• « Je suis » (selon Ramana Maharshi).(Partie 14)

    3 Rien n’arrive à l’existence ou ne cesse d’exister, car seul le Soi existe et il est la seule réalité immuable. Le temps, l’espace, la cause et l’effet, n’existent que dans l’esprit d’un ajnani, et l’expérience du Soi révèle leur non-existence. C’est l’ego qui est à l’origine du monde ainsi que de toutes les sciences, et des recherches infinies qu’elles engendrent. Si cet ego est dissous par l’investigation, tout l’édifice du karma accumulé s’écroule et seule demeure la réalité du Soi.

     

    « Je suis » (selon Ramana Maharshi).(Partie 14)

     

     

    V Mâyâ

    1 L’ignorance est due à la limitation du Soi, que nous nous imposons par erreur.

    2 L’espace et le temps sont en nous. Vous êtes toujours dans le Soi. Comment l’espace et le temps pourraient-ils vous affecter ?

    3 Rien n’arrive à l’existence ou ne cesse d’exister, car seul le Soi existe et il est la seule réalité immuable. Le temps, l’espace, la cause et l’effet, n’existent que dans l’esprit d’un ajnani, et l’expérience du Soi révèle leur non-existence. C’est l’ego qui est à l’origine du monde ainsi que de toutes les sciences, et des recherches infinies qu’elles engendrent. Si cet ego est dissous par l’investigation, tout l’édifice du karma accumulé s’écroule et seule demeure la réalité du Soi.

    4 Celui qui pense qu’il est l’auteur de l’acte est aussi celui qui souffre. La souffrance ne cessera pas tant que vous n’aurez pas perdu votre individualité. Celui qui examine avec attention son propre Soi, qui est félicité, ne ressentira aucune souffrance tout au long de sa vie. Nous souffrons parce que nous identifions ce corps, qui n’est pas nous-même, au « je ». La souffrance est entièrement due à cette illusion. Cherchez à l’intérieur. Rencontrez le Soi. Cet instant sera alors la fin du monde et de ses souffrances.

    5 Faut-il ne pas voir du tout le monde ? On ne vous demande pas de fermer vos yeux au monde. Vous devez simplement vous voir d’abord, et ensuite voir le monde entier comme étant le Soi. Si vous vous identifiez au corps, le monde apparaît comme extérieur à vous. Si vous êtes le Soi, le monde apparaît comme Brahman.

    6 Jnana (Connaissance) ne signifie pas que quelqu’un a la connaissance du Soi, parce que dans la réalisation du Soi, il n’y a pas quelqu’un qui connaît et il n’y a rien à connaître qui soit séparé du Soi. La connaissance véritable, ou jnana n’est ni objet d’expérience, ni appréhension d’un  état différent, distinct du sujet connaissant ; c’est une réalisation cognitive, directe, d’une réalité unique dans laquelle sujet et objet ont cessé d’exister. Celui qui est établi dans cet état est appelé jnani.

    7 Avec les images, le Soi est dans sa forme manifestée ; sans les images, il est dans sa forme non-manifestée. Pour le jnani, il importe peu que le Soi soit sous une forme ou sous une autre. Il est toujours le Soi. Pour le jnani, les trois degrés ont tous le même degré d’irréalité. Son état est celui d’éveil ininterrompu parce qu’il est éveillé au Soi éternel.

    8 Lorsque vous rêvez et voyez plusieurs personnages, en vous réveillant et en vous rappelant votre rêve, vous assurez-vous que les personnages de votre rêve sont eux aussi réveillés ?

    9 Qu’est-ce que la mâyâ ? Rien d’autre que la Réalité.

    10 Les pouvoirs occultes (siddhi) ne sont que dans le mental. Ils ne sont pas naturels au Soi. Ce qui n’est pas naturel, mais acquis, ne peut pas être permanent et ne vaut pas la peine que l’on s’efforce de l’obtenir.

    11 Les pouvoirs occultes n’apporteront jamais de bonheur à qui que ce soit. Bien au contraire, ils le rendront d’autant plus malheureux.

    12 Quel est le pouvoir réel ? Est-ce l’accroissement des richesses ou bien le fait d’amener la paix ? Ce qui conduit à la paix est la plus grande des perfections (siddhi).

    13 Ce qui importe vraiment, c’est seulement ce qui est naturel. Car c’est éternel et ne peut faire l’objet d’une expérience. Ce qui est né doit mourir. Ce qui est acquis doit être perdu. Etes-vous né ? Vous existez depuis toujours. Le Soi ne peut jamais être perdu.

    14 Plus le corps est faible, plus le mental devient fort.

    15 Matière et mental coexistent.

    16 Le paroxysme de la joie est en fait aussi pénible à supporter que celui de la douleur – La paix réelle est le bonheur.

