• L’ECHELLE MYSTERIEUSE (Deuxième partie)

    Lorsque nous allons au cinéma, nous regardons un film, qui est composé de lumière passant à travers une pellicule. Si le film est de qualité, nous sommes plongés, à tout point de vue, dans l’action de ce film, et nous oublions qu’il ne s’agit que d’un film, et que celui-ci, dans le fond, repose sur un écran blanc. Ainsi, dans l’action du film, il y a notamment du feu et de l’eau, des naissances et des morts, la paix et la guerre, du sang et de l’amour. En somme toute la réalité humaine. Mais le feu, sur l’écran, ne brûle pas, et l’eau, de même, ne mouille pas. Avant et après le film, l’écran blanc est plongé dans un rayon de lumière blanche. Mais pendant le film, que d’émotions et de passions ! Nous sommes l’écran blanc, et nous sommes aussi acteur du film. Mais l’écran blanc est là avant le film, et il sera encore le Même après le film.

    Le monde est le film. La vérité du monde est l’écran blanc. « Je suis » est la Lumière. La lumière est un don, pas le résultat d’un travail ou d’une recherche.

     

    L’ECHELLE MYSTERIEUSE (Deuxième partie) 

     

    1)    UN DESSIN :

     

     

     

    L’ECHELLE MYSTERIEUSE (Deuxième partie) 

    Voici le monde, dont nous faisons partie, monde plongé dans la temporalité (Un cercle et une croix) ;

    Et voici la vérité du monde, qui est éternelle, parce que cette vérité provient de l’Eternité (Le fond blanc).

    L’ego, le « petit je », c’est le point au centre du cercle. Le cercle représente le monde, c’est-à-dire tout ce qui existe. On peut dire que chacun de vous fait, en ce moment, partie de mon cercle d’objets tangibles. Tout comme moi-même je fais partie de votre cercle. A noter que ce cercle comprend le monde matériel, mais aussi toutes les autres réalités, dont le monde des idées. La ligne horizontale représente la temporalité, avec le passé, le point du présent et l’avenir. L’ego s’est manifesté lors du premier souffle, la naissance, et disparaîtra avec le dernier souffle, la mort. L’axe vertical est l’axe du monde, avec l’enfer, le purgatoire et le paradis. C’est aussi un arbre de vie, avec les racines, le tronc et les branches. En maçonnerie, il correspond à Vitriol. Le monde a trois niveaux : le monde d’en haut, le monde ici-bas et le monde d’en bas, le céleste, le terrestre et l’infernal.

     

    2)    ALLEGORIES : 

     

    A) L’objet d’argile qui s’identifie avec la forme de l’objet. L’objet d’argile qui s’identifie avec son fond d’argile.

    Imaginer un objet forgé dans une masse d’argile. Par l’illusion, l’éducation, ou l’erreur, cet objet s’identifie à sa forme : « Je suis un vase, le plus beau des vases », ajoute même cet objet quelque peu arrogant. « Je n’ai rien à voir avec tous ces autres objets ». L’individu qui est dans la Réalité, lui, se perçoit en tant que masse d’argile, qui a reçu provisoirement, transitoirement, et temporairement, une forme, mais qui est appelé à terme à retourner à l’argile primordiale. Cet individu, sage et éclairé, s’identifie donc avec l’argile, ayant temporairement une forme de vase, mais nullement séparé du tout.

    « Je suis celui qui suis. Je suis ce que je suis. Je suis. »

    REAA, Rituel 14° grade Grand Elu de la Voûte sacrée.

     

    B) L’identification avec la vague de l’océan. L’identification avec l’eau de l’océan. La poupée de sel.

