• « Je ne suis pas Charlie ». (Troisième partie)

    Entre ceux qui veulent faire descendre les valeurs de la République (« Liberté-Egalité-Fraternité ») des frontons des hôtels de ville et des bâtiments publics, pour les faire vivre véritablement dans la vie de tous les jours, et ceux qui veulent continuer de bénéficier des divers droits, sans les partager avec la grande majorité des pauvres, mais en maintenant ces citations comme des sortes de vaches sacrées sur les murs des bâtiments publics, lesquels seront cocus et dupés ? Seul le proche avenir nous le dira.

    « Je ne suis pas Charlie ». (Troisième partie)

     

    Le 11 janvier 2015 : une journée de dupes :

     

    Les journalistes glosent sur les manifestations du 11 janvier 2015 en déclarant qu’il s’agit de « défendre nos valeurs », qu’il s’agit d’une défense de la République », d’une communion dans les droits de l’hommes, de protéger notre culture contre la barbarie.

    C’est là le fond du problème, et c’est sur ce point que le réveil va être difficile dans les mois et les années à venir.

    Incontestablement, cette journée de « réveil républicain » est historique :

    • A la fois, cela manifeste que le peuple français est mobilisé, et prêt à entrer à nouveau sur l’arène politique ;
    • Cette journée est la première marche vers un changement social majeur : même si le mouvement peut prendre de nombreuses années, c’est la première étape vers un monde nouveau ;
    • Mais c’est aussi, comme il se doit un événement contradictoire, qui donne lieu à diverses interprétations qui nous oblige à donner aux mots leur véritable sens.

    De quelle république parle-t-on ?

    Il y a d’une part, la république bourgeoise, la république des nantis. Ce sont ceux qui considèrent que les droits de l’homme ne s’appliquent qu’à « ceux qui ont » (des biens). Plus tu as de biens, plus tu as de droits. Ce sont aussi ceux qui, de « gauche », comme de droite, depuis plus de quarante années, refusent de donner un contenu concret aux droits de l’homme à tous les « sans ». Alors que la richesse globale de la société a doublé en quinze années, à un bout, il y a une minorité de grands bourgeois, qui se gavent (qui sont en particulier propriétaires des mass médias, ce qu’ont constamment dénoncé les vrais « Charlies »), et de l’autre côté, de plus en plus de pauvres, dont les travailleurs et les retraités pauvres. Ceux là, sont le grand nombre : sans emploi, ou avec des emplois précaires, sans domiciles, ou avec des logements insalubres, qui ne peuvent pas se soigner, et dont les enfants vont dans des écoles « galères », qui peuplent en surnombre les prisons. De plus en plus, à ces personnes sont déniées, non seulement les droits élémentaires (un travail, un logement, la santé, l’éducation, etc.), mais c’et la vie qui leur est déniée.

    Les SDF, voilà une véritable cause nationale qui devrait mobiliser nos élus, ou bien le chômage: 150 000 SDF, dont 30 000 enfants, et de plus en plus de femmes. 400 SDF meurent chaque année dans la rue.

    Il y a d’autre part, la république sociale, la république populaire, qui garantit à tous les droits fondamentaux, ainsi que les diverses libertés (dont la liberté de presse et la liberté de rire). L’une des revendications est la démocratie populaire. Comme le disait déjà Coluche : « Si voter changeait quelque chose, il y a longtemps que cela serait interdit ».

    Ainsi, l’un des enseignement de la journée du 11 janvier 2015 est que les élections seules, ne servent à rien : Seule l’unité populaire fera plier les nantis et les obligera à donner un aspect concret aux divers droits.

    Cette absence de droits pour les plus pauvres est le terreau sur lequel poussent les divers fanatismes et fascismes. Aussi, lutter contre les barbares fascistes, c’est donner à tout le peuple des droits réels : le droit de travailler, de se loger, de manger, de la culture et de l’éducation.

    C’est sur ce point que la journée du 11 janvier est une journée des dupes :

    • D’une part, les nantis, dont les élus, qui ont participé à la manifestation, espèrent maintenir le statut quo, c’est-à-dire préserver une république bourgeoise, où les droits de l’homme sont réservés aux bourgeois et aux nantis. Il faut donc continuer à tenir à l’écart les classes travailleuses, considérées comme dangereuses, les banlieues, quitte à créer un régime d’oppression et de limitation encore plus drastiques des diverses libertés. En d’autres termes, en donnant le pouvoir d’Etat aux fascistes. C’est là une impasse, qui va accentuer les divers problèmes, dont le « terrorisme » ! La fausse distinction entre « gauche » et droite disparaît face à l’union des nantis contre le peuple.
    • D’autre part, la majorité des Français, qui souhaitent une république sociale, avec des droits réels pour tous. Dont la sécurité notamment pour les minorités musulmanes et juives. Là aussi le réveil est dur le 12 janvier 2015, et ces manifestant là auront aussi la gueule de bois, car ils vont se rendre compte qu’il ne suffit pas d’une manifestation, où dégoulinent les bons sentiments (« Fraternité »), pour que la majorité obtienne enfin l’application à tous des droits de l’homme : seule une révolution radicale, menée par la classe ouvrière sera à même d’obtenir ce résultat, après un parcours long et sinueux.

    Cet événement historique du 11 janvier 2015 en rappelle d’autres, comme par exemple la mobilisation nationale autour du meurtre du journaliste Victor Noir, tué le 20 janvier 1870 par un membre de la famille de Napoléon III. Sans être devin, un tel événement en prépare d’autres de grande ampleur.

    Entre ceux qui veulent faire descendre les valeurs de la République (« Liberté-Egalité-Fraternité ») des frontons des hôtels de ville et des bâtiments publics, pour les faire vivre véritablement dans la vie de tous les jours, et ceux qui veulent continuer de bénéficier des divers droits, sans les partager avec la grande majorité des pauvres, mais en maintenant ces citations comme des sortes de vaches sacrées sur les murs des bâtiments publics, lesquels seront cocus et dupés ? Seul le proche avenir nous le dira.

     

     

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