• « Je suis » (selon Ramana Maharshi).(Partie 18)

     

    20 Il faut commencer par faire cesser l’agitation mentale. L’esprit doit être apaisé, détourné de ce qui le distrait et entraîné à l’introspection. Le premier pas, c’est l’indifférence au monde extérieur ; ensuite, vient la pratique de l’introspection. Cette indifférence se manifeste quand on prend conscience de la nature éphémère des phénomènes extérieurs. C’est ainsi que l’on perd tout intérêt pour l’argent, la renommée, les plaisirs, etc.  La notion de « je » doit être analysée au moyen de l’investigation ; il faut remonter jusqu’à sa source, le Cœur.

    « Le but est difficile à atteindre », « Je suis très loin de la Réalisation », « Que de problèmes à résoudre avant de parvenir au Réel » : ce genre de pensées doit être évité car elles constituent autant d’obstacles ; elles proviennent du faux moi, de l’ego ; elles sont erronées. Ne doutez jamais que vous êtes la réalité ; vivez avec cette idée. Ne la repoussez pas dans un avenir hypothétique.

     

    « Je suis » (selon Ramana Maharshi).(Partie 18)

     

    11 Discipline du jnana yoga (chemin de la connaissance) : rendre l’individu entièrement purifié en pensée comme en acte. Quatre qualités que le candidat doit arriver à posséder :

    1. La discrimination (viveka) entre les choses réelles (nitya) et les choses non réelles.
    2. L’abandon de toute passion (viraga) de jouir des choses d’ici-bas ou de là-haut.
    3. L’obtention de la paix (sama), de la maîtrise de soi (dama), et autres modes de réalisation (sadhana) :
      1. Calme (sama)
      2. Maîtrise de soi (dama)
      3. Stabilité (uparati)
      4. Patience (titiksa)
      5. Concentration (samadhana)
      6. Foi (sraddha)
    4. Le devoir d’être délivré (mumuksutva) de la quête du Soi.

    12 Instruction essentielle pour la recherche de l’Etre qui doit s’achever par l’expérience personnelle de l’élève. Trois étapes :

    1 L’instruction orale (sravana) : entendre des textes révélés par le gourou

    2 La réflexion raisonnée (manana) sur cet enseignement des Ecritures

    3 La méditation (nididhyasana) intuitive.

    13 Le renoncement non seulement moral, mais encore métaphysique, à l’individualité, à l’ego, est la condition préalable à l’ « aperception plénière de la suprême vérité ». L’ego est effacé, annihilé, afin que le Soi infini soit retrouvé.

    Le mahavakya (grande proposition) « Tu es Cela » : « Tu » = être individuel, entouré de limitations. « Cela » = l’être suprême, entièrement libre, omniscient, tout-puissant. Compréhension de son identité profonde avec le Soi, l’Un sans second = révélation à l’homme de son existence authentique.

    14 L’objectif est d’élargir la conscience empirique, jusqu’à ce qu’elle devienne universelle.

    15 L’humanité comporte trois types de personnes : 1) Les « asservis » ; 2) les « libérés ; 3), les « saints » participants aux deux catégories.

    Les libérés : L’égocentrisme en a disparu. Il garde une personnalité, il ne s’abstrait pas du monde ; mais les exigences d’un « moi » en ont disparu. La « psyché » que conserve le libéré est pure, dépourvue de « moi » centré sur un individu… dès lors, merveilleuse est sa lucidité ! Pour lui ont disparu : la notion de sujet-et-objet, la possession ; la préoccupation du corps ; la distinction ente « moi » et le mode… (Le monde lui-même en tant qu’entité distincte, autonome !) ; le mouvement mental inutile (il pense, mais quand et comme il faut) ; l’angoisse de la mort (il ne ressent envers elle qu’une complète indifférence) ; l’aspect psychique des douleurs corporelles… Il vit une Réalité indicible, immuable, infiniment féconde en manifestations.

