• ROBESPIERRE ET LA LAÏCITE (2° PARTIE°

    Le surnom d’« Incorruptible » lui est resté à juste titre, car il était entouré d’hommes sans scrupules et de concussionnaires, avec les Danton, les Barras, les Foucher ?...

    ROBESPIERRE ET LA LAÏCITE (2° PARTIE)

    Le député :

    Les interventions de Robespierre sont peu appréciées par ses collègues députés, car il prend souvent le parti du peuple, contre l’aristocratie, amis aussi contre la bourgeoisie. Il apparaît très tôt comme un traître à sa classe.

    Robespierre est à la fois légaliste (le juriste et l’avocat qu’il est ne peut se déjuger) et révolutionnaire, détaché de sa classe sociale depuis longtemps très aimé du peuple, qu’il ne veut pas décevoir.

    Il sait que rien ne peut arrêter le courant de la fureur populaire et préfère l’accompagner plutôt que de s’y opposer.

    Une des principales figures des « démocrates » à l’Assemblée constituante, Robespierre a défendu l’abolition de l’esclavage et de la peine de mort, le droit de vote des gens de couleur, des juifs ou des comédiens, ainsi que le suffrage universel et l’égalité des droits, contre le marc d’argent.

    Opposé à la guerre contre l’Autriche en 1792, il s’oppose à La Fayette et soutient la chute de la royauté. Membre de la commune insurrectionnelle de Paris, il est élu à la Convention nationale, où il siège sur les bancs de la Montagne et s’oppose au Girondin.

    Après les journées du 31 mai et du 2 juin 1793, il entre le 27 juillet 1793 au Comité de salut public, où il participe à l’instauration d’un gouvernement révolutionnaire et de la Terreur, dans un contexte de guerre extérieure contre les monarchies coalisées et de guerre civile (insurrections fédéralistes, guerre de Vendée,…).

    A la suite de la victoire des comités contre les factions au printemps 1794, il contribue à faire cesser la politique de déchristianisation et fait voter, en qualité de rapporteur, le décret du 18 floréal an II, par lequel « le peuple français reconnait l’existence de l’être suprême, et l’immortalité de l’âme », et la loi de Prairial, dite de « Grande Terreur ».

    Attaqué et isolé au sein de la Convention par d’anciens dantonistes et des envoyés en mission rappelés, mais aussi au sein du gouvernement révolutionnaire par le Comité de sûreté générale et des collègues du Comité de salut public, il prend la Convention à témoin de ces dissensions le 8 thermidor an II, mais ne parvient pas à imposer ses vues. Le lendemain, empêché de parler par ses ennemis, alliés pour la circonstance aux modérés de la Plaine, il est arrêté avec son frère Augustin et ses amis Couthon, Saint-Just et Le Bas. La Commune entre alors en insurrection et le fait libérer, mais il perd du temps, et la Convention le met hors la loi.

    Dans la nuit, une colonne armée s’empare de l’hôtel de ville, où il se trouve avec ses partisans, et il est blessé à la mâchoire dans des circonstances incertaines. Après vérification de son identité devant le Tribunal révolutionnaire, il est guillotiné dans l’après-midi du 10 thermidor an II avec 21 de ses partisans. Sa mort entraîne, dans les mois qui suivent, une « réaction thermidorienne », qui voit le démantèlement du gouvernement révolutionnaire et de la Terreur.

    Médiateur entre bourgeois et bras nus, Robespierre tenait plutôt à la petite qu’à la grande bourgeoisie. Robespierre correspondait assez bien à la définition que Marx donne du petit-bourgeois : « Le petit-bourgeois […] se vante, dans le for intérieur de sa conscience, d’être impartial, d’avoir trouvé le juste équilibre. […] Un tel petit-bourgeois divinise la contradiction, car la contradiction est le fond de son être. Il n’est que la contradiction sociale mise en action. »

    Robespierre jouissait de la confiance de la bourgeoisie révolutionnaire, qui avait reconnu en lui un homme de sa classe. Et il jouissait d’un immense prestige auprès des plébéiens et des sans-culottes. Il était l’entremetteur né, le conciliateur par excellence. Donnant des gages à gauche et des gages à droite, penchant tantôt vers la gauche et tantôt vers la droite, déconcertant ses propres partisans par les sautes imprévues de son opportunisme, mais suivant, à travers tous ces détours, une ligne relativement rectiligne, toujours sur la corde raide, mais ne perdant jamais l’équilibre, il incarna une nécessité historique, il fut le lien vivant entre la bourgeoise et la plèbe. Cet homme unique, irremplaçable, sut éviter la scission latente au sein du tiers-état. Il fut l’écran qui dissimula aux masses populaires le visage de classe du Comité de Salut public.