    17 Beaucoup sont parvenus à rejeter les distractions parce qu’ils croyaient qu’ils le pouvaient.

    18 Triades (tripûti) : Le sujet-l’objet-la relation entre les deux. Le connaisseur-le connu-la connaissance.

    19 Les gens supposent qu’il existe deux « je » ; l’un inférieur et irréel, dont tout le monde est conscient, l’autre supérieur et réel, qu’il s’agit de réaliser.

    20 Chacun est un suicidé. L’état éternel, naturel, plein de félicité, a été étouffé par cette vie d’ignorance. Sous cet aspect, la vie actuelle est le résultat du meurtre de l’Etre pur et éternel. N’est-ce pas une forme de suicide ? Par conséquent, chacun est un suicidé.

    21 La connaissance d’être est toujours là. Elle est éternelle et pure. La conscience du monde apparaît et disparaît. Elle est transitoire.

    22 Il n’y a rien à apprendre, rien à discuter et rien à conclure. Chacun connaît : « Je suis ». Le « Je » est confondu avec le corps, parce que le « je » s’élève de l’absolu et donne naissance à la buddhi (l’intellect). Dans la buddhi, le « Je » prend la taille et la forme du corps. Dépassez seulement la fausse idée que le « Je » est le corps. Trouvez à qui se présentent les pensées. Si la conscience du « je » disparaît, la découverte est achevée. Ce qui subsiste, c’est le pur Soi. Comparez le sommeil profond et l’état de veille. Ce n’est que dans ce dernier que se trouvent la multiplicité et le corps. Dans le sommeil profond, le Soi demeure sans qu’il y ait perception du monde ou du corps. Là règne le bonheur.

    23 Le Soi reste VOILE par les vâsanâ (les prédispositions) et ne se révèle que lorsqu’elles ont été extirpées.

    24 Qu’est-ce qui est réel et qu’est-ce qui est irréel ? Ce qui veut dire en d’autres mots : Qu’est-ce qui est permanent, impérissable, non conditionné, et qu’est-ce qui est temporaire et conditionné ?

    25 Le monde est l’aspect ordinaire du monde. La vérité du monde est l’aspect non-manifesté. C’est la substance ou essence ultime dans laquelle nous baignons, et par laquelle nous nous mouvons. Il est la Réalité ontologique qui soutient et anime le monde. Certes, le mental ne saurait l’appréhender et ce n’est qu’une fois réduit au silence et qu’aucune de ses pensées-nuage ne se présente pour obscurcir la conscience que l’Etre pur peut se révéler dans toute sa splendeur, démontrant en même temps l’inanité de tous les noms et formes.

    26 Vivekananda : « Celui qui connaît le Réel voit dans la Mâyâ non pas l’illusion, mais la réalité. Celui qui ne connaît pas le Réel, voit dans la Mâyâ l’illusion et pense qu’elle est réelle ».

    Maharshi : « Pour ceux qui n’ont pas la Connaissance, comme pour ceux qui l’ont, le monde est réalité. Pour ceux qui n’ont pas la Connaissance, la réalité est limitée à la mesure du monde. Pour ceux qui ont la Connaissance, existe au-delà du monde, la Réalité informelle et infinie. Ceci est la seule différence entre eux ». « Pour ceux qui ne connaissent pas le Soi, comme pour ceux qui le connaissent, le corps est certainement « Je ». Pour ceux qui ne connaissent pas le Soi, le « Je » est limité au corps seul. Pour ceux qui connaissent le Soi intérieur, le « Je » brille de lui-même sans être conditionné (par une localisation). Ceci est la seule différence entre eux ».

    27 Une illusion ne saurait se produire sans un substrat. Même dans la vie quotidienne, celui-ci n’a pas besoin de changer pour créer l’illusion. La corde reste une corde quoiqu’on la prenne pour un serpent.

    28 Pour sortir de toutes ces illusions, même de la corde en tant que corde, il faut comprendre que causes et effets n’ont pas de réalité substantielle et se concentrer sur l’Etre qui reste immuable bien que présent aux expériences innombrables de notre vie. Transcendant le temps, l’espace et la causalité, il est cependant la base de toute manifestation, comme l’écran sur lequel se déroule un film cinématographique.

    29 L’expérience empirique se déroule dans le temps. Où, dans le cours du temps, pouvons-nous situer la conscience d’être, cette évidence de l’existence qui s’exprime par les mots « je suis » ? On ne peut localiser le « Je suis » en un point déterminé du temps. C’est le temps qui se projette, en tant que passé, présent ou futur, sur la Conscience du « Je suis » qui, elle toujours présente, n’est pas affectée par les modes du temps. Elle est le « présent éternel ».

     

     

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