation du peuple ne cessait d’empirer, et l’activité des bolcheviks portait ses fruits. A tel point que les 26 et 27 février 1917, après une semaine de grèves, de manifestations ouvrières violentes et d’affrontements sanglants avec les troupes de la police ou de l’armée chargée de la répression, triompha la révolution bourgeoise. Les bolcheviks avaient assumé la direction des combats populaires et révolutionnaires, tandis que les mencheviks s’occupaient à gagner des sièges de députés dans les soviets.

    Au point de vue de notre propos – l’édification du parti – le 6° Congrès tenu du 26 juillet au 3 août 1917, adopta une décision d’une portée considérable : il vota de nouveaux statuts du parti, instituant un fonctionnement basé sur le principe du « centralisme démocratique ». Cette mesure reposait sur une idéologie et une organisation comportant les dispositions suivantes :

    1.                  Election de tous les organismes dirigeants du parti ;

    2.                  Comptes-rendus périodiques des organismes dirigeants du parti devant leurs organisations de base respectives ;

    3.                  Discipline rigoureuse dans le parti et soumission de la minorité à la majorité ;

    4.                  Obligation pour les organismes inférieurs et pour tous les adhérents du parti de respecter et appliquer les décisions des organismes supérieurs.

     

    En fait ce fut le dernier Congrès avant la victoire de la révolution prolétarienne qui fut acquise le 25 octobre 1917, sous la direction du parti créé et édifié par Lénine, avec le soutien de Staline. Analysant les raisons du triomphe de la révolution socialiste, Staline indiqua :

    « …A la tête de la classe ouvrière se trouvait ce parti rompu à la lutte politique qu’est le parti bolchevik. Seul un parti comme le parti bolchevik, suffisamment hardi pour mener le peuple à l’assaut décisif et suffisamment circonspect pour éviter les écueils de tout genre sur le chemin du succès, seul un tel parti pouvait fondre d’une façon aussi judicieuse, en un seul flot révolutionnaire, des mouvements révolutionnaires aussi divers qu’étaient le mouvement démocratique général pour la paix, le mouvement démocratique paysan pour la mainmise sur les terres seigneuriales, le mouvement de libération nationale des peuples opprimés en lutte pour l’égalité nationale et le mouvement socialiste du prolétariat pour le renversement de la bourgeoisie, pour l’instauration de la dictature du prolétariat.

    Il est évident que c’est la fusion de ces divers courants révolutionnaires en un flot révolutionnaire unique et puissant qui a décidé du sort du capitalisme en Russie. » (170)

     

    3)                 STALINE DRESSE LE BILAN DE L’ŒUVRE DE LENINE ET FORMULE LES PRINCIPES DU PARTI DE TYPE NOUVEAU

     

    Le 7° Congrès, le 6 mars 1918, décida de modifier le nom du parti et, sur proposition de Lénine, l’appela « Parti communiste (bolchevik) de Russie » (P.C. (b.) R.). Pourquoi ? Simplement parce que le parti avait pour but de réaliser le communisme.

    Mais bientôt les pays impérialistes de l’Entente, victorieux de l’impérialisme allemand, déclenchèrent une agression militaire contre le pays des soviets, en collusion avec tous les contre-révolutionnaires russes qui avaient été dépouillés de leurs avantages et de leur pouvoir par la révolution. Pendant trois années, les peuples soviétiques eurent à repousser leurs assauts violents. Mais finalement, l’Armée Rouge parvint à sauver le pays et la révolution. A la question : « Comment fut remportée la victoire ? », Staline répondit entre autres explications :

    « L’Armée Rouge a vaincu parce que son noyau dirigeant, à l’arrière et au front, était le Parti Bolchevik, soudé par sa cohésion et sa discipline, puissant par son esprit révolutionnaire et sa volonté de consentir tous les sacrifices pour faire triompher la cause commune, insurpassé par sa capacité à organiser les multitudes et à les diriger de façon judicieuse, dans une situation complexe. » (172)

