• « Je suis » (selon Ramana Maharshi).Partie 17

    L’homme éveillé dit qu’il ne savait rien dans l’état de sommeil. Maintenant il voit des objets et il sait qu’il est là ; tandis que dans le sommeil profond, il n’y avait pas d’objets, pas de spectateurs, etc. Celui-là même qui parle maintenant était aussi présent dans le sommeil profond. Quelle est la différence entre ces deux états ? Il y a maintenant des objets et le déploiement des sens qui n’existaient pas dans le sommeil. Une nouvelle entité, l’ego, s’est levée entre temps, elle joue à travers les sens, voit des objets, se confond avec le corps et dit que le Soi est l’ego. En vérité, ce qui existait dans le sommeil profond continue d’exister, maintenant également. Le Soi est inaltérable. C’est l’ego qui s’est interposé. Ce qui se lève et s’efface, c’est l’ego ; ce qui est immuable, c’est le Soi.

     

    « Je suis » (selon Ramana Maharshi).Partie 17 

                             

    5 Les trois états de conscience sont l’éveil, le sommeil avec le rêve et le sommeil profond. Dans le sommeil profond, il n’y a pas de mental.

    6 Ce sont des états changeants. Le passé est révolu, le futur arrive et le passé s’en va. Aucun de ces états changeants n’est vérité. La vérité est réelle, toujours identique, que ce soit dans le passé, le présent ou l’avenir. Vous êtes cette vérité immuable, constante, inchangée, toujours pareille à elle-même.

    7 Dans le sommeil profond, l’homme ne possède rien, pas même son propre corps. Et au lieu d’être malheureux, il est parfaitement heureux. Chacun désire dormir profondément. La conclusion en est que le bonheur est inhérent en l’homme et n’est pas dû à des causes extérieures. Pour ouvrir les réserves du bonheur parfait, il faut réaliser le Soi.

    Dans le sommeil profond, le mental est immergé mais il n’est pas détruit. Ce qui est immergé, tôt ou tard, émergera. Mais le mental qui est détruit ne peut plus réapparaître.

    8 RÊVE (sommeil avec rêves) : jamais nous ne perdons le sentiment de notre identité ; jamais non plus nous ne doutons de la réalité des présentations oniriques avant de nous réveiller. C’est à ce moment seulement que nous commençons à les considérer comme illusoires.

    SOMMEIL PROFOND (sommeil sans rêves) : le sujet et l’objet ont disparu et toute manifestation a cessé. Nous en revenons avec le sentiment d’avoir passé par une expérience du vide. Ce sommeil ne correspond nullement à un anéantissement total. Le souvenir se produit (« J’ai bien dormi »). Nous nous rappelons qu’il n’y avait tout simplement rien à percevoir, que le sens de l’espace et du temps était entièrement aboli. Dans cet état, il y a donc absence de sujet pensant, absence d’objet de la pensée, et souvenir quand même, c’est-à-dire présence du « témoin », du « spectateur permanent » au tréfonds de nous-mêmes.

    9 La perte de la personnalité devient pour ainsi dire non pas une extinction, mais la seule vie véritable.

    10 Pour Maharshi, il n’y pas une expérience du monde de la dualité (vyavaharika) suivie par une expérience de l’absolu (paramarthika), il n’y a donc pas un « avant » ni un « après ». L’Etre est toujours présent et sa connaissance n’est pas le fruit d’une discipline (sadhana). Vouloir garder de pareilles idées, c’est faux. Cette connaissance est innée, elle est en nous et personne ne l’a jamais perdue.

    11 L’homme éveillé dit qu’il ne savait rien dans l’état de sommeil. Maintenant il voit des objets et il sait qu’il est là ; tandis que dans le sommeil profond, il n’y avait pas d’objets, pas de spectateurs, etc. Celui-là même qui parle maintenant était aussi présent dans le sommeil profond. Quelle est la différence entre ces deux états ? Il y a maintenant des objets et le déploiement des sens qui n’existaient pas dans le sommeil. Une nouvelle entité, l’ego, s’est levée entre temps, elle joue à travers les sens, voit des objets, se confond avec le corps et dit que le Soi est l’ego. En vérité, ce qui existait dans le sommeil profond continue d’exister, maintenant également. Le Soi est inaltérable. C’est l’ego qui s’est interposé. Ce qui se lève et s’efface, c’est l’ego ; ce qui est immuable, c’est le Soi.

    12 Le samadhi est notre état naturel. C’est le courant sous-jacent à tous les trois états. Cela, c’est-à-dire le « Je » (le Soi), n’est pas dans ces états, mais ces états sont en Lui. L’état de samadhi est toujours présent, même dans les activités de la vie quotidienne (vyava âradâsa). Nos activités pratiques (vyavahâra) n’ont pas d’existence séparée de l’état de samadhi. L’écran de cinéma demeure inaltérable, que la projection des images ait lieu ou non. Ainsi le Soi est-il toujours présent, soit quand l’activité journalière se déroule (vyavahâra), soit quand la paix seule prévaut (shanti).

    13 Les divers états se distinguent par la présence ou non de l’esprit. Mais le Soi est toujours là et continue d’exister, même quand l’esprit n’est plus là. Le rêve, le sommeil et la veille concernent la même personne. Vous êtes témoin de ces états de conscience ; ils défilent devant vous. En fait, la plupart des gens sont endormis, parce qu’ils ne sont pas éveillés au Soi.

    14 Dans l’état de sommeil profond, nous abandonnons notre ego (ahankara), nos pensées et nos désirs. Si seulement nous pouvions faire de même tandis que nous sommes conscients, nous réaliserions le Soi. Le sannyasa, c’est la suppression, le renoncement à l’ego. Celui qui a renoncé à l’ego, fût-il chef de famille, n’est plus affecté par les événements de la vie du monde, de même que les rêves ne nous affectent pas réellement : le lit du rêveur n’est pas mouillé, quand celui-ci rêve qu’il se trouve dans l’eau.

    15 Quand le rêveur s’éveille, cherche-t-il à savoir si ceux qui se trouvaient dans son rêve sont eux-mêmes éveillés ?

    16 C’est dans notre esprit que le monde apparaît et disparaît. Quand vous venez en Inde, est-ce que votre corps se déplace réellement ? Non ! C’est le véhicule qui se déplace, tandis que votre corps se trouve à l’intérieur et ne bouge pas. C’est le bateau, c’est le train qui fait le voyage. De même que ces mouvements sont surimposés à votre corps, visions, rêves, et mêmes réincarnations sont surimposées à votre véritable Moi. Celui-ci demeure immuable ; il n’est pas altéré par tous ces changements extérieurs ; il se tient immobile tout comme le corps dans la cabine du navire. Vous ne changez jamais, vous êtes au-delà de l’espace et du temps. Ces deux concepts naissent à cause du moi limitateur. Le « je » est à la fois sans limite et limité. Tant que vous l’associez au corps, il est limité. Au moment du réveil, avant d’être pleinement conscient du monde extérieur, on se trouve dans un interstice hors du temps et de l’espace ; c’est l’état du véritable Moi.

     

     

    « « Je suis » (selon Ramana Maharshi).Partie 16« Je suis » (selon Ramana Maharshi).Partie 18 »
    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :