• « Je suis » (selon Ramana Maharshi).(Partie 20)

    12 Le samadhi est notre état naturel. C’est le courant sous-jacent à tous les trois états. Cela, c’est-à-dire le « Je » (le Soi), n’est pas dans ces états, mais ces états sont en Lui. L’état de samadhi est toujours présent, même dans les activités de la vie quotidienne (vyava âradâsa). Nos activités pratiques (vyavahâra) n’ont pas d’existence séparée de l’état de samadhi. L’écran de cinéma demeure inaltérable, que la projection des images ait lieu ou non. Ainsi le Soi est-il toujours présent, soit quand l’activité journalière se déroule (vyavahâra), soit quand la paix seule prévaut (shanti).

     

    « Je suis » (selon Ramana Maharshi).(Partie 20)

     

    11 L’homme éveillé dit qu’il ne savait rien dans l’état de sommeil. Maintenant il voit des objets et il sait qu’il est là ; tandis que dans le sommeil profond, il n’y avait pas d’objets, pas de spectateurs, etc. Celui-là même qui parle maintenant était aussi présent dans le sommeil profond. Quelle est la différence entre ces deux états ? Il y a maintenant des objets et le déploiement des sens qui n’existaient pas dans le sommeil. Une nouvelle entité, l’ego, s’est levée entre temps, elle joue à travers les sens, voit des objets, se confond avec le corps et dit que le Soi est l’ego. En vérité, ce qui existait dans le sommeil profond continue d’exister, maintenant également. Le Soi est inaltérable. C’est l’ego qui s’est interposé. Ce qui se lève et s’efface, c’est l’ego ; ce qui est immuable, c’est le Soi.

    12 Le samadhi est notre état naturel. C’est le courant sous-jacent à tous les trois états. Cela, c’est-à-dire le « Je » (le Soi), n’est pas dans ces états, mais ces états sont en Lui. L’état de samadhi est toujours présent, même dans les activités de la vie quotidienne (vyava âradâsa). Nos activités pratiques (vyavahâra) n’ont pas d’existence séparée de l’état de samadhi. L’écran de cinéma demeure inaltérable, que la projection des images ait lieu ou non. Ainsi le Soi est-il toujours présent, soit quand l’activité journalière se déroule (vyavahâra), soit quand la paix seule prévaut (shanti).

    13 Les divers états se distinguent par la présence ou non de l’esprit. Mais le Soi est toujours là et continue d’exister, même quand l’esprit n’est plus là. Le rêve, le sommeil et la veille concernent la même personne. Vous êtes témoin de ces états de conscience ; ils défilent devant vous. En fait, la plupart des gens sont endormis, parce qu’ils ne sont pas éveillés au Soi.

    14 Dans l’état de sommeil profond, nous abandonnons notre ego (ahankara), nos pensées et nos désirs. Si seulement nous pouvions faire de même tandis que nous sommes conscients, nous réaliserions le Soi. Le sannyasa, c’est la suppression, le renoncement à l’ego. Celui qui a renoncé à l’ego, fût-il chef de famille, n’est plus affecté par les événements de la vie du monde, de même que les rêves ne nous affectent pas réellement : le lit du rêveur n’est pas mouillé, quand celui-ci rêve qu’il se trouve dans l’eau.

    15 Quand le rêveur s’éveille, cherche-t-il à savoir si ceux qui se trouvaient dans son rêve sont eux-mêmes éveillés ?

    16 C’est dans notre esprit que le monde apparaît et disparaît. Quand vous venez en Inde, est-ce que votre corps se déplace réellement ? Non ! C’est le véhicule qui se déplace, tandis que votre corps se trouve à l’intérieur et ne bouge pas. C’est le bateau, c’est le train qui fait le voyage. De même que ces mouvements sont surimposés à votre corps, visions, rêves, et mêmes réincarnations sont surimposées à votre véritable Moi. Celui-ci demeure immuable ; il n’est pas altéré par tous ces changements extérieurs ; il se tient immobile tout comme le corps dans la cabine du navire. Vous ne changez jamais, vous êtes au-delà de l’espace et du temps. Ces deux concepts naissent à cause du moi limitateur. Le « je » est à la fois sans limite et limité. Tant que vous l’associez au corps, il est limité. Au moment du réveil, avant d’être pleinement conscient du monde extérieur, on se trouve dans un interstice hors du temps et de l’espace ; c’est l’état du véritable Moi.

    17 Le sommeil profond existe aussi dans l’état de veille. Nous sommes toujours en sommeil profond. Il faut en prendre conscience. En fait, comme on n’y entre jamais, jamais on n’en sort. Prendre conscience de l’état de sommeil profond, tout en demeurant dans l’état de veille, c’est le samadhi. C’est la Nature, c’est-à-dire le prarabdha, qui nous oblige à en sortir. Votre ego reste vivant et réapparaît continuellement.

    18 Les objets doivent leur existence au sujet conscient qui les perçoit. Le réveil est la naissance de l’ego, c’est la naissance de l’individu. Il n’existe pas d’autre naissance. Tout ce qui naît est voué à la destruction. Tuez l’ego. Ce qui est mort ne craint pas la mort. Après la mort de l’ego, seul le Soi demeure. C’est la Béatitude, c’est l’Immortalité.