    Aussitôt après la mort de Lénine (le 21 janvier 1924), Staline entreprit une série de conférences pour exposer les principes du léninisme. La huitième séance fut consacrée au sujet « Le Parti ». Staline y dressa le bilan des principes léninistes du parti du prolétariat, du parti marxiste conçu et expérimenté par Lénine. Il souligna d’abord que le nouveau parti révolutionnaire prolétarien ne pouvait s’identifier en rien avec les vieux partis sociaux-démocrates. Il démontra que le parti léniniste répondait à la nécessité d’un nouveau parti, puis énuméra les particularités de ce nouveau parti :

    1)                 Le parti doit être un détachement d’avant-garde de la classe ouvrière ;

    2)                 Le parti doit être un détachement organisé de la classe ouvrière ;

    3)                 Le parti doit être la forme suprême de l’organisation de classe du prolétariat ;

    4)                 Le parti doit être l’instrument de la dictature du prolétariat ;

    5)                 Le parti doit se fonder sur une unité de volonté incompatible avec l’existence de fractions ;

    6)                 Le parti se fortifie en s’épurant des éléments opportunistes.

     

    « Le parti est l’avant-garde du prolétariat, l’avant-garde qui gouverne directement, c’est le dirigeant. Le moyen spécifique d’action sur l’avant-garde, pour l’épurer et l’aguerrir, c’est l’exclusion du parti et non  la contrainte. » (173)

    La conception théorique du parti de type nouveau, développée à partir de l’expérience historique concrète du mouvement révolutionnaire, avait ainsi atteint un niveau supérieur. Elle allait devoir affronter de nouvelles expériences pour s’enrichir encore grâce aux enseignements positifs et négatifs de la pratique à travers l’affrontement incessant entre deux lignes, deux voies, deux idéologies.

     

    4)                 LES ENSEIGNEMENTS DE L’EXPERIENCE SPECIFIQUE DU PARTI COMMUNISTE CHINOIS A LA QUESTION DE L’EDIFICATION DU PARTI

     

    Nous allons voir l’apport de Mao Tsetoung, de la révolution chinoise et de la première Grande Révolution culturelle prolétarienne en Chine au développement de la doctrine du parti marxiste-léniniste. Mao Tsetoung a souligné :

    « La révolution chinoise est le prolongement de la Révolution d’Octobre ; elle est une partie de la révolution mondiale socialiste prolétarienne. »

    L’expérience particulière du deuxième parti marxiste-léniniste apporte, entre autres, la confirmation de la justesse des principes élaborés par Lénine dans la question du parti de type nouveau. Au surplus, elle enrichit ces principes de nouveaux développements créateurs. Cette expérience concrète s’identifie à la pensée de Mao Tsetoung, qui fait désormais partie intégrante de la doctrine du socialisme scientifique, fondée et expérimentée antérieurement par Marx, Engels, Lénine et Staline.

    Le Parti communiste chinois, né le 1° juillet 1921 à Shanghai, comptait 28 000 000 militants à l’heure de son X° Congrès. Sa fondation fut décidée par 12 délégués, représentants 56 militants.

    La naissance de ce parti apporte un premier enseignement : ce qui importe avant tout, au moment de la création d’un parti marxiste-léniniste, n’est nullement le nombre de ses adhérents ou leur proportion quantitative par rapport à l’ensemble du peuple. Ce qui importe au moment de la naissance d’un tel parti révolutionnaire c’est avant tout sa ligne. Si cette ligne est juste et s’appuie sur les forces montantes, les forces qui portent en elles le progrès et l’avenir, le développement du jeune parti est irréversible. Le développement postérieur du Parti communiste chinois l’atteste, par les immenses victoires révolutionnaires remportées par le peuple sous sa direction. La ligne juste indispensable pour édifier un parti marxiste-léniniste n’apparaît jamais spontanément. En témoigne encore toute l’histoire du Parti communiste chinois, qui n’est autre que l’histoire d’une lutte de classes acharnée opposant la ligne marxiste-léniniste de Mao Tsetoung aux lignes de droite et de « gauche » à l’intérieur du parti.