    Imaginez que le vent, ainsi que l’action de la Lune, lèvent à la surface de l’Océan une vague, qui a la prétention d’être quelque chose en elle-même, un être autonome, différent et même au-dessus de l’Océan ! Le temps qui passe va vite ramener cette vague à sa juste réalité, et lui démontrer que, si elle s’est séparée de l’Océan pour un temps déterminé, bientôt, elle va disparaître en tant que vague et fusionner de nouveau avec l’Océan primordiale. La vague vient de l’Océan, et elle est destinée à y retourner. C’est aussi l’image de la poupée de sel, qui souhaite connaître l’Océan : pour ce faire, elle pénètre dans l’Océan, et elle y disparaît, dissoute dans l’immense masse d’eau. Cela signifie que, pour connaître notre Réalité, l’obstacle principal c’est nous-même, plus précisément le « petit je », l’ego. Il faut donc se libérer de cet obstacle. Cette libération s’effectue de toute façon par la mort physique. Mais la méthode maçonnique nous permet une libération anticipée ; elle fait de nous des « libérés vivants », c’est-à-dire des individus ayant pris connaissance, à travers l’initiation et la mort symbolique, de notre Moi profond, tout en maintenant suffisamment d’ego pour continuer de faire notre travail au milieu de nos frères et sœurs humains.

     

    C) La bouteille : la bouteille plongée dans l’eau, alors qu’elle est fermée par un bouchon. La bouteille plongée dans l’eau, sans bouchon.

    Si vous remplissez une bouteille d’eau, vous la fermez hermétiquement par un bouchon, celle-ci a une certaine individualité par rapport au bassin d’eau dans laquelle elle est plongée. Cette individualité lui est donnée par le bouchon, bouchon qui représente l’ego, le « petit je », celui que nous utilisons dans le quotidien. Cet ego est né, s’est développé et va mourir. C’est dire que l’eau de la bouteille, à terme, va retourner à la Mer (ou Mère). L’objectif de la méthode maçonnique est de montrer que cet ego crée une rupture artificielle, et cette méthode vise à retrouver l’unité primordiale et fondamentale : nous provenons de l’eau et retournerons à l’eau, eau que nous n’avons jamais quitté.

     

    D) Le nuage qui cache le soleil et le face à face avec le soleil.

    Il suffit d’un petit nuage pour nous cacher le soleil. L’individu est le « petit je », qui cherche à percevoir le soleil. Le nuage est le monde. Le soleil est le Moi profond. La méthode maçonnique nous permet de nous élever, tel un aigle, au-delà des nuages pour contempler le soleil face à face. Le soleil brille en permanence au-dessus des nuages.

    Pour en revenir à notre premier tableau :

    Le monde, et le « petit je », ou ego, qui fait partie de ce monde, dans la temporalité, est facilement perçu par chacun de nous, car nous l’expérimentons chaque jour.

    Il convient d’appréhendez aussi le second plan qui est illustré par diverses images : l’écran blanc, le fond, l’argile, l’Océan, le Soleil, la Mère, la Lumière, le Témoin. Ce plan s’expérimente aussi.

     

    E) L’identification avec le film, avec l’écran blanc et avec la lumière.

    Lorsque nous allons au cinéma, nous regardons un film, qui est composé de lumière passant à travers une pellicule. Si le film est de qualité, nous sommes plongés, à tout point de vue, dans l’action de ce film, et nous oublions qu’il ne s’agit que d’un film, et que celui-ci, dans le fond, repose sur un écran blanc. Ainsi, dans l’action du film, il y a notamment du feu et de l’eau, des naissances et des morts, la paix et la guerre, du sang et de l’amour. En somme toute la réalité humaine. Mais le feu, sur l’écran, ne brûle pas, et l’eau, de même, ne mouille pas. Avant et après le film, l’écran blanc est plongé dans un rayon de lumière blanche. Mais pendant le film, que d’émotions et de passions ! Nous sommes l’écran blanc, et nous sommes aussi acteur du film. Mais l’écran blanc est là avant le film, et il sera encore le Même après le film.

    Le monde est le film. La vérité du monde est l’écran blanc. « Je suis » est la Lumière. La lumière est un don, pas le résultat d’un travail ou d’une recherche.

     

     

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