• Au 21° siècle : « Révolution » macronienne ou Révolution prolétarienne ? (Partie 21) Dictature de la bourgeoisie ou dictature du prolétariat ? Barbarie ou Socialisme ? Code du Capital ou Co

    Un caractère commun entre la bourgeoisie et les classes exploitantes antérieures (maîtres d’esclaves, nobles) est qu’elle aussi s’imagine fermement que son système social et ses valeurs morales sont les seuls possibles et sont donc éternels : la bourgeoisie cherche à inculquer cette idée à tout le peuple afin de l’empêcher d’envisager toute transformation de la société. 

     

    Au 21° siècle : « Révolution » macronienne ou Révolution prolétarienne ? (Partie 21) Dictature de la bourgeoisie ou dictature du prolétariat ? Barbarie ou Socialisme ? Code du Capital ou Code du Travail ? Pour commémorer la Révolution russe d’octobre 2017.

     

    a-                 Le second point du programme communiste, c’est l’abolition de la liberté bourgeoise.

    Encore une fois, on ne peut parler de la liberté en général, en faisant abstraction des conditions concrètes, historiques, de la réalisation, de cette liberté. La liberté, comprise au sens bourgeois, constitue un progrès par rapport à ce que pouvait offrir le moyen âge. La liberté, au sens bourgeois, c’est la liberté d’entreprise, c’est-à-dire la liberté d’exploiter le travail des ouvriers. Cette liberté est réactionnaire par rapport à la liberté prolétarienne.

    Marx et Engels parlent de la suppression de la personne bourgeoise. De quoi s’agit-il ? S’agit-il de la suppression physique et immédiate de tous les éléments d’une classe sociale ? Non bien sûr, c’est là une déformation dogmatique du marxisme. Il s’agit, en changeant la société, de supprimer le type humain, tel qu’il existe, sous sa forme bourgeoise. Les bourgeois concrets et vivants seront eux-mêmes rééduqués, c’est-à-dire qu’ils devront vivre de leur propre travail, et non plus de l’exploitation du travail d’autrui. Bien sûr, il faudra pendant un certain temps exercer sur cette classe (jusqu’à sa disparition en temps que classe) une dictature, afin de l’empêcher de rétablir son paradis perdu, et de faire tourner la roue de l’histoire à l’envers. Mais si, au cours du socialisme, on enlève à tous les individus faisant partie de la classe bourgeoise la possibilité de retrouver les anciens privilèges, par contre, ils bénéficient, comme tous les individus de la société, des mêmes droits (droit au travail en particulier, et possibilité de vivre des produits de leur travail, de consommer les produits obtenus grâce à ce travail, droit à la santé, etc.) : « Le communisme n’enlève à personne le pouvoir de s’approprier des produits sociaux ; il n’ôte que le pouvoir d’asservir à l’aide de cette appropriation le travail d’autrui. » (69).

    Un caractère commun entre la bourgeoisie et les classes exploitantes antérieures (maîtres d’esclaves, nobles) est qu’elle aussi s’imagine fermement que son système social et ses valeurs morales sont les seuls possibles et sont donc éternels : la bourgeoisie cherche à inculquer cette idée à tout le peuple afin de l’empêcher d’envisager toute transformation de la société. 

    b-                 Le troisième point du programme communiste est l’abolition de la famille.

    Qu’est-ce que la famille ? Encore une fois, le débat est faussé et tronqué par l’idéologie bourgeoise qui, en particulier, s’acharne à dénaturer la position des communistes sur ce problème également. Il ne s’agit pas de supprimer la famille dans l’absolu. Ce qu’il faut abolir, c’est la famille bourgeoise qui est la cellule de base de la société capitaliste, sans préjuger de ce par quoi cette institution sera remplacée dans le communisme. La famille bourgeoise est à la fois une créature du système capitaliste, et elle contribue à reproduire les conditions d’existence de ce système : c’est pourquoi elle disparaîtra en même temps que ce système.

    La famille n’est pas une entité abstraite et éternelle, mais c’est une création de l’histoire humaine.

    La famille a une histoire : elle n’a pas toujours existé. Dans le communisme primitif, les rapports sexuels étaient épisodiques, il n’y avait pas de rapports permanents entre tel homme et telle femme. Tous les hommes aimaient toutes les femmes et réciproquement. Il y avait communauté des enfants, et la propriété de l’homme sur la femme et les enfants était absente.

    Quand la famille est née, sa conception a varié d’une société à l’autre, d’une époque à l’autre. Elle a varié aussi d’une clase sociale à l’autre. Ainsi, il y a une grande différence entre la famille féodale –telle qu’elle est critiquée par Molière dans ses pièces de théâtre – qui se caractérise par l’autorité absolue du père sur ses enfants et sa femme, le mariage arrangé par les parents, et la famille bourgeoise. La famille bourgeoise est née, s’est développée avec la classe bourgeoise, elle en porte les caractères, et elle disparaîtra avec la bourgeoisie.