    19 Divers états :

    • SOMMEIL : 1) Mental vivant 2) Plongé dans l’inconscience.
    • NIRVIKALPA SAMADHI : 1) Mental vivant 2) Immergé dans la Lumière 3) Tel un sceau attaché à une corde et immergé au fond du puits 4) Le sceau est remonté grâce à la corde.
    • SAHAJA SAMADHI : 1) Mental annihilé 2) Fondu dans le Soi 3) Tel une rivière se jetant dans l’océan et perdant son identité 4) Le fleuve ne peut ressorti de l’océan.

    SAHAJA SAMHADI : C’est la Réalisation du Moi. Dans cet état, la pure conscience bienheureuse est constante et ininterrompue, sans infirmer pour autant les perceptions normales et les activités de la vie. Il est rare d’y arriver pendant la vie sur terre.

    20 NIRVIKALPA SAMADHI : C’est l’absorption dans le « Moi » ayant pour résultat l’entier oubli du monde manifesté. C’est un état de transe bienheureuse, mais non permanent. Sri Bhagavan l’a comparé à un seau d’eau plongé dans un puits. Dans le seau, il y a de l’eau : l’intelligence, l’esprit, qui se perd dans celle du puits : le Moi ; mais la corde et le seau : l’ego, existent toujours, qui peuvent retirer l’eau du puits.

    21 SAHAJA SAMADHI : C’est le dernier état, complet et final, qui est la conscience pure, ininterrompue, transcendant le plan mental et physique. Cependant, cet état n’exclut pas la perception claire du monde manifesté et le plein usage des facultés mentales et physiques. L’être atteint le parfait équilibre, la parfaite harmonie, qui dépasse même la béatitude. Sri Bhagavan l’a comparé à l’eau d’une rivière, mêlée à celle de l’océan. Dans cet état, l’ego, avec toutes ses limitations, est absorbé pour toujours dans le Moi. C’est la liberté absolue, la conscience pure, le pur : « Je suis », qui ne connaît plus les limites du corps et de l’individualité.

    22 SOMMEIL PROFOND : Pendant un profond sommeil, l’intelligence est en paix et l’homme ne fait qu’un avec le Moi Supérieur, mais il n’en est pas conscient.

    SAMADHI : L’homme fait un avec le Moi Supérieur, et il en est pleinement conscient. Ce n’est plus l’obscurité, mais la lumière.

    23 L’ignorance – l’ajnana – est de deux sortes :

    1. L’oubli du Soi.
    2. L’obstacle à la connaissance du Soi.

    Les aides ont pour but d’éradiquer les pensées ; ces pensées sont la re-manifestation des prédispositions demeurées à l’état de semence ; elles donnent naissance à la diversité, d’où parviennent tous les ennuis. Ces aides sont : l’audition de la vérité de la bouche d’un maître (shravana), etc., la réflexion (manana) et la contemplation profonde (nididhyâsana).

    Les effets de shravana peuvent être immédiats et le disciple réalise la vérité d’un seul coup. Cela n’arrive qu’au disciple déjà bien avancé.

    Dans d’autres cas, le disciple éprouve le sentiment qu’il est incapable de réaliser la vérité, même après l’avoir entendu répétée plusieurs fois. A quoi est-ce dû ? Aux impuretés de son mental ; l’ignorance, le doute et la fausse identification sont les obstacles à dissiper.

    a)     Pour dissiper totalement l’ignorance, le disciple doit entendre la vérité à maintes reprises, jusqu’à ce que sa connaissance du sujet devienne parfaite (shravana).

    b)    Pour dissiper les doutes, le disciple doit réfléchir à ce qu’il a entendu ; finalement, sa connaissance sera libérée de tous les doutes (manana).

    c)     Pour dissiper la fausse identification du Soi avec le non-Soi (le corps, les sens, le mental ou l’intellect), le disciple doit devenir capable de se concentrer pleinement (nididhyâsana).

    Tout cela accompli, les obstacles sont balayés et le samâdhi en résulte, autrement dit, la Paix règne.

    Certains disent qu’on ne devrait jamais cesser de pratiquer l’audition, la réflexion et la contemplation. Celles-ci ne peuvent pas être accomplies par la lecture de livres, mais seulement par la pratique soutenue de l’introversion du mental. Le chercheur peut être un kritopâsaka (celui qui s’est accompli par la méditation), ou un akritopâsaka (celui qui n’a pas pratiqué la méditation) ; dans le premier cas, la moindre impulsion suffit pour qu’il réalise le Soi ; il ne lui reste plus qu’un faible doute qui est facilement dissipé par le fait d’entendre une seule fois la vérité de la bouche du Maître. Il parvient à l’état de samâdhi immédiatement. On peut supposer que dans ses vies antérieures, il était déjà passé par els trois stades décrits ; ils ne lui sont donc plus nécessaires. Dans le deuxième cas, toutes ces aides sont nécessaires au chercheur ; des doutes surgissent encore en lui, même après avoir entendu la vérité d’une manière répétée. C’est pourquoi il ne doit pas abandonner les aides jusqu’à ce qu’il obtienne l’état de samâdhi.

    Le shravana dissipe l’illusion que le Soi est un avec le corps, etc. Le manana donne la certitude que la Connaissance est le Soi. Le nididhyâsana révèle Soi comme étant Infinitude et Félicité.

     

     

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