    Ses origines, son passé politique le prédisposaient à ce jeu double. Robespierre était issu d’une « bonne famille ». Par son aspect extérieur, par son genre de vie, par le choix de son entourage, il était fort peu plébéien. A Arras, son existence est celle d’un bourgeois moyen, rangé, très ordonné, vivant confortablement, en dehors de tout souci d’ordre matériel. A Paris, il vécut, note Jaurès, « dans un large bien-être et dans une sorte de sécurité raffinée. » Il n’avait ni le langage, ni les manières du peuple.

    « Jamais, observe Michelet, il ne se montra dans les foules. Sa correcte tenue de ci-devant l’eût fait paraître prodigieusement déplacé ».

    Une aversion physique l’éloignait de la foule dont il redoutait la violence élémentaire. Toute sa vie, il a craint d’être débordé par le torrent populaire.

    Mais Robespierre avait un sens instinctif du peuple. Bien que de famille aisée, il avait connu dans sa jeunesse la gêne. Petit avocat de province, sans causes, il était, à la veille de 1789, profondément aigri. Et la révolution lui était apparue comme une occasion inespérée de prendre sa revanche. Seul le peuple, en balayant le vieux monde, pouvait l’y aider.

    Le début de la réaction et le reflux de la révolution débute à la fin de novembre 1793, quand Robespierre, réconcilié avec Danton, s’engage avec celui-ci dans la voie de l’indulgence à l’égard des contre-révolutionnaires et de la sévérité à l’égard des ultra-révolutionnaires, lorsqu’il déclara la guerre aux déchristianisateurs.

     

    I)   L’IMPORTANCE DE ROUSSEAU ET IMPORTANCE DE LA REFERENCE A ROME :

     

    L’idéologie de la révolution française, avec son prolongement napoléonien, avait repris à son compte l’idéologie de la Rome antique, afin de se construire une idéologie, un drapeau, un objectif, surtout un masque pour cacher sa nature réelle.

     

    « Dédicace aux mânes de Jean-Jacques Rousseau », rédigée au lendemain de l’élection de Robespierre aux Etats-Généraux de 1789.

    Rousseau devint le père de substitution de Robespierre.

    Les idées philosophiques, par de nombreux supports, et de multiples intermédiaires, ont fini par toucher les milieux populaires. Se développe le droit de penser et de juger par soi-même. Les collèges, la gazette, la presse, les lieux de sociabilité (loges maçonnique, Académies,…) sont autant de moyens.

    Salons: Madame Geoffroy, Madame Du Deffand, Madame Necker…

    Loges maçonniques: De 1727 à 1789, la France se couvre de 1000 loges civiles et 300 loges militaires, regroupant quelques 50000 initiés.

    La Franc-maçonnerie et 1789

    Les initiés n’ont pas provoqués la révolution française. Ils se sont même divisés sur la marche à suivre. Pour autant leurs valeurs se retrouveront dans les idées nouvelles : tolérance, liberté, abolition des privilèges…

    Une légende impute aux francs-maçons une lourde responsabilité dans la révolution et la Terreur. Née dès 1792 sous la plume de l’abbé Lefranc (Le voile levé pour les curieux), popularisée en 1797 dans les milieux de la contre-révolution par l’abbé Barruel (Mémoires pour servir à l’histoire du jacobinisme), poursuivi au XX° siècle par Augustin Cochin (La révolution et la libre-pensée) elle met en évidence le prétendu grand nombre de révolutionnaires maçons.

    En 1789, les frères sont moins de 50000. Les maçons ont des réactions très variables face aux épisodes de la révolution : le duc de Luxembourg émigre dès 1789, Chaumette devient l’un des enragés les plus en vue pendant la Terreur, Buonarroti, le frère d’armes de Babeuf, est maçon, tout comme Joseph de Maistre, l’une des grandes voix de l’histoire contre-révolutionnaire du début du XIX° siècle. Cela s’explique par une maçonnerie très disparate – socialement, philosophiquement, politiquement.