    Comme pour le Parti communiste (bolchevik) de Russie, nous exposerons seulement les principes valables universellement que l’on peut tirer de l’expérience historique spécifique du Parti communiste chinois dans tous les domaines.

    Il s’agit de distinguer parmi ces enseignements ceux qui ont valeur de principes universels et ceux qui ne se rattachent qu’à la révolution chinoise. Il convient d’établir la distinction entre ce qui présente un intérêt général, universel et ce qui est particulier à la Chine ; le général est essentiellement constitué par les principes fondamentaux du marxisme-léninisme, le particulier relève des conditions spécifiques de la révolution chinoise.

    L’édification du Parti communiste chinois et la révolution chinoise témoignent d’emblée du souci constant de Mao Tsetoung d’éviter toute transposition dogmatique de l’expérience antérieure réalisée par le Parti communiste (bolchevik) de l’U.R.S.S. et par la Révolution d’Octobre. Seule les principes marxistes-léninistes fondamentaux ont été retenus et justement appliqués à la réalité chinoise, différente de celle de la Russie.

    « Il serait ridicule de prétendre que notre révolution est une sorte d’idéal pour tous les pays, d’imaginer qu’elle a fait toute une série de découvertes géniales et introduit un tas d’innovations socialistes. Nous avons l’expérience des premiers pas de la destruction du capitalisme dans un pays où le rapport entre le prolétariat et la paysannerie est particulier. Il n’y a rien de plus. » (174)

    Dans l’éditorial de Pékin information en date du 1° juillet 1971 furent énumérés huit points apparaissant comme le bilan historique accumulé au cours d’un demi-siècle par le Parti communiste chinois :

    1) Il faut s’en tenir au « principe idéologique suivi avec conséquence par notre Parti », à savoir, l’union de la vérité universelle du marxisme-léninisme avec la pratique concrète de la révolution chinoise. Pour cela, il faut s’en tenir « à la conception du monde matérialiste dialectique et matérialiste historique ». Aussi est-il indispensable de bien posséder le vrai marxisme et de rejeter le faux marxisme.

    2) « Il faut mener correctement la lutte au sein du Parti (…) Pour cela, il convient d’appliquer la méthode de résolution des contradictions avec tout camarade dans l’erreur basée sur le principe « unité-critique-unité » et « tirer la leçon des erreurs passées pour en éviter le retour et guérir la maladie pour sauver l’homme. »

    3) « Il faut se garder d’être orgueilleux. »

    4) Il faut s’en tenir « à la théorie des deux points et non à celle d’un seul ». Tout phénomène présente non point un seul aspect, mais deux aspects, sa face et son revers, son contraire. Il convient d’en tenir compte.

    5) « Il faut s’en tenir à la ligne de masse. » Appliquer correctement le principe donné par le président Mao : « Partir des masses pour retourner aux masses », « concentrer les idées des masses et les leur retransmettre pour qu’elles soient mises résolument en pratique. »

    Il convient d’adhérer fermement au principe « indépendance et autonomie, compter sur ses propres forces », car nous avons la certitude que « le peuple, le peuple seul, est la force motrice, le créateur de l’histoire universelle. »

    6) « Il faut s’en tenir au centralisme démocratique. »

    7) « Il faut édifier une puissante armée populaire ». « Sans armée populaire, le peuple n’a rien. » Dans toute situation donnée il importe de considérer la pire éventualité, et de se préparer à lui faire face. Si cette éventualité ne se produit pas tant mieux, si elle se produit, alors on disposera de la meilleure préparation pour en triompher.