    Quelle est la base de la famille bourgeoise ? C’est l’argent.

    Dans les sphères de la bourgeoisie, on marie deux comptes en banque. Les sentiments ont un caractère de classe et l’ « amour » pur, entre deux individus de classes différentes, entre le roi et la bergère, n’existe que dans les romans.

    Pour le prolétariat, la famille existe à peine : après dix heures – et parfois plus – de travail par jour, la fatigue physique et psychologique se fait senti, et mine la vie de couple. Le mari et la femme ont à peine le temps de se connaître. Pour eux, les enfants sont comme des étrangers.

    Quels rapports les membres d’une même famille prolétarienne entretiennent-ils entre eux ? Les enfants sont exploités par les patrons et par les parents et forcés de travailler à l’usine pour apporter un complément de salaire. De même, les femmes sont exploitées par les hommes : contraintes de travailler à la fabrique, elles doivent en plus fournir un travail domestique !

    C’est dans la famille que se reproduisent d’abord les rapports de classe, qui sont intériorisés par chaque individu : le père représente l’aspect dominant exploiteur, la mère et les enfants, l’aspect dominé, exploité.

    Quel sort est réservé à la femme ?

    Dans le capitalisme coexistent deux types de prostituées, la prostituée de passage, que l’on paie, et l’épouse, prostituée permanente, entretenue.

    Dans la société bourgeoise, il n’y a pas des rapports entre individus responsables, entre les hommes et les femmes, mais des rapports entre les choses : les individus sont traités comme des objets (c’est la réification) (70).Par exemple, les enfants sont traités comme des instruments de travail, de production de valeurs, permettant d’augmenter la plus-value, et les femmes comme des instruments de (re) production. Le capitalisme ne s’intéresse à l’individu que sous l’angle de la productivité, et nie purement et simplement toutes les autres facettes du caractère et de la personnalité : tout ce qui n’est pas monnayable n’existe pas. Les richesses sociales ne sont pas créées pour répondre aux besoins et aux plaisirs des membres de la société, mais inversement, les individus n’existent que pour produire ces biens et services au profit d’une minorité de privilégiés, qui n’existent que comme supports de la propriété privée. Les enfants ne sont que les moyens offerts par la nature pour transmettre cette propriété privée par l’héritage. Bien sûr, il convient de préciser que les communistes ne s’opposent pas, par principe, au travail manuel féminin, ou des enfants, en général, mais ils s’opposent au travail dans les conditions dans lesquelles il s’exerce dans le système capitaliste.

    La communauté des femmes a toujours existé pour la bourgeoisie : celle-ci tient un double langage, distinguant d’une part, les femmes « dignes », d’un bon milieu, que l’on épouse, et d’autre part, les femmes « faciles », avec lesquelles on s’amuse et on « fait » l’amour, ce que permet l’argent (adultères avec les femmes mariées, les épouses des autres bourgeois, et avec les femmes et les filles des prolétaires) : ceci constitue la prostitution non officielle qui fait que, potentiellement, les corps de toutes les femmes appartiennent à la classe capitaliste dans son entier et pourront être « exploitées » et mis à profit par les bourgeois. A cela s’ajoute la prostitution officielle, déclarée, pure et simple. Ainsi, les discours lénifiants sur la famille, la sainteté du mariage, sur la chasteté et la virginité prénuptiale, ne sont que pure hypocrisie des clercs, chiens couchants du capital.

    En fin de compte, quand on parle d’abolition de la famille, qu’est-ce qu’il s’agit de supprimer ?

    C’est la valeur « famille bourgeoise » comme idéal ! Cet idéal est mis à mal, et même supprimé de fait par la bourgeoisie, pour la plus grande partie de la société. Cette « famille » n’existe pas pour le peuple, cet idéal est irréalisable pour lui étant donné ses conditions de vie matérielle et spirituelle. Dans le milieu bourgeois, il y a discordance totale entre le discours moralisateur sur la famille et la réalité vécue de celle-ci. Il s’agit donc de supprimer quelque chose qui n’a plus que l’existence d’un fantôme, d’une institution morte, mais qui néanmoins demeure un idéal envahissant.

     

    L’éducation, dans le socialisme, ne se fera plus par la famille, mais par la société : on remplacera les conditionnements bourgeois par d’autres, plus en rapport avec la nature humaine contemporaine, et le niveau actuel des forces productives, et qui épanouiront plus l’individu. S’il est impossible de deviner ce que seront les structures de base de la société communiste, la famille sous sa forme socialiste continuera sans doute à subsister pendant une certaine période après le capitalisme, à côté d’autres expériences sexuelles, affectives, communautaires, entre individus.

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