    Dans la Sociétés des amis des Noirs, oeuvrent, à partir de 1788, nombre de frères autour de Condorcet et de Brissot.

    Pendant les premières années de la révolution, les loges ralentissent leurs activités. D’autres espaces de sociabilité se sont ouverts : clubs, assemblées électorales, qui reprennent des pratiques fraternelles. Ainsi concurrencée, la maçonnerie perd de son intérêt. A Paris même ne subsiste, en 1794, que trois loges.

    Du symbole à la réalité :

    Comment expliquer la quasi disparition des loges maçonniques au cours de la Révolution ?

    Si la maçonnerie a été une école pour répandre les Lumières, l’esprit de liberté » et d’égalité, la laïcité, par contre dès le départ de la révolution, la réalité l’emporte dur le symbole.

    Ainsi pour couper court à toutes les spéculations entretenues sur ses intentions, Philippe d’Orléans fit publier cette lettre importante dans le Journal de Paris du 22 février 1793 :

    « Dans un temps où personne, assurément, ne prévoyait notre Révolution, je m'étais attaché à la franc-maçonnerie qui offrait une image d'égalité, comme je m'étais attaché au parlement qui offrait une image de la liberté. J'ai, depuis, quitté ce fantôme pour la réalité. Au mois de décembre dernier, le secrétaire du Grand Orient s'étant adressé à la personne qui remplissait auprès de moi les fonctions de secrétaire du Grand Maître, pour me faire parvenir une demande relative aux travaux de cette société, je répondis à celui-ci, sous la date du 5 janvier : « Comme je ne connais pas la manière dont le Grand Orient est composé, et que, d'ailleurs, je pense qu'il ne doit y avoir aucun mystère ni aucune assemblée secrète dans une République, surtout au commencement de son établissement, je ne veux me mêler en rien du Grand-Orient ni des assemblées de francs-maçons[5] ». Un « froid glacial » accueillit cette déclaration puis on procéda à « la dégradation maçonnique du citoyen Égalité en le faisant démissionnaire, et on le dépouilla de son titre de Grand maître

    Les maçons étaient présents dans de nombreuses couches de la société :

    ·   A la cour du Roi ;

    ·   Dans l’aristocratie, et en cela, la franc-maçonnerie a participé au « suicide de la noblesse » ;

    ·   Dans le Tiers Etat, et plus particulièrement dans la haute bourgeoisie et la bourgeoisie ;

    Ainsi, certains maçons ont émigré, d’autres ont été tués et guillotinés. A chaque phase d’approfondissement de la révolution, de nouveaux maçons ont soit émigrés, soit été tués, notamment en 1792 et lors de la Terreur. Ces maçons ne voulaient pas aller jusqu’au bout de la logique révolutionnaire. Au fur et à mesure de la progression de la révolution, certains défenseurs de celle-ci veulent freiner son train, et l’arrêter. Mais il est trop tard. Pour certains, sans roi, pas de propriété. La propriété doit être préservée. Pour d’autres (tel Billaud Varenne), la répartition des biens entre les citoyens doit s’effectuer de la manière la plus égalitaire possible.

    Le franc-maçon est, par définition, selon le rituel du 1° degré de l’époque, « également ami du riche et du pauvre, s’ils sont vertueux ».

    Robespierre n’était pas franc-maçon. Mais il avait toutes les caractéristiques d’un maçon sans tablier.

    Dans un discours, daté du 5 décembre 1790, concernant les gardes nationales, Robespierre fait la proposition de dix-sept articles du décret et il insiste particulièrement sur l’article 16 : « Les gardes nationales porteront sur leur poitrine ces mots gravés : LE PEUPLE FRANÇAIS, et au-dessous : LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE. Les mêmes mots seront inscrits sur leurs drapeaux qui porteront les trois couleurs de la nation. »

    Robespierre vient d’inventer la devise de la république, qui est aussi celle d’une partie de la franc-maçonnerie.

