• ROBESPIERRE ET LA LAÏCITE (4° PARTIE)

    Les inégalités sociales ont mis au monde deux égalités de belle venue : l’égalité du ciel, qui pour les chrétiens compense les inégalités de la société et l’égalité civile, cette très sublime conquête de la Révolution sert aux mêmes usages. Cette égalité civile, qui conserve aux Rothschild leurs millions et leurs parcs, et aux pauvres leurs haillons et leur poux.

     

    ROBESPIERRE ET LA LAÏCITE (4° PARTIE)

    CONCLUSION :

    Lors de la révolution, la contradiction principale oppose le féodalisme, et la bourgeoisie, classe montante, progressiste et révolutionnaire. Robespierre a su s’emparer de cette contradiction principale et la mener jusqu’au bout. En cela il a été un révolutionnaire conséquent et l’allié des clases populaires, sans-culottes et bras nus.

    Pour une situation où émerge clairement la contradiction entre le prolétariat et la bourgeoisie, où elle s’aggrave et mûrit, le féodalisme doit être balayé.

    C’est la base de la raison pourquoi les ancêtres du prolétariat ont été les plus déterminés contre le féodalisme et ont lutté en première ligne. Parce que, plus le féodalisme est balayé par un combat paysan déterminé, plus émerge la contradiction entre bourgeoisie et prolétariat, et les conditions favorables apparaissent pour la lutte de classe du prolétariat pour le socialisme.

     

    Insensiblement, Robespierre est passé de la méfiance envers les ennemis de la patrie à un fanatisme qui se défie de tous, son idéal de pureté et de vertu dévie vers l’intolérance et le sectarisme.

    Robespierre, à la fin, ne supporte plus la contestation de ses idées, et son incorruptibilité évidente vire à une intransigeance qui deviendra de plus en plus impitoyable.

    Son dernier discours : il est incantatoire. Robespierre est seul. Il parle de « fripons, », « calomniateurs », »contre-révolutionnaires », « criminels », « comploteurs », « aristocrates », tandis que lui-même se pare de vertu et de raison. A ses yeux, il est le seul qui détienne la vérité. Mystique révolutionnaire, voulant changer l’homme et le monde, il se prononce pour la révolution permanente.

    Il est seul. Il se réclame du peuple, mais n’est plus en phase avec lui. Celui-ci est lassé de la Terreur, des victimes, qui ne cessent d’augmenter et qui sont pour la plupart de sa classe sociale, il vit une crise économique grave, il connaît plus ou moins la famine.

    « Vive le Tiers Etat ! ». Le cri est aussi bien lancé par le bourgeois aisé, lecteur de Sieyès, que par le sans-culotte. Ce cri n’a certes pas le même contenu d’une bouche à l’autre.

    Bonaparte pourra dire : « La Révolution est close, ses principes sont fixés dans ma personne. »

    En la personne de Napoléon, la bourgeoisie libérale trouva encore une fois dressée contre elle la terreur ; sous les traits des Bourbons, de la restauration, elle trouva encore une fois en face d’elle la contre-révolution. C’est en 1830 qu’elle finit par réaliser ses désirs de 1789.

    Le monde créé par la révolution française est celui dépeint par Balzac, dans sa Comédie humaine.

    Contre l’arbitraire de l’Ancien Régime, la Révolution fut une œuvre de raison.

    Ainsi, s’il y eut 391 personnes décapitées à Arras, c’est œuvre rationnelle : cela a permis sans doute d’éviter plus de morts (en cas de victoire des contre-révolutionnaires ou des émigrés).

    La révolution de 1789 est le passage d’un monde ancien, marqué par la domination de l’agriculture, à celui de la « révolution industrielle ».

    La révolution n’est pas terminée. Elle hante les esprits des hommes qui, ou bien l’exècrent (l’abbé Berruel), ou bien l’admirent.

    Créer un musée à Arras, afin d’honorer l’enfant du pays qu’est Maximilien de Robespierre, ce serait une excellente chose ; mais encore faudra-t-il exposer de façon scientifique, le double aspect du personnage :

    ·  Un bourgeois révolutionnaire qui, de 1789 à 1793, a contribué à détruire le féodalisme et à instaurer un régime bourgeois ;

    ·  Le réactionnaire qui, de novembre 1793 à sa mort en 1794, a contribué à maintenir en servitude les classes laborieuses, bras nus hier, ouvriers et paysans aujourd’hui ?

    Donc :

    ·        Salle blanche : Le rôle révolutionnaire de la bourgeoisie (et de Robespierre)

    ·        Salle noire : Le rôle réactionnaire de la bourgeoisie (et de Robespierre) contre les « bras nus ».

    Robespierre, pour ma part, mérite une majorité de boules blanches : ses qualités furent énormes pour mettre en place un nouveau système, plus propre au développement de l’humanité.

    Les limites de ce système reposent sur les conditions historiques objectives, et il ne pouvait pas aller plus loin et sortir du cadre qui lui était imposé. En conséquence, il ne pouvait créer qu’un système capitaliste et bourgeois, qui est celui du XIX° siècle. C’est à nous de poursuivre l’œuvre, si nous voulons aller plus loin.

    Un révolutionnaire qui avait 20 ans en 1789 (Age de Napoléon 1°, né en 1769), a 30 ans en 1799, 45 ans en 1814, 61 ans en 1830 et 79 ans en 1848, date de la seconde République.

    La bourgeoisie, quand elle a combattu le féodalisme, pour renforcer le capitalisme, n’a jamais triomphé en une seule nuit, ou en une seule bataille.

