• « Je suis » (selon Ramana Maharshi).Partie 1

    Quand un homme réalise le Soi, que voit-il ? Il n’y a pas de vision. La vision est simplement l’être. L’état de réalisation n’est pas l’attente de quelque chose de nouveau ou d’un but lointain, mais seulement d’être ce que vous ne cessez d’être, et ce que vous avez toujours été. Tout ce qu’il vous faut, c’est de cesser de réaliser comme vrai ce qui ne l’est pas. Nous regardons tous comme réel ce qui ne l’est pas. Nous n’avons qu’à perdre cette habitude. Nous réaliserons alors le Soi en tant que Soi ; en d’autres mots, « soyez le Soi ». A un certain moment, vous vous moquerez de vous-même en vous voyant chercher à découvrir le Soi qui est tellement évident.

    « Je suis » (selon Ramana Maharshi).Partie 1

     

    I  L’ego

    1 Il n’y a pas de dualité. Votre connaissance actuelle est due à l’ego, et elle n’est que relative. La connaissance relative a besoin d’un sujet et d’un objet, tandis que la conscience du Soi est absolue et n’a pas besoin d’objet. Le Soi est seulement existence, mais différent de l’existant et du non-existant ; il est connaissance, mais différent du savoir et de l’ignorance. Dans quelle mesure est-il définissable ? Il est simplement existence.

    2 Quand un homme réalise le Soi, que voit-il ? Il n’y a pas de vision. La vision est simplement l’être. L’état de réalisation n’est pas l’attente de quelque chose de nouveau ou d’un but lointain, mais seulement d’être ce que vous ne cessez d’être, et ce que vous avez toujours été. Tout ce qu’il vous faut, c’est de cesser de réaliser comme vrai ce qui ne l’est pas. Nous regardons tous comme réel ce qui ne l’est pas. Nous n’avons qu’à perdre cette habitude. Nous réaliserons alors le Soi en tant que Soi ; en d’autres mots, « soyez le Soi ». A un certain moment, vous vous moquerez de vous-même en vous voyant chercher à découvrir le Soi qui est tellement évident.

    3 Ce stade transcende et le voyant, et la vision. Il n’y a pas de voyant et il n’y a rien à voir. Le voyant qui a cette vision cesse à l’instant d’exister, et seul demeure le Soi.

    4 Si nous parlons d’une connaissance du Soi, alors il doit y avoir deux « soi », un soi connaisseur et un soi objet de connaissance, sans compter le processus de connaissance lui-même. L’état que nous appelons réalisation c’est simplement être soi-même, sans chercher à connaître quoi que ce soit ou à devenir quoi que ce soit. Si quelqu’un l’a réalisé, il est ce qui seul est et ce qui seul a toujours été. Cet état est indescriptible. On ne peut être que cela. Bien sûr, on parle par approximation de réalisation-du-Soi parce qu’on n’a pas de meilleur terme. Comment « réal-iser » ou rendre réel ce qui est seul réel ?

    5 Pour ceux qui vivent dans le Soi, beauté dépourvue de pensée, il n’y a rien à quoi il faudrait penser. Ce à quoi il nous faut donner notre adhésion n’est que l’expérience du silence, parce que dans cet état suprême, il n’existe rien d’autre à atteindre que soi-même.

    6 Les sages disent que seul l’état dans lequel la pensée « je » (l’ego) ne se manifeste plus, si peu que ce soit, est le Soi, qui est silence (mouna). Le Soi seul est le jiva (âme individuelle). Toutes les autres connaissances sont des connaissances frivoles et sans intérêt ; l’expérience du silence seule est la connaissance véritable et parfaite. Sachez bien que les nombreuses différences objectives ne sont pas réelles mais de simples surimpositions sur le Soi, qui est la forme de la véritable connaissance.

    7 Le temps surgit en tant que concept aussitôt après l’apparition de l’ego. Vous êtes le Soi, au-delà du temps et de l’espace. Espace et temps ne peuvent pas affecter le Soi. Ils sont en vous.

    8 L’esprit n’est rien d’autre que l’ensemble des pensées. De toutes ces pensées, la « pensée-je » en est la racine. Elle est à elle seule, l’esprit. La naissance de la « pensée-je » est votre propre naissance, sa mort est la mort de la personne. Tout de suite après l’apparition de la « pensée-je », surgit la fausse identification avec le corps. Débarrassez-vous donc de la « pensée-je ». Aussi longtemps que le « je » est en vie, les ennuis sont là. Quand le « je » n’existe plus les ennuis s’évanouissent.

    9 Comment l’ego peut-il être détruit ? Saisissez-le d’abord, ensuite vous demanderez comment le détruire. Qui pose la question ? C’est l’ego. Cette question permet à coup sûr d’entretenir l’ego, pas de le détruire. Si vous cherchez l’ego, vous allez trouver qu’il n’existe pas. C’est la façon de le détruire.

    10 Cet ego fantomatique qui est dépourvu de forme, naît de la saisie d’une forme ; en saisissant une forme, il s’installe dans la durée ; se nourrissant des formes, il se développe davantage ; abandonnant une forme, il en prend une autre, mais dès qu’il est recherché, il prend la fuite.

    11 Que veut dire disparition du moi individuel ? Cela veut dire élargissement du champ de la bhakti.

    12 Considérer que son corps est le Soi est un suicide. Celui qui perçoit son propre Soi ne se laissera pas émouvoir par les conflits qui peuvent se produire ! Il considèrera les joies et les souffrances du monde comme une pièce de théâtre. Si vous voyez le monde, le Soi demeure invisible ; et si vous voyez le Soi, le monde demeure invisible. L’ego doit mourir. Ensuite, seul demeurera le Soi.

    13 Noms et formes sont des enchaînements. Ce qui EST est un, omniprésent et universel. Nous disons : « Ceci est une table, ceci est un oiseau, ceci est un homme ». La seule différence est dans le nom et la forme, mais Cela qui EST se trouve en tous lieux et à tout moment. De même, vous voyez le monde grâce à la petite lumière appelée esprit et vous percevez toutes sortes de couleurs différentes. Mais si vous les voyez au moyen de la grande lumière appelée réalisation du Soi (atma jnana), vous découvrirez qu’il s’agit alors d’une unique lumière universelle. Si l’esprit est anéanti, il est semblable à une graine rôtie ; il ne « repousse » pas.

    14 Les pouvoirs occultes ne peuvent se manifester que si l’ego est encore vivant. Vous savez bien que vous ne grandissez pas en acquérant des richesses, et que vous ne rapetissez pas en les perdant. Vous restez ce que vous êtes depuis toujours.

    15 Le progrès relève de la dualité, c’est-à-dire du mental et non point du Soi. Le Soi est toujours parfait.

     

     

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