    8) « Il faut s’en tenir à l’internationalisme prolétarien. »

     

    Cependant, l’enseignement fondamental de l’histoire du Parti communiste chinois est qu’il faut un parti :

    « La plus importante expérience du mouvement communiste international, c’est que le développement et la victoire de la révolution dépendent de l’existence d’un parti prolétaire révolutionnaire. » (175)

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    CHAPITRE V

     

     

     

    NATURE DE CLASSE DU POUVOIR POLITIQUE

     

     

     

    « La question du pouvoir est certainement la question la plus importante de toute révolution. Quelle classe détient le pouvoir ? Tel est le fond du problème… la question du pouvoir ne saurait être ni éludée ni reléguée à l’arrière-plan… c’est la question fondamentale, celle qui détermine tout le développement de la révolution, sa politique extérieure et intérieure. » Lénine

     

     

     

     

     

    « Le pouvoir politique à proprement parler, est le pouvoir organisé d’une classe pour l’oppression d’une autre. » (176)

    Pour le marxisme-léninisme, la question du pouvoir se pose en termes de classe. Quelle est la classe qui détient le pouvoir ? C’est là la question essentielle pour déterminer la nature d’un régime. Dans une société de classes, il y a toujours une classe dominante. En régime capitaliste, c’est la bourgeoisie. En régime socialiste, c’est le prolétariat. En effet, les classes sociales ne disparaissent pas dans un régime socialiste. La bourgeoisie ne se volatilise pas et le prolétariat continue d’exister. Le socialisme est une société de classes où règne la lutte de classes sur tous les plans.

    Dans une société de classes, de deux choses l’une : ou bien le pouvoir est entre les mains de la bourgeoisie, ou bien il est entre les mains du prolétariat et de ses alliés. Mais en tout cas, il ne saurait être entre les mains de l’ « ensemble des individus » ou être « également diffusé entre tous les êtres humains ». Cela ne peut que recouvrir le maintien au pouvoir de la classe bourgeoise que de soutenir de telles théories. Aussi convient-il, dans un premier paragraphe, de dénoncer cette conception idéaliste du pouvoir politique.

     

    Dans la société socialiste, peut-il y avoir égalité entre exploités et exploiteurs ? A cette question Lénine répondait :

    « L’exploiteur ne peut être l’égal de l’exploité. Cette vérité fait le fond même du socialisme. »

    Il est illusoire de penser que les capitalistes laisseront les travailleurs prendre le pouvoir sans réagir. Ils chercheront à imposer leur maintien au besoin par la force. Prétendre assurer l’ « égalité » entre exploités et exploiteurs, c’est en fait assurer à la bourgeoisie toutes les possibilités lui permettant de maintenir sa domination ; c’est créer les conditions pour que se perpétue l’ « inégalité » au profit de la bourgeoisie :

    « Il ne saurait y avoir d’égalité entre les exploiteurs qui, durant de longues générations, s’étaient distingués par leur instruction, par leur train de vie et par les habitudes acquises, et les exploités dont la masse, même dans les républiques bourgeoises les plus avancées et les plus démocratiques, reste accablée, inculte, ignorante, craintive, divisée. Longtemps après la révolution, les exploiteurs conservent nécessairement une série de réels et notables avantages… Jamais les exploiteurs ne se soumettront à la volonté de la majorité des exploités, sans avoir fait jouer – dans une bataille suprême, désespérée, dans une série de batailles -- leur avantage. » (177)

    On ne peut donc amener le pouvoir du prolétariat et conserver l’Etat capitaliste : c’est-à-dire le pouvoir de la bourgeoisie. Car l’Etat capitaliste est la matérialisation du pouvoir politique de la bourgeoisie. Prendre le pouvoir signifie pour le prolétariat, briser cet Etat bourgeois et édifier un Etat prolétarien. La destruction de l’Etat bourgeois et l’édification d’un Etat prolétarien sont deux processus dialectiquement liés. Ils sont en pratique indissociés et indissociables : c’est pour la clarté de l’exposé que nous sommes amenés à distinguer les deux questions :

    « Nous estimons que la social-démocratie est tenue d’appuyer tout mouvement révolutionnaire dirigé contre le régime politique existant, et nous considérons que son but est la conquête du pouvoir politique par la classe ouvrière, l’expropriation des expropriateurs et l’édification d’une société socialiste. »

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