    Le sage réalisé perçoit le monde d’un point de vue différent. Essayez donc d’attraper les images d’un film. Qu’attrapez-vous ? L’écran tout simplement. Que reste-t-il quand les images ont disparu ? L’écran, encore une fois. Il en est de même pour le monde : le jnâni n’y voit que la manifestation du Soi. L’univers extérieur est un film aux yeux de l’homme réalisé.

    L’homme ordinaire sait que les scènes et les personnages du film sont fictifs et n’ont pas d’existence réelle. Mais l’homme ordinaire croit en la réalité des objets de la vie quotidienne, tandis que l’être réalisé ne voit en eux que des images cinématographiques. Le Soi est le support qui prête au monde un semblant d’existence. La Réalité est intérieure au Soi et non à l’univers. C’est ce dont prend conscience l’homme réalisé.

    « Libéré vivant » : La peur de la mort a disparu pour toujours. Le « libéré vivant » a compris que le « moi » (l’ego) ne faisait qu’un avec le « Moi » Supérieur, Universel et Immortel », l’esprit et le moi réel de tout être humain.

    L’homme ordinaire : La différence d’avec l’homme initié apparaît dans l’attitude en face de la mort. Car celui chez lequel l’intérêt se concentre sur l’ « ego », être individuel séparé, a peur de la mort, qui menace de dissolution cet « ego ».

    Le véritable sens de « posture » est intérieur : c’est s’établir fermement dans le Soi. Chercher la source de l’esprit, c’est cela la vérité.

    Le « délivré-vivant » (jivan-mukta) devient immortel dans ce monde parce qu’il a connu le fond éternel, la racine même de son existence, parce qu’il a défait les nœuds qui liaient son âme au corps. C’est d’ailleurs la raison pourquoi l’existence et la continuation du corps (périssable) ne jouent plus aucun rôle pour lui. « Qui connaît ce suprême brahman devient lui-même brahman … Il passe outre à la souffrance, outre au mal. Délivré des nœuds intérieurs, il devient immortel ». Et encore : « Quand se rompent tous les nœuds du cœur ici, alors le mortel devient immortel ».

    16 Les pensées doivent cesser et la raison doit disparaître. Pour la méditation, le sentiment est l’élément primordial et non pas la raison. Il doit provenir, non de la tête, mais du côté droit de la poitrine, car c’est là que se trouve le Cœur.

    17 On n’atteint pas le but en une seule fois, par la réalisation de « je ne suis pas le corps, mais le Soi ». Nous suffit-il de voir une fois le roi pour être aussitôt promu à un poste de première importance ? Il faut entrer en samadhi constamment et réaliser le Soi, il faut éliminer totalement touts les anciennes vasanas et le mental, avant de devenir le Soi.

    18 Il n’y a pas à proprement parler de recherche du Soi. On ne peut rechercher que le non-Soi. On ne peut qu’éliminer le non-Soi. Alors le Soi se révélera de lui-même, car il est toujours manifesté.

    19 Obstacles et difficultés : Les obstacles à la Réalisation sont : la mémoire, principalement l’habitude de penser et les prédispositions latentes.

    20 Il faut commencer par faire cesser l’agitation mentale. L’esprit doit être apaisé, détourné de ce qui le distrait et entraîné à l’introspection. Le premier pas, c’est l’indifférence au monde extérieur ; ensuite, vient la pratique de l’introspection. Cette indifférence se manifeste quand on prend conscience de la nature éphémère des phénomènes extérieurs. C’est ainsi que l’on perd tout intérêt pour l’argent, la renommée, les plaisirs, etc.  La notion de « je » doit être analysée au moyen de l’investigation ; il faut remonter jusqu’à sa source, le Cœur.

    « Le but est difficile à atteindre », « Je suis très loin de la Réalisation », « Que de problèmes à résoudre avant de parvenir au Réel » : ce genre de pensées doit être évité car elles constituent autant d’obstacles ; elles proviennent du faux moi, de l’ego ; elles sont erronées. Ne doutez jamais que vous êtes la réalité ; vivez avec cette idée. Ne la repoussez pas dans un avenir hypothétique.

     

     

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