    Alors qu’une grève a éclaté à l’Arsenal de Toulon, en décembre 1790, Robespierre intervient en faveur des grévistes. L’intervention est vite connue et imprimée à Toulon et le club patriotique de Toulon adresse au « frère Robespierre » une lettre :

    « Robespierre, car votre nom vaut lui seul l’éloge le plus pompeux, La Société des Amis de la Constitution a reçu avec reconnaissance le nouveau discours que vous lui avez fait passer… Continuez, bon citoyen, à éclairer la Nation sur ses véritables droits. Bravez l’opinion de ces hommes vils et ignorants que l’aspect de la liberté effraye et dont l’âme pétrie de préjugés est insensible à la voix de la Raison et soyez sûr de l’estime de vos frères que vous aurez si bien méritée par votre dévouement à la chose publique. »

    1789 et la science :

    Académies et sociétés littéraires : Abbé Grégoire, avocat Thierry, le bibliothécaire Zalkind Hourvitz, Robespierre, Carnot et Babeuf, à Arras.

    Tout poussa et mûrit si vite à cette époque ! Que de choses accomplies en si peu de temps ! Ces hommes de la Révolution, qui aspiraient à œuvrer « pour l’éternité », travaillèrent dans l’urgence, pressentant que l’Histoire ne leur avait concédé que quelques mois pour accomplir leur immense tâche. Aucun domaine de la société, aucun champ du savoir qui ne fût visité, interrogé, organisé par eux. E qu’ils voulaient ? Faire sortir l’abondance du sein de la détresse et aussi agrandir le cercle des connaissances et le nombre des jouissances ! Appel est lancé aux savants. Ils répondent unanimes : Le Gendre, Laplace, Lagrange, Fourier, Monge, Condorcet et Carnot, pour les mathématiciens, Lavoisier, Berthollet, Fourcroy, Guyton de Morveau, Chaptal, pour les chimistes, Lamarck, Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, Lacepède Daubenton pour les naturalistes, Bailly, Lalande, Delambre, Méchain, Cassini pour les astronomes, Coulomb, Borda, Charles pour les physiciens, les médecins Pinel, Bichat, Baudelocque. Le Leblanc de la soude et le Lebon du gaz d’éclairage. Et Haüy, qui fonda la cristallographie, et Faujas de Saint-Fond, qui donna ses bases à la géologie et à la vulcanologie, et Dolomieu, et Vandermonde, le mathématicien musicien. Et Gilbert Romme, le montagnard, et Grégoire, l’abbé, et Lakanal.

    Révolutionnaires, certains le furent avec enthousiasme et s’engagèrent au cœur de la mêlée : Bailly, l’un des leaders du tiers-état, maire de Paris ; un des premiers à prêter le serment du Jeu de paume. Condorcet, « le dernier des encyclopédistes », secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, un des premiers républicains, député de la Législative et de la Convention. Carnot, « l’organisateur de la victoire », responsable des armées de 1792 à 1797, membre du Grand Comité de salut public et du Directoire.

    Gaspard Monge, montagnard farouche, ministre de la Marine de la Législative, membre de la Convention. Fourcroy, suppléant de Marat à la Convention, membre du Comité du salut public avant et après Robespierre. Ainsi que le physicien Guyton de Morveau. Fourier, militant actif de la Société populaire d’Auxerre, membre du très redouté Comité de surveillance de la ville. Cousin, le mathématicien, administrateur des subsistances de la Commune de Paris. Chaptal, président du Comité d’insurrection de la révolte fédéraliste contre la Montagne. Berthollet, commandant de la garde nationale d’Aulnay, et Faujas de Saint-Fond, et tant d’autres…

    Si tous ne furent pas d’ardents révolutionnaires, tous répondirent aux appels de la Convention. Aux côtés du Comité de salut public, se tenait une sorte de « congrès de savants », qui l’aida à fonder la société qui était en train de naître. Présents dans les multiples comités, dans les assemblées, dans les groupes de travail, ils aidèrent la République à survivre, à vaincre et à devenir « la nation enseignante de l’Europe ».

    Aucun savant n’émigra ! Aucun ne rejoignit les royalistes qui campaient aux frontières avec l’ennemi.

    Des morts, il y en eut : Bailly, Lavoisier…, guillotinés.

