• « Je suis » (selon Ramana Maharshi).(Partie 22)

    10 Lorsqu’un homme est mûr pour recevoir l’enseignement et que son mental est prêt à s’immerger dans le Cœur, l’enseignement provoque un effet foudroyant et il réalise le Soi correctement. Autrement, il y a toujours lutte.

     

     

    « Je suis » (selon Ramana Maharshi).(Partie 22)

     

    10 Lorsqu’un homme est mûr pour recevoir l’enseignement et que son mental est prêt à s’immerger dans le Cœur, l’enseignement provoque un effet foudroyant et il réalise le Soi correctement. Autrement, il y a toujours lutte.

    11 Qu’est-ce que le turya ? Il n’existe que trois états : la veille, le rêve et le sommeil profond. Le turya n’est pas un quatrième état ; il est ce qui est sous-jacent aux trois états. Mais les gens ne comprennent pas cela facilement. Voilà pourquoi on dit que le turya est le quatrième état et la seule réalité.

    12 En fait, le turya n’est séparé de rien, car il forme le substrat de tout ce qui existe. Il est la seule vérité ; il est votre Etre même. Les trois états apparaissent sur lui en tant que phénomènes éphémères et s’y fondent ensuite. C’est pourquoi ils sont irréels.

    13 Les images d’un film ne sont que des ombres qui passent sur l’écran. Elles apparaissent, avancent, reculent, changent de l’une à l’autre ; elles sont donc irréels tandis que l’écran reste toujours le même. De même avec des peintures. Les images peintes sont irréelles, seule la toile est réelle. Il en est ainsi pour nous. Les phénomènes du monde, aussi bien extérieurs qu’intérieur, ne sont que des manifestations passagères qui ne sont pas indépendantes du Soi. Seule notre habitude de les considérer comme réelles et de les situer hors de nous-mêmes est responsable du fait que notre être véritable est caché et que les phénomènes du monde sont mis en avant. Quand l’unique réalité toujours présente, le Soi, est trouvée, toutes les autres choses irréelles disparaissent, laissant derrière elles la connaissance qu’elles ne sont autres que le Soi.

    14 Turya n’est qu’un autre nom pour le Soi. Conscients des états de veille, de rêve et de sommeil profond, nous demeurons inconscients de notre propre Soi. Et pourtant, le Soi est ici et maintenant, il est la seule réalité. Il n’existe rien d’autre. Aussi longtemps que persiste l’identification au corps, le monde semble se trouver à l’extérieur de nous. Réalisez simplement le Soi, et tout le reste ne sera plus.

    15 Cinq états sont différenciés chez l’individu :

    1) Le jâgrat est l’état de veille. En cet aspect, le jîvat, sous son aspect grossier individuel (vishva), et le Seigneur sous son aspect grossier universel (Virât) demeurant ensemble dans les huit pétales du Lotus du Cœur, fonctionnent par l’intermédiaire des yeux, puis au moyen de tous les sens, et organes et jouissent des plaisirs procurés par les divers objets. Les cinq éléments grossiers déployés, les dix sens, les cinq énergies vitales, les quatre facultés internes, en tout vingt-quatre éléments fondamentaux, constituent ensemble le corps grossier. L’état de jâgrat est caractérisé par le sattva-guna (qualité de pureté), défini par la lettre A et régenté par la divinité Vishnou.

    2) Le svapna est l’état du rêve durant lequel le jîva, sous son aspect subtil individuel (taijasa), et le Seigneur, sous son aspect subtil universel (Hiranyagarbha), demeurant ensemble dans la corolle du Lotus du Cœur, fonctionnent dans la nuque, en faisant l’expérience des conséquences des impressions recueillies à l’état de veille par l’intermédiaire du mental. Tous les principes, les cinq éléments grossiers, la volonté et l’intellect, en tout dix-sept, forment ensemble le corps subtil du rêve qui est caractérisé par le rajo-guna (qualité d’activité), défini par la lettre U et régenté par la divinité Brahmâ, ainsi que l’affirment les sages.

    3) La sushupti est l’état de sommeil profond durant lequel le jîva, sous son aspect causal individuel (prâjnâ), demeurant ensemble dans l’étamine du Lotus du Cœur, font l’expérience de la félicité du Suprême par l’intermédiaire de l’ignorance subtile (avidyâ). De même une mère poule, le soir venu, réunit sous son aile toute sa couvée pour lui assurer le repos de la nuit, ainsi, l’être individuel subtil, après avoir fait l’expérience de jâgrat et du svapna, se réfugie dans son corps causal avec toutes les impressions recueillies durant ces deux états. Le corps causal, formé par l’ignorance, est caractérisé par le tamo-guna (qualité d’obscurité), défini par la lettre M et régenté par la divinité Rudra.

    4) Le sommeil profond n’est rien d’autre que l’expérience du pur état d’être. Les trois états reçoivent différentes appellations, notamment celles des trois régions, des trois citadelles, des trois divinités, etc. L’Etre demeure toujours dans le Cœur. Si, dans l’état de jâgrat, le Cœur n’est pas abandonné, les activités mentales sont apaisées et seul le brahman est contemplé ; c’est l’état de turîya.

    5) Le turyâtîta est l’état dans lequel l’être individuel se fond dans le Suprême.