    La Révolution a contribué à implanter la nation, l’Etat, la propriété, la famille, l’éducation,… bourgeoises.

    Les frères et soeurs qui invoquent la république en fin de tenue devraient préciser de quelle république ils parlent. En effet :

    ·  La première république a régressé de façon réactionnaire après le 9 Thermidor, voyant l’instauration du Directoire, de la dictature napoléonienne, puis la Restauration ;

    ·  La seconde république de 1848 a fait tirer sur le peuple, conduisant à la victoire du plébiscite en faveur de Napoléon III ;

    ·  La naissance de la troisième république est née sur l’extermination de la Commune de Paris en 1871 (30 000 morts) ;

    ·  Les quatrième et cinquième républiques ont vu le développement des guerres coloniales (Indochine, Algérie,…) et la trahison du parti communiste français.

    Il s’agit donc là de républiques bourgeoises. Les seules républiques ayant tenté d’instaurer des valeurs de fraternité et d’égalité sont les tentatives de 1792 à 1794 et de la Commune de Paris en 1871 !

    Ma conclusion est donc mitigée : Historiquement, il ne pouvait en, être différemment. Oui, Robespierre a été un grand révolutionnaire, et il mérite beaucoup de respect. Cinq boules blanches. Mais cela a été un révolutionnaire bourgeois. Une boule noire. Et donc son œuvre doit être continuée et approfondie contre l’oppression politique, religieuse et militaire.

     

    PARRALELE ENTRE LA SITUATION D’AVANT 1789 ET LA SITUATION D’AUJOURD’HUI :

     

    ·  Avant 1789 : La noblesse accepte de fréquenter la bourgeoisie dans les salons, mais elle la rejette de la direction de la cité et entend se réserver les meilleures places.

    ·  Aujourd’hui : La bourgeoisie gère la cité et rejette le peuple.

     

    ·  Avant 1789 : La crise intervient dans un pays qui, depuis un demi-siècle, s’est enrichi.

    ·  Aujourd’hui : après les 30 Glorieuses, la bourgeoisie a continué de s’enrichir, alors que le peuple connaît les 50 Piteuses.

    ·  Avant 1789 : La noblesse ne pouvait plus diriger, et la bourgeoisie avait le pouvoir réel, le pouvoir économique.

    ·  Aujourd’hui :

     

     

    Démocratie et suffrage universel : La démocratie représentative et ses limites. Créer des Conseils (entreprises, cité,…) Exemple de la Commune de Paris de 1871.

     

    Le pouvoir : Les Sans et les Nantis. Poursuite de la Révolution aujourd’hui. Droits théoriques ou droits réels ?

    ·  Travail ;

    ·  Logement ;

    ·  Education et formation ;

    ·  Droit à la santé pour tous ;

    ·  Droit à la sécurité ;

    ·  Etc.

    Nécessité de la dictature sur les privilégiés, très minoritaires (1 % de la population) tout comme Robespierre a exercé une dictature sur la noblesse (300 000 personnes pour une population totale de 28 millions d’habitants). .

     

     

    Quelque part, pour son époque, Robespierre a voulu réaliser l’idéal maçonnique dans la société du XVIII° siècle :

    ·  Contre la peine de mort, du point de vue social (crime,…) mais pour la peine de mort du point de vue politique ;

    ·  Dictature de la majorité sur la minorité, mais démocratie directe pour la majorité ;

    ·  La minorité de l’époque : les nobles. La minorité est opposée au changement. Puissance de l’ancien par rapport au nouveau ; Risques intérieurs et extérieurs ; nécessité de la Terreur pour consolider le nouveau. Marat : 300 000 sur 28 millions d’habitants.

    ·  Quelle mort ? La gorge tranchée.

     

    Droit à l’existence : au-dessus des lois, au-dessus du droit de propriété. Aujourd’hui : ceux qui ont faim, ceux qui meurent de froid, parce que pas de logement.

     

    ROBESPIERRE EST UN FRANC-MACON SANS TABLIER.

     

     

    Théorie et pratique : Les francs-maçons délibèrent, font des planches, égrènent des idéaux au fil de conférences, et le tour est joué. En fait, ils croient s’en sortir en ayant « discuté de ces grands principes », alors qu’ils prennent l’engagement de « répandre au dehors du temple les vérités acquises ».

     

     

    Les régimes politiques s’étaient succédés depuis 1789, avec une rapidité si vertigineuse, que l’art de renier ses opinions et de saluer le soleil levant était cultivé comme une nécessité de la lutte pour l’existence.

    Châteaubriand s’étonne « Qu’il y ait des hommes, qui après avoir prêté serment à la république une et invisible, au Directoire en cinq personnes, au Consulat en trois, à l’Empire en une seule, à la première Restauration, à l’acte additionnel à la seconde Restauration, ont encore quelque chose à prêter à Louis-Philippe ».

    « Hé, hé, disait Talleyrand, après avoir prêté serment à Louis-Philippe, Sire, c’est le treizième ! ».

     

    Les inégalités sociales ont mis au monde deux égalités de belle venue : l’égalité du ciel, qui pour les chrétiens compense les inégalités de la société et l’égalité civile, cette très sublime conquête de la Révolution sert aux mêmes usages. Cette égalité civile, qui conserve aux Rothschild leurs millions et leurs parcs, et aux pauvres leurs haillons et leur poux.

     

    LE TRONE ET L’AUTEL, L’UN SUPPORTANT L’AUTRE.

     

     

     

    « La part sombre du Chevalier Kadosch »
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