    A noter qu’une partie de la noblesse et de la bourgeoisie fréquente les mêmes lieux de propagation des idées nouvelles (collèges, académies, sociétés littéraires, salons, loges maçonniques,…). Il en découle donc un état d’esprit commun.

    Les sociétés provinciales fournissaient aux anciens membres des loges ou des académies un endroit où discuter. Une intense correspondance leur permettait d’accroître leur influence et d’adresser leurs vœux à Paris. Bien que l’adhésion y fût moins chère que dans la capitale, le recrutement y était plus élitiste et moins populaire.

    Les clubs jacobins étaient les héritiers, en bonne partie, des loges maçonniques, des sociétés mesméristes, des sociétés philanthropiques et des chambres littéraires de l’époque prérévolutionnaire. 

    Les Lumières affirment le primat de la raison.

    L’Encyclopédie, par son prix, est réservée à un public aisé.

    Avec l’avènement de Louis XVI, les amis des philosophes accèdent aux postes de responsabilité : Turgot, Malesherbes, Necker.

    La propriété est considérée comme un droit naturel, inviolable et sacré, jusqu’à ce que Rousseau le définisse comme un produit de l’histoire des hommes, dans la dépendance par conséquent, d’un pacte social toujours réformable. Si Rousseau estime que la loi peut limiter le droit de propriété, il ne le supprime pas. D’autres iront plus loin.

    La régénération est un mot clé du vocabulaire du temps. La bienfaisance à l’égard du prochain se laïcise, elle devient sentiment civique, exigence d’action, le bien de chacun, et le bien de tous. Elle est utilité sociale. Triade : avec la liberté et l’égalité, la solidarité – on dira bientôt la fraternité – sont indispensables à toute régénération, à toute réforme.

    Si Jean Jacques Rousseau, et donc également Maximilien Robespierre, devaient étudier notre régime de ce jour, à savoir la V° république, ils le considèreraient comme peu démocratique. En effet il est d’une part, laissé très peu de place à la démocratie directe, et d’autre part, il y a négation de la souveraineté populaire au profit de la souveraineté nationale.

     

    IMPORTANCE DE ROME :

    Robespierre a été surnommé « le Romain » par ses professeurs, tant il était, déjà tout jeune, fasciné par les personnages de la république romaine, et notamment par ceux qui la défendirent lorsqu’elle était agonisante. Robespierre, d’une culture latine sans égale, comme nombre de ses confrères des différentes assemblées de la Révolution, ne put jamais se détacher du modèle des Brutus, Cicéron et autre Caton d’Utique.

    Robespierre entra dans la Révolution française comme s’il vivait au I° siècle avant notre ère, et à la Convention nationale comme si elle était le reflet du sénat romain.

    Robespierre voulait réussir là où les républicains romains avaient échoué et faire du Français une sorte d’homme nouveau.

    Pour atteindre ce régime politique parfait, délivré des dangers de la dictature césariste qu’il craignait par-dessus-tout, Robespierre se devait d’être dictateur, mais au sens où on l’entendait dans la Rome antique, provisoirement, et uniquement lorsque la République est en danger.

    Le surnom d’« Incorruptible » lui est resté à juste titre, car il était entouré d’hommes sans scrupules et de concussionnaires, avec les Danton, les Barras, les Foucher ?...

     

    Karl Marx : « L’examen de ces conjurations des morts de l’histoire révèle immédiatement une différence éclatante. Camille Desmoulins, Danton, Robespierre, Saint6just, Napoléon, les héros, de même que les partis et la masse de la première Révolution française, accomplirent dans le costume romain et en se servant d’une phraséologie romaine la tâche de leur époque, à savoir l’éclosion et l’instauration de la société bourgeoise moderne (…). La révolution sociale du XIX° siècle ne peut pas tirer sa poésie du passé, mais seulement de l’avenir. Elle ne peut pas commencer avec elle-même avant d’avoir liquidé complètement toute superstition à l’égard du passé. Les révolutions antérieures avaient besoin de réminiscences historiques pour dissimuler à elles-mêmes leur propre contenu. La révolution du XIX° siècle doit laisser les morts enterrer leurs morts pour réaliser son propre objet. Autrefois, la phrase débordait le contenu, maintenant, c’est le contenu qui déborde la phrase. ».

     

     

     

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