    Les trois premiers états alternent involontairement chez l’homme ordinaire. Le quatrième et le cinquième état (turîya et turyâtîta) sont le résultat d’une pratique spirituelle et constituent une aide efficace à la Libération. Chacun des trois premiers états (jâgrat, svapana et sushupti) est exclusif des deux autres et limité dans le temps et l’espace. Ils sont donc irréels.

    16 S’il n’y a pas d’intérêt [pour ce qui m’entoure], c’est bien. Mais si vous espérez encore trouver un intérêt à la vie, cela signifie qu’il y a des vâsanna [tendance, prédisposition latente du mental ; impression formée dans le passé qui détermine nos pensées et nos actions]. Un homme rêve et il voit le monde du rêve avec ses joies et ses peines. Quand il se réveille, il perd tout intérêt pour ce monde du rêve. Il en est de même à l’égard du monde de l’éveil. Tout comme le monde du rêve, qui n’est qu’une partie de vous-même et pas différent de vous, cesse de vous intéresser à votre réveil, ainsi le monde actuel cessera de vous intéresser le jour où vous vous réveillerez de ce rêve éveillé (c’est-à-dire du samâdhi) et que vous réaliserez qu’il est une partie de vous-même et non une réalité objective. C’est parce que vous vous croyez séparé des objets qui vous entourent que vous les désirez. Mais si vous comprenez que les objets ne sont que des formes de pensée, vous ne les désirerez plus.

    17 Toutes les choses sont comme des bulles à la surface de l’eau. Vous êtes l’eau, et les objets sont les bulles. Elles ne peuvent exister sans l’eau, mais elles ne sont pas tout à fait la même chose que l’eau.

    18 La bhakti (la dévotion) n’est pas différente de la mokti (la libération). La bhakti consiste à être le Soi (svarûpa : forme propre à chacun, nature réelle). On est toujours Cela. Et chacun le réalise grâce à la méthode qu’il choisit. Qu’est-ce que la bhakti ? C’est penser à Dieu. Cela signifie qu’une seule pensée prédomine à l’exclusion de toutes les autres. C’est la pensée de Dieu et c’est le Soi, ou c’est l’abandon de soi à Dieu. Une fois que Dieu vous a pris en charge, plus rien ne vous affectera. L’absence de pensées, c’est la bhakti. C’est également la mukti.

    Les trois états de vide (muppâzh : « trois vides », terme tamoul) sont :

    1. tat = îshvara-turya : (tat : « Cela », désignant la réalité suprême). (turîya : quatrième état situé au-delà des états de veille, de rêve et de sommeil profond)
    2. tvam = jîva-turya : (tvam : tu). (jîva : être vivant, âme individuelle)
    3. asi = asi-turya : (asi : es).

    Tat tvam asi : « Tu es Cela ».

    Le turya est le substrat de l’état de veille, de rêve et de sommeil profond. On dit que l’omniprésence est l’état de veille ; le tout-rayonnement, l’état de rêve ; la perfection (l’ananta), l’état de sommeil profond. Le fondement de ces trois états est l’asi-turya.

     

    IX Le Cœur

    1 Le Coeur (hridayam) : « Ceci est le centre ». Il n’y a pas une place précise ou un centre pour le Soi, mais le Soi est la source de tout ce qui apparaît dans la manifestation.

    2 Le silence est la meilleure et la plus puissante des initiations. L’initiation silencieuse accomplit un changement dans le cœur. C’est la plus haute forme d’initiation. Dans les autres initiations, il y a nécessairement une relation sujet-objet. Quelque chose doit émaner du sujet, puis de l’objet. Il faut qu’ils soient deux pour que l’un puisse regarder l’autre ou le toucher. L’initiation silencieuse est la plus parfaite ; elle est à la fois regard, contact et enseignement. Elle purifie l’individu dans tous les domaines et l’établit dans la réalité.

    3 Le langage n’est qu’un moyen de communiquer ses pensées à quelqu’un d’autre. On fait appel à lui après l’apparition des pensées. La « pensée-je » apparaît d’abord, puis d’autres pensées surgissent dans la foulée ; la « pensée-je » est à l’origine de la conversation. Libéré de toute pensée, il vous sera possible de comprendre l’autre au moyen du langage universel qu’est le silence.

    4 Le silence ne cesse de parler. C’est un courant continuel qui n’est interrompu que par la parole. Les mots que je prononce font obstacle au langage muet. Prenez par exemple le courant électrique dans un fil. S’il y a une résistance sur son passage, il brille dans le cas d’une lampe, ou tourne dans le cas d’un ventilateur. Dans le fil il demeure à l’état d’énergie électrique. Il en est de même avec le silence qui est flux de langage, tandis que les mots sont des résistances. Ce que l’on n’est pas capable de connaître, même après des années de conversations, peut être appréhendé instantanément dans le silence, ou en face du silence. Le silence est le plus haut et le plus efficace des langages. La vérité est expliquée par le silence.

    5 Le silence est un discours sans fin. Le discours vocal gène le discours silencieux. Dans le silence, on est en contact intime avec l’environnement. Pour le discours verbal, les organes de la parole sont indispensables et sont là avant la parole. Mais le discours silencieux se situe même avant la pensée. En bref, c’est la parole transcendantale, ou le mot non prononcé.

     

     

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